Contrairement aux Etats-Unis, où une dernière étude révèle que les femmes entre 25-34 ans gagnent mieux que les hommes, en France cette égalité n’est pas à l’ordre du jour. Le point.

A New-York, les jeunes femmes réussissent "l’exploit" de gagner davantage que les hommes en étant rémunérées 1,02 dollar quand ils en gagnent 1. C’est l’une des conclusions de ‘’l’Institute for Women’s Policy Research’’, qui chaque année, étudie la situation des femmes sur le marché du travail américain. Les New-Yorkaises âgées de 25 à 34 ans ont profité de la récession qui a été dévastatrice pour les professions à forte représentation masculine comme la finance. Elles sont aussi davantage diplômées.

Le fossé en France toujours existant

Les dernières études en 2015 sorties par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) à l’occasion de la journée de la femme le 8 mars dernier ont confirmé qu’en France, une femme gagne moins qu’un homme malgré une position hiérarchique semblable. Ainsi, en moyenne une femme cadre gagne 8,5% de moins qu'un homme occupant un poste équivalent. Cet écart concerne le salaire brut annuel fixe des hommes et des femmes cadres en 2013 (fonction, âge, ancienneté, lieu d'emploi occupé, niveau de diplôme...). L'étude montre également que ce fossé entre hommes et femmes est croissant avec l'âge, passant de 4,2% chez les moins de 30 ans à 12,5% chez les cadres de plus de 50 ans. L’écart peut sensiblement évoluer selon la fonction occupée. En effet, il peut atteindre 14,1% pour la direction d'entreprise ou 12,4% pour le commercial et le marketing et à l'opposé 6,2% pour la communication ou 5,5% pour l'informatique. Avec 45 520 euros bruts annuels en moyenne pour les femmes et 53 970 euros pour les hommes, la différence de salaires entre les deux sexes atteint 18,6%.

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Un écart de 16,4% dans les pays de l’UE

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La France présente un taux relativement conséquent, qui peut-être nuancé sur les postes tels que la communication, l’informatique mais accentué sur la finance, des fonctions de direction générale. Nonobstant une différence de l’ordre de 18,6%, la France se situe à quelques encablures de la moyenne des pays de l’Union Européenne. Selon Eurostat - qui fournit des données statistiques fiables au niveau communautaire- les écarts de salaire entre hommes et femmes s’élèvent à 16,4%. La différence se joue surtout sur le type d’emploi occupé, le temps de travail et le niveau de qualification mais aussi un fossé qui prend de grandes proportions quand les femmes deviennent mères. Seuls 45 % des deux parents travaillent, en moyenne, à temps plein parmi les couples ayant un ou plusieurs enfants de moins de 15 ans en Europe. Les mères abandonnent souvent leur activité ou occupent un emploi à temps partiel. C’est flagrant en Allemagne, en Suisse ou aux Pays-Bas. L’inégalité des salaires hommes-femmes déjà importante au début d’une carrière progresse au fil de l’âge. Malgré de - timides - avancées, cet enseignement est parti pour durer…

 

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