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Le tant attendu rapport Chilcot a finalement été rendu public mercredi au Royaume-Uni. Commandé il y a sept ans, il fait la lumière sur les conditions de l'entrée en guerre du pays contre l'Irak en 2003. Ses conclusions sont très sévères. Tout d'abord, les alternatives à la guerre n'avaient pas encore été épuisées. Saddam Hussein ne constituait pas une menace imminente. Les conséquences de l'invasion ont été sous-estimées, et le gouvernement britannique a échoué à atteindre ses objectifs. Les conclusions sont accablantes pour Tony Blair, dont la bonne foi n'est cependant pas mise en doute. 'Je demande juste avec humilité que le peuple britannique accepte que j'aie pris cette décision parce que je croyais que c'était la bonne chose à faire, compte tenu des informations que j'avais et des menaces que je percevais', a-t-il solennellement déclaré. Mais Tony Blair a du sang sur les mains, pour les familles des soldats britanniques tombés en Irak. Elles ont prévu de se rencontrer après avoir lu ce long rapport, pour décider des démarches à entreprendre contre l'ancien Premier ministre. 'Tony Blair devrait être à La Haie pour crimes de guerre, d'autant plus avec ce rapport accablant', estime Valerie O'Neill, la mère d'un soldat tué en Irak. 'Nous devons faire campagne pour qu'il ait des sanctions politiques. Il ne devrait pas être un personnage respecté qui se balade sur les plateaux de télévision comme il a pu le faire. Il est absolument fini politiquement', juge Lindsey German de 'Stop the war coalition'. For the anti-war movement, Chilcot is not the end. Blair must face charges | Lindsey German https://t.co/GtHwLxXg3K- Lindsey German (@LindseyAGerman) 6 juillet 2016 Pour le mouvement anti-guerre, Chilcot n'est pas une fin. Blair doit faire face à des poursuites 45 000 soldats britanniques ont été envoyés en Irak de 2003 à 2009. 179 ont perdu la vie. Washington, Londres et leurs alliés avaient envahi l'Irak sans l'aval de l'ONU. Des centaines de milliers de Britanniques avaient manifesté contre cette intervention.
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Le 20 mars 2003, des soldats britanniques participent à l'invasion de l'Irak au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. Treize ans après, le rapport d'enquête sur l'engagement du Royaume-Uni condamne une invasion prématurée et un après-guerre non suffisamment préparé. John Chilcot est le président de la commission. 'L'enquête ne se prononce pas sur la légalité ou non de l'action militaire' explique-t-il. 'En revanche, nous concluons que la décision selon laquelle l'action militaire britannique était légale a été prise dans des circonstances loin d'être satisfaisantes.' En 2002, l'Irak est encore sous le régime des sanctions décidé par les Nations Unis après l'invasion du Koweït. Les inspecteurs de l'ONU essaient toujours de déterminer si oui ou non le président irakien a éliminé son arsenal d'armes de destruction massive, comme celles utilisées contre les Kurdes de Halabja en 1988. Le Royaume-Uni se range alors du côté des Etat-Unis pour critiquer le manque de coopération de Saddam Hussein. 'Saddam Hussein est une menace en termes d'armes de destruction massive, d'armes chimiques, biologiques et peut être nucléaires' explique le Premier ministre britannique le 7 septembre 2002 aux côtés de Georges Bush. 'Cette menace est réelle. Nous essayons de trouver comment y faire face, parce que nous devons y faire face.' Devant la Chambre des communes quelques jours plus tard, le 24 septembre 2002, Tony Blair explique disposer d'un dossier de cinquante page établissant la réalité de la menace irakienne. 'Cela conclut que l'Irak possède des armes chimiques et biologiques' assure alors Tony Blair. 'Que Saddam continue de les produire et que les plans militaires dont il dispose prévoient que ces armes chimiques et biologiques pourraient être utilisées dans une délai de 45 minutes.' 'Le jugement sur les capacités irakiennes dans cette déclaration, et dans le dossier publié le même jour, ont été présentées avec un degré de certitude qui n'était pas justifié' dit aujourd'hui John Chilcot. Le rapport Chilcot souligne par ailleurs que l'intervention militaire 'aurait pu être nécessaire à un moment donné, mais [qu'] en mars 2003, il n'y avait pas une menace imminente de Saddam Hussein.' Autre conclusion du rapport : les troupes britanniques n'avaient pas les capacités suffisantes pour assurer la sécurité des provinces dont elles étaient responsables. 'Le gouvernement ne s'est pas suffisamment préparé face à l'ampleur de la mission de stabiliser, administrer et reconstruire l'Irak, ni aux responsabilités qui allaient incomber au Royaume-Uni' explique M. Chilcot. Sept ans ont été necessaire pour écrire le rapport Chilcot. L'engagement britannique a duré six ans. 179 soldats britanniques et des centaines de milliers d'Irakiens ont été tués durant la guerre.
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A la Chambre des Communes, l'actuel Premier ministre conservateur, David Cameron, a appelé à tirer les leçons des échecs de la guerre en Irak. Il a aussi estimé que les partis et les députés qui avaient voté pour l'entrée en guerre devaient assumer leurs responsabilités. 'Engager un pays dans la guerre doit toujours être un dernier recours, et ça ne doit être fait que si toutes les alternatives crédibles ont été épuisées', dit-il. 'Oui, la Grande-Bretagne tirera les leçons de ce rapport. Mais au même titre que notre intervention contre Daesh en Irak et en Syrie aujourd'hui, la Grande-Bretagne ne doit pas réduire son rôle sur la scène internationale et ne doit pas échouer à protéger sa population'. Dans les rangs de l'opposition, le chef du Labour, Jeremy Corbyn, avait lui voté contre l'intervention en Irak. Il s'est au contraire excusé, au nom de son parti, pour cette décision qualifiée de 'désastreuse'. 'Il y a des leçons immenses à tirer pour chacun d'entre nous aujourd'hui. Nous devons réfléchir très sérieusement avant de prendre de nouveau des décisions sur une action militaire sans mesurer les conséquences pour ceux qui vivront dans les décennies à venir, ces décisions ont souvent un résultat aux conséquences incalculables', a t-il souligné. Devant le centre de conférence où le rapport était présenté, des manifestants se sont rassemblés à l'appel de la coalition Stop the War. 'Blair a menti, des milliers de personnes sont mortes', ont-ils dénoncé.
