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Ce lundi, Nokta un journal turc d'opposition avait titré en une 'Le début de la guerre civile' pour commenter la victoire électorale du parti présidentiel AKP aux législatives. Ce commentaire a valu aux 2 responsables du magazine d'être immédiatement arrêtés. Ce mardi, les deux journalistes ont été formellement inculpés et écroués pour 'tentative de coup d'Etat'. Cette affaire illustre les tensions entre le régime du président Recep Tayyip Erdogan et certains médias. La semaine dernière, la police avait perquisitionné deux chaînes de télévision proches de l'imam Fetullah Gülen, une personnalité considérée comme l'ennemi-juré du chef de l'Etat (voir ici). Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer les pressions exercées par le régime sur les médias. Les ONG de défense de la liberté de la presse épinglent régulièrement la Turquie. Mais le chef de l'Etat semble jusque-là insensible à ces critiques. #Turquie - Chronique de la censure en Turquie https://t.co/xbDOwYttGS- RSF / RWB (@RSF_RWB) 3 Novembre 2015 Report highlights Turkey's troubled press freedom record - https://t.co/mZIyleMjrD- CPJ (@pressfreedom) 2 Novembre 2015 Ce mardi, le Premier ministre Ahmet Davutoglu participait à Istanbul à un rassemblement des militants de son parti, l'AKP, pour célébrer la victoire aux législatives. Le chef du gouvernement s'est voulu rassembleur tout en insistant sur le fait que les électeurs avaient redonné la majorité absolue à l'AKP. Le parti islamo-conservateur est aux affaires depuis 2003. Le fondateur du parti, Recep Tayyip Erdogan, désormais président, est de plus en plus contesté pour ses pratiques jugées autoritaires.
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La police turque a procédé ce mardi à l'arrestation d'une quarantaine de policiers et de fonctionnaires dans le cadre d'une enquête ouverte contre l'imam Gülen, l'ennemi juré du président Erdogan. Ce vaste coup de filet, qui intervient deux jours après la victoire du parti islamo-conservateur aux législatives, s'ajoute à des arrestations de journalistes. La police a ainsi procédé à l'interpellation lundi de deux responsables du magazine d'opposition Nokta qui avait présenté la victoire de l'AKP comme le début de la guerre civile en Turquie. La semaine dernière, quatre jours avant les élections, la police avait déjà pris d'assaut, devant les caméras, le siège de deux télévisions visées par une décision judiciaire de mises sous tutelles. L'OSCE, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, se dit préoccupée par les pressions exercées par les autorités turques sur la presse : 'Les journalistes sont clairement soumis à une intense pression dans ce pays. Les enquêtes criminelles pour soutien au terrorisme ou diffamation envers le président ont clairement un effet intimidant sur les médias', a souligné Ignacio Sanchez Amor, le coordinateur spécial de l'OSCE. Par ailleurs, au lendemain des législatives, l'aviation turque a bombardé des cibles du PKK dans la province turque d'Hakkari, dans le sud-est du pays. Les frappes auraient permis de détruire des caches et des emplacements d'armes des rebelles kurdes, annonce l'armée turque. D'autres raids ont visé des bases du PKK dans le nord de l'Irak.
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Derniers meetings de campagne de l'AKP, le parti islamo-conservateur du président turc Recep Tayyip Erdogan. Le chef du parti, le premier ministre sortant Ahmet Davutoglu, tente de galvaniser ses troupes pour faire oublier l'échec de l'AKP aux législatives de juin dernier. 'Allons-nous oui ou non battre un record pour ces élections ?!' demande Ahmet Davutoglu. 'Allons-nous donner une leçon aux Nationalistes ? Allons-nous forcer le Parti républicain à oublier le bloc de 'l'opposition et donner au parti pro kurde une leçon sur la terreur ?!' Alors que le parti du pouvoir se présente comme un rempart contre le chaos, l'opposition dénonce la corruption et dérive autoritaire du président turc. 'Le premier novembre, nous allons voter et prendre en main notre destin' dit le leader du parti social-démocrate CHP Kemal Kiliçdaroglu. 'La Turquie ne peut pas être laissée aux mains de politiciens qui ne se préoccupent de rien d'autre que de leur intérêt personnel et celui de leur famille.' De son côté, le parti pro-kurde HDP accuse le régime de vouloir mettre en place une dictature et de ne pas avoir empêché les attentats sanglants qui ont visé ses partisans. 'La Turquie est à la croisée des chemins' dit le leader pro kurde Selahattin Demirtas. 'Soit un pouvoir personnel oppressif et dictatorial, soit la démocratie et des solutions démocratiques à nos problèmes.'
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Les élections législatives en Turquie arrivent à un moment critique. Le président Erdogan poursuit l'objectif d'une majorité parlementaire, mais les sondages ne dégagent pas de gagnant clair. Séduit par la proposition d'une aide d'un milliard d'euros faite par l'Union européenne, le gouvernement turc a accepté d'améliorer l'accueil des réfugiés et de lutter contre l'immigration clandestine. Mais le gouvernement est critiqué pour sa répression à l'encontre des minorités et des médias et pour ses raids menés contre les combattants kurdes en Irak. Quel impact ces élections peuvent-elles avoir sur les relations entre l'Union européenne et la Turquie? Bruxelles va-t-elle passer sous silence la question des droits de l'homme pour s'assurer du soutien de la Turquie dans la région? Ils sont nos invités dans ce numéro de The Network, ici dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles. Marietje Schaake, membre de l'Alliance des démocrates et des libéraux néerlandais, qui siège à la Commission du Commerce international, et membre substitut du Comité des droits de l'Homme. Zafer Sirakaya, porte-parole de l'AKP ici à Bruxelles, le parti du président turc Erdogan et Nikola Dimitrov de l'Institut de La Haye pour la justice mondiale, qui promeut les principes de résolution pacifique des conflits et de bonne gouvernance. Chris Burns: On commence avec vous Marietje. Quel peut être l'impact des élections turques sur la crise des réfugiés et vice-versa? Pensez-vous que le gouvernement turc fait bien les choses concernant les réfugiés en renforçant la sécurité à la frontière? Marietje Schaake: 'Je pense qu'à la fois en Europe et en Turquie, les gens sont très préoccupés par le grand nombre de réfugiés qui fuient cette guerre terrible et à laquelle on doit mettre un terme. Et je vois dans les sondages d'opinion que les Turcs sont de plus en plus préoccupés par le nombre élevé de réfugiés et par l'évolution de cette crise à court mais aussi long terme. Donc il est très important que les conditions dans lesquelles ils sont accueillis s'améliorent.' Chris Burns: Ok, Zafer, comment voit-on ça en Turquie? C'est un enjeu électoral? Zafer Sirakaya: 'Actuellement, nous accueillons deux millions et demi de réfugiés en Turquie et, si cela est possible, nous accueilleront encore plus de réfugiés syriens parce que nous ne pouvons pas leur permettre de vivre sous le régime de Bachar Al-Assad qui utilise contre eux des bombes à fragmentation. Cette question n'a aucun impact sur la campagne électorale.' Chris Burns: Nikola, pensez-vous que la Turquie fait bien les choses, pas seulement concernant les réfugiés mais aussi les Kurdes, en renforçant la sécurité à la frontière? C'est la chose à faire ? Nikola Dimitrov: 'Il est vraiment essentiel que le processus de paix reprenne la bonne direction. Sur la question kurde. Et il y a cette tendance dangereuse avant chaque élection à diviser pour mieux régner, en polarisant. Et c'est un jeu très dangereux.' Chris Burns: Revenons sur ce point avec vous Zafer car Ankara est critiqué par les Européens sur la question de la répression contre les Kurdes. Qu'en pensez-vous? Zafer Sirakaya: 'Tout d'abord, il ne faut pas confondre les Kurdes avec les terroristes du PKK. Le PKK est considéré comme une organisation terroriste, non seulement en Turquie mais aussi dans les pays européens. L'AKP a lancé un processus de paix et nous le poursuivrons. Mais cela est impossible si le PKK continue de nous attaquer : près de 150 policiers et d'autres fonctionnaires ont été tués par le PKK et nous devons dire ouvertement que nous devons lutter contre cette organisation.' Chris Burns: La campagne que le gouvernement a lancé contre le PKK est aussi un moyen de frapper le parti kurde, le HDP? Marietje Schaake: 'Certainement. Je crains que la frontière soit trop mince. Personne ne nie que le terrorisme est inacceptable et qu'il doit être combattu, si nécessaire ...' Chris Burns: Comme nous l'avons vu au cours de la campagne électorale, avec cette horrible attentat lors d'une manifestation pour la paix Marietje Schaake: 'C'était terrible. J'étais en Turquie quand c'est arrivé. Mais l'agression verbale et cette tendance à l'amalgame entre membres du HDP, électeurs et terroristes m'inquiète. