Nocifs pour les uns, inoffensifs pour les autres : on entend tout et son contraire sur les pesticides. De A comme alachlore à Z comme zirame, le point sur les produits phytosanitaires et leurs dangers.

1. La France, championne européenne des pesticides

Notre pays est le troisième consommateur au monde de pesticides et le premier consommateur européen. Chaque année, nous déversons près de 76 000 tonnes de pesticides sur nos champs et nos chemins.

De A comme alachlore à Z comme zirame, leurs substances actives portent de jolis noms. Pourtant, nés durant la Seconde guerre mondiale des travaux de l'industrie chimique, les pesticides constituent de véritables armes de destruction massive pour l'agriculture moderne.

Leur mission, à la base, est d'éliminer tous les insectes, les mauvaises herbes et les champignons indésirables afin d'assurer un meilleur rendement des plantes cultivées.

Les frappes des pesticides ne sont pas chirurgicales. Aspergés par hélicoptère, dispersés par le vent, dilués dans l'eau de pluie, ils se sont immiscés dans notre environnement, notre corps et notre alimentation. On en retrouve des traces dans 96 % des cours d'eau français et dans 55 % des nappes d'eaux souterraines ! Selon Jean-François Narbonne, toxicologue, "on retrouve des résidus de pesticides interdits depuis 30 ans dans le corps de 100 % des gens, transmis de la mère à l'enfant via le placenta"*.

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Et en 2006, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en a détecté dans 44 % de nos fruits et légumes. Dans 6 % des cas, les doses de pesticides dépassaient les limites autorisées.

* ''Interview pour le magazine Elle, septembre 2008.''

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