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Tony Blair et l'intervention britannique en Irak en 2003 ont été sévèrement mis en cause par le rapport Chilcot. Douze volumes accablants pour le dirigeant travailliste de l'époque. Attendu depuis sept ans, il a été présenté ce mercredi à Londres par John Chilcot, président de la commission d'enquête. 'Il est clair que la politique concernant l'Irak s'est construite sur la base d'évaluations et de renseignements défectueux. Ils n'ont pas été contestés et ils auraient dû l'être. M. Blair nous a dit que les difficultés rencontrées en Irak après l'invasion ne pouvaient pas être connues par avance. Nous ne sommes pas d'accord'. Dans une longue déclaration, Tony Blair a régi en exprimant ses 'excuses' et ses 'regrets' pour les erreurs commises. Il a essayé de faire jouer la corde sensible. 'La décision d'entrer en guerre en Irak et de destituer Saddam Hussein, au sein d'une coalition de 40 pays dirigée par les Etats-Unis, a été la décision la plus dure, la plus considérable, angoissante que j'ai eu à prendre durant mes dix années en tant que Premier ministre. Et pour cette décision, aujourd'hui, j'assume l'entière responsabilité, sans exception et sans excuse', a t-il dit. Il a aussi présenté sa propre lecture de l'histoire, n'hésitant pas à affirmer, je cite, 'nous avons pris la bonne décision. Le monde est meilleur et plus sûr'. Probablement pas de quoi convaincre, ni émouvoir ces familles de soldats britanniques tués dans le conflit qui dénoncent l'injustice et les mensonges de Tony Blair.
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Le Royaume-Uni a envahi l'Irak 'sans avoir épuisé les options pacifiques' et 'sans préparation adéquate face aux conséquences', telles sont quelques unes des conclusions du volumineux rapport Chilcot présenté ce mercredi à Londres. 'Malgré les avertissements, les conséquences de l'invasion ont été sous-estimées' a déclaré le président de la commission d'enquête John Chilcot. Il aussi pointé du doigt des 'renseignements défectueux', sur la supposée présence d'armes de destructions massives. Quant aux ressources militaires engagées, elles ont été 'faibles et inadaptées', selon le rapport. Les critiques sont donc sévères contre le Premier ministre de l'époque Tony Blair. Le rapport révèle qu'il s'est engagé à suivre le président américain Bush 'quoi qu'il arrive', sans questionner sa politique. My cartoon Wednesday TheTimes on the #ChilcotReport. #Blair #IraqWar pic.twitter.com/p9spmARtiS- Peter Brookes (BrookesTimes) July 6, 2016 Ce dernier a rapidement réagi dans un communiqué. Il dit avoir agi de bonne foi et dans l'intérêt du pays. Il souligne aussi qu'il ne croit pas que le départ de Saddam Hussein soit la cause des actions terroristes d'aujourd'hui. Le président de la commission a lui rappelé que l'Irak continuait de payer le prix des conséquences de cette intervention. La guerre a coûté la vie à des dizaines de milliers d'Irakiens. 179 soldats britanniques ont aussi été tués dans le conflit, pendant les six ans d'engagement britannique jusqu'en 2009.
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Les forces irakiennes continuent de se rapprocher de Fallouja, toujours aux mains des djihadistes du groupe Etat islamique (EI). L'offensive pour reprendre Fallouja a commencé il y a près d'une semaine. Y participent des groupes para-militaires, des soldats des unités d'élite ainsi que des combattants des tribus locales. Et l'assaut final semble imminent. 'Nos forces vont entrer dans Fallouja dans les prochaines heures pour la libérer de Daech', a affirmé à l'AFP Abdelwahab al-Saadi, commandant en chef chargé de l'opération. Un millier de djihadistes se trouveraient encore à Fallouja. Ils sont soupçonnés de vouloir se servir des civils comme boucliers humains. Ce groupe de civils a réussi à fuir. ''On s'est caché pendant trois jours pour ne pas être pris par Daesh, affirme une jeune femme, son bébé dans les bras. S'ils nous avaient découvert, c'est sûr, ils nous auraient tués !' Fallouja est située à une cinquantaine de kilomètres de Bagdad. Sa libération est un des objectifs de la coalition internationale engagée contre le groupe Etat islamique. A mesure qu'ils avancent vers Fallouja, les groupes para-militaires irakiens ont découvert des tunnels creusés par les djihadistes autour de la ville. Ces tunnels sont destinés à rejoindre la ligne de front et à s'en retirer sans être exposés.
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Meurtres, tortures, viols, esclavage sexuel... Le portrait de l'Irak dressé par l'ONU est particulièrement sinistre. Le rapport,présenté ce mardi, comporte une quarantaine de pages. >> Document à consulter ici (version complète en anglais uniquement). >> Résumé du document à consulter ici (version française). Il a été établi par la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Irak (MANUI) et le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme. Pendant deux ans, ces deux organismes ont rassemblé des données. Et il apparaît - une fois de plus - que les civils sont les premières victimes de la guerre. 'Depuis janvier 2014, nous avons enregistré la mort de plus de 18 000 personnes, directement en lien avec le conflit. A cela s'ajoute plus de 3 millions de personnes qui ont dû fuir leurs maisons et leurs villages, et qui sont désormais considérées comme des déplacées.' Mohammad Ali Alnsour, responsable régional, Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme Le rapport pointe du doigt essentiellement les djihadistes du groupe Etat islamique, qui contrôlent un partie du territoire irakien. D'après les auteurs du document, les actes perpétrés par Daesh 'pourraient, dans certains cas, constituer des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et potentiellement des crimes de génocide'. 'Les atrocités commises sont des meurtres à caractère ethnique, des enlèvements, des viols, des destructions de patrimoine religieux ou culturel, des destructions d'infrastructures, de l'esclavage sexuel... Et cela touche des milliers de personnes issues de minorités.' Francesco Motta, chargé des droits de l'Homme, Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Irak Daesh détiendrait actuellement en Irak près de 3500 personnes en esclavage. Il s'agirait principalement de femmes et d'enfants yézidis, une minorité kurdophone. Les responsables de l'ONU préviennent : il se peut que ce qui est contenu dans ce rapport soit bien en-deçà de la réalité. Sadistic killings, abductions, mass graves: Iraqi refugees deserve our respect & compassion https://t.co/NLpgbNakfQ pic.twitter.com/ULEDUjC4SM- UN Human Rights (@UNrightswire) 19 Janvier 2016 Syrie-Irak : deux années de guerre en cartes via les decodeurs https://t.co/odJlSBaFX0 pic.twitter.com/TVkwbs1fvv- Le Monde (lemondefr) 19 Janvier 2016
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Le sergent américain Bowe Bergdahl va être traduit devant une cour martiale. Cet ex-prisonnier en Afghanistan, sera jugé pour désertion et 'mauvaise conduite face à l'ennemi'. Aux Etats-Unis son cas est controversé. Il avait été capturé en 2009 par les talibans après avoir quitté sa base à pied. Il est resté prisonnier durant trois ans et demi. Barack Obama obtiendra sa libération en mai 2014 échange de cinq déténus de Guantanamo. Beaucoup de Républicains estime que la concession était trop grande. Le candidat à l'investiture républicaine pour la Maison Blanche, Donald Trump, a même qualifié le soldat de 'sale traître pourri' et assuré qu'il méritait d'être exécuté. Après sa libération, Bowe Bergdahl a occupé un poste admnistratif dans l'armée dans l'attente d'une décision de justice. Il y a quelques jours, il a expliqué dans une célèbre émission de radio américaine 'Serial' avoir abandonné son poste pour dénoncer le mauvais commandement de son unité. Il dit aussi avoir voulu suivre les pas de Jason Bourne, célèbre agent secret fictif de la CIA. Agé de 29 ans, le militaire risque désormais la prison à vie. L'audition devant la cour martiale se tiendra sur la base de Fort Bragg, en Caroline du Nord.