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier et le gouvernement du président Erdogan et l'AKP ont le devoir d'arrêter les attaques personnelles et les attaques verbales dont sont victimes les journalistes et les minorités.' Chris Burns: Nikola, elle a aussi parlé de la répression contre les médias et les journalistes. Comment voyez-vous ça ? Le gouvernement ne devrait-il pas lâcher du lest ? Cela ne freine-t-il pas ses efforts de rapprochement avec l'UE' Nikola Dimitrov: 'La démocratie en Turquie est gravement menacée et il est difficile de trouver des nouvelles positives à la lecture des rapports internationaux sur l'Etat de la liberté de la presse en Turquie. La situation a même empiré en décembre 2013 après le scandale de corruption. Et si l'on parle des élections, on ne peut pas dire que les opportunités soient les mêmes pour tout le monde.' Chris Burns: Zafer, que répondez-vous à ça ? Zafer Sirakaya: 'Sur la question des médias et des Kurdes ...' Chris Burns: Vous vous trouvez dans une position délicate là... Zafer Sirakaya: 'Tout d'abord, le HDP doit prendre ses distances avec les terroristes du PKK. Nous ne pouvons pas croire à sa bonne foi quand le HDP dit qu'il était opposé aux activités terroristes du PKK ces six derniers mois. L'autre problème c'est qu'insulter le Premier ministre et le président ne peut être justifiée sous couvert de la liberté de la presse. Dans aucun pays européen, vous ne pouvez accuser le président d'être un meurtrier.' Chris Burns: Marietje, vous n'êtes pas d'accord... Marietje Schaake: 'Les médias en Turquie sont sous pression intense et systématique. Il ne s'agit pas seulement d'insultes, mais d'attaques personnelles contre des journalistes, d'intimidations, d'amendes excessives et politiquement motivées contre les médias, de descentes dans les rédactions... de violences personnelles même récemment contre un chroniqueur. Tout cela est très inquiétant et ne permet pas un environnement propice à un débat démocratique et à des élections libres.' Chris Burns: Nikola, comment aimeriez-vous voir le gouvernement changer pour redorer son image sur la question? Nikola Dimitrov: 'Je pense que c'est plus grave qu'un simple problème d'image. Comme l'a écrit un courageux chroniqueur turc, je le cite: 'Je suis témoin d'un assassinat progressif de la démocratie en Turquie'. Je crois que le pays devrait se servir de cet attentat, le plus sanglant de l'histoire récente de la turquie, pour construire un gouvernement d'unité nationale et réformer la justice. Car comme l'a dit un membre de l'opposition, du Parti républicain du peuple (CHP), il y a en prison plus de politiciens que de membres de l'Etat islamique.' Chris Burns: Il y a de nombreux intérêts politiques en jeu ici, parce que si vous êtes en mesure de lier le PKK avec le HDP, vous pouvez peut-être gagner quelques votes et ainsi empêcher le HDP de parvenir à un résultat qui vous empêcherait d'obtenir une majorité absolue. Tout cela est très politique. Zafer Sirakaya: 'La liberté d'expression est l'un des principaux piliers de la démocratie et nous voulons l'améliorer et la renforcer, mais nous devons faire la différence entre insulte et liberté d'expression, et nous continuerons à le faire dans l'avenir'. Chris Burns: Ok. L'UE est dans une position difficile parce qu'elle doit négocier avec le gouvernement turc pour faire face à la crise des réfugiés. Dans le même temps, il y a la questions des droits civiques. A quel degré est-on prêts à occulter la question des droits civiques pour obtenir la coopération de la Turquie sur la gestion des réfugiés. Marietje?' Marietje Schaake: 'Je ne pense pas qu'on doive l'occulter. Il est important que les Turcs comprennent que les valeurs européennes et les critères d'accès à l'Union sont importants pour leur propre qualité de vie. La question des droits fondamentaux et de la crise des réfugiés sont deux choses distinctes qui doivent être traitées séparément. Nous allons donc continuer à être vigilants en ce qui concerne la protection des droits et libertés des citoyens turcs.' Chris Burns: 'Ok. Nikola, c'est votre boulot et le rôle de votre institution de soutenir la primauté du droit. Mais vous devez également trouver un compromis avec Ankara, n'est-ce pas?' Nikola Dimitrov: 'L'Europe est coincée entre le marteau et l'enclume. Il faut parvenir à un accord avec la Turquie pour gérer la crise des réfugiés. D'autre part, si vous ne pensez pas à long terme, si vous ne mettez pas en pratique ce que vous prêchez - la démocratie et les droits civiques - alors à long terme, vous porterez atteinte à la communauté turque et vous serez confrontés à un défi encore bien plus grand que la crise des réfugiés.' Chris Burns: Zafer, comment allez-vous mettre en pratique ce que vous prêchez?' Zafer Sirakaya: 'Eh bien, nous allons continuer à travailler sur la question et je crois qu'une solution à long terme pour gérer la crise des réfugiés doit également être trouvée. Nous devons renforcer nos efforts pour offrir de meilleures conditions d'accueil aux réfugiés, à la fois en Europe et en Turquie'.
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Alors que des législatives cruciales se déroulent dimanche, le président turc multiplie les apparitions pour mobiliser les électeurs en faveur de son parti islamo-conservateur AKP et obtenir de nouveau une majorité absolue au parlement. Majorité perdue lors du scrutin de juin dernier. Après deux télévisions contraintes hier d'interrompre leur diffusion, deux journaux d'opposition du même groupe ont été empêchés de paraître. Et dans les temps de parole pour la campagne électorale, le déséquilibre est criant avec 90 % pour l'AKP selon l'agence italienne Ansa. 'Les élections de dimanche sont très importantes' selon cet analyste. 'Elles peuvent confirmer le résultat de juin et mettre fin à 13 ans de majorité parlementaire absolue pour l'AKP ou bien infirmer ce résultat et ouvrir une nouvelle page pour la majorité'. Les derniers sondages montrent tous une progression de l'AKP, mais le HDP pro-kurde de Selahattin Demirtas entend bien rééditer sa surprise de juin dernier pour empêcher toute nouvelle domination sans partage de l'AKP en place depuis 2002. La Turquie sera-t-elle de nouveau sans majorité dimanche ? La question est posée sur fond de tensions ravivées dans le pays après le terrible d'attentat d'Ankara où plus de 100 personnes ont été tuées il y a deux semaines. #Turquie La police prend en direct le contrôle de deux chaînes de télé https://t.co/Dco6SAxLEJ pic.twitter.com/qpvx3865Zi- Le Monde (@lemondefr) 28 Octobre 2015 Après la coupure de deux chaînes télévisées, tollé en Turquie https://t.co/43Cjtadl9p pic.twitter.com/kQmzYizdDL- RFI (@RFI) 29 Octobre 2015 Turquie: Erdogan rejoue son pouvoir dans les urnes, un pari risqué https://t.co/Sk9k6WR5os #AFP pic.twitter.com/tNDGd3NeXU- Agence France-Presse (@afpfr) 29 Octobre 2015
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Devlet Bahceli faisant le signe du Loup gris... C'est le signe de ralliement des nationalistes turcs. Il est leur chef depuis 1997 et il n'est pas étranger à la crise politique qui sévit et au fait que les Turcs retournent aux urnes quatre mois après les dernières élections. Idéologiquement, son parti est considéré comme le plus susceptible des partis d'opposition de former une coalition avec l'AKP. Mais jusqu'ici Bahceli a toujours refusé. En juin dernier, après 13 ans de domination de la vie politique, l'AKP échoue à obtenir la majorité absolue au parlement. Il lui faut donc former une coalition. Les pourparlers avec les sociaux-démocrates échouent. Et Bahceli refusera de sauver la mise. Le 8 juin, il déclarait : 'La première coalition possible devrait être AKP-HDP, le parti pro-kurde. La seconde possibilité, c'est une coalition entre l'AKP, les sociaux-démocrates du CHP et le HDP. Si ces deux scénarios échouent, alors des élections anticipées doivent être organisées.' Toute alliance avec l'AKP est donc rejetée. A tel point que lorsqu'un cadre historique du parti, le fils du fondateur du parti,Tugrul Turkes accepte sa nomination comme vice-Premier ministre du gouvernement intérimaire de Davotglu, il est suspendu. Et ce, même si le parti d'extrême droite tombe alors à 79 députés et devient le plus petit groupe au parlement. Le MHP est ouvertement anti-kurde. Début septembre, après des attaques du PKK, ses militants attaquaient le siège du parti HDP pro-kurde à Ankara et ses locaux dans d'autres villes. Le MHP reproche au gouvernement d'Erdogan d'avoir favorisé l'entrée du HDP au parlement. Il lui reproche aussi la reprise des pourparlers de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan fin 2012. Fondé en 1969, le MHP a longtemps été anecdotique, jusqu'au tournant des années 90. Lors des élections de 99, il était devenu la deuxième force politique du pays. Aujourd'hui, il occupe la troisième position et l'AKP courtise son électorat pour ne pas avoir à négocier avec ce 'Loup gris' (nom que se donnent les militants du MHP) de 67 ans.
