Capitalisation ? Répartition ? Christian Bourreau, président de l'Union Française des Retraités Régime Général, donne son avis.

Retraite : réalité ou illusion

Les retraites obligatoires par répartition procurent 95 % des revenus des 14 millions de retraités. Vouloir les remplacer par la capitalisation est une illusion : il faudrait en effet 40 ans, si tout va bien, pour constituer un capital permettant de supporter une rente décente et les actifs actuels seraient confrontés au choix entre constituer leur propre retraite ou maintenir celle de leurs parents. La capitalisation ne peut donc qu'être un complément pour ceux qui le veulent et le peuvent.

La répartition a sauvé de la misère les populations ruinées par la Seconde Guerre mondiale. Dans la crise actuelle, elle épargne aux retraités français de connaître les affres subies par les retraités dans les pays où la capitalisation tient une place importante.

Tout comme la capitalisation, elle doit prendre en compte les conséquences de cette bonne nouvelle qu'est l'allongement de la vie humaine. Elle doit donc se réformer.

La répartition est le socle du système de retraite français. Elle est le signe de la solidarité entre les générations qui est le ciment de notre société. Elle doit être défendue et consolidée.

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Exigeons des négociateurs qu'ils sachent dépasser les clivages politiques et idéologiques pour affermir la confiance des jeunes générations dans l'assurance de recevoir, le moment venu, des revenus suffisants, sans conduire leurs parents à la pauvreté.

''Christian Bourreau, président de l'Union Française des Retraités Régime Général''

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