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Des centaines de combattants kurdes ont pénétré dans Sinjar. Tombée il y a plus d'un an aux mains du groupe Etat islamique, cette ville du nord de l'Irak a été reprise ce vendredi par les peshmergas. Une victoire symbolique et stratégique de taille. Sinjar est une localité clef située près de la frontière syrienne sur une route où les jihadistes de l'EI font circuler leur matériel et leurs hommes entre l'Irak et la Syrie. La télévision kurde a diffusé ces images à l'intérieur de la ville. Selon le conseil de sécurité du Kurdistan irakien, plusieurs lieux stratégiques ont déjà été sécurisés. L'objectif est à présent de neutraliser les derniers insurgés restants et d'établir une zone tampon pour protéger les habitants. Des milliers de Peshmergas ont lancé jeudi l'offensive. Ils ont été appuyés par des raids de la coalition menée par les Etats-Unis. A leurs côtés également, des combattants yazidis. Cette minorité religieuse a particulièrement souffert des exactions commises par les militants de l'organisation Etat islamique lors de la prise de la ville en août 2014.
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Pour l'armée irakienne et ses alliés, c'est une prise stratégique. La zone industrielle et la raffinerie de la ville de Baïji sont à nouveau sous leur contrôle. Les djihadistes de l'Etat islamique s'en étaient emparés il y a un peu plus d'un an lors d'une vaste offensive dans le nord du pays. L'armée et les milices chiites disent désormais contrôler 60% de cette ville qui est un carrefour entre plusieurs fronts importants. Ils ont repoussé les combattants de Daech à coups de roquettes et de missiles et tentent de déminer la zone, parsemée d'engins explosifs. Sur un autre front, celui de Ramadi, au centre du pays, les frappes aériennes de la coalition internationale appuient les forces irakiennes dans leur tentative de reconquête de la ville. Pour le seul mois d'octobre, la coalition a mené environ 70 frappes dans la zone. Actuellement, un tiers du territoire irakien est aux mains de l'Etat islamique.
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L'ancien directeur de la CIA s'en sort plutôt bien. Il a été condamné à deux ans avec sursis et 100.000 dollars d'amende après avoir plaidé coupable d'avoir fourni des informations confidentielles à une femme avec laquelle il avait une liaison. L'ex-général quatre étoiles a reconnu avoir transmis ces informations à sa maîtresse, Paula Broadwell, une réserviste qui était alors en train d'écrire sa biographie. David Petraeus fut l'un des principaux théoriciens de la lutte anti-insurrectionnelle de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan. Ce scandale a jeté une ombre sur son statut de héros et l'a contraint a démissionné de la CIA en novembre 2012.
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Une victoire symbolique et stratégique. L'offensive a été lancée il y a dix jours pour reprendre le contrôle de cette ville située dans le nord de l'Irak. Une ville tombée entre les mains du groupe sunnite État islamique au mois de juin. Soutenus par des miliciens chiites, soldats, policiers et membres des Unités de mobilisation populaire irakiens affirment avoir libéré le quartier d'Al-Qadisiyah. Des dizaines de milliers d'hommes sont mobilisés. Mais le plus dur reste à faire. Ici, ce n'est pas le nombre de combattants islamistes qui est à craindre, mais les snipers réfugiés dans la ville, et le sol piégé. Alors que ceux qui sont libérés exultent, les djihadistes ont fait au moins 17 morts dans une série de douze attentats dans la seule ville de Ramadi, à 100 kilomètres de là.
