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L'impasse politique va perdurer en Espagne. Le chef du parti socialiste a redit qu'il était opposé à un gouvernement de coalition emmené par Mariano Rajoy, Premier ministre conservateur. Depuis les élections de décembre, aucun nouveau cabinet n'a pu être formé. Pedro Sanchez, dirigeant du PSOE : 'Les Espagnols nous ont placés dans l'alternative, et l'alternative au Parti Populaire, ça ne peut pas être le Parti Populaire. C'est simple, il doit chercher d'autres alliés. Nous nous engageons à unir les représentants du peuple pour apporter le réel changement de politique dont l'Espagne a besoin de la part de l'opposition parlementaire'. Fin juin, de nouvelles élections ont eu lieu, renforçant un peu le Parti Populaire. Mariano Rajoy continue donc de diriger l'Espagne, mais sans pouvoir engager ni réforme ni dépense. Ciudadanos, les Libéraux, et Podemos, la gauche radicale aimeraient eux aussi tirer leur épingle du jeu. Une nouvelle tentative de formation d'un gouvernement devrait avoir lieu en juillet. Si elle échoue, de nouvelles élections pourront être convoquées dans les deux mois...
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Fernando Vallespin, professeur de science politique et directeur de l'Institut Universitaire Ortega y Gasset de Madrid, analyse la situation politique en Espagne au lendemain des élections législatives. Au regard de la victoire du Parti populaire de Mariano Rajoy et du recul imprévu de Podemos au profit du parti socialiste PSOE, Fernando Vallespin s'attend à une législature instable. Il s'étonne de la renaissance d'un bipartisme classique en Espagne. Extraits. Fernando Vallespin, directeur de l'Institut Universitaire Ortega y Gasset de Madrid: 'Ce fut une grande surprise et on devra méditer sur les causes. Selon moi ce qui a en partie influencé le résultat c'est un climat de peur que l'on percevait dans certains groupes du centre et du centre-droit. Peur du fait que Podemos pouvait devenir la deuxième force nationale, et même éventuellement être en capacité de gouverner si le parti socialiste était prêt à cela.' 'Je pense que cela va être une législature tres instable, en plus je vois ma - si Rajoy reste Premier ministre - Ciudadanos et le PSOE entrer dans un gouvernement de coalition. Rajoy va probablement obtenir l'investiture, sans faire de grandes concessions mais en échange, le PSOE continuera d'être le leader de l'opposition. Le PSOE va lui vendre très chère la majorité dont à besoin le PP pour pouvoir gouverner.' Alors que le parti anti-austérité Podemos était présenti pour dépasser la gauche traditionnelle du PSOE, les Espagnols se sont tournés vers les partis traditionnels: 'Il semblait qu'il allait y avoir, d'après les sondages, un énorme tremblement de terre en Espagne. On pensait qu'allait commencer un bipartisme d'un genre nouveau, celui du PP et de Podemos. En fait qui est arrivé c'est un renforcement du vieux bipartisme'.
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À quelques jours des législatives en Espagne, le ministre de l'Intérieur se retrouve au coeur d'un scandale, suite à la diffusion d'un ''enregistrement'':http://www.publico.es/politica/fernandez-diaz-conspiro-jefe-oficina.html par le journal de gauche Publico. On peut entendre Jorge Fernández Díaz et le responsable de la lutte anti-corruption en Catalogne passer en revue les indices qui pourraient permettre de compromettre les dirigeants indépendantistes catalans, avant le référendum de 2014. Si le ministre reconnaît avoir eu cette conversation, il assure qu'elle a été tronquée : 'Qui a réalisé l'enregistrement, qui l'a publié quelques jours avant les élections, de manière biaisée, avec des morceaux choisis, sortis de leur contexte. C'est de la conspiration.' Espagne: des enregistrements explolsifs d'une conversation entre le ministre de l'Intérieur et le fisc en Catalogne https://t.co/n75aAPOYW6- Antonio Rodriguez (@antoniguez) 22 juin 2016 Ces révélations ont déclenché la colère de l'opposition de gauche. Le PSOE et la coalition ''Unidos Podemos'' réclament la démission du ministre : 'C'est très grave que le ministre de l'Intérieur ait utilisé ses compétences, sa fonction, qui sont liées à la protection et à la sécurité des citoyens, pour poursuivre ses opposants politiques'', souligne Pablo Iglesias. Pour le leader du Parti socialiste, Pedro Sánchez, 'si le ministre de l'Intérieur ne démissionne pas aujourd'hui, le chef du gouvernement par intérim, Mariano Rajoy, doit le démettre de ses fonctions immédiatement.'' Le Parti Populaire de Mariano Rajoy se serait bien passé de ce scandale, à trois jours seulement des élections législatives. Les conservateurs sont certes en tête des sondages, mais c'est l'opposition de gauche qui semble la mieux placée pour être majoritaire au Parlement.
