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Retour sur l’enlèvement des moines de Tibhirine

 

 

Deux repentis et un ex-otage du GIA témoignent

 

 

 
 

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines du monastère de Tibhirine, à Médéa, sont arrachés à leur sommeil par un groupe de terroristes. Durant les 53 jours de leur séquestration, ils subiront les pires épreuves de leur vie, rarement révélées, avant d’être exécutés. Pour la première fois, nous reconstituons le voyage au bout de l’enfer qu’ils ont dû faire à Médéa. Il s’agit là d’une première étape, avant celle de Bougara, à Blida, où leur sort a été scellé.

 

Il y a seize ans, dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines de Tibhirine sont enlevés par un groupe de terroristes pour être exécutés presque deux mois après. Ce douloureux anniversaire coïncide avec la réception, en Algérie, de la commission rogatoire délivrée par le juge Marc Trévidic, qui instruit l’affaire en France. Le magistrat s’intéresse particulièrement à la première étape de l’enlèvement relative à la séquestration des otages dans la région de Médéa. Avec l’aide de deux repentis, Abdelkader Allali et Mohamed Mayouf, anciens guides et agents de liaison du GIA pour la région de Msennou et Guerouaou, ainsi que le récit d’un ex-otage, Larbi Benmouloud, qui a miraculeusement échappé à la mort cette nuit-là, nous avons refait le voyage des moines depuis leur enlèvement du monastère jusqu’à leur sortie de Médéa en direction de Bougara, vers le quartier général de Djamel Zitouni.

 

 

Allali et Mayouf connaissent la région comme leur poche. Ils étaient considérés comme les «yeux» du groupe de Chahba-Mouna Djamel, alors émir de la zone de Médéa. Ils se sont rendus aux services de sécurité pour échapper aux opérations de liquidation physique menées par Antar Zouabri, le successeur de Djamel Zitouni à la tête du GIA.

Les deux guides révèlent des détails hallucinants sur ce rapt, dont l’exécution a nécessité l’aide de plusieurs groupes de la région de Médéa. «Deux jours avant l’enlèvement, ou peut-être le jour même, un regroupement de 150 personnes a eu lieu à Ksar El Bey, à Guerouaou», révèle AbdelkaderAllali. Avec Mohamed Mayouf, il tente de reconstituer les faits de cet épisode et en même temps expliquer l’organisation du GIA à cette époque.

 

 

Notre voyage commence à partir du monastère, lieu de l’enlèvement. Les éléments se sont scindés en plusieurs groupes, chacun avec une mission bien précise. «C’est sous la direction de l’émir Djound (bataillon), Abou El Hareh, de son vrai nom Maiz Mohamed, et Chahba-Mouna Djamel, dit El Bosni (en référence au fait qu’il soit l’auteur de l’assassinat des Bosniaques à Tamezguida), que l’opération s’est déroulée. Les deux ont regroupé les phalanges de Ouezra, d’El Hamdania, de Ksar El Boukhari et de Guerouaou, avant de les scinder en trois sections. L’une composée de 16 éléments, à sa tête Meziane Baghdad, membre de la seriat Kheibar de la phalange Tabaria, auteur de l’enlèvement et de l’assassinat de deux membres de la famille Belahdjar, Serraj et Moulay Abderrahmane ; le deuxième chargé du rapt (échoué) de Hocine Slimani et le troisième, embusqué sur la RN1 devant assurer la protection du convoi des otages» explique Abdelkader Allali.

 

 

Après avoir investi le monastère, Abou El Hareth réveille les sept moines et leur intime l’ordre de le suivre. A pied, ils dévalent la descente et traversent, en quelques dizaines de minutes, la RN1 pour se diriger à travers le bois Oued Sidi Ali, où des véhicules les attendent. Au même moment, un autre groupe fait irruption à Moualdia, un quartier situé en contrebas du monastère, et pénètre dans les trois maisons de la famille Benmouloud (parents par alliance de Belhadjar, alors émir d’une katiba du GIA pour Médéa). Il tue un des membres, en blesse un et enlève les trois autres, qu’il dirige vers Oued Sidi Ali.

 

 

Larbi Benmouloud : «Mon retour sur les lieux est une thérapie»

 

 

L’un d’eux est Larbi Benmouloud. Il nous raconte : «Après nous avoir fait marcher jusqu’à Oued Sidi Ali, ils nous ont bandé les yeux et embarqués à bord d’une Mercedes et une Daewoo vers une direction inconnue.» En acceptant de revenir sur les lieux du rapt, Larbi espère «faire sa thérapie» et chasser, une fois pour toutes, les cauchemars qui rongent ses nuits depuis 16 ans. Il se rappelle de cette nuit du mardi 26 au mercredi 27 mars, durant laquelle lui, son frère et son cousin ont été enlevés par Missoum, le terroriste dont le nom faisait trembler les plus courageux. Il refait l’itinéraire par où il a rejoint Oued Sidi Ali, sous la menace des armes.