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Todenhöfer : 'l'organisation Etat islamique, bébé de G. W. Bush' L'organisation Etat islamique est une création de l'Occident. C'est la thèse défendue par l'auteur allemand Jürgen Todenhöfer, partagée par d'autres journalistes. L'ancien juge et député, à gauche sur l'image, a passé dix jours 'embedded' à Mossoul, en Irak, ville sous le contrôle de l'organisation islamiste. Il a pu interviewer certains de ses membres, dont ce jeune Allemand à droite de l'image. Jürgen Todenhöfer a été largement critiqué pour offrir une plateforme de propagande aux terroristes par ce reportage...mais aussi pour sa position sur la place de l'islam en Europe. A l'heure où le continent est sous le choc des attentats de Paris, il prône une meilleure compréhension envers une religion traitée de manière injuste. Dans ses ouvrages, Todenhöfer prend la défense de l'islam. Il affirme : 'Nous surmonterons la violence des minorités terroristes, seulement si nous traitons le monde musulman de façon aussi juste que nous aimerions être traités'. euronews : 'M. Todenhöfer, quelle est est votre réaction aux opérations anti-terroristes menées dans plusieurs pays européens, et au projet d'attentats en Belgique ?' Jürgen Todenhöfer : 'Je pense que nos services de sécurité doivent faire tout ce qui est nécessaire, mais il faut se garder de toute hystérie.' euronews : 'Depuis des années vous appelez dans vos ouvrages à plus de compréhension envers l'islam. Pourquoi pensez-vous qu'il est traité de manière injuste ?' Jürgen Todenhöfer : 'Pendant ces 200 dernières années, aucun pays arabe n'a jamais attaqué l'Occident. Nous devons expliquer pourquoi nous menons des guerres en Afghanistan, en Irak et en Libye. Et si nous cherchons une explication à l'existence de cette horrible organisation Etat islamique, il faut regarder l'histoire : elle a été créée quelques semaines après l'invasion américaine en Irak. C'est le bébé de Georges W. Bush. Et la violence qui nous frappe aujourd'hui est le boomerang de nos propres guerres.' euronews: 'Qu'est-ce qui vous a le plus surpris lors de votre séjour dans les territoires contrôlés par l'organisation Etat islamique ?' Jürgen Todenhöfer : 'Que cette organisation est bien plus forte que ce que pense la classe politique européenne, et que nous n'ayons pas de stratégie contre l'organisation Etat islamique, car bombarder des villes où se trouvent seulement 5 000 combattants provoquerait la mort de milliers de civils, ce qui ne fait que nourrir le terrorisme et n'affaiblira pas l'organisation Etat islamique.' euronews : 'Il y a eu beaucoup de critiques après votre interview de jihadistes venant d'Allemagne. Auriez-vous pu leur poser des questions plus incisives ?' Jürgen Todenhöfer : 'Peu importe mon avis, et ce que je pense de l'organisation Etat islamique. Je l'ai écrit plusieurs fois. J'ai une opinion extrêmement critique sur eux. Il était important de savoir ce qu'il pensent. Et je peux dire à tous les journalistes qui pensent qu'il fallait être plus courageux dans la gueule du loup, que je peux les faire entrer et qu'ils pourront avoir la discussion qu'ils souhaitent avec les dirigeants de l'organisation Etat islamique.'
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Depuis le début de la crise syrienne il y a 4 ans, 220 000 Syriens se sont réfugiés ici, à Erbil, dans le Kurdistan irakien. Ils ont été rejoints ces derniers mois par plus de 2 millions d'Irakiens fuyant les jihadistes. La moitié de tous ces réfugiés sont des enfants. L'Unicef a déclaré 2014 'année dévastatrice' pour des millions d'enfants pris au piège de conflits à travers le monde. Parmi eux, des petits Syriens de moins de 5 ans. Déplacés en Irak, ils ont grandi avec comme seuls repères la guerre, la violence et l'exil, perdant tout sentiment de normalité. Jeffrey Bates, directeur de communications, Unicef, Irak : 'Ce qui pour nous est une urgence, une crise, pour eux, c'est normal. Pour eux, ce qui est étrange, c'est la vie normale. Ce que l'Unicef et ses partenaires cherchent à faire, c'est créer une vie normale. Un camp ne sera jamais une maison, mais si ces enfants peuvent avoir des endroits où jouer, aller à l'école, s'ils peuvent être avec leurs amis, leurs familles et simplement être en sécurité, cela leur aidera pour continuer à grandir.' Voir leurs enfants s'épanouir, c'est le voeu le plus cher de ces réfugiés irakiens de la minorité yézidis. Une utopie aussi. 'Il n'y a pas d'avenir pour nos enfants... Et pour nous non plus estime ce père de famille. Les jihadistes contrôlent encore de nombreuses régions tout autour, alors on ne peut pas penser à l'avenir. Il est incertain.' L'avenir, qui passe aussi par la scolarisation des enfants, mais ici c'est impossible Raphaële Tavernier: 'Juste en face de moi, il y a une école, réellement collée à ce camp de réfugiés. Une école à laquelle ces enfants yézidis n'ont pas accès, car ici les cours sont réservés aux enfants d'Erbil en priorité, mais aussi car ils sont dispensés en anglais et en kurde et que ces réfugiés ne parlent que l'arabe'. Même constat dans ce camp de réfugiés chrétiens. Il manque actuellement près de 4 000 places en primaires et plus encore en collège et lycée pour les seuls enfants des familles chrétiennes. Sans école et loin de chez eux, les journées sont longues pour ces enfants déracinés. Et les activités dispensées par les ONG ne suffisent pas à égayer leur quotidien. 'Avant, on avait notre dignité, notre maison, notre école. A Bachika, c'était pas comme ici. Ici on n'a rien du tout' dit Youssef. Savio est d'accord : 'On vivait mieux avant. Au moins on avait des écoles, on vivait dans la prospérité. Qu'est ce qu'il y a ici ? Il n'y a rien du tout, on ne fait rien'. 'Je veux rentrer chez moi, retourner à Bachika', ajoute Zina. Lueur d'espoir en cette période de fête, la première école en préfabriqué a ouvert le 11 décembre dernier dans le quartier chrétien d'Ankawa à Erbil. Un bâtiment qui fait partie d'un programme d'aide aux réfugiés mené par l'Aide à l'Eglise en Détresse (AED). Au total, 8 écoles réparties entre Ankawa et la ville de Dahuk doivent être installées et opérationnelles d'ici la fin janvier.
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Le gouvernement espagnol a qualifié de 'déplorable' les déclarations vendredi du président vénézuélien. Nicolas Maduros s'exprimait sur la chute des prix du pétrole, qui affectent durement l'économie du Venezuela, quand il s'en est pris à l'ancien premier ministre espagnol José Maria Aznar, qu'il a qualifié, par erreur, d'ancien président. 'Non seulement ils ont détruit l'Irak, mais 1 million deux cent mille personnes ont été tuées, en Irak, à cause d'Aznar, le meurtrier espagnol, le meurtrier espagnol assoiffé de sang, Aznar l'ancien président d'Espagne' a déclaré le Président Maduros, avant d'ajouter qu'il le qualifiait de 'meurtrier parce qu'il est', selon lui, 'responsable de la mort d'un million deux cent mille Irakiens.' Alors qu'il était premier ministre, José Maria Aznar a soutenu l'intervention en Irak, lancée en 2003, et envoyé un millier de soldats espagnols en soutien à la coalition conduite par les Etats-Unis contre le régime de Saddam Hussein.