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A quatre jours des élections anticipées en Turquie, c'est la liberté de la presse cette fois qui a fait sortir dans la rue plusieurs centaines de manifestants. Ce mercredi la police turque a pris le contrôle de deux stations de télévision. Bugün TV et Kanaltürk' ont dû cesser leurs émissions. La justice turque enquête sur le propriétaire de ces deux chaînes rassemblées au sein de la holding Koza-Ipek. L'imam Fethullah Gülen, le propriétaire, est considéré comme l'ennemi numéro 1 du président turc Recep Tayyip Erdogan. Interviewée dans la rue, cette manifestante n'a pas hésité à participer au rassemblement de protestation."Je suis ici à cause de la censure sur la presse, explique-t-elle, et en raison de la situation qui règne ici au nom de la démocratie et en raison de cette cruauté contre la presse. Je ne veux pas être du côté de la cruauté'. L'assaut contre ces deux médias a suscité de timides réactions en Europe même si à Bruxelles l'une des porte-parole de la Commission européenne a déclaré que l'UE restait 'préoccupée'. 'Comme tout pays qui négocie son adhésion (à l'UE), la Turquie doit s'assurer qu'elle respecte les droits de l'homme, y compris la liberté d'expression, conformément à la Convention européenne des droits de l'homme', a souligné Catherine Ray. 'Nous allons continuer à soulever prochainement la question de la liberté d'expression avec les autorités turques', a-t-elle insisté. L'Union européenne reste prudente. Elle compte beaucoup sur la Turquie dans la crise migratoire actuelle. C'est une attaque sérieuse contre le droit au public de s'informer 'C'est une attaque sérieuse contre le droit au public de s'informer', a dénoncé de son côté le coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) Selahattin Demirtas, qui s'est rendu sur place. 'Cela fait longtemps que nous sommes confrontés à ce types de pratiques anticonstitutionnelles et illégales qui ne sont pas fondées sur le droit national ou international, explique M. Demirtas. Donc, ce raid ne nous a pas choqué ou surpris même s'il reste un acte inacceptable. ' Lors de l'intervention de la police ce matin les journalistes présents dans les locaux des deux chaînes de télé ont tenté de s'interposer. Ils ont été molestés et repoussés par les forces de l'ordre. Les deux chaînes ont été placées sous tutelle judiciaire. Elles sont accusées de propagande terroriste sur fond de règlement de compte politique.
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Le vote kurde sera décisif dimanche en Turquie pour les élections législatives anticipées. En juin, six millions d'électeurs, sur les 54 millions que compte le pays, ont voté pour le HDP, le parti démocratique du peuple, plutôt à gauche et pro-kurde. Ce qui s'est traduit par plus de 80 sièges au parlement et la fin du règne de 13 ans d'un seul parti, l'AKP, le parti de centre droit, justice et développement d'Erdogan. A Esenyurt, un quartier d'Istanbul où vit une importante communauté kurde, notre correspondant a discuté avec une famille des différences entre les Kurdes du sud-est du pays et ceux des grandes villes turques, un électorat apparemment différent. Installée depuis 20 ans ici avec la majorité de sa famille, Husna Kaplan soutient le HDP et a dit 'vouloir la paix et plus de tranquillité', alors qu'un autre membre de la famille, Onur déclarait : 'si vous vivez dans le sud-est, vous êtes confrontés aux politiques de l'Etat, aux opérations militaires, mais dans l'ouest les Kurdes n'ont pas les mêmes soucis. Nous ne pouvons pas dire que nous sommes assimilés, mais nous sommes loin de la région kurde, nous sommes loin des pressions psychologiques. Il y a peut-être des différences dans la façon de voter parce que nous sommes différents, nous ne vivons pas la même chose.'. Notre correspondant Bora Bayraktar est aussi allé à la rencontre d'Ümit Firat, un activiste politique kurde et auteur. Il lui a demandé ce qu'il pensait de l'escalade de la violence et de la fin du processus de paix entre Ankara et les séparatistes kurdes du PKK. Bora Bayraktar : 'La Turquie se rend aux urnes dans un état d'esprit très différent des élections de juin. Pouvez-vous définir cette atmosphère pour ce qui est de la question kurde ?' Ümit Firat : 'Nous sommes dans un moment très différent comparé aux élections du 7 juin. Il y a une violence très forte et des combats, une sorte de guerre. Dans une telle situation, il ne peut pas y avoir de véritable campagne électorale. Il n'y a pas de discussion dans la région kurde, ces élections ont lieu dans un climat beaucoup plus tendu que lors de l'escalade de violences des années 90.' Bora Bayraktar : 'Comment évaluez-vous les relations entre le HDP et le PKK ?' Ümit Firat : 'Le PKK a élargi ses frontières dans la région. Ils ont des organisations en Irak et en Syrie. Mais le HDP est la branche légale du PKK en Turquie et il est limité à la Turquie, il n'est actif qu'en Turquie. C'est comme cela qu'on doit voir le HDP, c'est le parti politique kurde de la Turquie, point.' Notre correspondant a également rencontré Atilla Sandikli, un officier de l'armée à la retraite, expert en terrorisme. Il fait état d'un lien de plus en plus fort entre le pouvoir politique turc et le conflit régional. Bora Bayraktar : 'La Turquie redémarra-t-elle les négociations de paix avec le PKK après les élections ?' Atilla Sandikli : 'La réponse est directement liée aux résultats des élections. Si l'AKP redevient majoritaire, il continuera les opérations militaires. Quand le PKK deviendra marginal ou s'il retire ses groupes armés de la Turquie, on peut espérer que le processus de paix, qui a été gelé, puisse reprendre pour plus de démocratie, de liberté et de développement économique dans la région. En revanche, on peut attendre des opérations plus dures contre le PKK si l'AKP doit former un gouvernement avec le MHP, le parti d'action nationaliste.' Et notre correspondant de conclure, 'la communauté kurde est importante dans les grandes villes turques où beaucoup migrent. C'est pour cette raison que les partis politiques se battent particulièrement ici pour gagner leurs voix.'