Une fois arrivés, les trois otages sont embarqués brusquement à bord d’une Daewoo et d’une Mercedes. «Ils nous poussés violemment à l’intérieur des véhicules et nous ont bandé les yeux. Je sais que nous avons roulé un bon moment, puisque que nous sommes arrivés vers le lever du jour», dit-il. Il se méfie beaucoup de Abdelkader et de Mohamed et évite même de s’attarder avec eux. Ils lui rappellent son cauchemar, nous confie-t-il.

 

A Sidi Ali, les deux repentis nous guident dans les virages sinueux des hauteurs pour arriver enfin au sommet de Gherfat Guerouaou. La région est désertique et la route très abîmée. Quelques patriotes occupent encore une école, abandonnée par une population poussée à l’exode. Quelques-uns préfèrent nous accompagner. «L’endroit a été traité par les éléments de l’ANP, mais on ne sait jamais…», nous lancent-ils.

Nous laissons les véhicules à quelques centaines de mètres pour poursuivre le chemin à pied. Larbi Benmouloud tremble de tous ses membres. Il reconnaît l’endroit et avance difficilement vers d’anciennes maisons dont les toits et quelques murs ont été détruits par des bombardements. Leur ossature est cependant intacte. Larbi s’arrête, murmure quelques mots, hésite, fait marche arrière puis avance vers la porte d’une d’entre elles. «C’est ici. Je me rappelle bien. Le film me revient. Lorsque nous sommes arrivés, il faisait jour. Ils nous ont enlevé le bandage des yeux. Ils nous ont installés dans cette pièce», raconte-t-il. De temps à autre, il lance des regards furtifs sur Mohamed et Abdelkader.  Les larmes aux yeux, les mains tremblantes, Larbi Benmouloud nous emmène vers l’arrière des maisons, appelées Kasr El Bey, partiellement en ruine. «C’est ici que les terroristes s’étaient regroupés la veille de l’enlèvement. Parfois, ils y avait 400 à 500 hommes», lance Abdelkader. Mohamed, lui, se rappelle certains détails, comme la présence de Abderrazak El Para ou encore Guermezli, connu sous le nom de Benyekhlef. Les deux repentis se remémorent quelques souvenirs du passé. Ils connaissent parfaitement les lieux, mais également les terroristes qui y sont passés et dont l’écrasante majorité n’est plus de ce monde. «Regardez, sous cette pièce il y a une casemate où les terroristes se cachaient lorsque les militaires survolaient la région», explique Abdelkader. La casemate est bien visible. Elle est construite sous la maison et peut abriter plusieurs personnes en même temps.

 

 

En face, Larbi ne cesse de tourner autour de la chambre où il avait été séquestré avec son frère et son cousin. «Nous ne sommes pas restés très longtemps. Ils étaient nombreux et tous armés. Quelques heures après, ils nous ont fait descendre à quelques kilomètres, vers la plaine, dans les mêmes véhicules», poursuit-il. Abdelkader lui dit : «Vous avez été transférés vers Taghlalt.»
Nous ne pouvons y aller, la journée tire à sa fin. Il n’est pas question pour l’équipe d’être à cet endroit à la tombée de la nuit. Le lendemain matin, nous reprenons le chemin vers Kasr El Bey. Benmouloud est plus calme. Vu d’en haut, rien n’apparaît dans cette plaine entourée d’arbres. A l’époque, la route était carrossable. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Elle est complètement défoncée.

 

Nous sommes obligés de marcher au moins 2,5 km. Quelques vieilles maisons apparaissent. Larbi s’arrête : «Les véhicules se sont arrêtés ici. Ils ne pouvaient plus continuer. Nous avions marché quelques centaines de mètres pour être mis dans ces maisons», dit-il. La peur ne se lit plus sur son visage ; il semble l’avoir vaincue. «Je me sens mieux qu’hier. Je n’aurais jamais pensé qu’un jour je reviendrais sur ces lieux maudits», murmure-t-il, en évitant le regard de Abdelkader et Mohamed.

Les moines dormaient sous les cris des suppliciés

 

 

A l’exception des dégâts occasionnés aux toits et de l’effondrement de quelques murs de clôture, la maison ayant servi de lieu de séquestration des moines se dresse encore devant nous.
Trois pièces, l’une à côté de l’autre, puis une quatrième –selon Mohamed, elle servait de poste de surveillance pour les gardes – composent la demeure. «Nous sommes dans une zone de passage. Tous les groupes y faisaient une halte. De nombreuses femmes, généralement des veuves et des divorcées que les terroristes avaient épousées, habitaient dans les maisons en face et faisaient la cuisine. Les émirs s’asseyaient sous cet amandier pour faire les halakat. De nombreux dissidents sont passés par cette pièce de torture avant d’être emmenés vers l’arrière de la maison pour être exécutés. Jamais les militaires n’ont pu accéder à ce lieu», raconte Mohamed.

