Christian Bourreau, président de l'Union Française des Retraités Régime Général, analyse l'intervention du Président de la République. Nicolas Sarkozy a réitéré son engagement, il dit vouloir régler la situation des personnes âgées atteintes de perte d'autonomie pouvant conduire à la dépendance.

Alerte sur la dépendance

C'est une bonne nouvelle, mais les premiers indices sur les solutions susceptibles d'être retenues sont inquiétants. Ils se trouvent dans un rapport présenté par Madame Rosso Debord au nom de la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale.

- Il n'est plus question, comme la loi de février 2005 le stipulait, de supprimer les différences de traitement entre les personnes de moins de 60 ans et les autres. Le scandale de cette discrimination fondée sur l'âge subsisterait !- Tout en affirmant la nécessité de favoriser la prévention, il serait question de ne plus donner le bénéfice de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) aux personnes les moins atteintes. 40 % des bénéficiaires potentiels suivant les règles actuelles seraient exclus !- Dans l'immédiat, un financement supplémentaire serait demandé aux seuls retraités par un réaménagement de la CSG. Le remboursement de l'éventuelle aide sociale par les ayant-droit serait supprimé, mais les personnes dépendantes ayant un patrimoine supérieur à 100 000 € devraient, soit accepter un recours sur leur succession jusqu'à20 000 €, soit accepter de ne recevoir que la moitié du montant de l'APA. - A terme, le financement par la solidarité nationale disparaîtrait et serait remplacé par une assurance privée obligatoire dès l'âge de 50 ans.

Le Président a illustré la situation en pointant l'écart existant entre le montant de la pension moyenne, 1200 € par mois et le coût d'une maison de retraite, 2200 € par mois. Certes, la perte d'autonomie ne frappe pas tout le monde de la même manière, mais le vieillissement de la population exige, au-delà des économies toujours possibles, de maintenir un effort financier suffisant et pérenne.

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Les propositions du rapport sont, en l'état, inacceptables. Il faut les prendre pour des ballons d'essai et insister pour avoir des financements à hauteur des enjeux, limitant le recours aux initiatives privées et faisant appel à la contribution de tous, y compris les retraités, mais sans discrimination.