La mise en place de la circulation alternée n'est pas une mesure considérée comme étant "exceptionnelle" en Europe. Alors que la Préfecture enregistre une baisse de trafic de 25%, la question de la permanence de cette mesure mérite d'être posée. 

© AFP

Même si cette mesure a pu gêner quelques automobilistes franciliens, force est de constater que la circulation alternée présente des avantages non négligeables. Moins de pollution, moins de bouchons, moins de circulation… Beaucoup ont salué le succès de cette journée qui a apporté un peu d’air frais à la capitale. La question pourrait donc se poser en ces termes : pourquoi pas une circulation alternée toute l’année?

S’adapter aux défis d’une capitale

Même si les associations d’automobilistes persistent à déplorer une mesure "précipitée et inefficace" les exemples de mesures restrictives sur la circulation urbaine sont nombreux en Europe. En Grèce, la circulation alternée est effective à Athènes toute l’année et non exclusivement les jours de pollution. Cette mesure mise en place en 1982 s’applique de 7h du matin à 20h du lundi au jeudi et jusqu’à 15h le vendredi.

En Italie, le système de circulation alternée est régulièrement utilisé depuis 1990 même si les autorités ne l’ont pas établi de façon permanente. Les mairies ont aussi le pouvoir d’interdire la circulation dans les centres villes comme ceci a été le cas samedi à Rome entre 7h30 et 20h30. Même type de disposition à Bruxelles qui a instauré la circulation alternée de façon automatique, à chaque pic de pollution observé…

Ainsi, cette mesure considérée comme "exceptionnelle" en France et déjà largement utilisé chez nos voisins européens pour améliorer la qualité de l’air urbain outre d’autres mesures plus radicales à l’image des systèmes de péages instaurés à Londres ou dans les pays Scandinaves.

Une idée qui fait son chemin

Ainsi, suite au succès de la journée d’hier, tant sur le plan du trafic (25% en moins selon la préfecture) que sur celui de la qualité de l’air, l’idée d’une circulation alternée permanente commence à faire son chemin. Une pétition est désormais mise en ligne dans ce sens. Souhaitant joindre l'utile à l'égréable, celle-ci indique: "Se déplacer en voiture dans les villes c'est parfois nécessaire, mais avec un cadre adapté nous pourrions tous profiter à la fois d'une ville propre, durable et circulable tout en divisant par deux les conséquences désastreuses de nos abus qui empoisonnent nos enfants et ne nous simplifient finalement pas vraiment la vie". Sur les réseaux sociaux, certains internautes regrettent également que cette mesure soit tant exceptionnelle.

Publicité
En lice pour la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet ne partage pas ce point de vue préférant s'attaquer aux véhicules les plus polluants comme ceci est également le cas dans d'autres pays (en Suisse notamment). Elle souhaite ainsi, la "mise en oeuvre d'une ZAPA (zone d'action prioritaire pour la qualité de l'air) qui permet d'interdire les véhicules les plus polluants à l'intérieur de la ville". Le candidat écologiste Christophe Najdovski quant à lui souhaite lui plus d'automaticité dans ce type de mesure et défend la "sortie du diesel".

Publicité