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La prudence reste de mise sur les marchés, avant les rendez-vous cruciaux du mois de juin, à l'instar des élections en Espagne ou encore le référendum sur le Brexit. Aujourd'hui, la séance a été particulièrement volatile au CAC40. Après une ouverture en recul de -0,21%, l'indice phare français a accentué son recul ce matin à -1,3%, retombant rapidement au contact des 4.310 points. A une heure de la clôture, il a réussi à se stabiliser, réduisant son repli de -0,8% à -0,35%. Depuis 15 jours, la Bourse de Paris évolue dans un "range" de 100 points, entre 4 270 et 4 370 points. Comment expliquer ce manque d'appétit pour le risque ? - Avec: Alexandre Baradez, chef analyste chez IG. Et Lucie Lallouz, analyste chez TradingSat.com. - Intégrale Bourse, du lundi 23 mai 2016, présenté par Grégoire Favet, sur BFM Business.
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C'est un poids lourd du Parti Populaire espagnol (PP) qui débarque à La Nucia dans la province d'Alicante. José Manuel García Margallo, ministre des Affaires étrangères vient fouler sa terre d'origine pour défendre les couleurs du parti au pouvoir en Espagne. Ici, le PP a régné en maître pendant des années. En 2011, il a décroché 8 sièges sur 12 au Congrès des députés à Madrid. Mais cette fois-ci, il pourrait n'en conserver que 5, car l'arrivée de nouveaux partis dans le paysage politique espagnol semble sonner le glas du bipartisme. 'Les résultats des sondages à Alicante ne sont pas différents du reste de l'Espagne. Je crois que c'est une tendance générale. La compétition entre les 4 partis est très rude. Nul doute que nous arriverons les premiers. Nous verrons qui arrivera en deuxième, quelle distance il y aura entre nous et ce que nous devrons apporter au parti pour que Mariano Rajoy soit chef du gouvernement', dit José Manuel García Margallo, ministre espagnol des Affaires étrangères et candidat du PP à Alicante. En appeler au vote utile n'est plus efficace. Les électeurs sont méfiants, refroidis par les nombreuses et incessantes affaires de corruption qui ont secoué notamment la région de Valence. 'Il est vrai que beaucoup de militants du PP nous en veulent, que beaucoup de sympathisants du PP nous ont tourné le dos et que beaucoup d'électeurs hésitent à nous donner une nouvelle fois leur voix. Et ils ont raison, car il y a eu des affaires de corruption scandaleuses. Mais il s'agit de cas anciens et minoritaires', ajoute José Manuel García Margallo. Jouer la carte de la transparence et mettre en avant les reformes menées par le gouvernement de Rajoy ces quatre dernières années pour convaincre les nombreux indécis. Ici, on veut y croire. 'Il a fait des changements, et les changements, c'est aussi une bonne chose pour que les jeunes qui sont plus sceptiques, ne se tournent pas vers d'autres partis, mais qu'ils adhèrent au PP. Je pense que nous pouvons attirer des nouveaux électeurs', dit une adhérente du PP. Vicença Batalla, euronews: 'Dans des communes comme La Nusia, à Alicante, se joue la fin du bipartisme et du vote utile, qui jusqu'à présent a toujours profité aux deux grandes formations politiques en Espagne. Du nombre de voix que perdront le PP et le Parti socialiste, dépendra la formation du futur gouvernement à Madrid'. Les socialistes du PSOE comptent sur Pedro Sánchez, leur jeune candidat à la Moncloa, le siège du gouvernement espagnol, pour contenir la fuite de leurs électeurs vers les nouveaux partis. Principale force d'opposition, en 2011, le PSOE avait fait élire 4 députés sur les 12 de la province d'Alicante. Julián López, professeur d'Économie à l'Université d'Alicante mène la liste socialiste pour cette circonscription. C'est la première fois qu'il se présente aux élections législatives. 'L'expectative que nous avons, c'est que le PP sera le parti le plus lésé par la rupture du bipartisme dans la province d'Alicante. Pourquoi ? Parce qu'ici le PP était un parti fondamentalement hégémonique et il a complètement perdu cette hégémonie. Nous l'avons vérifié lors des élections régionales et municipales du mois de mai. Nous pensons qu'il sera le grand perdant et nous, nous aspirons à maintenir au moins les 4 députés que nous avons', explique Julián López. Les militants socialistes ont enterré le bipartisme et l'alternance politique amochée par l'usure du pouvoir. L'heure est au partage de ce dernier, comme c'est déjà le cas dans la ville d'Alicante et dans la région de Valence où les socialistes gouvernent avec une coalition de gauche. 'Ici, le tripartisme a réussi, ici comme dans beaucoup d'autres communes suite aux élections locales. Quoi qu'on en dise, ça fonctionne très bien. Car c'est ce que les gens ont voulu : que la gauche gouverne coûte que coûte. Si on ne peut pas gouverner seul, on pourra gouverner en coalition avec d'autres', militante PS. Si cette électrice semble déterminée, d'autres sont plus sceptiques sur la possibilité pour les socialistes de diriger, aux vues de la concurrence féroce présente à droite, comme à gauche. 'A mon grand regret, le socialisme va accuser une chute. Je ne peux pas dire à quel degré ni si elle sera sévère ou limitée. Le Parti socialiste est dans l'incertitude. Dans ce pays, le centre est très disputé. Il y a beaucoup de formations politiques du centre. Et il arrive un moment où il faut prendre parti pour un côté ou l'autre', tempère une autre militante. En effet, les sondages annoncent un partage en quatre du corps électoral espagnol, une situation inédite qui rend les lendemains du vote très incertain.
