Une chaine de cafétéria italienne a décidé que le port du bracelet électronique était obligatoire pour les équipes de nuit de ses restaurants. Certains employés dénoncent la méthode.

Si l'enfer est pavé de bonnes intentions, les cafétérias MyChef sont sans doute des prisons où il fait très chaud. La chaine de restauration italienne, filiale du groupe Elior, oblige ses employés à porter un bracelet électronique. Les bracelets portés par les honnêtes employés sont censés les protéger des criminels, explique la direction. Or les bracelets électroniques sont avant tout un moyen de surveillance en temps réel des délinquants qui ont été condamnés à des peines alternatives à la prison.

"C'est du flicage"Abus d'autorité ? Rares sont ceux qui osent se mettre à table dans la chaîne de restauration, comme le beau-père d'Amalia, une employée de 30 ans qui travaille dans les environs de Bologne. "Le système a été mis en place pour obliger le personnel à se mouvoir constamment. C'est du flicage. Les employés travaillent avec la peur de faire sonner le système et de déclencher l'arrivée de la sécurité" dénonce-t-il, dans des propos rapportés par l'AFP. En effet, au bout de 90 secondes d'immobilité, un signal se déclenche qui avise un poste de sécurité externe.

Publicité
Protéger les employés"C'est pour protéger les salariés qu'on l'a fait" rétorque le porte-parole de l'entreprise, qui précise que seule l'équipe de nuit (22 heures-6 heures) est munie de ce GPS.  Un dispositif qui a d'ailleurs été approuvé par les syndicats, rappelle la direction. Alors que Christiane Taubira pousse pour développer les peines alternatives à la prison, les prisonniers en libération conditionnelle ont peut-être trouvé l'entreprise idoine pour se réinsérer. 

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour :