Après 50 ans, il faut être conscient de la ressemblance de certains troubles de la thyroïde avec ceux de la ménopause, de la tachycardie ou de l'âge, pour éviter toute mauvaise surprise. Une recommandation abordée lors d'un congrès d'endocrinologie à Venise. Revue de détails.

Et si c'était la thyroïde ?

La thyroïde est une petite glande, pesant à peine 25 g, qui se trouve exactement à l'endroit du noeud de cravate. Son rôle est capital car elle fabrique des hormones thyroïdiennes qui vont se déverser dans la circulation sanguine et agir sur presque tous les métabolismes : la température, le rythme cardiaque, le poids, l'humeur...

Sa production est régulée par la thyroxine, une hormone secrétée par l'hypophyse, petite glande située à la base du crâne. Dès que le taux d'hormones thyroïdiennes baisse dans le sang, la thyroïde reçoit l'ordre de relancer la sécrétion. Dès qu'il s'élève, c'est le contraire.

Lorsque la thyroïde est malade, l'équilibre est rompu et les effets d'un "trop" (hyperthyroïdie) ou d'un "pas assez" (hypothyroïdie) se font sentir. Ces dérèglements de la thyroïde touchent 10% de la population, particulièrement les femmes.

Les signes de l'hypothyroïdie

Lorsque la thyroïde ne produit pas assez d'hormones, ce qui arrive assez souvent chez la femme après la ménopause, le rythme cardiaque est ralenti. Une fatigue et une certaine léthargie s'installent, et on manque de force.

On devient sensible au froid, la peau "gonfle", on prend du poids, notre taux de cholestérol devient trop élevé... Ces signes, évoluant très lentement, peuvent passer inaperçus et l'on accuse volontiers les effets de la ménopause, voire ceux d'une dépression...

Si la forme continue de baisser, il faut consulter un médecin. Pour confirmer le diagnostic d'hypothyroïdie, il suffit d'une analyse de sang qui fera apparaître un taux élevé de TSH, la thyréostimuline, hormone produite par l'hypophyse pour stimuler la thyroïde.

Le traitement consiste essentiellement à prendre des hormones thyroïdiennes, sous formes de comprimés. Mais de façon très progressive, car l'hypothyroïdie a pu masquer une insuffisance cardiaque.

Il se révèle souvent très efficace : "Les femmes se disent transformées", assure le Pr. Leclère, du CHU de Nancy. Cependant, il est aussi parfois inconstant. On doit donc être régulièrement surveillé(e) pour éviter l'excès inverse, le surdosage, qui peut faire courir le risque d'un d'infarctus coronarien.

Nervosité, anxiété et insomnies

La thyroïde produit trop d'hormones et accélère le fonctionnement de l'organisme. Les signes avant-coureurs accélèrent le rythme cardiaque, font ressentir des palpitations, trembler, font maigrir malgré un appétit accru, avec des diarrhées à la clé.

On connaît des périodes de nervosité, d'anxiété et d'insomnies... On se sent épuisé(e) en permanence sans arriver à se reposer. Autres signes : un goitre de volume modéré et des yeux exorbités (exophtalmie).

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Le diagnostic est confirmé par une analyse sanguine révélant une TSH basse. Le traitement consiste en la prise de médicaments qui freinent la production d'hormones thyroïdiennes. Le risque d'une hyperthyroïdie est d'ordre cardiaque (arythmie) et osseux (risque d'ostéoporose et de fractures).
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