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La Fête des Lumières de Lyon, fête catholique qui célèbre la Vierge Marie, a été 'exportée' cette année en Irak par une délégation lyonnaise avec l'assentiment du Pape François. Des milliers de chrétiens et yézidis ont formé ce samedi soir la procession mariale dans les rues d'Erbil où des dizaines de milliers ont trouvé refuge après les attaques et les persécutions orchestrées par le groupe Etat islamique. Moment émouvant pour la minorité chrétienne, la diffusion d'un message enregistré du Pape où il dénonce 'l'exil forcé des chrétiens et des yézidis qui ont été obligés de tout quitter pour sauver leurs vies sans renier leur foi' (...) 'En tant que chef religieux', a-t-il ajouté, 'nous sommes tenus de condamner toutes les violations de la dignité humaine'. C'est le patriarche des chaldéens Raphaël 1er Sako qui a accueilli la délégation lyonnaise, composée d'une centaine de personnes et conduite par l'archevêque catholique Barbarin. Les catholiques lyonnais jumelés au diocèse de Mossoul depuis octobre ont souhaité manifester de manière concrète leur soutien aux milliers de réfugiés irakiens. Ils sont venus à Erbil avec des centaines de lumignons, des cartes 'merci Marie' en français et en arabe, et des dessins d'enfants d'écoles de Lyon qui seront distribués dans les écoles d'Erbil. La fondation Fourvière a aussi offert une réplique d'1m20 de la Vierge doré. Les membres de la délégation ont prévu d'allumer des bougies devant les tentes et abris des réfugiés pour témoigner de leur 'proximité' avec 'leurs frères et soeurs d'Irak'.
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La plupart des 50 000 réfugiés chrétiens et yézidis accueillis dans la banlieue d'Erbil, viennent de Qaraqosh, la dernière grande ville chrétienne d'Irak, occupée depuis août par les miliciens de l'organisation Etat islamique. Dans l'un des 25 camps d'Ankawa, 400 familles de réfugiés chrétiens' ont d'abord été entassées dans une salle paroissiale, avant les tentes, puis des baraquements. Mais cela reste un asile de fortune. 'Ce n'est pas une façon de vivre', explique un réfugié du nom de Moshta. 'Nous ne voulons plus vivre comme ça. Nous voulons immigrer, nous tous. Je suis obligée d'aller chercher de l'eau tout (il montre le bâtiment en arrière) là-bas et de la rapporter ici, tous les jours. Mon dos me fait souffrir. Nous ne voulons plus vivre ici'. A quelques minutes en voiture de là, un immeuble baptisé 'espoir' a vu le jour. Il abrite déjà 45 familles de réfugiés chrétiens et yézidis. Les conditions sont meilleures que dans les camps : il y a l'eau chaude, des toilettes. Mais ce que beaucoup voudraient avant tout, c'est retourner chez eux. 'Tout ce que je veux c'est rentrer à Qaraqosh, à la maison, même si tout nous a été volé. Nous voulons retrouver nos maisons, notre religion, nos églises. Ils nous ont délogé de chez nous, nous ont laissé sans vêtements, sans nourriture et sans eau' explique, Michael Karomi, un vieil homme. Ce sont des artisans qui ont dû fuir Qaraqosh qui ont construit et aménagé ce bâtiment en partie grâce à des fonds d'organisations caritatives comme les Fondations Ste Irénéé, Raoul Follereau et Marcel Mérieux. Dès la semaine prochaine, 200 familles y seront relogées. Les églises et les associations coordonnent le relogement des réfugiés. 'Ils ont quitté les camps pour venir s'installer ici dans cet immeuble qui n'est même pas encore terminé. Un peu de mieux dans la vie de ces réfugiés chrétiens et yézidis même si leur situation reste dramatique. Ce qui frappe ici, c'est leur sourire, leur aptitude à la résilience. Ils ne demandent rien, ils veulent simplement délivrer un message : 'prier pour nous, aidez-nous à rentrer chez nous' explique Raphaële Tavernier, notre journaliste envoyée à Erbil.
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Abou Bakr al-Bagdhadi diffuse un message audio qui dément les rumeurs sur la mort du chef de l'Etat Islamique. Dans le message de 17 minutes, rendu public ce jeudi, celui qui se présente comme Baghdadi multiplie les menaces. 'Bientôt, et avec l'aide d'Allah, les Juifs et les Croisés seront forcés d'envoyer leur forces à la mort sur le terrain' dit la voix qui ressemble à celle de Baghdadi, avant de poursuivre que les bombardements de la coalition internationale n'auraient pas réussi à bloquer l'avance de l'Etat Islamique. L'enregistrement n'a pas pu être formellement authentifié mais il intervient six jours après un bombardement de la coalition près de Mossoul, où Abou Bakr al-Baghdadi aurait pu être présent, et quelques jours après l'annonce des Etats-Unis de 'lancer une offensive' contre les Jihadistes de l'Etat-Islamique.
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En Irak, les forces gouvernementales ont repris le contrôle de la quasi-totalité d'une ville stratégique : Baiji, au nord de Bagdad. L'armée irakienne a bénéficié de l'appui des bombardements américains. Baiji abrite la principale raffinerie d'Irak, aux mains du groupe État islamique depuis 5 mois. Dans tout le pays, la guerre contre les djihadistes s'intensifie. À l'ouest, Washington a déployé 50 conseillers militaires, et le gouvernement irakien a annoncé qu'il allait armer les tribus locales pour se battre contre l'EI. 'Le processus a commencé aujourd'hui, explique le porte-parole du Parlement irakien. Nous avons reçu une liste de volontaires et de leur équipement. Nous allons leur donner ce dont ils ont besoin, que ce soit de la nourriture ou des produits d'hygiène. Et nous allons leur fournir aussi tout type d'armement.' Au même moment, en Syrie, les troupes kurdes ont enregistré une victoire stratégique contre les djihadistes. Ils ont réussi à couper l'une de leurs principales routes d'approvisionnement, à Kobane. Mais pour l'instant, en dépit de leur offensive et du soutien aérien de la coalition internationale, la ville reste sous le contrôle de l'EI.