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La situation économique de la Turquie est alarmante. Après les élections législatives du 7 juin dernier, la livre turque a connu une chute record face au dollar et à l'euro, le pays connaît un ralentissement des investissements internationaux et une stagnation des marchés internes. Du côté de l'inflation, les chiffres ont grimpé plus que prévu pour atteindre 8 % en septembre, le pouvoir d'achat est en baisse et la croissance tourne au ralenti. Un constat qui inquiète à la veille des élections législatives anticipées. Elles doivent avoir lieu le 1e novembre. Pour l'économiste turc indépendant Arda Tunca, l'économie turque est confrontée à deux problèmes, l'instabilité politique et les conflits régionaux. euronew: Les Turcs sont à nouveau appelés aux urnes, 5 mois seulement après les dernières législatives. Une courte période durant laquelle de nombreux incidents importants se sont produits. Comment évaluez-vous l'aspect économique de la Turquie à la veille de ces élections anticipées ? Arda Tunca: 'Nous sommes dans une situation de stagnation économique, malgré une faible croissance. Notre performance économique a chuté et nous trouvons cette croissance insuffisante. En réalité, la Turquie est affectée par son environnement régional, notamment par les nombreux incidents malheureux qui ont lieu à la frontière sud. Tout le monde se concentre sur la Syrie et ce pays est notre voisin. Tous les développements dans la zone ont affecté récemment la politique turque. En conséquence, la Turquie est confrontée au problème de l'accueil des réfugiés qui coûte environ 8 milliards de dollars. À ce jour, nous avons dépensé beaucoup d'argent pour ça. Il y a 2 millions de réfugiés en Turquie qui paie un lourd tribut. Voilà pourquoi je dis que nous sommes affectés par les incidents régionaux. Il faut aussi mentionner la situation en Russie, la stagnation de la croissance économique mondiale. La Turquie a été affectée par tout cela'. Également problématique, l'instabilité politique en Turquie. En juin, le Parti de la justice et du développement (AKP), le parti au pouvoir, a pour la première fois perdu la majorité absolue qu'il détenait au Parlement depuis 2002. Depuis, toutes les tentatives pour former un gouvernement de coalition ont échoué et le Premier ministre, Ahmet Davutoglu, dirige un gouvernement provisoire. 'Pour cette raison, la Turquie à sérieusement besoin d'un gouvernement, d'une coalition ou autre... Un gouvernement qui obtiendra la confiance du parlement, qui sera en mesure d'élaborer une feuille de route et de prendre des décisions économiques fortes après les élections du 1e novembre', estime Arda Tunca. Autres points noirs pour l'économie turque. Après deux années de prospérité, générée par la trêve dans le conflit des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan avec l'État turc, les combats entre le PKK et l'armée turque ont repris. Les tensions sont exacerbées. Le 10 octobre dernier, 102 personnes sont mortes à Ankara dans un double attentat visant un rassemblement de l'opposition prokurde. La pire attaque terroriste de l'histoire de la Turquie.
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Le compte à rebours est lancé en Turquie pour des élections anticipées. Depuis le dernier scrutin du 7 juin, toutes les négociations entre les dirigeants politiques ont échouées. Maintenant tout le monde attend de voir si la Turquie va se réveiller au matin du 2 novembre, avec le même parti au pouvoir, ou avec une nouvelle coalition. Les élections législatives turques de novembre 2015 font suite à l'incapacité du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002, mais mis en minorité au Parlement en juin 2015, de constituer un gouvernement. Entre les deux élections, plusieurs régions de Turquie ont basculé dans l'insurrection suite à la reprise du conflit kurde. Les députés siègeront dans ce qui sera la 26e législature à la Grande Assemblée nationale de Turquie. Les 550 sièges sont répartis au scrutin proportionnel de liste dans chacune des 85 circonscriptions correspondant aux 81 provinces, pour les listes qui atteignent le seuil national de 10%. L'un des acteurs les plus importants de cette élection, le chef du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple, Kemal Kiliçdaroglu, est avec nous. Bienvenue sur euronews. Nezahat Sevim (Euronews): Si le Parti républicain du peuple (CHP) arrive au pouvoir aux prochaines élections, comment avancerait le processus de négociation d'adhésion de la Turquie dans l'Union Européenne ? Kemal Kiliçdaroglu: Il progressera rapidement. Mais nous n'attendrons pas l'Union Européenne pour ouvrir un nouveau chapitre. Quels que soient les critères des pays membres sur ''la démocratie, le droit, l'égalité des sexes, l'indépendance de la justice, nous allons les appliquer. Nous n'allons pas attendre pour les concrétiser. Nous allons surprendre l'Union européenne qui verra que même sans l'ouverture d'un nouveau chapitre, la Turquie peut effectuer tous ces changements. Nezahat Sevim (Euronews): Le 7 Juin, les élections en Turquie n'ont pas permis la formation d'un nouveau gouvernement, malgré des pourparlers entre dirigeants, alors que votre parti est arrivé deuxième du scrutin. Quelle était la raison de tout cela? Kemal Kiliçdaroglu: Celui qui a saboté les élections, d'une certaine façon, c'est celui qui vit dans le palais, M. Erdogan. En ce qui concerne la constitution, il devait être impartial, ce qu'il a négligé. Il était présent lors de la campagne. Et il a demandé publiquement à voter pour le parti dont il est leader. Il ne voulait pas d'une coalition, il était vraiment inquiet à ce sujet. Il a dit que ce serait un suicide si son premier ministre formait une coalition. En fin de compte, un rassemblement n'a pas pu être formé, et maintenant nous nous dirigeons vers une nouvelle élection . Nezahat Sevim (Euronews): Certains sondages suggèrent que les résultats des élections ne seront pas très différents des précédentes. Il semble peu probable d'avoir un gouvernement issu d'un seul parti. Cela signifie que nous pourrions assister à de nouvelles négociations pour une coalition. Dans ce cas, que fera votre parti ? Kemal Kiliçdaroglu: Si nous devenons le premier parti et que nous sommes chargés de former un gouvernement, nous installerons définitivement une coalition. La Turquie ne peut pas attendre un autre scrutin. Les problèmes sont de plus profonds et toujours plus grands. Nous sommes déjà en contact avec tous les partis politiques au sein du parlement . Nous sommes le seul parti qui soit en contact avec tout le monde. Nous sommes en contact avec le MHP, le HDP et l'AKP aussi. Il y a deux pôles opposés dans notre parlement, le HDP et le MHP. Tous les deux étaient d'accord pour faire parti d'une coalition. Nezahat Sevim (Euronews): Depuis près de deux ans et demi il y avait un cessez-le-feu, le PKK l'a annoncé, mais depuis les élections le terrorisme a frappé à nouveau en Turquie. Il y a aussi un processus de paix en cours à propos de la question kurde, maintenant à l'arrêt. Si vous arrivez au pouvoir, que pouvez-vous promettre pour résoudre ce problème ? Kemal Kiliçdaroglu: La raison pour laquelle ce problème ne pouvait être résolu jusqu'à présent est que les politiciens n'ont pas fait leur devoir. Ils ont toujours vu cette question comme un problème de sécurité et ils ont envoyé des forces de sécurité et l'armée. Mais la solution passe par le parlement. Il devrait y avoir une commission de réconciliation au sein du parlement, un consensus doit être trouvé. Si nous pouvons mener à bien cette réconciliation, nous pouvons résoudre le problème. Si un parti peut résoudre ce problème, c'est bien le CHP. Il n'y en a aucun autre pour résoudre ce problème. Nezahat Sevim (Euronews): Mais en tant que parti de gauche, le CHP ne peut pas obtenir tous les