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A moins d'une semaine des élections législatives, le chef du gouvernement Mariano Rajoy a affronté lundi soir son challenger socialiste Pedro Sanchez dans un duel télévisé. Durant la campagne, c'est le seul débat auquel a accepté de participer le dirigeant conservateur. Dans les sondages, le parti populaire fait la course en tête mais avec seulement 25% d'intentions de vote, soit 5 points de plus que le parti socialiste. Devant les caméras, le duel a été pour le moins agressif. Les attaques ont fusé. Le chef de file de l'opposition a par exemple reproché à son adversaire de n'avoir pas démissionné malgré les scandales de corruption de son parti. 'Le chef du gouvernement doit être une personne décente, M. Rajoy et vous ne l'êtes pas', a lancé Pedro Sanchez. 'il est possible de se relever d'une défaite électorale mais pas de l'affirmation vile, mesquine et misérable que vous venez de faire', a rétorqué Mariano Rajoy, sans cesse interrompu. Au lendemain du débat, dans les rues de la capitale, certains ne cachent pas leur consternation. 'Je pense que Rajoy et Sanchez ont fait tout leur possible pour que les gens réalisent à quel point ces dirigeants sont un désastre pour le pays', ironise cet madrilène. 'Ils nous poussent à penser que la solution est ailleurs, dans Podemos ou Ciudadanos, ou encore ailleurs. Mais ce que j'ai vu la nuit dernière m'a fait réalisé que c'était très difficile de leur faire confiance'. Les deux partis émergents, Podemos, à gauche et Ciudadanos, au centre talonnent dans les sondages les deux partis traditionnels. Le débat d'hier, 'c'est l'épliogue d'une époque' a commenté Pablo Iglesias. Le centriste Albert Rivera a lui dénoncé un 'combat de boue'.
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Nous sommes en pleine campagne électorale espagnole. Le Premier ministre Mariano Rajoy estime que son parti de centre-droit, le Parti populaire, devrait être réélu après avoir réussi à faire revenir la croissance dans le pays. Le chômage est à son plus bas niveau depuis quatre ans, dépassant la barre des 21 %. Et les douloureuses coupes budgétaires exigées par l'UE ainsi que de récents scandales ont nui à la popularité du gouvernement. Qui jouera les faiseurs de roi alors que l'extrême gauche Podemos est affaiblie et que la popularité des centristes de Ciudadanos est en hausse ? L'affaiblissement de Rajoy -et de certains autres leaders européens- va-t-il compliquer la tâche de l'Union en ces temps de crises ? Connectés à cette édition : Lucía Abellán, correspondante à Bruxelles du quotidien El Pais ; Karel Lannoo du Centre d'études des politiques européennes ou CEPS ; ainsi qu'Enrique Serbeto, correspondant à Bruxelles du quotidien espagnol ABC Chris Burns, euronews : Lucía, qui sera le faiseur de roi à l'issue de cette élection ? Qu'en pensez-vous ? Est-ce que ce sera Ciudadanos, Podemos ou les socialistes ? Lucía Abellán, El Pais : Eh bien cette élection est très indécise puisque près de 41 % des électeurs disent ne pas avoir encore décidé pour qui voter, mais je pense que Ciudadanos est le mieux placé pour être le faiseur de roi puisqu'ils peuvent se mettre en coalition avec le PP ou avec les socialistes. Chris Burns, euronews : Karel qu'en pensez-vous ? Êtes-vous d'accord ? Karel Lannoo, Center for European policy studies : Je pense la même chose même si c'est extrêmement difficile de se prononcer. Nous savons, de par les récentes élections britanniques, à quel point il est difficile de s'appuyer sur les sondages, donc personne ne peut affirmer qu'il y aura un résultat surprise. Chris Burns, euronews : Enrique pensez-vous que le Parti populaire puisse obtenir la majorité ? Enrique Serbeto, ABC : Je ne pense pas. Je pense que Ciudadanos sera la clef de la prochaine coalition, mais surtout, je me demande comment un parti politique né en Catalogne va pouvoir vraiment changer la politique de l'Espagne ! Chris Burns, euronews : OK ; donc quel impact cela aura-t-il sur les politiques espagnoles et européennes si un tel changement générationnel s'opère tout du moins avec Ciudadanos ? Quel sera l'impact au niveau espagnol et au niveau européen ? Lucía Abellán, El Pais : Au niveau européen, on pourrait essayer de jouer un rôle plus important que ces quatre dernières années dans la politique européenne, mais il faut aussi rappeler que Bruxelles va demander de nouvelles coupes, de nouveaux ajustements budgétaires pour les années à venir, donc la politique européenne est très importante en Espagne. Chris Burns, euronews : Est-ce que cela réaffirmerait ou saperait la cure d'austérité menée par l'Union ? Karel Lannoo, Center for European policy studies : Cela dépendra de qui sera dans la coalition, mais ce qui est clair, c'est qu'en ce qui concerne le gouvernement, l'Espagne est clairement le meilleur élève de la classe en ce qui concerne le programme européen d'austérité. Ils ont eu une croissance de 3 % cette année, la meilleure performance si l'on ne prend pas l'Irlande en considération. C'est le meilleur des pays du sud de l'Europe. Donc il y a une certaine