Notre expert revient sur les dates clés de la retraite en France. 

En mars 1944, Le Conseil National de la Résistance (CNR), organe des organisations rassemblées dans la lutte contre l’occupant demandait :-"un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail… "-"une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ".

 Quelques années plus tard, après rapports, propositions de lois, d’ordonnances et de décrets, l’ambition est abandonnée. Le gouvernement avait décidé de maintenir le régime de retraite de ses fonctionnaires et des entreprises nationales et avait créé, quasiment à l’identique, une caisse pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers. Dans la foulée, divers secteurs de l’économie ont également décidé de ne pas s’inscrire dans ce schéma de solidarité nationale.

Au Printemps 1991, avant de céder sa place de Premier ministre à Edith Cresson, Michel Rocard a publié un Livre Blanc sur les Retraites qui préconisait :- De repenser l’architecture des régimes en instituant un "premier étage commun".- De "transformer les régimes d'annuités en régimes par points".

Le projet fut vite abandonné et nous avons connu depuis lors une série de réformes qui n’ont fait que rapetasser le réseau complexe de notre système de retraite sans en traiter le principe.

 La loi du 9 novembre 2010 sur les retraites, dans son article 16, fixe au comité de pilotage des retraites, le COPILOR, la mission d’organiser dès le premier semestre 2013, une réflexion nationale sur les objectifs et les caractéristiques d'une réforme systémique de la prise en charge collective du risque vieillesse et visant:- Une plus grande équité entre les régimes de retraite légalement obligatoires - La mise en place d'un régime universel par points ou en comptes notionnels, dans le respect du principe de répartition au cœur du pacte social qui unit les générations - Les moyens de faciliter le libre choix par les assurés du moment et des conditions de leur cessation d'activité.

Dans les mois qui viennent, les candidats à la prochaine élection présidentielle vont présenter leur programme et ils ne pourront pas faire l’impasse sur un sujet qui concerne 15 millions de personnes et un pourcentage considérable du corps électoral.

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Cette réforme, la société l’attend depuis plus de 65 ans et il faut espérer que les futurs responsables nationaux, quels qu’ils soient, ne décevront pas encore l’attente des citoyens.Il ne s’agit pas de défendre les privilèges, réels ou supposés, des retraités actuels ou de telle ou telle catégorie, mais de bâtir un régime unique, identique pour tous, fondé sur la répartition et donnant aux jeunes générations l’assurance de bénéficier, lorsque le moment sera venu, de revenus leur permettant "de finir dignement leurs jours ".
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