Il était difficile de retourner au travail lundi après les attentats qui ont frappé Paris vendredi soir. Mais est-il possible à un salarié de ne pas aller travailler ? Eléments de réponse.   

Alors qu’a eu lieu un assaut des forces de l’ordre mercredi matin à Saint-Denis suite aux attentats de vendredi à Paris, les habitants de Saint-Denis ont été appelés à rester chez eux jusqu’en début d’après-midi. Pour des raisons de sécurité, certains d’entre eux ne sont pas allés travailler l’après-midi. Des agents territoriaux de Paris et les salariés de la Tour Eiffel ont, eux, annoncé ce week-end pour les premiers et mardi pour les seconds, mettre en pratique leur droit de retrait, en attendant que les mesures de sécurité soient augmentées.

Mais est-ce légal ? Le Figaro s’est intéressé au Code du travail pour en savoir un peu plus sur les droits des salariés dans ces cas exceptionnels. Comme le rappelle le site d’information, le texte définissant le droit de retrait (articles L4131-1 et L4131-3 du Code du travail) permet au salarié qui "a un motif raisonnable" de penser qu'une situation "présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé" de "se retirer d'une telle situation", tout en lui garantissant qu'"aucune sanction, aucune retenue de salaire" ne lui sera appliquée.

Pour justifier les risques pour sa sécurité

Mais cela s’applique-t-il après les attaques qui ont frappé la France vendredi dernier ? "Le droit de retrait, très encadré, est en principe 'inapproprié à la situation post-attentat'", indique l’avocat de droit social Francis Kessler, interrogé par Le Monde. Selon ce dernier, ce droit a été créé pour répondre aux problèmes de "défectuosités constatées dans les systèmes de protection".

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S’il s’agit de cas par cas, le salarié qui utilisera son droit de retrait devra être en capacité d’apporter un motif raisonnable, c’est-à-dire justifier que la situation était réellement risquée. Dans le cas de l’assaut à Saint-Denis mercredi, les salariés pouvaient vraisemblablement l’utiliser sans problème. "Il n'y a (…) pas réellement de doutes à avoir. Globalement, même en cas de risque minime, ce droit s'applique", estime dans les colonnes du Figaro l’avocat Éric Rocheblave.

En vidéo sur le même thème - Attentats de Paris, assaut de Saint-Denis : tout ce que l’on sait 

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