attente, que le pays continue sur cette voie, mais bien sûr, cela pourrait totalement changer s'il y a une coalition des socialistes avec Ciudadanos ou une coalition de Ciudadanos avec le parti populaire, dans ces cas, ils vont vouloir adoucir le programme d'austérité ce qui ne devrait pas faire plaisir à Bruxelles. Chris Burns, euronews : Je pense qu'il faut aussi prendre en compte le taux de chômage qui est très élevé en Espagne. Comment le combattre tout en poursuivant la politique d'austérité ? Enrique ? Enrique Serbeto, ABC : Eh bien, je pense que ce n'est pas le meilleur moment pour parler des nouvelles exigences de la Commission parce que nous sommes en pleine campagne électorale, mais je pense que si Ciudadanos est la clef d'une nouvelle coalition, et je pense qu'ils le seront, ils pourront introduire une nouvelle approche vis-à-vis du marché du travail et peut être qu'ils pourront changer quelque chose dans la manière dont le problème est actuellement traité. Chris Burns, euronews : Sur la question des réfugiés : certaines personnes, au sein du gouvernement, disent que la manière dont ils prennent en charge les réfugiés et la manière dont ils traitent avec les pays d'origine pourraient servir de modèle au reste de l'Europe. Qu'en pensez-vous Lucia ? Lucía Abellán, El Pais : C'est une partie de la solution. Je veux dire qu'une partie de la solution bien sûr est d'essayer de passer des accords avec les pays d'origine et les pays de transits pour éviter que les gens viennent ici. Mais d'autre part, il y a la réalité, à savoir que des centaines de milliers de migrants et de réfugiés sont déjà là, et nous avons besoin de nouvelles solutions. Chris Burns, euronews : Donc les politiques menées pourraient changer. Qu'en pensez-vous Karel ? Karel Lannoo, Center for European policy studies : Ce que l'on oublie souvent, c'est que l'Espagne était un modèle d'intégration et de migration au début des années 2000 avec des milliers de Roumains et de latinos qui sont venus en Espagne et qui d'une certaine manière se sont parfaitement intégrés et cela a été oublié. Maintenant dans la crise actuelle des réfugiés, l'Espagne pourrait enseigner certaines choses au reste de l'Europe. De plus, la manière dont ils ont géré les réfugiés africains était et devrait être un modèle pour le reste de l'Europe. Chris Burns, euronews : Bien, changeons de sujet : parlons du terrorisme et de la manière de le combattre, on voit qu'avec monsieur Rajoy on doit attendre le résultat des élections pour voir comment il va aider la France et la construction d'une coalition contre le terrorisme. Lucia, que va-t-il se passer selon vous après les élections ? Quelle direction va prendre le gouvernement ? Lucía Abellán, El Pais : Je pense que l'Espagne est prête en ce qui concerne le terrorisme parce que le pays a souffert pendant de nombreuses années, donc les forces de sécurité sont bien entraînées. Et je pense que la clef pour combattre ce que l'on appelle le terrorisme islamiste est de partager les informations avec les autres pays. Chris Burns, euronews : D'accord, mais pensez-vous que les électeurs auront le cran de rejoindre une coalition qui pourrait amener des soldats à se faire tuer ? Enrique Serbeto, ABC : Je pense que c'est un sujet très électoraliste. Tout le monde se rappelle ce qui est arrivé avec la guerre en Irak et la manière dont les partis de gauche étaient opposés au rôle de l'Espagne dans la coalition américaine. Donc je pense que Mariano Rajoy ne fera rien qui pourrait raviver ce souvenir pénible. Chris Burns, euronews : Parlons rapidement des pourparlers sur le climat et de la position de l'Espagne. Quel genre de rôle le pays peut-il jouer ici ? LEs Espagnols utilisent beaucoup les énergies renouvelables, donc pensez-vous que le pays peut jouer un rôle important pour pousser à la réduction des émissions de CO2 ? Lucia ? Lucía Abellán, El Pais : Ils ne l'ont pas fait par le passé. Ils ont commencé, et bien sûr, le pays utilise suffisamment d'énergies renouvelables pour en faire le point de départ d'une politique espagnole concernant l'énergie, mais ils ne l'ont pas fait. Avec un peu d'espoir, ce sera maintenant le cas puisque la Commission insiste vraiment sur la question. Chris Burns, euronews : Pourquoi ne pas l'avoir encore fait ? Lucía Abellán, El Pais : Parce qu'ils pensaient que les énergies renouvelables étaient trop subventionnées et que ce n'était pas suffisamment profitable donc ils ont songé à changer le modèle. Chris Burns, euronews : Pensez-vous qu'il y aura du changement sur la question de l'énergie s'il y a une coalition avec Ciudadanos ? Enrique Serbeto, ABC : Le changement est déjà en cours. Nous avons une sorte de bulle du renouvelable en Espagne donc le mouvement est lancé, mais je pense que les grandes compagnies électriques sont déboussolées et je pense que le prochain gouvernement devra trouver une nouvelle approche pour ce problème. Chris Burns, euronews : Sur la question de la Catalogne, s'il y a une coalition avec Ciudadanos, quel en sera l'impact sur le mouvement d'indépendance ? Karel Lannoo, Center for European