Folie douce ou réalité : pourra-t-on vraiment aller sur Mars en 2024 ?

Dans une récente allocution au Congrès astronautique international d'Adélaïde (Australie), Elon Musk, le fondateur de SpaceX, a affirmé pouvoir poser des hommes sur la planète Mars en 2024. Le projet est-il vraiment envisageable ? Planet a la réponse. 

Vendredi dernier, le fondateur de SpaceX, Elon Musk, s’est exprimé lors du Congrès astronautique international d’Adélaïde (Australie). L’entrepreneur a livré des détails sur son projet visant à envoyer des hommes sur la planète Mars d’ici 2024. Le milliardaire a fixé ses objectifs : il compte envoyer au moins deux missions cargo sur la planète rouge en 2022 afin de pouvoir y faire poser des astronautes deux ans plus tard.

Par ailleurs, SpaceX a déjà commencé à travailler sur son projet de vaisseau spatial baptisé BFR (Big fucking rocket, en français : "putain de grosse fusée"), dont la construction du premier exemplaire devrait débuter dans six à neuf mois. Malgré l’enthousiasme international que suscitent les ambitions d’Elon Musk, certains spécialistes restent tout de même sceptiques quant à la possibilité de coloniser Mars d’ici moins de dix ans.

"Elon Musk fait des choses extraordinaires mais il a du mal à tenir ses délais. SpaceX travaille de façon astucieuse et a une réelle avance au niveau technologique. Cependant, le projet qui a été dépeint demande un temps de développement plus conséquent que celui qu’avance Elon Musk.", indique Alain Souchier, consultant en propulsion spatiale et président de l’association Planète Mars.

"Il est plus réaliste de se baser sur les estimations de la Nasa. Celle-ci imagine pouvoir poser des hommes sur Mars en 2033, au mieux à la fin des années 2020. Il est tout même important de rappeler que nous disposons aujourd'hui de beaucoup plus de moyens que les américains en 1961 lorsqu’ils prévoyaient d’aller sur la Lune avant la fin de la décennie 1960.", ajoute-t-il. 

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Le problème du retour semble réglé

Pour Alain Souchier, la "clé" du voyage sur Mars réside dans la possibilité de faire revenir les astronautes sans difficulté. La question semble aujourd'hui réglée. "Le retour sera assuré par des appareils envoyés avant les hommes et capables de produire sur place leur propre carburant. Nous disposons actuellement des technologies nécessaires pour y parvenir.", explique le spécialiste. 

Quant à la concurrence affichée entre la Nasa et SpaceX, elle semble tout à fait saine : "La Nasa est plus discrète que Space X, mais elle avance grandement sur le projet. D’ailleurs, les deux sociétés travaillent indirectement ensemble. La Nasa profite des moyens d’Elon Musk, et Space X profite du savoir faire de la Nasa. Certains ingénieurs de l'agence spatiale américaine travaillent même gratuitement pour SpaceX. A terme, on pourrait imaginer une mission sur Mars effectuée grâce à la collaboration des deux entités."

Pour aller sur Mars un élément primordial reste encore à déterminer : l’endroit où les astronautes devront se poser pour effectuer leur mission de longue durée (plus de 500 jours sur place). "Il reste encore à s’assurer qu’il y a bien de l’eau sur Mars, ce qui n’est pas une certitude. Il faudra étudier les terrains en fonction pour assurer un réapprovisionnement aux astronautes et de bonnes conditions d’exploration lorsqu'ils s'y poseront."

Concernant les radiations, Alain Souchier assure "qu’elles ne devraient pas poser problème". De plus, "les combinaisons qui serviront aux astronautes sur la planète rouge sont aujourd’hui opérationnelles. Il reste encore quelques réglages à faire pour qu’elles s’adaptent aux conditions poussiéreuses de Mars."

La conquête de Mars n'est plus qu'une question de temps. Si 2024 semble trop proche, toutes les conditions sont quasiment réunies pour investir la planète à l’horizon 2030.  

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Publié par Jean Legeard le Friday 06 October 2017, 14h21