Le 19/05/2013 à 23:04 - AFP
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Le figuier
Et le poids de son ombre sur mes cils
Et le bourdonnement touffu des insectes à mes oreilles
Et la saveur singulière de son suc
Dans ma mémoire
Le figuier
Ses feuilles parures t’ont caché
Dans tes jeux jadis
Ses branches luisantes comme des cuisses de négresse
T’ont bercé
Et son tronc pachyderme
A protégé l’enfant
Des guerriers cruels de ses rêves éveillés
Le figuier
Est toujours là-bas
Puissant mémorial
Du bonheur enfui
Sémaphore tranquille
De l’exil.
.
JACQUES GAUTRAND

"Il est vrai que cette nuit
le froid est si intense
qu'il gèle jusqu'à l'utopie."

Algérienne

Il y a dans ton regard
cette solitude
qui jette ses pétales
dans le fleuve du jour
ce jour viendra
avec sa monture blanche
galopant dans le désert
de la certitude
il y aura toujours
un printemps en toi
qui défiera
les horizons
tu es aussi belle
que l'amour.

Abdelhamid Laghouati

Séparés, nous franchissons le fleuve Solitude
rejoignons les errants
La nuit accueille nos visages –
un pas vers l’enfance
Séparés, nous avons désappris l’autre
son rire
Le silence de notre cœur scande l'oubli
la peur
Nos ombres vont dans les quatre directions
et tous voient maintenant la pâleur de nos traits
Nos mains, nos corps se dessèchent
Les temples n’existent plus pour nos douleurs
Séparés, nous avons goûté l’amer
ici ou là
mais amer toujours
Ensemble nous avons séparés nos vies
L’arche est brisée – seuil du devenir
et, sans, retour possible
nous avons franchi le Fleuve Immuable

L. Z.

Qu’il est surprenant le chemin de la vie
Quand il s’ouvre sur un jardin
Que l’on a l’impression d’avoir déjà caressé.
Qu’il est captivant le chemin de la vie
Quand il vous prend par la main
Et qu’il vous guide vers l’étoile rêvée.
Qu'il est éblouissant le chemin de la vie
Quand il fait vibrer l’être dans l’univers serein
Qu’il transforme au fil de ses élans magnifiés.
La route est-elle tracée ?
Nous ne le saurons jamais.
Une muse m’a t-elle aimée ?
Vous ne le saurez jamais.
La vie et la mort sont-elles mariées ?
Je ne le saurais jamais…
Tout ce qui me nourrit maintenant,
C’est l’ivresse de la magnificence de ta noble douceur.

Joël Conte

Bonne Année malgré tout...
http://www.youtube.com/watch?v=mJOdYxCL2Xk&feature=player_embedded

Toi qui m'as tout repris jusqu'au bonheur d'attendre,
Tu m'as laissé pourtant l'aliment d'un coeur tendre,
L'amour ! Et ma mémoire où se nourrit l'amour.
Je lui dois le passé ; c'est presque ton retour !
C'est là que tu m'entends, c'est là que je t'adore,
C'est là que sans fierté je me révèle encore.
Ma vie est dans ce rêve où tu ne fuis jamais ;
Il a ta voix, ta voix ! Tu sais si je l'aimais !
C'est là que je te plains ; car plus d'une blessure,
Plus d'une gloire éteinte a troublé, j'en suis sûre,
Ton coeur si généreux pour d'autres que pour moi :
Je t'ai senti gémir ; je pleurais avec toi !
Qui donc saura te plaindre au fond de ta retraite,
Quand le cri de ma mort ira frapper ton sein ?
Tu t'éveilleras seule dans la foule distraite,
Où des amis d'un jour s'entr'égare l'essaim ;
Tu n'y sentiras plus une âme palpitante
Au bruit de tes malheurs, de tes moindres revers.
Ta vie, après ma mort, sera moins éclatante ;
Une part de toi-même aura fui l'univers.
Il est doux d'être aimé ! Cette croyance intime
Donne à tout on ne sait quel air d'enchantement ;
L'infidèle est contente des pleurs de sa victime ;
Et, fier, aux pieds d'un autre il en est plus charmant.
Mais je n'étouffe plus dans mon incertitude :
Nous mourrons désunis, n'est-ce pas ? Tu le veux !
Pour t'oublier, viens voir ! ... qu'ai-je dit ? Vaine étude,
Où la nature apprend à surmonter ses cris,
Pour déguiser mon coeur, que m'avez-vous appris ?
La vérité s'élance à mes lèvres sincères ;
Sincère, elle t'appelle, et tu ne l'entends pas !
Ah ! Sans t'avoir troublé qu'elle meure tout bas !
Je ne sais point m'armer de froideurs mensongères :
Je sais fuir ; en fuyant on cache sa douleur,
Et la fatigue endort jusqu'au malheur.
Oui, plus que toi l'absence est douce aux cœurs fidèles :
Du temps qui nous effeuille elle amortit les ailes ;
Son voile a protégé l'ingrat qu'on veut chérir :
On ose aimer encore, on ne veut plus mourir.
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Marceline Desbordes-Valmore
darycool a dit :
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Ma Dame, Mea culpa !
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Si je vous ai blessée, si de mots galvaudés
J’ai percé votre cœur d’une entaille profonde,
J’implore votre pardon à la face du Monde
Gardant toujours pour vous une franche amitié.
Il est c’est vrai des mots quelques fois meurtriers
Issus le plus souvent de mauvaise faconde
Ou bien nés d’une plume un jour nauséabonde
Qui font bien plus de mal que le glaive ou l’épée !
Si je vous ai meurtrie à mon grand désespoir,
Pardonnez moi Madame, ce fut sans le vouloir !
Peut-être lirez vous ou bien peut-être pas
Ces lignes inspirées par un grand désarroi,
Ces mots venus de loin, simple mea culpa
Ecrit pour vous Madame en toute bonne foi…