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Dans la banlieue chrétienne d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien, le camp de Mar Elia est l'un des nombreux camps de réfugiés établis dans la zone pour accueillir les Chrétiens d'Irak ayant fui le groupe État islamique. Ils viennent principalement de Mossoul et de ses environs. Pour échapper aux conversions forcées à l'Islam, aux taxes imposées par les jihadistes aux populations conquises, et même à la mort, ces Chrétiens ont tout laissé derrière eux. Ils ont fui et survivent désormais ici, loin de chez eux et privés de tout. Réduits à une existence misérable, ils doivent à présent se préparer à affronter l'hiver, avec pour simple abri, des tentes de fortune. Ils nous livrent leurs désespoir et leurs peurs. 'C'est une souffrance de chaque instant. Nous ne pouvons pas dormir. Hier, il a plu. Le bruit de la pluie ressemblait à celui de pierres qui tombaient sur nos tentes. Mon garçon m'a dit ce matin qu'il voulait retrouver la maison, qu'il voulait y retourner aujourd'hui. Je lui ai répondu, 'mais comment veux-tu qu'on y retourne. As-tu rêvé de ça ?' Il m'a regardé sans rien dire. Je ne sais pas, peut-être que durant son sommeil, il a rêvé qu'on repartait chez nous', raconte Soham Yakoub. Une tente pour deux familles. La place manque et les infrastructures sont quasi inexistantes. Ce sont les Églises chrétiennes qui assurent, comme elles peuvent, l'approvisionnement en nourriture et en eau. Elles proposent aussi, des animations pour les enfants et un soutien spirituel. Elles pallient ainsi l'absence d'un soutien suffisant de la part des institutions internationales. Les familles elles-mêmes s'insurgent contre l'inaction de la Communauté internationale et des organisations humanitaires. Elles ne comprennent pas pourquoi si peu d'argent est dépensé pour leur venir en aide alors que des sommes considérables ont été débloquées pour lutter contre l'organisation Etat islamique. 'La vie est dure ici, une fois, il a plu et nous avons beaucoup souffert. Il n'y a pas de machines à laver, pas d'argent, nous n'avons rien. Nous demandons à tous ceux qui nous regardent de loin, sans se préoccuper vraiment de notre situation, de nous aider à sortir d'Irak. Comme vous le voyez, en hiver, l'eau s'infiltre dans les tentes', dit en pleurant une adolescente prénommée Asrar Walid. 'Nous avons quitté nos maisons situées dans la région de Qaraqosh. Nous ne sommes pas les seuls. Tout le monde est parti. Si nous avions été protégés par les forces internationales, nous n'aurions pas quitté nos maisons et nous ne serions pas venus vivre ici, dans ces tentes. Mais existe-t-il vraiment une aide internationale ? ', s'interroge Fadia Salem. Le curé chaldéen de la paroisse de Mar Eliya, le père Douglas al-Bazi, appelle à soutenir davantage ces réfugiés chrétiens. Et au delà, les minorités en Irak quotidiennement persécutées. Le père al-Bazi avait lui-même été enlevé en 2006 puis libéré après neuf jours de captivité. La même année, il avait été blessé dans deux attentats perpétrés contre son Église au nord de Bagdad, par des hommes armés. 'Quand votre histoire et votre nom sont effacés, on peut vraiment parler de génocide. La plupart de ceux qui ont souffert dans ce qui est arrivé à Mossoul sont nos frères Yézidis et le peuple chrétien. Et je ne suis pas surpris. Si le groupe Etat islamique tue ceux qui appartiennent à sa propre religion, alors que dire de sa façon de traiter les personnes des autres religions, sans parler de ceux qui sont athées', dit le père Douglas al-Bazi. Selon l'organisation française 'Fraternité en Irak', depuis le mois d'août, 120 000 Chrétiens, Yézidis, Kakaïs et Shabaks, dont 18 000 enfants se sont réfugiés à Erbil pour fuir le groupe État islamique. Grâce aux dons, l'association a déjà distribué près de 7 000 manteaux aux réfugiés. Mi-octobre, 'Fraternité en Irak' a lancé l'opération 'Hiver à Ninive' pour acheter et distribuer à ces réfugiés des tenues d'hiver. Mohammed Shaikhibrahim, euronews : 'Ils ne jouent aucun rôle dans les conflits politiques. Ils vivaient en sécurité dans leurs maisons et dans la paix. Et au final, ils se retrouvent réfugiés dans plusieurs pays. Acteurs malgré eux, du pire nettoyage et exode ethnique dont ait été jamais été témoin le Moyen-Orient'.
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Soutenir les Chrétiens d'Irak était l'objectif d'un repas irakien organisé dans les jardins de l'archevêché de Lyon, en France, mais aussi une occasion pour les quelque 850 personnes présentes, de célébrer le lancement du jumelage des diocèses de Lyon et de Mossoul. Des Irakiennes installées en France depuis quelques années ont préparé ce repas, mais malgré la joie et la chaleur du moment, elles n'oublient pas ce que vivent leurs familles restées en Irak. 'Mes belles-soeurs et leurs enfants ont été chassés du village de Batala. Ils ont passé un mois dans la rue, sur le trottoir, avant de trouver une solution pour entrer à Kirkouk', raconte Carine. L'association Fraternité en Irak était présente à cette soirée de soutien. De retour d'Erbil, son président tire la sonnette d'alarme. Il craint qu'à la crise humanitaire, s'ajoute une crise sanitaire. 'Dans le plus grand camp d'Erbil, lorsque nous sommes arrivés, il n'y avait que quatre douches pour 700 familles, donc l'enjeu a été très vite de construire des douches dans ce camp parce qu'il y avait déjà des cas de gale qui commençaient à se développer. L'action humanitaire, c'est aussi de faire en sorte que ces personnes ne vivent pas un hiver dans la tente par zéro degré avec des flots de pluies qui vont les inonder', explique Faraj-Benoît Camurat au micro de Fabien Farge. Près de 200 Chrétiens d'Irak ont été rapatriés en France depuis le mois d'août. Six familles ont été accueillies à Lyon. Le Curé de la paroisse chaldéenne de la ville est en contact permanent avec ces réfugiés. Il raconte leur état d'esprit à leur arrivée. 