policy studies : En tant que Flamand et vu la façon dont nous avons surmonté nos problèmes nationalistes... Enfin ce qui s'est passé en Espagne selon moi c'est que Rajoy s'est montré bien trop borné en ne voulant pas parler, tout du moins ouvertement, avec Artur Mas, avec les Catalans, en refusant toute conversation ou toute forme de compromis. Je pense que si Ciudadanos entre au gouvernement ou s'il est le faiseur de roi, cela pourrait changer entièrement les choses. Chris Burns, euronews : Est-ce que cela pourrait atténuer le ton entre les deux camps et aider à trouver une solution ? Lucía Abellán, El Pais : Oui, peut être, peut être même en créant une véritable structure fédérale ce qui ne serait pas très différent de ce que nous avons déjà en Espagne. Je pense que cela serait un signe de bonne volonté pour un dialogue avec les Catalans. De toute façon je ne suis pas sûre que Ciudadanos impulsera l'effort dans cette supposée coalition gouvernementale pour une approche par le dialogue puisqu'ils ont déjà adopté depuis longtemps une position ferme contre une indépendance de la Catalogne. Chris Burns, euronews : Dernier mot, Enrique, est-ce que cela pourrait fournir une bonne solution qui aurait un impact au niveau européen, par exemple sur la question d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union, peut être en décourageant les Britanniques de le faire ? Enrique Serbeto, ABC : Ciudadanos est un parti né en Catalogne et il va changer le paysage politique espagnol, c'est un symbole selon moi. Et d'après les sondages le premier parti politique en Catalogne pour ces élections sera Podemos, qui est un parti né à Madrid, donc je pense que d'une certaine manière le lien existe toujours. Alors essayons de trouver une solution à travers le dialogue.
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Mariano Rajoy, le chef du gouvernement conservateur sortant a précisé la date de l'élection aux médias. Il compte surfer sur le recul des chiffres du chômage pour obtenir un second mandat alors que les sondages prédisent un parlement sans majorité absolue. 'C'est l'une des plus intenses législatures de notre démocratie qui a pris fin et je suis fier de dire que notre pays a montré de l'énergie et une extraordinaire capacité à surmonter une situation difficile en un temps record'. La reprise économique est le thème central de la campagne du Parti populaire au pouvoir, mais il est talonné par les socialistes du PSOE, les libéraux de Ciudadanos et la gauche anti-austérité Podemos qui critiquent la précarité des nouveaux emplois. Autre thème explosif, le devenir de la Catalogne. Attaché à l'unité du royaume d'Espagne, Mariano Rajoy a rappelé que c'était à l'ensemble du pays qu'il revenait de choisir et non à quelques personnes. Ironie du sort, le nouveau parlement régional a pris ses fonctions à Barcelone au moment où Rajoy s'exprimait. Les dernières élections régionales ont envoyé une majorité indépendantiste en terme de siège même si cette dernière est très diverse dans sa composition. La nouvelle présidente du parlement régional catalan, Carme Forcadell a réaffirmé qu'il 's'agissait d'un parlement souverain qui veut représenter un peuple libre' et d'ajouter : 'vive le peuple souverain et longue vie à la république catalane'. La session inaugurale s'est conclue par l'hymne catalan repris par les indépendantistes. Mariano Rajoy partira si le PP n'est pas en tête aux élections https://t.co/nlJzSuOAzh- InternaQc (@InternaQc) 26 Octobre 2015 UPDATE: RAJOY FORMALLY ANNOUNCES GENERAL ELECTION FOR DECEMBER 20 https://t.co/RVBswJmfbK pic.twitter.com/G6IauqY6mu- The Spain Report (@thespainreport) 26 Octobre 2015
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Le drapeau catalan va-t-il définitivement supplanter l'étendard espagnol à Barcelone ? C'est l'enjeu des législatives en Catalogne ce dimanche. Car si les électeurs sont appelés à choisir leurs représentants au parlement, c'est aussi leur destin en tant que région qui se joue. Les deux listes indépendantistes sont données victorieuses dans les sondages. Mais si elles obtiennent la majorité absolue, elles ont promis de mettre en marche le processus de sécession. Le spectre de l'indépendance plane donc sur les Ramblas. 'Je crois que c'est un processus nécessaire après ce qui s'est produit ces dernières années', dit, en catalan, Ot Guillen, en visite à Barcelone. 'Je crois que ça peut nous amener à changer, changer en bien. J'ai l'impression que ça avance dans la bonne direction mais on verra bien ce que ça va donner'. Emilio Sánchez vit dans la capitale catalane. 'Je ne suis pas pour la sécession. Je ne veux pas me séparer de l'Espagne. Je suis catalan vu que je suis marié à une catalane, mes enfants et mes petits-enfants sont catalans. Je veux qu'on reste uni, je ne veux pas de l'indépendance'. 19% du PIB espagnol Si la Catalogne venait à gagner son indépendance, la perte serait considérable pour l'Espagne. La région compte 7 millions et demi d'habitants, soit 16% de la population nationale. Le pays serait amputé d'un quart de ses exportations et près de 20% de son PIB.
