Au Pakistan, une émission de télévision propose aux participants, non pas de repartir avec de l’argent, mais bien avec un bébé. Une ONG garantie que les parents prétendants à l’adoption réunissent toutes les conditions nécessaires. Les détails. 

A 41 ans, l’animateur vedette Aamir Liaquat Hussain, star de la télévision pakistanaise, ne recule devant rien pour s’assurer un gros coup de pub et faire monter l'audience. Si la côte de popularité de son émission caritative et religieuse est en baisse, le don de nourrissons abandonnés à de jeunes couples stériles désireux d’avoir des enfants lui fait remonter la pente.

Le principe de l'émission est simple : répondre à des questions sur le Coran et recevoir des prix en échange. Il y a une quinzaine de jours, le présentateur et homme politique habitué à faire gagner des batteries de casseroles et des friteuses, a présenté à ses téléspectateurs une petite fille abandonnée : "C’est une magnifique petite fille qui a été jetée sur une pile d’ordure. Regardez, n’est-elle pas magnifique et innocente ?". Le jeune couple reçoit, larme à l’œil, le nourrisson sous un tonnerre d’applaudissements; 14 ans qu’il voulait un enfant.

Coup de pub, philanthropie ou inconvenance ?

C’est en réalité le responsable d’une ONG recueillant des enfants abandonnés qui a confié l’enfant au couple. "Pour nous, le ramadan est une période très spéciale alors c'est très important de rendre les gens heureux et de les récompenser", a déclaré Aamir Liaquat Hussain.

L’association explique que des centaines de bébés sont abandonnées chaque mois au Pakistan "Notre équipe trouve des bébés abandonnés dans la rue, dans des poubelles - certains sont morts, d'autres blessés par des animaux. Alors pourquoi ne pas s'assurer que ces bébés restent en vie et trouvent un foyer ?", interroge Ramzan Chhipa, qui dirige l'organisation qui porte son nom.

Publicité
Bina Shah, écrivain et journaliste à Karachi, s’insurge quant à lui dans le Daily Mirror : "donner un bébé à la télévision, c'est la pire violation de l'éthique des médias qu'on puisse imaginer."

Voir la vidéo :

 

 

Publicité
Publicité