'Ils étaient tristes parce qu'ils ont tout abandonné, parce qu'ils ont tout perdu d'un seul coup et également parce qu'ils ont senti une certaine trahison de la part de leurs voisins qui ont marqué leur maison pour dire qu'ils sont chrétiens. Quand ils sont arrivés, ils étaient sous le choc parce qu'ils arrivent, dépouillés de tout, dans la panique, dans la peur et leur seul objectif est de retrouver le calme et la paix ici. Ensuite, de régulariser leur séjour et là, c'est une immense affaire et du coup, j'ai l'impression qu'ils sortent d'un problème, le départ et après le danger, etc. Pour entrer dans un autre problème, qui est administratif, c'est un cercle infernal', dit le père Muhannad Al-Tawil. Temps fort de cette soirée, un cadeau du Cardinal Barbarin au Patriarche des Chaldéen, les Catholiques d'Irak: les clefs d'une ambulance neuve destinée à un quartier chrétien d'Erbil, où sont soignés gratuitement 400 à 600 réfugiés chaque jour. Entretien avec Mgr Louis Raphaël Sako 1er, Patriarche des Chaldéens. Il vit à Bagdad, mais a fait escale à Lyon pour participer à ce dîner irakien avant de se rendre à Rome afin d'assister au Synode sur la famille. Nous avons rencontré Monseigneur Sako. Le patriarche des Chaldéens revient sur la situation en Irak. Mgr Louis Raphaël Sako 1er: 'Moi je vis sur place et je vois les gens, leur souffrance et aussi leur peur comme leurs espoirs. Et je crois qu'il est très important de sensibiliser l'opinion publique sur le sort de ces Chrétiens, là mais pas seulement Chrétiens, les autres minorités aussi. Leur existence, leur présence est très importante pour toute la population locale, mais aussi pour le monde entier, c'est une mosaïque, il faut la garder'. Raphaële Tavernier, euronews: L'Onu dénonce une 'palette stupéfiante de violations des droits de l'homme' en Irak. Vous le confirmez? Mgr Louis Raphaël Sako 1er: 'Oui, tout à fait. Il n'y a pas d'ordre, c'est-à-dire que l'armée irakienne ne contrôle pas la moitié du pays. Ce n'est pas une armée professionnelle, même à Bagdad, nous avons des problèmes avec les milices, pas seulement les Chrétiens, mais aussi les autres. Il y a des enlèvements, il y a aussi des menaces. Il faut aider le gouvernement irakien à se former et aussi former une armée irakienne professionnelle pour qu'elle puisse protéger tous les citoyens'. euronews: Barack Obama a dit qu'il faudrait minimum trois ans pour régler la situation en Irak et en Syrie, pensez-vous que donner une date était nécessaire? Mgr Louis Raphaël Sako 1er: 'Les discours des chefs politiques, doivent être équilibrés et non pas piégés. D'abord, il a dit 'l'intelligence américaine n'a pas su la force et le poids de l'Etat islamique'. Alors que les Américains ont des satellites, ils contrôlent un peu tout. Et puis il a dit que ça allait durer trois ans. Donc c'est un double message, un faux message. C'est dire à l'Etat islamique, vous avez trois ans, vous avez le temps de vous réorganiser, d'avoir plus de militants et aussi plus de possibilités de vendre le pétrole, etc. Et c'est dire aux déplacés, il faut vous débrouiller, vous ne pouvez pas retourner chez vous, immédiatement ou à court terme. Trois ans, les gens vont partir. Ils seront désespérés. Ils n'auront pas de patience. Il valait mieux ne rien dire et continuer à bombarder au lieu de dire ces choses-là. Cela décourage la population et encourage ISIL, Daesh' euronews: Justement, vous l'avez dit, vous êtes favorable à une intervention terrestre, pensez-vous que c'est la solution? Mgr Louis Raphaël Sako 1er: 'Aujourd'hui, avec ces militants là, il n'y a qu'une force militaire qui peut les chasser, donc pas seulement des bombardements. Mais je crois qu'il faut des troupes au sol avec l'aide ou la collaboration de l'armée irakienne ou de l'armée kurde'.
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Kobané ne connaît pas de répit. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, des dizaines d'obus de mortiers tirés par les jihadistes de l'organisation État islamique, l'EI, se sont abattus ce vendredi sur la troisième ville de Syrie, qui est à majorité kurde. Les Kurdes syriens qui défendent la ville se sentent bien seuls et insuffisamment armés face à l'EI qui a pris près de 70 villages aux alentours de Kobané depuis la mi-septembre. Quant aux frappes aériennes de la coalition, au moins six ont été menées ces jeudi et vendredi en Syrie, d'après l'armée américaine. Elles auraient notamment touché au nord de Raqa deux raffineries, qui sont une source de financement important des jihadistes. Dans une vidéo diffusée sur internet, les insurgés extrémistes affirmeraient que la coalition a bombardé des écoles et des hôpitaux dans la province de Raqa ce jeudi. Une information qui n'avait pas été confirmée ce vendredi après-midi. Avec AFP
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Toute intervention militaire turque en Syrie sera considérée comme une agression, prévient le régime de Bachar al-Assad. Le ministère syrien des Affaires étrangères a lancé cet avertissement ce vendredi, au lendemain du feu vert du Parlement turc à une éventuelle action militaire en Syrie et en Irak contre l'organisation État islamique. Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait également dans la matinée assuré que la Turquie ferait tout pour empêcher les jihadistes de s'emparer de la ville syrienne à majorité kurde de Kobané. 'Nous ne voulons pas que Kobané tombe. Nous avons tendu la main à nos frères de Kobané. (...) La Turquie est le protecteur des Kurdes syriens, comme elle l'est vis-à-vis des Turkmènes et des Arabes', a indiqué Ahmet Davutoglu. Mais nombre de Kurdes doutent de la sincérité d'Ankara qui a d'ailleurs semblé exclure une intervention militaire directe. Environ 160 000 personnes ont fui la région de Kobané depuis deux semaines. Avec AFP et Reuters
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Intitulée 'un autre message à l'Amérique et à ses alliées', la vidéo dure une minute 11, on y voit un nouvel assassinat d'un otage britannique, assassinat revendiqué par le groupe Etat islamique selon le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE. Alan Hening était un travailleur humanitaire. Dans cette vidéo, il apparaît vêtu de la même tenue orange que les précédents otages victimes de l'organisation djihadistes. Il explique qu'il doit 'payer le prix' de la décision du parlement britannique, consistant à rallier les forces de la coalition contre l'organisation Etat islamique et à engager des frappes aériennes.