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Le spectre de la sécession plane sur l'Espagne avant un scrutin qui s'annonce historique en Catalogne. Le référendum sur l'indépendance en filigrane Les électeurs sont appelés à choisir leurs représentants au parlement local ce dimanche pour la troisième fois en cinq ans. Des élections aux allures de référendum car si les deux listes indépendantistes obtiennent la majorité absolue, elles ont promis de mettre en marche le processus de sécession. Les indépendantistes donnés vainqueurs. La majorité absolue en jeu C'est ce que veut Artur Mas, le président sortant de la région, figure de proue des indépendantistes et de la liste 'Junts pel si' (Ensemble pour le Oui). 'Ce scrutin est le scrutin qui nous amènera à la prospérité économique, à la justice sociale, à la solidarité, et à l'égalité. Il va nous donner l'espoir, la dignité et la liberté', a-t-il dit, en catalan, lors d'un ultime meeting à Barcelone devant des dizaines de milliers de personnes. C'est 'le vote de ta vie', disent les tracts des indépendantistes et Mariano Rajoy ne va pas les contredire. Rajoy multiplie les déplacements en Catalogne Le Premier ministre espagnol ne prend pas ces élections à la légère. Il a réalisé cinq déplacements en 15 jours en Catalogne pour tenter de sauver l'unité de l'Espagne et avertir les citoyens des 'dangers' de l'indépendance. 'Pourquoi les indépendantistes ne vous disent-ils pas ce qui se produira au niveau de l'Union européenne, ou du paiement des retraites ? Que deviendront vos droits ? Vers quel pays pourrez-vous exporter ? Quid des droits de douane, du paiement des fournisseurs ou de l'investissement sur les marchés boursiers ? Pourquoi tout cela n'est-il pas expliqué à l'ensemble de la population ?', a-t-il demandé lors de son dernier meeting au palais des congrès de Barcelone. Nicolas Sarkozy pour l'unité de l'Espagne en Europe Le Parti Populaire a reçu le soutien de Nicolas Sarkozy. Il a plaidé pour l'unité de l'Espagne comme Angela Merkel, David Cameron ou encore Barack Obama avant lui. La Catalogne représente 16% de la population de l'Espagne, et contribue à hauteur de 19% au PIB.
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En Espagne, la campagne s'est achevée ce vendredi soir en Catalogne, où se dérouleront ce dimanche des élections régionales. Ce scrutin est 'historique', soulignent notamment les partis indépendantistes. Et pour cause ! S'ils décrochent la majorité absolue au parlement de Barcelone, ils pourraient engager un processus en vue d'une déclaration d'indépendance en 2017. 'Ce suffrage est celui qui mène à la prospérité, à la justice sociale, à la solidarité, à l'égalité d'opportunités, il mène vers l'espoir, la dignité, la liberté', a clamé Artur Mas, le président catalan sortant, lors du dernier meeting ce vendredi soir à Barcelone. Les derniers sondages prédisent une victoire de la coalition indépendantiste appelée 'Junts pel si' ('Ensemble pour le Oui'). Cette plate-forme rassemble les conservateurs de CDC, le parti d'Artur Mas, la gauche républicaine (ERC) et deux associations, attirant aussi des personnalités apolitiques. > Voir ici la vidéo du meeting. Sarkozy aux côtés des anti-indépendantistes En face, les anti-indépendantistes étaient mobilisés ce vendredi autour de Mariano Rajoy. Pour le dernier meeting de campagne à Barcelone, le chef du gouvernement, venu de Madrid, était accompagné de l'ancien président français Nicolas Sarkozy. Les deux hommes ont plaidé pour une 'Espagne unie'. 'L'Europe et la France ont besoin d'une Espagne forte et unie', a déclaré en espagnol l'ex-président Sarkozy. Pour aller plus loin > Les conséquences économiques d'une indépendance de la Catalogne > Les élections catalanes pour les nuls
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Une marche de plus vers le pouvoir, pour les indignés en Espagne. Après Saragosse et Valence, Podemos a pris les mairies de Madrid et Barcelone. Ce samedi, l'ancienne magistrate Manuela Carmena a été élue à la majorité absolue à la tête de la capitale espagnole, avec le soutien du parti socialiste, las des affaires de corruption, tout juste quatre ans après la naissance de ce mouvement citoyen. Le Parti Populaire a appelé à faire barrage à la gauche radicale partout dans le pays, mais à Barcelone, c'est une autre figure des indignés, Ada Colau, militante engagée contre les expulsions, qui a pris les rênes de la ville. Dans la cité catalane, où un tiers des habitants sont au bord de l'exclusion, la toute nouvelle maire entend mettre en place un 'plan de choc contre les inégalités'. A Madrid, les premières mesures viseront les enfants pauvres pour leur garantir deux repas quotidiens, mais aussi les personnes menacées d'expulsion.