 

Larbi revoit les durs moments qu’il a vécus. «A cet endroit, il y avait un cageot en bois et de l’eau par terre, des lames à raser. Je pense qu’ils faisaient leur toilette avant que je n’arrive. Ils nous ont mis au fond, face à la fenêtre, les mains ligotées. Puis ils ont ramené Moulay Mustapha. Ils faisaient des va-et-vient entre la pièce où nous étions et celle située sur la droite. Profitant d’un moment d’inattention, mon cousin a tiré avec son pied une lame à raser. Ils étaient très nombreux. De la fenêtre, j’ai vu, à deux reprises, les moines traverser la cour pour aller aux toilettes situées derrière notre pièce. Ils étaient escortés par deux terroristes. J’ai reconnu Frèlou (le Frère Luc). Quelques heures plus tard, Missoum a ramené un appareil avec des fils électriques. Il était en colère contre Moulay, qu’il accusait d’avoir fait le guet pour le compte d’un groupe dissident avec lequel il s’est accroché. Il l’a entraîné vers la pièce d’à côté, suivi de ses gardes. Mon cousin a profité de ce départ pour couper les liens de nos mains avec la lame qu’il avait ramassée.

 

Nous n’avions qu’une idée en tête : fuir à n’importe quel prix. De toute façon, nous savions que nous allions mourir, alors autant l’être par balle qu’avec un couteau mal aiguisé. Nous avons couru de toutes nos forces avant de nous jeter dans le fossé. Ils nous ont poursuivis en tirant des rafales, tuant sur le coup un de mes cousins et blessant grièvement mon frère. Je ne sentais plus mes pieds, j’avais l’impression de voler. En courant, j’ai vu le corps inanimé de mon frère. J’ai marché toute la nuit à travers la forêt qui longe l’oued. Jeudi matin, je me suis retrouvé sur la RN1, au niveau de Gualzi, où un automobiliste que je connaissais m’a pris en charge», témoigne Larbi.
Dès 9h, Larbi informe les gendarmes de ce qu’il a vécu. En fin de matinée, les militaires déclenchent une vaste opération de recherche. Larbi est emmené à bord d’un hélicoptère pour localiser les lieux de séquestration.

«Quand tu t’es enfui, le groupe a déplacé les moines vers une casemate située plus bas. Lorsque l’armée a commencé le largage des parachutistes, le groupe était déjà parti», révèle Abdelkader. Larbi scrute attentivement le fossé dans lequel il s’était jeté. «Je n’arrive pas à croire que j’ai survécu», ajoute-t-il à voix basse.

A Djillali, le patriote de Hamdania, il demande, la gorge nouée : «Pourrais-je un jour retrouver les corps de mon frère et de mon cousin ? Si je refais le trajet, peut-être que je vais tomber sur leurs traces...» Le patriote lui répond : «Ce sera difficile. L’endroit a totalement changé, ça serait un miracle que tu les retrouves.» Djillali connaît l’endroit pour avoir dirigé de nombreuses embuscades contre les groupes de Missoum et Chahba-Mouna Djamel. «Nous n’avions jamais pu arriver à ces maisons. Elles sont trop embusquées. C’est une cache idéale. Ils avaient l’électricité, l’eau, les arbres fruitiers et les vaches des agriculteurs qui ont abandonné leurs terres», souligne Djillali.

 

Mohamed se dirige vers la pièce où se déroulaient les séances de torture à l’électricité. La pièce est lugubre. Sur l’un des murs cimentés, une prise. «Celle qui alimentait l’appareil de torture», affirme Mohamed. A côté de cette chambre, une autre, d’une superficie de deux mètres sur trois, avec des murs grisâtres, une petite fenêtre en bois et un sol en ciment. C’est ici que les moines ont dû passer une ou deux nuits. Si les murs pouvaient parler, ils nous raconteraient certainement l’horreur que Frère Luc et ses compagnons ont dû subir, en entendant les cris des suppliciés dans la pièce à côté. Ils ont dû souffler lorsque le groupe les a transférés vers une casemate située non loin de là, sur le lit de l’oued.

