Les "gens du voyage" sont victimes de nombreux stéréotypes et d'amalgames. Qui sont-ils, et pourquoi tant de haine envers eux ? L’ancien commissaire de police aux renseignements généraux et avocat à la Cour, Daniel Merchat, éclaircit la situation.

Quabnd on emploi le terme ''gens du voyage'', il s'agit en réalité d'une notion administrative créée pour désigner la communauté des voyageurs ne disposant pas de domicile. Comme l'explique l’ancien commissaire de police aux renseignements généraux et avocat à la Cour, Daniel Merchat : "le terme français 'gens du voyage' a remplacé le terme juridique de 'personne sans domicile ou résidence fixe'. Il est apparu dans la loi du 3 janvier 1969". L'avocat ajoute également : "en fait ils sont distingués par la migration qui les a conduits en France, par exemple : les gitans sont arrivés par l’Espagne, les manouches sont arrivés par l’Allemagne". 

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Victimes de critiques et d'amalgames

Les gens du voyage sont souvent victimes de critiques et d'amalgames. Daniel Merchat précise ainsi que les gens du voyage sont "suspectés de vivre de la délinquance". Ils sont aussi souvent traités comme des "voleurs de poules", confie un membre de la communauté à Libération

Les gens du voyage sont régulièrement confondus avec les "Roms" qui viennent de Roumanie et de Bulgarie, où ils constituent une minorité persécutée. Or, la majorité des Roms sont sédentaires, précise Sciences Humaines, et ne possèdent pas de titre de déplacement contrairement aux gens du voyage, d'où le fait qu'ils se fassent expulser, comme l'explique Le Parisien

Les gens du voyage dans leur ensemble possèdent à 95% la nationalité française et, depuis 2005, l’Assemblée nationale a adopté la taxe d’habitation des personnes résidant dans un habitat mobile terrestre. En ce sens, ils sont obligés de payer des impôts comme tout le monde. Le directeur de la fédération nationale des associations solidaires d'action avec les Tsiganes et les gens du voyage, Stéphane Lévêque, a précisé au Figaro que les gens du voyage étaient estimés à environ 500 000 personnes, en France.

La législation a bien évoluée pour les gens du voyage 

Jusqu’en 2015, un livret de circulation imposait les obligations les plus strictes. Non seulement il recensait la taille, la couleur des yeux, mais aussi, la couleur du teint ainsi que la corpulence de la personne. Il devait être tamponné tous les trois mois par la police, et en cas de non-respect, les nomades risquaient jusqu’à un an de prison. Mais cette directive a été abrogée. Depuis la loi Besson du 31 mai 1990, les villes de plus de 5 000 habitants sont obligées de prévoir des emplacements de séjour pour les gens du voyage.

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Une nouvelle qui n’a pas ravi le député-maire Gilles Bourdouleix, en Maine-et-Loire, qui a déclaré en 2013 à propos des gens du voyage : "Hitler n’en avait peut-être pas tué assez". Une déclaration pour laquelle la Cour d'appel d'Angers l'avait condamné à verser 3 000 euros d'amende pour "apologie de crimes contre l'humanité". Ce jugement a été annulé par la suite, la Cour de cassation ayant estimé que c’est à tort que la cour d’appel a condamné M. Bourdouleix, informe Le Monde.

Quelques autres maires ont dénoncé une hausse des incivilités lorsque ces derniers arrivaient dans certaines communes. En revanche, aucune statistique n’avance leur propos.