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Au lendemain d'une soirée électorale décevante pour ses troupes, Mariano Rajoy a gardé la tête haute ce lundi lors d'une réunion des instances dirigeantes du Parti conservateur. Refusant de parler de défaite, le Premier ministre a exclu tout changement, que ce soit au sein du gouvernement ou à la tête du Parti populaire (PP). Il explique les résultats par le contexte socio-économique, notamment. ''Cela s'est toujours produit dans le passé, dit-il. Quand il y a une crise comme celle que nous traversons actuellement, les gouvernements souffrent. Cela a eu un impact sur nous, sans aucun doute, tout comme les affaires de corruption qui ont été révélées ces derniers jours, même si elles remontent au passé.'' Hors de question donc pour le Premier ministre de sombrer dans le défaitisme. Mariano Rajoy s'est même dit convaincu que les Espagnols reconnaîtront bientôt l'effort du gouvernement pour surmonter la crise.
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Rendue célèbre par sa lutte contre les expulsions de familles frappées par la crise, Ada Colau est en passe de devenir la première maire 'indignée' d'Espagne après être arrivée en tête ce dimanche aux élections municipales à Barcelone. A 41 ans, la jeune femme menait aux municipales la liste 'Barcelone en commun', une alliance de plusieurs partis de gauche intégrant notamment la jeune formation antilibérale Podemos, portée par le souffle du mouvement des 'Indignés' né en 2011. Pour celle qui hésitait encore à l'automne 2014 à se lancer dans l'arène politique et dont les détracteurs ont dénoncé l'inexpérience et la radicalité, c'est l'espoir et le désir de changement qui l'ont emporté sur la campagne de la peur et la résignation : 'Il est clair selon moi que nous achevons un cycle, des décennies de politique bipartisane prévisible, avec de grands partis dominant la scène politique, et des citoyens votant tous les quatre ans, mais ayant le sentiment de ne rien pouvoir décider'. Sans passé politique ni militance dans aucun parti, Ada Colau veut en finir avec les 'privilèges': elle a déja prévenu qu'elle abaissera son salaire jusqu'à 2.200 euros par mois, contre 143.000 euros par an pour le maire actuel. 'A partir d'aujourd'hui, nous devons changer la façon de faire la politique, à commencer par une transparence maximale, que le peuple sache tout, absolument tout : ce qui se passe dans les Administrations, ce qui a été détourné, tous les postes de hauts fonctionnaires contrôlés pour les partis politiques. II faut remettre tout en ordre'. Démocratie plus propre et citoyenne, c'est ce qu'elle a promis pendant la campagne, mais au pouvoir, ses premières mesures devraient aller aux victimes de la crise : bloquer les expulsions, convertir les appartements vides en logements sociaux, lancer un revenu minimum de 600 euros pour les familles au bord de la misère... Pour l'heure, l'égérie des 'Indignés' doit faire face à la réalité des tractations. De nombreuses municipalités et régions d'Espagne ont maintenant de nouveaux visages, de nouveaux venus en politique. Passées les élections, est venu le temps des négociations et des accords de gouvernance. Pour nous aider à déchiffrer les résultats de ces élections locales et régionales en Espagne, nous avons rencontré le professeur de Sciences Politiques de l'Université Autonome de Madrid, Fernando Vallespín. Il retient deux évidences. 'La première: c'est la perte assez spectaculaire de pouvoir politique de la part du parti au gouvernement, le Parti Populaire, et deuxièmement, c'est la valeur symbolique du succès dans des villes comme Madrid et Barcelone de ces plate-formes citoyennes qui ont concurrencé les grands partis, et qui, dans le cas de Madrid, presque, mais dans le cas de Barcelone, sont devenues la première option des électeurs'. Deux femmes, l'une activiste du terrain, l'autre, ancienne magistrate prestigieuse, ont conduit des listes sans étiquette partisane à la position de gouverner les mairies de Barcelone et de Madrid. Qu'ont-elles en commun? 'Tant Ada Colau, qui est un symbole des mouvements anti-système aux moments les plus durs de la crise, que Manuela Carmena, sont des femmes qui ont la capacité de fédérer autour d'elles des gens n'ayant pas forcément voté pour la même option politique dans le passé, mais qui représentent cette nouvelle sensibilité que nous observons tous en Espagne depuis la crise économique.' L'énorme assise territoriale dont bénéficiait le Parti populaire depuis les élections de 2011 a été balayée. Ni l'implication de Mariano Rajoy dans la campagne, ni la reprise économique ne l'ont empêché. Quelles conséquences pour le chef du gouvernement? 