Un chômeur italien fait actuellement parler de lui en proposant un service des plus insolites : faire la queue à la place de ses clients. Un franc succès dû à la lenteur de l’administration italienne. 

© Giovanni Cafaro

Un quadragénaire italien, au chômage depuis l’été dernier, a eu une idée des plus originales – et inventives – pour parer aux fins de mois bien trop difficiles que sa situation lui impose. Lassé de s’épuiser à envoyer des centaines de CV demeurant, la plupart du temps, sans réponse, cet ancien professionnel de l’industrie du textile s’est reconverti dans les services à la personne. Coursier, chauffeur, secrétaire : tout travail est bon à prendre.

Disponible sept jours sur sept, l’homme ne lésine pas pour honorer au mieux la réputation de "professionnel estimé et sérieux" qu’il se plait à revendiquer. Mais le service le plus insolite qu’il propose est bel et bien celui de "l’homme patient". Une tâche simple : pour la modique somme de 10 euros de l’heure, celui-ci se charge de faire la queue à votre place. Attentes interminables devant les guichets de votre banque ? Ennui létal au bureau de poste ? Giovanni Cafaro, pour un forfait minimum de deux heures, se charge de vous faire oublier ces petits tracas du quotidien.

La lenteur de l’administration italienne

Au fil de ses recherches d’emploi successives, Giovanni s’est vite rendu compte des tares rédhibitoires de l’administration italienne. Constatant l’extrême lenteur de la bureaucratie, ce dernier, plutôt que de continuer à s’agacer, a préféré en tirer parti. Un lymphatisme qui s’explique, notamment pour les institutions de l’emploi, par des chiffres du chômage particulièrement élevés. Ainsi, 12,7% de la population italienne est actuellement en recherche d’un travail.

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Conscient du succès de son projet, qui le voit recevoir des commandes des quatre coins du pays, ce chômeur ingénieux avoue ne pas souhaiter s’arrêter en si bon chemin. Ainsi a-t-il déclaré, au journal italien La Stampa, que "si tout se passe bien", il songeait à "s’agrandir et à monter une agence". De quoi songer à l’international ? Selon lui, "En Italie, les dérives liées à la bureaucratie sont encore trop importantes. Les Italiens souffrent d’un cruel manque d’informations, et les nouvelles technologies ne sont pas encore utilisées dans tous les établissements concernés". Autant d’arguments qui le poussent, pour l’instant, à se concentrer sur son pays : "Je parle anglais, j’ai une maîtrise mais je ne pense pas partir à l’étranger. Cela serait synonyme d’échec, comme si je jetais l’éponge. Le futur est ici. Mon futur est ici."

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