Hier soir, le Premier ministre grec a annoncé sa démission et la tenue d’élections  législatives anticipées. Un gouvernement de transition devrait être mis en place.

"Le mandat que j’ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites. Je veux soumettre au peuple grec tout ce que jai fait, afin qu’il décide de nouveau", a déclaré jeudi soir lors d'une allocution télévisé Alexis Tsipras, le Premier ministre grec. "En ces heures difficiles, ce qui importe le plus pour notre pays est la démocratie", a-t-il ajouté avant de présenter officiellement sa démission en direct à la télévision. Un gouvernement de transition doit être mis en place par le leader de Nouvelle Démocratie (Parti conservateur) sous 3 jours pour éviter les législatives.

Pourquoi ?

Depuis que le 3ème plan d’aide à la Grèce a été signé, Alexis Tsipras est désavoué dans son propore camp et a perdu sa majorité. En Grèce, un gouvernement doit avoir au moins 120 voix au sein de sa coalition, or seulement 188 députés de Syriza et d’ANEL (Grecs indépendants) ont voté pour le plan d’aide. Alexis Tsipras a obtenu une aide de 85 milliards d'euros sur trois ans de la part de la Banque Centrale Européenne (BCE) en échange de nouvelles réformes et de coupes budgétaires sur la TVA, les retraites, la justice civile.

"Je veux être honnête vis-à-vis de vous : nous n’avons pas réussi à obtenir l’accord que nous souhaitions avant d’être élus en janvier (…) cet accord nous sommes obligés de le respecter, mais nous allons également nous battre pour en réduire les effets néfastes. On va faire en sorte de regagner notre souveraineté face aux créanciers", a-t-il expliqué lors de son discours à la télévision grec.

Syriza divisé

L’anicen ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a été interviewé par le Nouvel Obs. Il avait démissionné au lendemain du référundum du 5 juillet dernier. Il explique qu'Alexis Tsipras a fait "capituler le pays" au sommet européen du 12 juillet. "(Pour Alexis Tsipras) soit on acceptait ce programme non viable, soit le plan de défenestration de la zone euro était mis en action. (…) je ne crois pas que le dilemme soit là. Je crois que le plan de sortie de la zone euro est en train de se réaliser. (…) Si je suis d’accord avec Alexis Tsipras pour dire que le Grexit doit être évité, selon moi, le maintien de la Grèce dans la zone euro passait justement par le rejet de ce nouveau et troisième mémorandum", a-t-il affirmé au Nouvel Obs.

Yanis Varoufakis n’est pas le seul à désavouer la politique d’Alexis Tsipras puisqu’une partie de Syriza (Gauche radicale), vient d’annoncer faire sécession et qu'elle créerait un nouveau parti appelé "Unité populaire". Il sera dirigé par l’ancien ministre de l’Energie, Panagiotis Lafazanis.

Une chance pour "Aube Dorée" ?

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Si aucune date n’est annoncée pour les élections législatives, une chose est sûre : Alexis Tsipras avait l’air en campagne lors de son allocution à la télévision mais il n’est pas certain qu’il récupère sa majorité si son propre camp se divise. "Syriza a un problème évident, il n’arrive pas à fédérer en interne", explique Georges Contogeorgis, professeur de sciences politiques. La population aussi commence à lâcher Syriza et quelques Grecs envisagent de se tourner vers Aube Dorée (parti néo-nazis).

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