L'organisation patronale vient d'envoyer un document aux syndicats expliquant ses propositions autour de l'assurance chômage. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le Medef n'y va pas de main morte. Tous les détails avec Planet.fr.

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Ce jeudi s'est ouvert la troisième séance de négociations autour de l'assurance chômage et le Medef est entré en force dans le sujet en envoyant un document aux organisations syndicales exposant ses propositions... pour le moins radicales.

 

Dans les conditions actuelles, les chômeurs ont le droit à un jour d'indemnité chômage pour chaque jour travaillé, sur une période de deux ans maximum... Dans le futur, le Medef envisage les choses autrement : les indemnités seraient calculées selon la conjoncture économique. Ainsi, moins il y aurait de chômage, moins il y aurait d'indemnités, et inversement.

 

Une indemnité calculée selon le taux de chômage ?Concrètement, avec un chômage comme aujourd'hui au dessus de 10%, les indemnisations resteraient les mêmes. Mais avec un chômage de 12%, les chômeurs seraient indemnisés plus longtemps (mais toujours deux ans maximum), et avec un chômage de moins de 9%, l'indemnisation serait plus courte et nécessiterait une période de travail d'au moins 6 mois (alors qu'elle n'est que de 4 aujourd'hui).

 

En réalité, le Medef affirme que son objectif estde rétablir les comptes de l'Unedic, organisme qui finance à 60% l'indemnisation des chômeurs et qui souffre d'un déficit de 4 milliards d'euros. Le cumul de ses dettes atteint 18 milliards d'euros, et pourrait bien arriver à 22 milliards d'euros à la fin de l'année si la situation ne change pas. Pour l'aider, l'organisation patronale propose que l'Etat et les employeurs publics participent eux aussi en cotisant à l'assurance chômage (alors qu'ils ont le choix aujourd'hui).

 

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Enfin, le Medef souhaiterait voir disparaître le régime spécial des intermittants pour les affilier au régime général. Une demande qui risque peu d'aboutir en l'état mais qui permet d'emblée au Medef de faire pression sur les syndicats qui ne veulent pas d'une baisse des indemnités, même si le chômage est très haut.
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