Jean-Claude Jugan
Please !
Ecris-moi une lettre,
Sans clavier ni souris,
Comme faisaient nos ancêtres,
Une missive, un pli.
Mots tracés de ta main
Maladroite et tremblante,
Quelque chose d’humain,
Une trace vibrante.
Une sorte d’énigme
De pleins, de déliés,
Qui sort de l’anonyme,
Qu’on ne peut oublier.
Rédige une émotion
Que traduira mon coeur,
Un flot de vibrations,
Une vague de chaleur.
Sur du joli papier
Blanc ou bien en couleur,
La page d’un carnet
Quadrillé sans valeur,
Dévoile-moi ton âme,
Ta force et tes fêlures
Qui font comme une trame
Dedans ton écriture.
Ecris-moi une lettre,
Mots tracés de ta main,
Comme faisaient nos ancêtres...
Quelque chose d’humain.

Claudie BECQUES
Elle a dit :

Faisons semblant de nous aimer,
Dans un semblant de lit,
Où s’uniraient
Un semblant d’homme
Et un semblant de femme,
Dont les sentiments
Sembleraient vrais,
En répandant autour de nous
Des roses semblant mortes
Afin qu’elles ne meurent pas… 


Madame, prenez garde au nouveau prédateur !
Embusqué dans la toile il épie sa proie ;
De ses visqueux propos, l'ardent bonimenteur
Tisse ainsi chaque jour quelques fils plus étroits.
L'arachnéen poète attend alors l'instant
Où quelqu'une esseulée ou fragile en son âme,
Dans ce sordide piège échoue le cœur battant,
Loin de s'imaginer cette combine infâme.
Alors entortillée dans ces liens ambigus
D'amour ou d'amitié, virtuels ou réels,
Elle ne peut que subir cette sordide glue
Qui, en se débattant, lui arrache les ailes.
Chaque écran qui s'allume au matin de l'espoir
Porte dans ses pixels des gouttes de rosée…
Ce sont autant de larmes nées de ces histoires
Qui perlent sur la toile et viennent s'écraser.

Claudie BECQUES
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N'écris pas - Je suis triste, et je voudrais m'éteindre
Les beaux été sans toi, c'est la nuit sans flambeau
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau
N'écris pas !
N'écris pas - N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes
Ne demande qu'à Dieu ... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais
N'écris pas !
N'écris pas - Je te crains; j'ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire
Une chère écriture est un portrait vivant
N'écris pas !
N'écris pas ces mots doux que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
Et que je les voix brûler à travers ton sourire;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur
N'écris pas !
Marceline Desbordes-Valmore
« Métier : Homme ; Fonction : Révolté »
Heureux celui qui a compris, qu’il ne fallait pas chercher à comprendre