Boudée par les Français, cette formule présente l’avantage de la simplicité, mais entraîne l’aliénation du capital accumulé...  

Avec la rente viagère, l’investisseur accepte de se déposséder du capital accumulé durant la phase d’épargne et le confier définitivement à un assureur qui, en contrepartie, lui versera une rente jusqu'à son décès.

C’est à la fin et non au début du contrat que l’assuré doit avoir le choix entre récupérer son épargne sous forme de capital ou de rente viagère. Les contrats imposant une option dès le départ sont à éviter. Opter pour la rente viagère, présente des avantages et des inconvénients.

Avantages de la rente viagère

C’est un complément de retraite idéal. Il tombe à date fixe. C’est l’assureur qui se charge de placer les fonds aliénés, puis de verser le produit financier à l’assuré.

Le montant de la rente est calculé sur la base de 2 facteurs principaux : le montant du capital accumulé sur le contrat et l'âge de l'assuré au moment de la mise en service de la rente. L’assureur estime l’espérance de vie de l’assuré (appelé "crédit rentier").

Plus ce crédit rentier est âgé et plus le montant de la rente sera élevé. Depuis 2012, le sexe n’est plus pris en compte dans l’estimation de l’espérance de vie, car l’UE a jugé cette pratique discriminatoire. Désormais c’est la table TGF05 qui doit être utilisée pour les femmes comme pour les hommes.

Une fois servie, la rente constitue un revenu régulier, garanti et versé à l’assuré jusqu’à son dernier souffle. Le cas échéant, cette rente peut être réversible : une fraction continuera à être servie au conjoint survivant après le décès du premier.

Contre la rente viagère

Le principe de la rente viagère découle de l’aliénation du capital. Avec ce système, les économies de l’assuré deviennent la propriété de l’assureur. Si le crédit rentier vit durant plusieurs décennies, il fait une bonne affaire. Mais, s’il casse sa pipe quelques années après la fin du contrat, c’est la compagnie qui tire les marrons du feu. Le surplus restera dans les caisses de l’assureur. La solution de la rente viagère est donc déconseillée aux personnes fragiles ou en mauvaise santé.

Pour échapper à cette spoliation potentielle, une solution peut-être d’opter pour une rente à "annuités garanties". Cette formule garantit le versement d’une rente durant une certaine durée, par exemple 15 ans quoiqu’il advienne. Si l’assuré décède avant le terme, la rente continuera à être servie aux bénéficiaires désignés. Ils la percevront jusqu’à son extinction. 

Autre inconvénient de la rente viagère : sa perception peut augmenter le revenu imposable du bénéficiaire. Généralement, en quittant la vie active, le revenu diminue et la pression fiscale s’allège un peu. Tout complément de retraite est donc de nature à faire grimper l’addition à nouveau. Pour mémoire les rentes viagères ne sont soumises à l'impôt sur le revenu que pour une fraction de leur montant. Cette fraction est fixée forfaitairement d'après l’âge du crédit rentier lors du 1er versement de la rente. A savoir, 70% s’il est âgé de moins de 50 ans, 50% entre 50 à 59 ans, 40% de 60 à 69 ans et 30% au-delà de 69 ans.

La bonne décision 

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Compte tenu des avantages et des inconvénients de la rente viagère, il peut être judicieux de couper la poire en deux. C’est-à-dire de transformer une partie de son épargne pour se doter d’un parachute financier qui ne se mettra jamais en torche, même si l’on vit centenaire. Et d’en conserver une partie sous forme de capital (que l’on peut replacer par ailleurs) afin de pouvoir profiter des plaisirs de la vie avant qu’il ne soit trop tard.