Alep

La victoire de Poutine est désormais assurée et, selon moi, irréversible. Cet événement majeur suscite de nombreux commentaires.

La Russie a échoué en Afghanistan mais elle a réussi à Alep. Pourquoi ? Parce que, en Syrie, elle s'est appuyée sur un pouvoir local qui avait, lui-même, le soutien d'une partie de la population.  

La victoire russe va-t-elle apporter la paix ? Je pense que oui, contrairement à ce qu'a affirmé, le 9 décembre sur Franceinfo, Laurent Fabius qui veut encore faire croire que sa politique débile était justifiée. Lorsqu'une révolte est matée dans le sang, il faut au moins une génération avant que le peuple ne retrouve globalement la voie de la contestation. Il y aura des secousses sporadiques mais pas de soulèvement massif. La révolte algérienne, à la fin du siècle précédent, en est un exemple convaincant.

Les sbires de Bachar al-Assad vont-ils multiplier les exactions ? Oui. Leur "victoire" va les conforter dans leur immunité. Il suffit de se rappeler le génocide des harkis après l'indépendance de l'Algérie.

Faut-il encourager la constitution, en exil, d'un "gouvernement provisoire syrien" opposé à Bachar al-Assad ? Surtout pas. Cela indisposerait inutilement Poutine. De même, les trépidations de Jean-Marc Ayrault au Conseil de sécurité de l'ONU sont à l'image de la mouche du coche : elles ne peuvent qu'affaiblir la crédibilité de la France, déjà fort entamée. Il est malsain de confondre géopolitique et jérémiades incantatoires.     

La victoire précitée change-t-elle la donne dans le bassin méditerranéen ? Oui. L'installation d'une base russe puissante modifie complètement l'équilibre militaire. Le prestige de Poutine est au zénith. Ce leadership est renforcé par l'alliance circonstancielle de Bachar al-Assad avec l'Iran, par le désengagement probable de Donald Trump et par l'impuissance de l'Europe. La victoire va certainement donner des idées à d'autres dictateurs et Poutine aura les moyens militaires et diplomatiques pour en bénéficier.

Notons aussi que Poutine est clairement contre tous les terrorismes. A Mossoul, fera-t-on mieux que Poutine à Alep ?

Enfin, sinon surtout, que va-t-on faire, en Europe, des migrants syriens hostiles au régime de Bachar al-Assad ? N'oublions pas que la France, droite et gauche confondues, s'est bien gardée d'accueillir massivement les harkis après l'indépendance. Alors, laissons madame Merkel résoudre ce problème créé par son "angélisme" irresponsable.

Mes commentaires vous semblent cyniques ? Selon moi, juste réalistes.