votes qu'il faudrait, notamment des régions orientales, où vit une bonne partie de la population kurde. Que fait le CHP pour cela? Quel est le plan pour gagner le coeur des électeurs kurdes? Kemal Kiliçdaroglu : Il y a eu une polarisation pendant des années, à travers une séparation ethnique. Par conséquent, les kurdes votent pour le HDP, qu'ils appellent "notre parti". Lors d'une de nos campagnes, nous leur avons dit : 'regardez, le CHP a tout fait pour résoudre ce problème et a présenté une feuille de route . Pourquoi vous ne votez pas pour nous ?' Ils ont répondu : 'Parce que nous avons notre propre parti , nous allons voter pour lui.' Nous avons dit :' mais c'est nous qui avons trouvé une solution.' Ils ont dit 'vous êtes un parti social-démocrate. Vous avez besoin de faire cela.' Nous nous rendons bien compte de cette séparation. La Turquie se retrouvera bien plus forte, quand ce problème sera résolu . Nezahat Sevim (Euronews): A propos de trouver une solution pour la Syrie, les dirigeants du monde entier ont des désaccords entre les solutions avec ou sans Bachar al- Assad. Quelle est votre position ? Si le CHP arrive au pouvoir, que sera la politique étrangère de la Turquie sur cette question? Kemal Kiliçdaroglu: La Turquie ne devrait pas soutenir un seul côté en Syrie. Au contraire , la Turquie devrait être un acteur important pour résoudre le conflit. S'il y a des violations des droits de l'homme dans un pays, nous ferons tout pour l'empêcher. Mais est-il juste de soutenir pleinement un côté, et d'ignorer totalement l'autre côté ? Avec ou sans Assad, c'est sans importance pour nous, la paix doit revenir en Syrie. L'Etat Islamique doit définitivement se taire. Nous ne pouvons pas accepter que l'Etat Islamique s'établisse à nos frontières. Nezahat Sevim (Euronews): À votre avis, faut-il rester sur un niveau politique avec des pourparlers, ou souhaitez-vous donner votre accord pour une opération militaire ? Kemal Kiliçdaroglu: Si nécessaire, des opérations militaires doivent être sur la table. Nous avons déjà transmis nos suggestions au parlement à ce sujet. Nous avons dit que nous serions pour un projet de loi militaire contre l'Etat Islamique. Nezahat Sevim (Euronews): Parlons des réfugiés. Il y a une position adoptée par les pays d'Europe de l'ouest qui dit : 'Nous fournissons le financement, et les pays de la région prennent soin des réfugiés.' Avec près de 2 millions de réfugiés en Turquie, quelle est votre opinion ? Kemal Kiliçdaroglu: Sur ce sujet, je pense que l'ouest ne doit pas agir avec naiveté. Je dis cela en toute sincérité. Plus de deux millions de réfugiés sont venus en Turquie, et nous n'avons reçu que des applaudissements. L'Occident a compris l'importance de la tâche que la Turquie a entreprise, quand les réfugiés ont commencé à aller vers l'Ouest. Et ils disent que les réfugiés ne devraient pas arriver en Europe. Ils ont dit 'nous vous donnons l'argent, ils restent en Turquie'. Nous ne l'acceptons pas. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Terminer rapidement le conflit syrien, réparer les villes détruites, et laisser les Syriens retourner dans leur pays. Nezahat Sevim (Euronews): Parlons brièvement de votre projet électoral. Vous parlez de changements constitutionnels, en relevant le seuil des 10 % aux élections. Quels sont vos projets à propos de cela? Kemal Kiliçdaroglu: Nous considérons le coup d'Etat du 12 septembre comme une régression démocratique dans notre histoire. Il y a eu une répression militaire et une loi pour l'accompagner. Cette loi est toujours en vigueur jusqu'à présent. Nous voulons changer cette loi issue du coup d'Etat. La constitution, la loi électorale et les règlements internes du parlement doivent être changés. En ce moment, il y a une grande pression sur les médias en Turquie . Au lieu de changer la loi du coup d'Etat du 12 septembre, cette loi est renforcée. On le voit clairement avec ''la presse. Nezahat Sevim (Euronews): Vous êtes à Lyon pour achever votre voyage en Europe. Quelle est la promesse du CHP pour les électeurs turcs en particulier à Lyon, et en général dans toute l'Europe ? Kemal Kiliçdaroglu: Nous leur disons de voter pour le CHP, s'ils veulent la démocratie, la liberté, la justice, la liberté de la presse, l'indépendance judiciaire et l'équilibre pour leur pays, comme en France. Nezahat Sevim (Euronews): Merci à vous.
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Les Turcs sauront officiellement dans quelques jours s'ils se rendront aux urnes cet automne comme ils l'ont fait en juin pour renouveler leur Parlement. Un scénario plus que probable : le Président turc Recep Tayyip Erdogan a lui-même indiqué ce mercredi que la Turquie avançait rapidement vers des élections anticipées. L'AKP, le Parti de la Justice et du Développement d'Erdogan, qui dirige le pays sans partage depuis 2002, est contraint de trouver un partenaire pour gouverner depuis qu'il a perdu sa majorité absolue en juin. 'Malheureusement, la Turquie n'a pas encore formé un nouveau gouvernement. À cet égard, nous devons demander à nouveau à la population de trouver une solution, a déclaré Erdogan. Je conduis ce processus dans le cadre de la constitution et je continuerai à le faire ainsi'. La veille, le Premier ministre sortant Ahmet Davutoglu remettait au chef de l'État son mandat après l'échec des négociations avec l'opposition pour former un gouvernement de coalition. Faute de coalition gouvernementale avant la date-butoir du 23 août, le chef de l'État devra dissoudre le Parlement et convoquer de nouvelles élections. Avec AFP et Reuters
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Président par intérim, car doyen d'âge, le député Deniz Baykal, du CHP, le Parti républicain du peuple a appelé à l'apaisement après le scrutin du 7 juin. Pour la première fois depuis 2002, l'AKP au pouvoir du président Erdogan et de son Premier ministre Davutoglou n'a plus la majorité absolue. Pour former un gouvernement, il leur faut trouver des alliés. Le Premier test sera l'élection du président du parlement dimanche. Une alliance entre l'AKP et les nationalistes du MHP est privilégiée par les analystes politiques y compris pour un cabinet.Mais il faudra aussi compter avec la percée des pro-kurdes du HDP et de nouveaux visages dans ce parlement qui offre pour la première fois un visage très diversifié du point de vue du genre, de la religion et des ethnies. #Turquie - Rusen Çakir : " Erdogan a fait des erreurs stratégiques " http://t.co/xrRQUyp9TZ- Jeune Afrique (@jeune_afrique) 17 Juin 2015 'Les femmes entrent en force au Parlement turc' : Dorothée Schmid décrypte les élections en #Turquie dans lemondefr http://t.co/ZAkbGkP3pS- Ifri Bruxelles (IfriBxl) 16 Juin 2015
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En Turquie, le rêve de Recep Tayyip Erdogan d'une République présidentielle a été brisée dimanche. Son parti du Développement et de la Justice, l'AKP, n'a pas obtenu la majorité absolue aux élections législatives. En dépit d'un score supérieur à 40%, le parti islamique modéré ne conduira pas seul les affaires du pays, ce qu'il faisait depuis 2002. Les marchés financiers n'étaient enchantés à l'idée d'une coalition. Ce que les investisseurs redoutent le plus c'est que la Turquie entre dans une période d'instabilité politique. Pourquoi ? Parce que le moment ne pouvait pas être plus délicat pour l'économie du pays. Dans ce numéro de Business Line nous nous penchons sur les plus gros défis que doit relever l'économie turque. De plus, nous verrons les autres raisons qui ont poussé les électeurs à voter contre le Président turc. Comme par exemple la construction d'un palace de 1.000 pièces qui aurait des sièges de toilettes en or. Enfin, dans notre partie dédiée aux technologies de l'information nous nous intéresserons au lancement de Apple Music et à l'arrivée imminente d'ApplePay au Royaume Uni.
