Alors que les prix de l'immobilier à Paris battent des records, la publication d'une annonce sur le site de Particulier à Particulier, lundi 31 octobre, a suscité l'indignation des internautes. Sur cette dernière, un "studio" de trois mètres carrés au sol était proposé à la vente pour 29 000 euros. Erreur ? Canular ? Arnaque ? La rédaction de Planet.fr a mené l'enquête.

Lundi 31 octobre au soir, stupeur sur la Toile : une annonce immobilière publiée sur le site pap.fr (de Particulier à Particulier) fait le tour d’internet, et notamment des réseaux sociaux où elle déclenche de vives réactions. Et pour cause, le bien est un "studio" de 3 mètres carrés vendu à 29 000 euros.

Voici le texte de l’annonce :

Paris 9e. Rue Drouot, immeuble câblé, digicode, gardienne, au 6e par escalier principal : pièce mansardée de 3 m² au sol, à usage d'annexe à l’habitation (dépendance/débarras). Compteur électrique, fenêtre vélux possible (autorisation du syndic), chauffage électrique, droit aux wc communs et à l'eau. Idéal pour domiciliation ou archivage. Charges 2 €/mois, taxe foncière 15 €/an, taxe habitation 21 €/an. Parfait état. 29.000 €.

"Bienvenue en enfer" pour certains "la honte" ou "un fake" (comprenez un canular) pour d’autres, l’info circule et les commentaires fusent sur Twitter et Facebook ainsi que sur les sites d’informations.

De fait, même si l’annonce parle "d’usage externe à l’habitation", la photo qui accompagne le bien, montrant un matelas posé sur le sol et une table de chevet (cf photo ci-dessus) ainsi que la mention d’avoir "droit aux wc communs et à l’eau" et de faire installer un velux peut sous-entendre qu’il est possible, pourquoi pas, d’y loger.

Un studio de 3 mètres carrés ? "Ce n’est pas légal"

Contacté par la rédaction de Planet.fr, Gérard Adriaenssens, président de la CEIF (la Chambre des Experts Immobiliers de France), est catégorique : "Ce bien ne peut pas être considéré comme un logement d’habitation car il n’est pas décent. La surface minimum légale est de 9 mètres carrés".  Il précise toutefois qu’il faut voir à quoi est destiné le bien et dans quelle catégorie il se classe.

Une annonce modifiée entre temps

Entre temps, l’annonce est modifiée sur le site de PAP.fr (voir capture d'écran ci-contre). Les meubles sur la photo ont disparu, et l’ambiguïté qui planait sur l’annonce également. On peut maintenant y lire : 

Paris 9e. Rue Drouot, immeuble câblé, digicode, gardienne, au 6e par escalier principal : pièce mansardée de 3 m² au sol, non louable en habitation, à usage d'annexe (dépendance/débarras/placard). Compteur électrique, fenêtre de toit type Vélux possible (autorisation du syndic), chauffage électrique, droit aux wc communs et à l'eau. Idéal pour domiciliation entreprise ou archivage. Charges 2 €/mois, taxe foncière 15 €/an, taxe habitation 21 €/an. Parfait état. 29.000 €.

La seconde mouture de l’annonce précise qu’il est impossible de faire de cette surface un logement. Nous décidons toutefois de contacter le vendeur, pour lui poser directement la question.

Le propriétaire du bien : "C’est une erreur du site"

Contacté par la rédaction, le vendeur prend soin de nous préciser que "l’annonce a été publiée par erreur et a été rectifiée ensuite".

Il nous explique que l’annonce a été mal catégorisée, et que de "studio" elle est passée à "propositions diverses".

"Ce n’est qu’un simple débarras, pas un studio !," s’empresse-t-il d’ajouter.

"J’ai été harcelé"

Questionné sur les réactions qu’ont suscitées son annonce, le vendeur du "débarras" nous raconte : "J’ai été extrêmement déçu du comportement des personnes qui m’ont écrit pour m’insulter sans contacter le site. Ils se sont permis de m’envoyer des messages agressifs et grossiers alors que je ne suis pas à l’origine de cette erreur. J’ai été harcelé sur Internet par des gens qui n’ont même pas eu le courage d’appeler".

Remonté, il en veut également aux sites qui ont pointé du doigt son annonce : "Ils ne m’ont même pas appelé et ont publié l’information sans vérifier".

Il souhaite attirer notre attention sur les attaques dont il a été victime, soulignant que "juridiquement, il y a matière à porter plainte…".

"Je pourrais bien passer une nuit dedans comme dans ma voiture."

Interrogé sur l’ambiguïté de la première version de son annonce et la mise en scène de la photo d’origine, le propriétaire ne se démonte pas : "C’est un débarras et j’ai le droit d’y entreposer mes meubles".

Il prend soin d’ajouter tout de même qu’à "une certaine époque, ce bien était une chambre de bonne. D’ailleurs je paie la taxe d’habitation. Je pourrais bien passer une nuit dedans comme dans ma voiture," déclare-t-il, pour faire un pied de nez à tous ses détracteurs.

"Je crois que je suis le moins cher de Paris"

3 mètres carrés, 29 000 euros ? N’est-ce-pas un peu cher ?

"Avant de passer l’annonce j’ai regardé les prix, et j’ai trouvé d’autres parkings et caves avec des prix plus élevés," nous assure le vendeur, qui conclue "je crois que je suis le moins cher de paris".

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Pas sûr. Après une rapide recherche sur le site Seloger.com, il apparaît que l’on peut trouver des boxes et parkings à moins de 10 000 euros dans Paris… Et pour une surface souvent supérieure. 

Reste à savoir si ce bien, qui est toujours en vente, va trouver preneur. Et à quoi il servira…

 

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