Alors que le projet de loi Duflot, visant à encadrer le prix des loyers, va être examiné à l’Assemblée, une étude montre que ces derniers ont doublé depuis 1970 par rapport aux revenus, et que les locataires se sont paupérisés.

Cécile Duflot en avait fait une de ses priorités. Son projet de loi visant à encadrer le prix des loyers dans certaines zones est depuis ce mardi 10 septembre sur le bureau de l’Assemblée nationale. Une mesure qui fait grincer des dents les professionnels de l’immobilier, qui indiquent qu’en dehors de Paris, les loyers n’ont pas forcément augmenté de manière aussi forte, indique Le Figaro. Pourtant, si l’on en croit la note de Jacques Friggit, du Commissariat général à l’environnement et au développement durable, intitulé Loyers et revenus depuis les années 1970, la part des revenus consacrée par les locataires au loyer a doublé depuis 1970.

La part du loyer représentait environ 11% en 1970« Le loyer moyen des locataires a doublé par rapport à leur revenu » indique Jacques Friggit. Ainsi, en 1970, la part du loyer représentait environ 11% des revenus des locataires, elle en représentait 22,6% en 2006 (chiffres INSEE basés sur les revenus de l'ensemble des ménages, et pas uniquement des locataires). Si les loyers augmentent sans cesse, les salaires, eux, ne suivent pas le même rythme, ce qui explique les difficultés grandissantes des ménages, et plus particulièrement des locataires. « Les locataires se sont paupérisés par rapport à l'ensemble des ménages, de 0,8 % par an en moyenne, ce qui reflète principalement la paupérisation massive depuis 1970 des ménages jeunes, surreprésentés parmi les locataires » confirme ainsi Jacques Friggit.

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Un coût pour l'EtatAutre évolution depuis 1970 : la qualité des logements. « La qualité intrinsèque des logements locatifs a fortement progressé » souligne le spécialiste. Le parc locatif est en effet aujourd’hui plus moderne, et le nombre de personne par ménage plus faible, autant de facteurs qui améliorent le confort des habitants, mais qui entrainent aussi une flambée des prix. Mais s’il pèse sur le budget des locataires, ce grand écart entre le prix des loyers et les revenus pèse aussi sur le budget de l’Etat, car il « augmente le coût des aides personnelles au logement, qui visent à ramener le taux d'effort des locataires à un niveau considéré comme acceptable ». En 2012, ce sont pas moins de 16 milliards d’euros d’aides (APL, ALS, ALF) qui ont été distribués aux Français pour les aider à supporter le poids du loyer.
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