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Les Turcs vont-ils devoir retourner aux urnes, alors même qu'ils viennent de voter ? Vraisemblablement, répondent de nombreux analystes au lendemain des législatives. Car effectivement, aucun parti n'a obtenu la majorité absolue. Il faut donc constituer des alliances. Or, en l'état, aucune formation ne souhaite nouer une alliance avec l'AKP (parti de la Justice et du Développement) du président Recep Tayyip Erdogan. Ce parti islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2002, est arrivé en tête, recueillant un peu plus de 40% des suffrages. C'est loin du score obtenu lors des dernières législatives il y a 4 ans. Et donc pas suffisant pour gouverner seul... Dans l'absolu, les formations d'opposition arrivées deuxième, troisième et quatrième pourraient s'unir pour constituer une coalition, mais ces partis sont idéologiquement trop éloignés pour cela. - Les laïcs du Parti républicain du peuple (CHP) sont arrivés deuxième, conservant ainsi leur place de principal parti d'opposition. - Les nationalistes du MHP sont 3ème avec plus de 16% des voix. - Mais c'est surtout le score du parti kurde HDP (le Parti démocratique du peuple) qui retient l'attention. Il fait une entrée remarquée au parlement. Les tractations entre les différents partis ne font que commencer. Dans un mois et demi au plus tard, si aucun gouvernement n'est formé, alors il faudra convoquer de nouvelles élections. - avec agences
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Les urnes ont finalement fait obstacle à la présidentialisation de la république turque souhaitée par Recep Tayip Erdogan. En s'impliquant corps et âme dans la campagne électorale - ce que lui inderdisait la constitution - le Président turc a fait de ces législatives un plébiscite sur sa politique. Il en sort donc comme le grand perdant. Son parti, l'AKP a perdu trois millions de votes par rapport a 2011 et, plus grave, il perd plus de 70 sièges pour n'en décrocher que 255. On est loin des majorités absolues supérieures à 276 sièges auxquelles il était habitué. Pour la première fois depuis 2002, l'AKP ne pourra pas gouverner seul. C'est ainsi qu'Ahmet Davutoglu, premier ministre sortant et homme de confiance d'Erdogan, est devenu l'architecte du plus grand échec éléctoral de l'histoire de l'AKP. Dimanche soir, au balcon, il a toutefois assuré a ses supporteurs que le vainqueur des élections restait l'AKP. Mais c'est une victoire sans pouvoir, lui rappelait ce lundi le journal pro-gouvernemental Sabah. Le parti pro-kurde entre au parlement Le scrutin a aussi généré un autre changement de taille : pour la première fois de son histoire, le parti de gauche pro-kurde HDP fait son entrée au parlement. Le tombeur du parti au pouvoir n'est autre que son leader, Selahattin Demirtas. Avec un score de 13%, le HDP obtient 80 sièges. Demirtas a écarté une coalition avec l'AKP et déclaré mort le débat sur une présidentialisation du régime. La Turquie entre donc dans une période d'incertitude avec de difficiles négociations en vue pour former un gouvernement. La tache incombe au leader de l'AKP, Ahmet Davutoglu. Il dispose de 45 jours pour ce faire, mais au vu des réticences des autres partis, rien ne dit qu'il obtiendra la confiance du parlement. En cas d'échec, le président devra convoquer de nouvelles élections dans un délai de 90 jours. Décryptage avec Faruk Acar, analyste politique Quel gouvernement pour la Turquie ? Melis Özoglu, journaliste au sein de l'équipe turque d'euronews, a passé au crible les hypothèses avec Faruk Acar, analyste au sein de l'institut de sondage Andy-Ar à Istanbul. Melis Özoglu, euronews : Faruk Acar, même si l'AKP est arrivé en tête, il a perdu des voix. Comment l'expliquez-vous ? Faruk Acar, Andy-Ar : En fait, le parti gouvernemental n'a pas commencé à perdre des voix la semaine dernière. Sa popularité a été entamée par des événements très importants comme les manifestations du parc Gezi, l'impunité des ministres impliqués dans des scandales de corruption qui n'ont jamais comparu devant la Cour suprême, mais aussi l'arrestation de journalistes juste avant les élections locales l'an dernier. Tous ces éléments ont créé une équation dans laquelle différentes couches de la population ont commencé à prendre une position contre Erdogan. Ce résultat constitue un message très important pour le processus post électoral. Les confrontations entre Erdogan et la banque centrale turque tout comme les mauvaises performances économiques de ces derniers temps ont aussi influencé le résultat des élections. Tout cela a eu un impact sérieux sur le score de l'AKP. Melis Özoglu, euronews : Venons-en maintenant à l'hypothèse d'une coalition. A quel parti l'AKP peut-il s'allier ? Faruk Acar, Andy-Ar : On pourrait dire que l'AKP n'a pas plus d'affinités avec un parti qu'avec un autre. Ici, ce qui est important, ce n'est pas l'attitude de l'AKP vis à vis des autres partis. C'est plutôt ce que pensent ces partis a propos de l'AKP. L'AKP est arrivé en tête des élections. Il n'a pas obtenu le nombre de députés suffisant - soit 276 - pour former seul un gouvernement. C'est pour cela qu'il va essayer d'atteindre ce chiffre en nouant des alliances avec les autres. Mais la distance qu'il entretient avec les autres partis et le discours qu'il a tenu pendant la campagne électorale ont conduit ces partis politiques à lui fermer leurs portes, à l'exception du parti républicain du peuple, le CHP. Comme on sait qu'il est presque impossible que les 3 partis d'opposition forment une coalition ensemble, il va sûrement y avoir un gouvernement avec l'AKP. Mais personnellement, je pense que ce gouvernement mènera le pays à des élections anticipées. Melis Özoglu, euronews : Que pensez-vous du succès du HDP pro-kurde, qui entre au parlement ? Faruk Acar, Andy-Ar : Si on regarde ce qui s'est passé entre Erdogan et Demirtas lors du scrutin présidentiel, on voit que Demirtas a gagné en popularité. Et grâce à cela, pendant ces élections législatives, il a pu obtenir aussi des votes que l'on pourrait qualifier de ' temporaires '. Et encore, pendant la campagne électorale, au lieu de s'attaquer directement aux sociaux-démocrates du Parti républicain du peuple, le CHP, l'AKP s'est beaucoup plus focalisé sur le HDP pro-kurde. A cause de cela, le HDP a construit un discours anti-Erdogan qui reflétait le point de vue de certains électeurs sociaux-démocrates. Grâce ou à cause de cette situation, ces électeurs ont préféré voter pour le HDP plutôt que pour le CHP. Il y a donc ces votes stratégiques, temporaires. Et puis il y a aussi le discours du HDP, qui s'est posé en défenseur des libertés et s'est présenté comme un parti turc et non plus seulement comme celui des Kurdes. Enfin, il y a le fait qu'il ait présenté des candidats de toutes les couches sociales. Tout cela a fait qu'on peut même parler maintenant d'un parti social-démocrate en rivalité directe avec le CHP, qui se retrouve ainsi mis en difficulté.
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Le parti kurde a réussi son pari : entrer au parlement, pas seulement avec les voix des Kurdes, mais en élargissant son électorat vers le centre gauche et les laïques déçus par Erdogan. La personnalité de son leader y est pour beaucoup. Ses admirateurs appellent déjà Selahattin Demirtas le 'Obama kurde'. Le charismatique avocat de 42 ans propose un parti moderne, à la fibre sociale, ouvert aux femmes et aux minorités. 'C'est une victoire commune, a-t-il déclaré, de tous ceux qui sont oppressés : Turcs, Kurdes, Arabes, Caucasiens, Arméniens, Bosniaques, Alaouites, Sunnites, Chrétiens, Juifs, Yazidis, tous ceux, discriminés, qui veulent vivre leur croyance librement.' Mais beaucoup de Turcs se méfient du HDP, jugé encore trop près du PKK, parti qui mène depuis 1984 une rébellion sanglante contre Ankara. Un des frères de Selahattin Demirtas a rejoint le QG du PKK dans les montagnes irakiennes.
