Une étude de l'Institut économique Molinari et de l'agence Ernst & Young révèle que les salariés français sont les plus taxés d'Europe, juste derrière les Belges. Ils sont également ceux qui travaillent le plus longtemps durant l'année pour les impôts : sept mois.

D'après les calculs de l'Institut économique Molinari et de l'agence Ernst & Young, la France est le deuxième pays de l’Union européenne à taxer le plus ses salariés. Ce sont les Belges qui sont le plus durement soumis à l'impôt : les taux de prélèvements obligatoires sont respectivement, chez nos voisins belges et dans l'Hexagone, de 60,3 % et 56,6 %. Une situation qui n'a pas évolué depuis l'an dernier pour ces "champions de la fiscalisation".

Une "libération fiscale" tardive

Autre enseignement : le "jour de libération fiscale et sociale" intervient en France au 26 juillet. En d'autres termes, cela signifie que les salariés moyens travaillent jusqu’au 26 juillet pour financer les dépenses publiques. Les Français travaillent donc, environ, sept mois de l'année pour les impôts. Une date qui prouve à quel point la France est peu compétitive dans ce domaine, indique l'étude, la plupart de nos voisins européens étant moins taxés et "libérés" un peu plus tôt.

Chypre, pays où la taxation du salarié est la plus légère

L'Autriche, la Hongrie, l'Allemagne et l'Italie se classent en effet derrière la France, avec des taux de prélèvements obligatoires qui varient entre 55,77 % et 52,12 %. Quant au jour de libération fiscale, il intervient lui entre les 10 et 23 juillet. Dans ces six pays, plus de la moitié des revenus liés au travail sont ainsi prélevés au titre des impôts et taxes. A contrario, le pays où la taxation du salarié est la plus légère est Chypre, où l'on est "libéré" de l'impôt dès le 14 mars.

"La France, seul pays d’Europe dans une telle situation"

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D'après l'étude, le salarié français est en théorie "un des mieux payés" (53 647 euros). Mais c'est aussi celui dont le niveau de vie est le plus pénalisé par la fiscalité. Impôts, charges et TVA s'élèvent ainsi à 30.371 euros. Et, à elles seules, les charges sociales (26.583 euros) représentent plus que le pouvoir d'achat (23.276 euros). "La France est le seul pays en Europe dans une telle situation!", souligne Nicolas Marques, chercheur à l'Institut Molinari. Une situation qui ne devrait pas s'arranger en 2014, où de nouvelles hausses d'impôts sont à prévoir, notamment du côté de la TVA dont le taux doit être relevé au 1er janvier prochain. "Il est à craindre que l'édition 2014 du classement soit encore plus austère pour le salarié français", indique l'étude.