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Des avions britanniques ont effectué hier leur première mission en Irak depuis le feu vert du Parlement donné dans le cadre de la coalition internationale contre l'organisation Etat islamique, l'EI. Dans la matinée, deux chasseurs-bombardiers, des Tornado GR4, ont quitté la base d'Akrotiri à Chypre. Aucune cible nécessitant une attaque aérienne immédiate n'a été identifiée, mais les renseignements recueillis par les systèmes de surveillance des Tornado vont être de la plus grande utilité, a précisé le ministère britannique de la Défense Le Parlement britannique a autorisé vendredi Londres à mener des frappes contre l'EI. Six Tornado habituellement rattachés à la base de Marham en Angleterre ont été repositionnés à Chypre dès le mois d'août. Ils ont mené au cours des six dernières semaines, des vols de reconnaissance et de surveillance au-dessus de l'Irak. Avec AFP et Reuters
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Les bombardements aériens de la coalition internationale pour stopper la progression du mouvement de l'État islamique ne sont pas parvenus à faire obstacle aux djihadistes. La ville syrienne d'Ain al Arab, Kobané en kurde, est toujours menacée par la guérilla. Les islamistes ont bombardé l'est du village ces dernières heures, une offensive qui a déjà fait plus de 150.000 réfugiés, la plupart ayant cherché refuge en Turquie voisine. Le Front al-Nosra, un groupe lié à Al-Quaïda opérant en Syrie, a été lourdement frappé par les raids aériens, auxquels se sont joint depuis hier des chasseurs F-16 du Danemark et de la Belgique. Dans une vidéo diffusée sur Internet, le Front Al-Nosra a qualifié les opérations de la coalition de 'guerre contre l'islam' et a fustigé un 'axe du mal' dirigé par 'le pays des cow-boys'.
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A la tribune des Nations unies, c'est une Russie très critique contre l'Occident. Le ministre russe des Affaires étrangères a fustigé l'interventionnisme militaire américain, notamment en Syrie. Sergueï Lavrov en détaille les deux raisons : 'La lutte contre le terrorisme devrait être basée sur la loi internationale. Agir contre la charte de l'Onu ne peut pas assurer le succès de nos efforts communs. De plus, la bataille contre le terrorisme sur le territoire syrien doit se faire en coopération avec le gouvernement syrien qui a annoncé être prêt pour cela très clairement'. Plus largement, la Russie, dans une allusion claire à l'Ukraine, critique les changements dans l'ordre mondial, et pointe du doigt les Etats-Unis et l'Union européenne : 'L'Occident a pris des directions pour restructurer l'lumanité selon ses propres standards qui sont loin d'être inoffensifs. Les Etats-Unis et l'Union européenne ont crié victoire après la guerre froide, puis ils ont annoncé le début de ce qu'ils appellent 'la fin de l'histoire'. Et bien après tout cela ils se sont focalisés sur l'élargissement de l'espace géopolitique dont ils ont pris le contrôle. Et ils ne tiennent pas compte de l'équilibre des intérêts de toutes les nations européennes.' S'éloignant un peu plus de l'Occident, , la Russie opère un rapprochement avec la Chine. Objectif : coopérer dans les domaines économique, énergétique, et s'imposer ensemble dans le maintien de la paix dans le monde.
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La Grande-Bretagne a rejoint la coalition mise en place par les Etats-Unis pour combattre les djihadistes de l'Etat Islamique (Daesh) en Irak et en Syrie. Deux avions de chasse Tornado de la Royal Air Force ont décollé ce samedi d'une base chypriote pour aller rejoindre les appareils déjà en opération dans le nord de l'Irak. David Cameron, Premier ministre britannique : 'Nous ne sommes que l'un des membres d'une large coalition internationale. L'élément crucial est que cette coalition est emmenée par le gouvernement irakien, le gouvernement légitime d'Irak, et ses forces de sécurité. Nous sommes là pour jouer notre rôle et aider à lutter contre cette organisation terroriste écoeurante'. Les frappes aériennes, lancées d'abord par les Etats-Unis, touchent depuis le début de la semaine la Syrie. C'est là où les combats font rage entre les combattants kurdes Peshmergas, à l'image, et les djihadistes. La ville stratégique de Kobané était encore ces dernières heures extrêmement disputée.
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Barack Obama est satisfait, le Congrès américain a donné, très vite, son feu vert au plan de soutien aux rebelles syriens. Objectif : équiper et entraîner les rebelles modérés, afin qu'ils conduisent l'offensive terrestre contre l'Etat Islamique en Syrie. Il n'y aura pas de soldats américains au combat au sol, que ce soit en Irak ou en Syrie. 'Nous Américains ne cèdons pas à la peur, a déclaré Barack Obama. Et quand vous faites du mal à nos citoyens, quand vous menacez les Etats-Unis, quand vous menacez nos alliés, cela ne nous divise pas, mais nous unit. Les forces américaines déployées en Irak n'ont et n'auront pas une mission de combat. Leur mission est de conseiller et d'assister nos partenaires sur le terrain.' Même chose pour la France. Pas de troupes au sol, François Hollande autorise uniquement les raids aériens. Mais attention, seulement en Irak, pas en Syrie. L'objectif des Occidentaux c'est aussi de stopper leurs ressortissants jihadistes, potentiellement dangereux à leur retour dans leurs pays. Sur le terrain, les jihadistes se sont emparés de seize villages dans le nord près de la frontière turque, encerclant Aïn al-Arab, 3e ville kurde du pays défendue par des milliers de peshmergas.
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Les autorités irakiennes tentent d'apaiser les tensions interconfessionnelles après l'attaque contre une mosquée sunnite dans la province de Diyala, au nord-est de Bagdad. Cet attentat, qui a fait plus de 70 morts vendredi, a été imputé à des miliciens chiites qui auraient agi en représailles de la mort de leurs frères d'armes. Ce samedi, le leader d'une importante milice chiite irakienne, Qais al-Khazali, a vivement condamné cet acte. 'Ce qu'il s'est passé hier est un crime sur lequel on ne peut pas fermer les yeux. On ne peut ni le défendre, ni utiliser des mots pour le qualifier. Il y avait des femmes et des enfants dans cette mosquée. Les tuer est un acte barbare. C'est quelque chose que nous condamnons catégoriquement.'' Cet attentat pourrait compliquer un plus la tâche du nouveau Premier ministre Haïder al-Abadi de former un gouvernement d'union représentant toutes les communautés. 'Il y a des mains vicieuses et maléfiques qui tentent de détruire et diviser la société irakienne, dit cet habitant de Bagdad. Je peux vous assurer que ceux qui jouent avec la société irakienne, ce ne sont pas des Irakiens.'' La journée de samedi a été émaillée par de nouvelles violences notamment à Kirkouk, où un triple attentat à la voiture piégé a fait une vingtaine de victimes. Par ailleurs à Bagdad, un attentat contre un immeuble des services de renseignement a fait huit morts.

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