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Au lendemain des législatives en Turquie qui ont affaibli les islamo-conservateurs de Recep Tayyip Erdogan, les Européens attendent de voir. La Commission européenne s'est félicitée de la participation record au scrutin dans laquelle elle voit un signe de vigueur démocratique. Pour le reste, il faudra attendre qu'un gouvernement se constitue. ' Nous espérons la formation rapide des nouveaux parlement et gouvernement, afin de pouvoir travailler ensemble. Nous pensons que la période à venir offre des opportunités pour renforcer les relations et la coopération entre l'Union européenne et la Turquie ', a déclaré Maja Kocijancic, une porte-parole de la Commission. En réalité, plus grand monde ne croit aux pourparlers d'adhésion entamés entre la Turquie et l'Union il y a dix ans et au point mort depuis des années. Sur 35 chapitres de négociations, seulement 17 ont été ouverts. La suite pourrait dépendre des partenaires de coalition de l'AKP, si coalition il y a. Il dipose de 45 jours pour y parvenir. Pour analyser la situation, nous avons interrogé Marc Pierini, ancien ambassadeur de l'Union européenne en Turquie et chercheur à Carnegie Europe. euronews : ' Les négociations d'adhésion sont pratiquement gelées. Est-ce que les résultats des élections pourraient rouvrir une nouvelle page dans les relations entre la Turquie et l'Union européenne ? ' Marc Pierini : ' Je crois qu'il est important, en tout cas vu d'Europe, de voir que le paysage politique est délibérément rééquilibré, et donc il faut éviter le déni de réalité. Ce résultat est probablement assez surprenant pour les responsables de l'AKP, parce que douze ans et demi de pouvoir sans partage, c'est très long en démocratie. Mais la réalité est là et elle s'est exprimée de façon calme, selon une logique purement nationale, donc il va falloir attendre de voir ce qui se passe. ' euronews : ' Il s'agissait d'élections-test pour le projet d'hyper-présidence de Monsieur Erdogan. Comment évaluez-vous les résultats des élections de ce point de vue ? Comment l'Union européenne a-t-elle suivi les débats à ce sujet ? ' Marc Pierini : ' Pour l'Union Européenne, il y a quatre éléments principaux. Un, l'état de droit. Va-t-il être rétabli dans la forme où il était il y a 18 ou 24 mois ? Deux, la liberté de presse, qui a quand même pas mal souffert pendant ces élections. Va-t-elle revenir à une plus grande nornalité ? Trois, quelle sera la politique économique et notamment l'indépendance de la banque centrale, ce qui est fondamental pour les investissements en Turquie. Et quatre, la politique étrangère sera-t-elle plus proche de la filiation occidentale de la Turquie ? Avec ces quatre éléments, qui bien sûr seront tous l'objet de négociations d'un pacte de gouvernement s'il doit y avoir coalition, c'est là-dessus que se fera le jugement. ' euronews : ' Au-delà du résultat des élections, y-a-t'il encore un dialogue entre l'Union européenne et la Turquie ? ' Marc Pierini : ' Oui, bien sûr. Depuis quelques mois, nous le savons bien, les négociations d'adhésion sont plutôt au point mort, car l'état de droit a reculé, donc il est difficile de dire aujourd'hui que la Turquie satisfait les critères de l'adhésion. Mais par contre toutes les autres voies de la coopération, c'est-à-dire la modernisation de l'Union douanière qui a été lancée ; le dialogue sur les visas et la réadmission : c'est en cours, même si c'est difficile ; la coopération anti-terroriste : c'est en cours ; le programne Erasmus rencontre toujours un très grand succès... Donc la coopération est en effet très active. Je crois que ce qu'il est important de dire ici, c'est que ces élections ne changent pas deux données fondamentales : un, l'ancrage économique de la Turquie, c'est l'Europe, en terme de commerce, d'investissement, de technologies, et deux, l'ancrage sécuritaire de la Turquie, c'est l'Occident et c'est l'OTAN. Donc cela ne va pas changer de sitôt, et c'est une réalité dont il faut tenir compte dans les évolutions à venir. '
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C'est jour de vote en Turquie. Quelque 54 millions d'électeurs désignent leur Parlement. Des élections législatives capitales pour le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan qui a voté ce dimanche. Il s'est beaucoup impliqué dans cette campagne et espère une large victoire de son parti, l'AKP pour changer la Constitution et renforcer ainsi son pouvoir. Se sont aussi rendus aux urnes Devlet Bahçeli, le dirigeant du MHP, parti de l'action nationaliste, classé à droite, ainsi que Selahattin Demirtas, le chef du HDP, le parti de gauche pro-kurde. S'il franchit la barre des 10 % des voix, il pourrait bouleverser le jeu politique turc. Le scrutin se déroule sous la surveillance des observateurs de l'OSCE et de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Même si l'AKP fait figure de favori, il pourrait pâtir du déclin de l'économie et des critiques sur sa dérive autoritaire. Les sociaux-démocrates du CHP pourraient en profiter. Les bureaux de vote fermeront à 17 h heure locale et les premiers résultats sont attendus à 21 h.
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Quelque 54 millions de Turcs sont appelés aux urnes aujourd'hui pour élire leurs députés. Les sondages sont interdits depuis hier 18 h heure locale. Les principaux partis ont tenu leurs derniers meetings hier. L'AKP, le parti de la justice et du développement, au pouvoir depuis 2002, reste largement favori même s'il est donné en net recul par rapport à 2011. Le CHP, formation sociale-démocrate héritière du père fondateur de la République Mustafa Kemal, est donné en légère hausse par rapport aux dernières législatives. Il dénonce la dérive autoritaire et islamiste du président Recep Tayyip Erdogan, de l'AKP mais souffre de l'absence d'un chef charismatique. Quant au HDP, porte-voix de la minorité kurde qui représente 20 % de la population, il pourrait jouer les trouble-fête. Il vise plus de 10 % afin d'entrer au Parlement, ce qui contrarierait le projet du président Erdogan. Celui-ci a en effet demandé aux électeurs d'accorder à l'AKP une majorité des 2/3 afin de pouvoir modifier la Constitution et renforcer encore ses pouvoirs personnels. La campagne a été particulièrement tendue, notamment ces derniers jours avec un double attentat à Diyarbakir, dans le sud-est du pays qui a fait deux morts et quelque 200 blessés. De nombreux Kurdes se sont rendus hier sur le lieu des explosions pour se recueillir et y déposer des oeillets rouges.
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Ce sont des bombes qui ont explosé à cinq minutes d'intervalle à Diyarbakir pendant une réunion de campagne du HDP, dans le sud-est de la Turquie. Les deux engins artisanaux, des bouteilles de gaz remplies de ferrailles, étaient caché dans une poubelle et près d'un transformateur. Ils ont tué au moins deux personnes et blessé plus d'une centaine d'autres selon les autorités. Les sources hospitalières parlent d'au moins 4 morts et de 130 blessés dont 25 dans un état grave. Les enquêteurs ont rapidement déterminé la nature des explosions, mais personne n'a encore été arrêté. Pour les partisans du Parti démocratique du peuple, qui représente les kurdes, 'Erdogan est un meurtrier', c'est ce qu'ils criaient immédiatement après les explosions. The biggest pro-Kurdish HDP pre-election rally was bombed yesterday, many dead and injured #HDP #Kurds #Diyarbakir pic.twitter.com/dGmJv9MuVd- Sean Hawkey (@seanhawkeye) 6 Juin 2015 L'image parle d'elle même ! #NoComment #HDP #Diyarbakir ! pic.twitter.com/oE3GZyHVwR- Anil (@Anil_Ciftci) 5 Juin 2015 Dans la soirée, le président turc Recep Tayyip Erdogan a réagi. Il a évoqué cet incident qui, dit-il, 'jette une ombre sur le scrutin'. Mais il s'est dit 'déterminé à ce que les élections aient lieu' et il a annoncé 'un renforcement des mesures de sécurité' lors d'une interview télévisée. Pour lui, il s'agit d'une 'provocation'. Le chef de file du HDP, Selahattin Demirtas, qui s'apprêtait à prendre la parole au moment des explosions, a dû intervenir plus tard pour calmer ses partisans qui se sont attaqués aux forces de l'ordre chargées de la sécurité du meeting. Selon Demertas, le HDP a été la cible d'environ 70 attaques violentes pendant cette campagne électorale. Une explosion a eu lieu lors du meeting du HDP qui a réunit des centaines de milliers de personnes à #Diyarbakir. pic.twitter.com/4IbuIOW6d2- DIDF-Jeunes (@DIDFJeunes) 5 Juin 2015 Mercredi soir, le chauffeur d'un car portant les couleurs du HDP a été tué à Bingol, dans l'est, par des tirs d'origine inconnue. Le mois dernier, deux explosions s'étaient produites aux quartiers généraux du HDP à Adana et à Mersin dans le sud, faisant plusieurs blessés. Les tensions augmentent à mesure que le HDP grimpe dans les sondages d'opinion. Il serait crédité de 10 % des suffrages. S'il franchit cette barre des 10% des voix, il sera en mesure d'entrer au Parlement et pourrait obtenir une cinquantaine de sièges de député. Et si ce scénario se vérifie, il priverait le parti du président Erdogan des 330 députés dont il a besoin pour faire passer une révision constitutionnelle. Le changement de Constitution envisagé doit permettre au président de renforcer ses pouvoirs.
