Mise en place il y a plus de 15 ans, la réforme des 35 heures avait pour ambition de permettre aux collaborateurs de profiter davantage de leur temps libre. Sauf qu’appliquer au secteur de la fonction publique, elle est surtout synonyme de jours à récupérer que les contribuables devront payer.

Capital, dans une grande enquête, vient de le dévoiler… Les heures supplémentaires que nombre de fonctionnaires ne sont jamais parvenus à écrémer sous forme de jours à récupérer faute de temps, pourraient bien impacter lourdement le budget des contribuables. De fait, depuis qu’elles ont été instaurées, les 35 heures constitueraient une véritable "bombe à retardement financière de 4 milliards d’euros", révèle Capital.

Pourquoi ?

Au cœur de cet imbroglio, des secteurs tels que la police ou le domaine médical au sein desquels nombre de fonctionnaires se trouvent en sous-effectif. Difficile, dans ces conditions, pour eux de récupérer les heures supplémentaires qui leur sont dues. Sauf que, précise le magazine économique, ils ont, au fil des ans et des décennies largement dépassé la limite de jours à récupérer prévue dans le cadre de leur compte épargne-temps (CET). Résultat : certains fonctionnaires vont jusqu’à cumuler des milliers et des milliers d’heures supplémentaires qu’il va falloir, d’une manière ou d’une autre, leur rembourser. C’est là que le bât blesse…

Rien que dans la police, le nombre d’heures supplémentaires aurait atteint 22 millions. Chaque agent ayant, en moyenne, souligne Capital, pas moins de 160 heures à récupérer. Certains en détiendraient même près de 4 000. Idem dans le secteur hospitalier. Nombre de médecins ont, pour le coup, plus de 300 jours à récupérer.

Une "machine infernale" ?

Un amoncellement d’heures et de jours à récupérer qui, d’après les estimations de Capital, génèrerait une note pour les contribuables estimée à près de 4 milliards d’euros. 1,4 milliard d’euros rien que pour les CET des hôpitaux en 2013, 1,5 milliard d’euros pour ce qui est des services de l’Etat deux ans plus tard. Deux chiffres auxquels s’ajoutent les dépassements d’honoraires des collectivités territoriales.

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Au final, s’indigne Jean-Marie Barbot, le président de l’Association pour le développement des ressources humaines des établissements sanitaires et sociaux (Adrhess), interrogé par Capital : "L’application des 35 heures s’est transformée en une véritable machine infernale". Une machine infernale qu’il conviendra de payer un jour ou l’autre. Sauf que, jusqu’à preuve du contraire, il semblerait qu’aucune instance n’ait, pour l’heure, trouver la solution pour remédier à cette épineuse, mais surtout coûteuse situation.

En vidéo - Les 35 heures ont vingt ans aujourd'hui

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