Cocteau disait "Chez elle la voix sort directement du cœur". Elle, c'est Juliette Gréco, qui vient de sortir un nouvel album intitulé "Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez...". Et à 76 ans, la voix sort plus que jamais du cœur. Portrait d'une artiste mythique au charme envoûtant.

Gréco, l'éternelle muse

Juliette Greco a cette part de mystère et de profondeur qui fait les grands artistes. Elle les doit peut-être aux coups durs de son enfance. Sa mère, membre actif de la résistance, est arrêtée par la Gestapo en 1943. Elle sera, avec sa sœur Charlotte, également emprisonnée. Sa mère et Charlotte sont envoyées en déportation, ce à quoi elle échappe en raison de son jeune âge.

Elles ne seront libérées qu'en 1945. Juliette restera alors seule à Paris, hébergée par sa professeur de français, la comédienne Hélène Duc. Elle prend quelques cours de théâtre et décroche des rôles de figuration à la Comédie française.

C'est à Saint-Germain-des-Prés, déjà célèbre quartier parisien dans lequel elle aime errer, qu'elle rencontre des artistes et des grands intellectuels tels que Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou Albert Camus. Elle devient un pilier du club le tabou, rue Dauphine, qui a ouvert en 1947, où elle croise le trompettiste Miles Davis, Boris Vian, Jean Cocteau.

C'est encore à Paris qu'elle rencontre la vie politique. Elle fréquentera un temps les jeunesses communistes. Plus tard, bien plus tard, elle contribuera à la souscription lancée par le parti communiste français après les élections présidentielles de 2002. "Il est nécessaire qu'une vraie pensée communiste renaisse de ses cendres. Le parti communiste a besoin d'être à nouveau révolutionnaire" expliquera-t-elle.

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Elle a lutté et lutte toujours contre toute forme d'oppression, et utilisera d'ailleurs maintes fois son répertoire et sa notoriété à cet effet. C'est ce qu'elle fera notamment lors d'un récital à Santiago du Chili sous le régime du Général Pinochet, où elle n'a pas hésité à se lancer dans un répertoire clairement anti-militariste devant un parterre de militaires...
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