L’exil de Gérard Depardieu en Belgique agace. Du public au Premier ministre, les voies s’élèvent contre ceux qui fuient le fisc. De quoi aussi donner des idées à certains : un député propose que l’on retire leur nationalité à tous ceux qui refusent de payer leurs impôts en France.

Gérard Depardieu doit-il craindre de se voir déchu sa nationalité française ? En partant s’installer en Belgique, l’acteur a énervé beaucoup de monde, en particulier dans la classe politique. Si certains le prennent avec plus ou moins d’humour, d’autres fustigent cette initiative. « Je trouve ça tellement dommage. On avait Astérix et Obélix. Astérix est parti à Londres, Obélix part à Bruxelles... » déplore ainsi Nathalie kosciusko-Morizet, non sans ironie, faisant référence à Christian Clavier parti s’installer à Londres il y a quelques mois. Le Premier ministre lui, est beaucoup moins tendre avec ceux qui cherchent à « s'exonérer de la solidarité avec les autres Français ».

« Ceux qui s'exilent à l'étranger, ce ne sont pas ceux qui ont peur de devenir pauvres. C'est parce qu'ils voudraient devenir encore plus riches » a déclaré hier Jean-Marc Ayrault lors d’une conférence de presse. Pour lutter contre l’exil fiscal, Yann Galut, député PS du Cher, propose donc une mesure radicale : déchoir de leur nationalité tous ceux qui s’installe à l’étranger pour une question d’impôt. « Cette démarche particulièrement égoïste poursuit un seul objectif : soustraire à la juste contribution leurs patrimoines astronomiques au mépris de la solidarité nationale » estime-t-il.

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Il rappelle que l’exil fiscal représente un manque à gagner pour l’Etat de 30 à 60 milliards d’euros par an. Yann Galut propose donc de s’inspirer de la législation américaine. « Faute de règlement du différentiel entre les impôts du pays qui les accueille et les impôts qu'ils auraient acquittés en France, ces exilés fiscaux se verraient déchus de leur nationalité française ». Une mesure qui n’est pas sans rappeler une proposition de campagne de Nicolas Sarkozy : faire payer aux exilés fiscaux la différence entre le montant payé à l’étranger et le montant qui aurait du être versé au fisc français, sans toutefois les priver de leur nationalité.