 

 

L’intervention de l’armée bloque le groupe des terroristes dans la casemate. C’est alors que Zitouni dépêche un commando de la katiba El Khadra, dirigé par Abderrazak El Para et Abou Loubaba, pour desserrer l’étau et faire diversion. Une embuscade est alors tendue aux militaires, au sud de Msennou. Six d’entre eux meurent et leurs armes sont confisquées. Les moines peuvent quitter la casemate pour être transférés à bord de deux véhicules, un 4x4 et une Mazda, vers Bouhandas, à plus d’une vingtaine de kilomètres.

Six mois après, alors qu’il participait avec ses compagnons d’armes à une opération militaire, Djillali retrouve la casemate. De loin, il voit à l’intérieur deux calottes de moines, quelques effets personnels. Les patriotes remarquent des fils électriques. Ils mettent le feu et tout explose. L’endroit était piégé.

 

 

De la casemate vers l’infirmerie à Bouhandas

 

 

Nous préparons le voyage avec Abdelkader Allali. Pour des raisons de sécurité, un groupe de patriotes nous escorte. Le risque est énorme. L’endroit a été durant longtemps une zone de passage et de repli pour le GIA, mais aussi de fabrication d’engins explosifs. L’armée l’a déjà traité. Les impacts de bombardements sont encore visibles. Deux heures de marche à travers des buissons épineux, des oueds, des marécages avant d’arriver à cette «fameuse» merdja de Bouhandas. Un paradis terrestre qui rappelle les paysages de la forêt amazonienne.

«Durant les années 1980, les scout venaient faire du camping ici. Nous n’avions pas besoin d’aller en ville pour nous approvisionner. Il y avait tout ici. De l’eau fraîche à longueur d’année, des arbres fruitiers, des légumes, des moutons et des vaches. Nous avions même l’électricité dans la plaine. Il nous arrivait de nous retrouver à près d’un millier dans ce camp. L’armée ne l’a jamais approché. Toutes les familles qui habitaient à côté avaient au moins un enfant parmi nous. Ceux qui n’étaient pas avec ont vite abandonné leurs maisons. Les véhicules arrivaient jusqu’ici via une route bien faite» déclare Abdelkader. Il nous fait visiter ce qui reste du camp de la seriat Etafdjir (explosif) de Médéa.

Mais pour aller vers Sbitar (l’hôpital), il faut faire le parcours du combattant. C’est le pire qui nous attend. Nous devons escalader la montagne, parfois rocheuse et parfois boisée, qui surplombe la plaine. Au moins deux heures d’escalade pour atteindre le sommet. Comment de vieux religieux, notamment Frère Luc avec ses 90 ans dépassés, ont-ils pu marcher autant ? «Nous avions des mulets que nous utilisions pour les pistes montagneuses. D’ailleurs, les moines ont été transférés à Al Ayada à dos de mulet. Les pistes étaient plus praticables qu’aujourd’hui», note Abdelkader, qui arrive le premier à l’infirmerie.

Essoufflés, totalement éreintés, nous arrivons enfin au sommet. Il nous faut au moins une dizaine de minutes pour reprendre notre souffle. Une vraie forteresse. Quatre vieilles maisons en pierres, bien embusquées. Trois ont perdu leurs toits, la quatrième est mieux conservée. En retrait, elle est protégée par deux postes d’observation situés vers l’arrière, faisant face à la montagne de Chréa. Les lieux semblent avoir été abandonnés à la hâte. Tout est à sa place. Les ustensiles de cuisine, les réserves d’eau, les cuisinières et des effets personnels des occupants. Abdelkader se dirige droit vers la maison en retrait. «C’est là que les moines sont restés onze jours», nous dit-il. Comment peut-il en être aussi certain ? «Ce sont les infirmiers qui me l’ont dit après. Nous savions qu’ils étaient ici, mais nous n’y avions pas accès. Quelque temps après cette affaire, les deux infirmiers qui assuraient la gestion de cette infirmerie me l’ont dit», révèle notre accompagnateur.

 

 

La pièce est bien conservée. A droite, une mezzanine jonchée d’effets personnels. Par terre, quelques objets, un flacon de mercurochrome, du coton, une mule, un sac blanc, des cuillères et une étoffe de couleur sombre. En bon état, un chauffage au bois est collé au mur. «Ne touchez à rien et ne mettez pas vos pieds n’importe où ! Ces maisons n’ont jamais été traitées par l’armée. Il se pourrait que des bombes soient dissimulées quelque part», nous avertit Djillali. Dans cette pièce, les moines ont vécu ensemble 11 jours durant lesquels ils ont dû souffrir le martyre. «Le onzième jour, sur ordre de zitouni, qui leur a rendu visite dès leur arrivée, ils ont été transférés vers Bougara. Le convoi a fait moins de quatre heures de route pour y arriver», note Abdelkader. Les moines vont entamer la deuxième étape de leur voyage au bout de l’enfer. Nous y reviendrons…

 

 


 

Salima Tlemçani

 

 

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