Suite aux négociations en cours pour former un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates (SPD), Angela Merkel a annoncé jeudi que l'Allemagne allait se doter d'un salaire minimum généralisé. La chancelière allemande était pourtant opposée à ce projet.

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La chancelière Angela Merkel a confirmé que l'Allemagne allait bientôt mettre en place un salaire minimum généralisé. "Nous allons décider des choses que, au vu de mon programme, je ne considère pas comme justes, parmi elles un salaire minimum généralisé", a-t-elle déclaré jeudi dans un discours à Berlin, évoquant les négociations en cours entre son parti conservateur et les sociaux-démocrates (SPD) pour former un gouvernement.

"Une appréciation réaliste montre que les sociaux-démocrates ne vont pas conclure les négociations sans (un salaire minimum)", a reconnu la chancelière allemande. Pour le SPD – qui n'a pas encore réagi à cette annonce – c'est une première victoire dans les négociations tendues, qui ont débuté peu après les élections législatives du 22 septembre pour former un gouvernement commun. À l'issue du scrutin, la CDU d'Angela Merkel était arrivée largement en tête mais devant l'effondrement dans les urnes des libéraux du FDP, elle a dû se résoudre à chercher un terrain d'entente avec les sociaux-démocrates pour dégager une majorité au gouvernement. 

"Pas la constellation rêvée "

La question d'un revenu minimum est actuellement l'un des thèmes économiques les plus controversés en Allemagne. Pour un pays où la flexibilité du travail, notamment sur la question des salaires, apparaît pour certains comme l'une des clefs du "miracle" économique, instaurer un "smic" à l'Allemande est en effet novateur.

"Je vais tout faire, la CDU va tout faire" pour minimiser les effets sur l'emploi d'un tel salaire minimum, a ajouté la chancelière, qui s'adressait à un public de patrons. Comme pour se justifier, elle a rappelé que le gouvernement de coalition en gestation n'était "pas la constellation rêvée" des intéressés mais "le résultat du vote" des électeurs allemands, le 22 septembre.

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Pour sa part, Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, a salué l'annonce d'Angela Merkel. "C'est un signal (...) d'une approche peut-être plus coopérative des politiques économiques en Europe", a-t-il commenté en marge d'un colloque financier à Paris.

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