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Les élections législatives de dimanche en Turquie pourraient marquer la fin de douze années de domination sans partage de l'AKP du président Recep Tayip Erdogan. Il mise sur une majorité de 330 sièges, pour pouvoir changer la constitution et instaurer un système présidentiel. Mais plusieurs obstacles pourraient lui barrer la route. Car si la victoire de l'AKP est acquise, les sondages annoncent un recul du parti au pouvoir. Les derniers en date le créditent de 42 % des intentions de vote. Parmi ces obstacles, il y a le HDP. L'émergence de ce petit parti pro-kurde de gauche est une vraie menace pour l'AKP, car il pourrait dépasser le seuil des 10 %, le plus élevé au monde, et entrer pour la première fois au parlement turc. Son leader, le charismatique Selahattin Demirtas, avait obtenu 9,8 % aux présidentielles d'août dernier. Jusqu'à présent, l'AKP profitait pleinement des faibles scores du HDP grâce au système électoral. Toutes les voix obtenues par les partis qui n'ont pas franchi le seuil des 10 % reviennent en effet automatiquement au parti vainqueur. L'économie, en pleine stagnation, joue elle aussi contre l'AKP. Pendant des années, la croissance était comprise entre 4 % et 10 %. En 2014, elle chute à 2,9 % et 2015 a commencé avec une croissance zéro au premier trimestre. Ce ralentissement a révélé les faiblesses d'une économie trop dépendante de la construction, de la consommation et de l'endettement des ménages. Du coup, l'économie devient un argument de campagne pour l'opposition et met l'AKP sur la défensive. Dernier sujet qui risque d'affaiblir le soutien à l'AKP au sein de la population : la politique du gouvernement vis-à-vis de la Syrie. Quatre années de guerre ont changé la démographie des zones frontalières turques, avec l'afflux d'1,8 million de réfugiés, plus qu'aucun autre pays voisin de la Syrie. Ces arrivées massives ont provoqué un sentiment d'insécurité économique chez les habitants de ces régions. En plus de cette politique de 'frontières ouvertes' aux Syriens, Ankara est l'un des plus virulents opposants a Bachar al Assad. Cette politique est perçue par beaucoup en Turquie comme trop agressive et interventionniste. - Bora Bayraktar, Euronews : Quel est l'état de l'opinion publique turque selon votre dernière étude à l'approche des élections ? - Adil Gür, directeur de l'institut de sondage A&G Public Poll Institute : Ce dernier trimestre, la Turquie se pose plusieurs questions. D'abord est-ce que le parti pro kurde HDP parviendra à dépasser le seuil minimum ? Ensuite est-ce que la Turquie aura un parti majoritaire ou va-t-on revenir au système des coalitions des années 90 ? En ce qui nous concerne, cela fait trois ou quatre mois que, en nous basant sur nos études, nous pensons que, pour la première fois, dans cette élection, même un demi-point sera important. Sur la base des études dont je dispose, je peux dire que nous aurons soit un parti majoritaire, soit un gouvernement de coalition. Je crois que, jusqu'à la tout fin du dépouillement dimanche, jusqu'au dernier siège du Parlement, nous allons nous poser la même question. - Euronews : Les questions identitaires ont été décisives pour les dernières élections, comment cela va se passer cette fois-ci? Qu'est-ce qui va motiver le vote des électeurs cette fois-ci ? - Adil Gür : Plusieurs facteurs sont en jeu. Les électeurs du HDP disent que le cela représente leur appartenance ethnique et leur idéologie... La plupart des électeurs du Parti d'action nationaliste MHP se prononcent selon des réflexes nationalistes... Et comme le parti nationaliste kurde HDP prend de l'ampleur, cela entraîne naturellement une croissance des nationalistes turcs. C'est un phénomène sociologique qui s'observe partout dans le monde. Les électeurs du Parti républicain du peuple CHP votent pour des questions idéologiques et contre l'AKP... Mais très peu des électeurs du parti au pouvoir sont motivés par des questions idéologiques. La plupart des électeurs de l'AKP expriment un vote de satisfaction, satisfaits de leur vie et des services dont ils disposent... En conclusion, les électeurs votent pour plusieurs raisons, certains pour des raisons économiques, d'autre pour des questions idéologiques. Mais, en Turquie, l'élément clé qui détermine l'issue d'une élection et si un parti sera ou non au gouvernement, c'est l'économie, la vie quotidienne. Les gens se déterminent selon leur capacité à payer le loyer, l'école, le crédit ou à garantir leur retraite... - Euronews : selon votre étude, le prochain gouvernement sera-t-il stable ou faut-il s'attendre à des élections anticipées ? - Adil Gür : Ces dernières années, la Turquie est très polarisée. Les leaders des partis politiques s'affrontent avec un vocabulaire qu'on n'entendrait pas dans une bagarre de rue. La possibilité que ces leaders s'entendent est très faible. Ensuite, un parti au pouvoir qui dispose d'une courte majorité aura des difficultés à rester longtemps au pouvoir dans un pays comme la Turquie, qui fait face à la question kurde, à la guerre civile en Syrie et à la situation générale au Moyen-Orient. Je suis attentivement la vie politique turque depuis longtemps et, à mon sens, que nous ayons un parti avec une courte majorité ou un gouvernement de coalition, je crois que la Turquie devra probablement organiser des élections anticipées d'ici relativement peu de temps.
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En Turquie, la transparence et la sécurité des élections sont quasiment devenues une obsession pour la jeune génération. Le manque de confiance dans les institutions et les manifestations anti-gouvernementales de 2013 ont conduit à la création de 'Vote and Beyond' une organisation indépendante qui entend surveiller chaque scrutin. A sa tête, Sercan Celebi, un jeune avocat. Dans le parc Gezi d'Istanbul, il cherche des bénévoles pour l'élection de dimanche. 'Ils auront deux tâches dit-il. La première, visible, sera de surveiller les urnes, l'autre tâche, invisible, sera le suivi du processus d'attribution des votes. Notre organisation recueillera les résultats de 174 000 urnes grâce à son propre logiciel et pourra les comparer avec les résultats officiels. Notre organisation recueillera les résultats de 174 000 urnes grâce à son propre logiciel et pourra les comparer avec les résultats officiels.' L'enjeu des législatives de dimanche : un changement possible de régime politique. Le parti au pouvoir, l'AKP est le favori du scrutin, mais en perte de vitesse. Sans majorité des deux tiers au Parlement, le chef de l'État ne pourra changer la Constitution et instaurer un régime présidentiel pour lequel il milite. Le dernier sondage crédite l'AKP de 41 % des intentions de vote.
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Si les électeurs sur le sol turc iront aux urnes ce dimanche pour les législatives, ceux résidant à l'étranger ont déjà pu voter. L'enjeu est de taille : la diaspora constitue un ensemble de 3 millions de voix. Et la procédure de vote des expatriés a été simplifiée par rapport à l'élection présidentielle en août 2014. Le taux de participation pourrait donc être plus élevé. En tout cas, les partis ont davantage fait campagne auprès de la diaspora, ces dernières semaines. Des bureaux de vote étaient installés durant une partie du mois de mai dans les ambassades et les consulats d'une cinquantaine de pays. Les opérations sont terminées depuis le week-end dernier. Les bulletins de vote émanant des pays européens ont été rassemblés puis expédiés à Ankara par avion spécial. Ces bulletins de vote sont désormais conservés par le conseil électoral des Turcs de l'étranger. Le dépouillement aura lieu ce dimanche, en même temps que dans toute la Turquie.
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Les toilettes présidentielles s'invitent dans la campagne des législatives turques... Insolite et inédite, une polémique que l'on pourrait qualifier de politico-sanitaire a fait irruption dans le débat à moins d'une semaine du scrutin (7 juin). Ce week-end, le président du Parti Républicain du Peuple, le CHP, le social-démocrate Kemal Kiliçdaroglu, a pris pour cible le gigantesque et luxueux palais du président Erdogan et a dénoncé ces 'messieurs d'Ankara' à qui on achète des sièges de toilettes en or. Le chef de l'Etat a très sérieusement répondu à ces allégations et a demandé à son adversaire de vérifier in situ : 'Je l'invite volontiers à venir faire un tour... Je me demande s'il sera capable de trouver un de ces couvercles de toilettes en or dont il parle dans une des salles de bains. S'il en trouve un, je démissionnerai de la présidence. S'il n'en trouve pas, démissionnera-t-il du Parti républicain du peuple ?', s'est amusé Recep Tayyip Erdogan. Inauguré à l'automne, le palais présidentiel compte plus d'un millier de pièces (1 150 selon Erdogan lui-même) et a coûté 490 millions d'euros. C'est l'une des cibles favorites des détracteurs du président islamo-conservateur. Le CHP a d'ores et déjà refusé l'invitation, arguant que son chef ne 'visiterait pas un palais construit illégalement', une allusion à une décision de justice de suspension des travaux jamais respectée. Au pouvoir depuis 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) d'Erdogan se présente en favori mais affaibli aux législatives de dimanche.
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