La Cour des comptes vient de remettre en cause, dans un rapport publié ce mardi, l’efficacité de l’assurance-chômage. Selon l’institution, il faut d’urgence en redéfinir les règles : diminuer l’indemnisation des plus hauts niveaux et concentrer les efforts sur les salariés les plus en difficulté.

Avec un déficit estimé à 18,6 milliards d’euros d’ici la fin 2013, l’assurance-chômage telle qu’elle fonctionne aujourd’hui semble avoir atteint ses limites. C’est du moins ce qu’a conclu la Cour des comptes dans un rapport très critique publié ce mardi 22 janvier, où l’institution prescrit une refonte du système actuel, qu’elle juge désormais inefficace et inéquitable. « Si le régime a bien joué son rôle de maintien du revenu des demandeurs d'emploi, il voit désormais son efficacité se dégrader et son équité se fragiliser » estiment ainsi les rapporteurs.

Publicité
La Cour des comptes pointe surtout du doigt les règles d’indemnisation, qu’il faudrait selon elle redéfinir. « La France figure parmi les pays d'Europe offrant l'un des accès les plus ouverts à l'indemnisation du chômage » indique-t-elle. Le système d’assurance-chômage actuel « couvre les salariés les plus précaires, mais réserve aussi le plus haut niveau de protection aux salariés les mieux insérés dans l'emploi », mentionne-t-elle dans son rapport, précisant qu’il faudrait, au contraire, réduire les indemnités des plus hauts niveaux et se concentrer sur les personnes qui souffrent le plus de la crise et se trouvent dans des situations de retour à l’emploi plus précaires. L’institution estime aussi que les moyens mis en place pour la formation des chômeurs sont « particulièrement insuffisants » et trouve « médiocres » les résultats des contrats aidés.     Selon les rapporteurs, les règles d’obtention des indemnités chômage seraient également inéquitables et en contradiction avec les règles de nos voisins européens. Un salarié qui touche un salaire moyen d’environ 2 000 euros, bénéficiera d'une indemnité de 66,4 % de son salaire, soit un niveau inférieur à celui d'un salarié gagnant 4 000 euros par mois, qui toucherait lui 68,3 % de son salaire. Dans la plupart des autres pays européens, l’indemnisation est plus faible pour les personnes ayant les salaires les plus élevés. La Cour des comptes pointe également du doigt le manque d’efficacité de Pôle emploi pour l’accompagnement des chômeurs dans leur recherche d’emploi, et indique qu’un effort important doit être fait sur ce point. En clair, c’est tout un système qui est à revoir.