La montée des eaux causée par le réchauffement climatique pourrait amener plus d’une centaine de sites du patrimoine mondial à disparaître. Ces crues pourraient également affecter une grande partie de la population. 

Venise, la statue de la Liberté, Gorée, Rhodes ou Goa sous les eaux ? Telles pertes seraient si conséquentes pour notre patrimoine qu’elles en sont presque impensables. Pourtant, le réchauffement climatique sans cesse croissant, de concert avec le niveau des océans, transforme peu à peu cette hypothèse glaçante en éventualité bien réelle. A tel point que l’Unesco, dans un rapport, ne se demande plus si elle arrivera, mais quand elle arrivera.

Une augmentation de 3°C seulement au cours des deux prochains millénaires pourrait provoquer, à terme une crue si conséquentes que ­136 sites – sur les 720 recensés – du patrimoine mondial de l’humanité disparaîtraient. Une perte minime face aux retombées démographiques. En effet, dans cette hypothèse, 7% de la population se retrouverait sans terres. Douze pays perdraient par ailleurs jusqu’à la moitié de leur territoire. Anders Levermann, de l’Institut de Postdam pour la recherche des impacts climatiques, indique par ailleurs que le moindre degré supplémentaire pourrait voir le niveau des hauts monter de deux mètres.

Quels sites seraient concernés ?

En Europe, la Tour de Londre, Pompéi, la tour de Pise, Venise, Naples, Brême, Hambourg sont tout autant de sites concernés par ce danger. La France ne serait évidemment pas épargnée, et verrait notamment le Mont Saint-Michel, le Havre, le port de la Lune de Bordeaux, les arènes d’Arles et la cité médiévale de Saint-Emilion détruits par les eaux. 

Prévenir à défaut de guérir

Le réchauffement climatique et les crues conséquentes semblant inéluctables, l’heure est désormais à la recherche de solution palliatives. Barrages et digues, telles que celles déjà en place à Venise, sont envisagées pour protéger les sites menacés. Bien que périssables, celles-ci pourraient permettre un gain de temps certain en vue de la découverte d’une parade plus pérenne.

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Mais l’alerte réside avant tout dans la nécessité de loger, dans un territoire toujours plus réduit, une population mondiale toujours plus nombreuse. Ainsi, architectes et ingénieurs de tous horizons planchent sur l’élaboration de véritables villes flottantes. L’Urban Water Plan de la Nouvelle-Orléans, quant à lui, consistera en la restructuration de la ville de manière à s’adapter au mieux aux crues des eaux.  

 

En vidéo ci-dessous : les frites belges au patrimoins de l'Unesco ?