'Ou bien Mariano Rajoy modifie radicalement son discours et surtout, opère un changement significatif des membres de son gouvernement, ou cela sera très difficile pour lui à l'approche des élections générales. Je pense que sa façon de faire de la politique a été dénoncée tout particulièrement dans des endroits comme Madrid et Valencia, qui sont les deux grands échecs du Parti Populaire dans ces élections, mais aussi des endroits où la corruption a été le plus évidente'. Les résultats confirment l'érosion des deux grands partis, PP et PSOE, qui à eux seuls cumulaient dans le passé 70% des voix. Ils ont cédé de la place à de nouveaux venus. Quel est le nouveau rapport de forces? 'Je pense que les résultats ont clarifié le paysage politique espagnol, au moins en ce qui concerne le pouvoir relatif détenu par les deux grands partis, qui tourne autour de 50%, et leur relation avec les nouveaux partis, en terme d'impact de voix. Il y a eu une mobilisation à gauche, mais à mon avis, elle ne s'est pas traduite en gains de voix comme prévu, pour des partis comme Podemos ou Ciudadanos. La révolution dans ces résultats, c'est qu'avant, ces partis n'étaient pas dans les institutions, et que maintenant ils vont y être. Mais comparé aux prévisions des sondages, elle a été discrète. ' Quelles perspectives enfin, alors qu'aucune majorité absolue n'est apparue dans les régions et grandes villes espagnoles? 'Les citoyens espagnols sont face à une certaine contradiction, ils vont regarder à la loupe comment vont agir les nouveaux partis au moment des tractations, mais en même temps, les citoyens sont pour une gouvernance et ils veulent que les partis passent des accords. Et les partis ne savent pas comment agir. Il y a une certaine instabilité politique, sans doute, et c'est logique, mais on y verra plus clair après les élections générales de novembre, très surement.'
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Manuela Carmena est un des visages qui incarnent le changement politique en Espagne exprimé ce dimanche lors des élections locales et régionales. A 71 ans, cette ancienne magistrate pourrait devenir la prochaine maire de Madrid. Ada Colau, 41 ans, est, elle, en passe de ravir la mairie de Barcelone. Le point commun de ces deux femmes : elles dirigent des plate-formes citoyennes, soutenues notamment par Podemos, le mouvement de gauche radicale. Leur tâche, maintenant, engager des négociations pour former des alliances à même de gouverner. 'Changer la manière de faire la politique' 'Notre ligne de conduite est claire, a expliqué ce lundi le leader de Podemos, Pablo Iglesias : nous tendons la main à tout le monde, mais ceux qui voudraient travailler avec nous doivent accepter une chose : la nécessité de changer la manière de faire la politique'. Car c'est bien une volonté de changement qui s'est manifestée dans les urnes ce dimanche. Les socialistes du PSOE en ont fait les frais, mais ce sont surtout les conservateurs du Parti populaire (PP) qui enregistrent les plus sérieux revers. Les tractations pour former des alliances Dans la région de Madrid, le Parti populaire n'a plus la majorité absolue. La candidate conservatrice va donc devoir négocier une alliance avec l'autre révélation de ce scrutin, le parti Ciudadanos, formation libérale centriste. Albert Rivera, le chef de ce parti, a été très clair ce lundi : 'Pas question d'entrer dans des gouvernements qu'on ne dirigerait pas, a-t-il insisté. On n'aura d'autres places que celles de maires et de présidents de régions'. 'La mairie de Madrid pourrait changer de mains, commente notre correspondant dans la capitale espagnole, mais pour cela, il faut d'abord une entente entre différentes formations, puisqu'aucune ne dispose de la majorité absolue. Ce cas de figure se retrouve dans toutes les régions et dans de nombreuses municipalités concernées par le scrutin de dimanche. L'Espagne entre donc dans une nouvelle ère, celle des négociations. une pratique politique à laquelle le pays n'est pas habitué.' Les résultats de ces scrutins locaux et régionaux vont désormais être minutieusement analysés par les états-majors des différentes formations. Car la prochaine échéance, ce sont les législatives... dans 6 mois.
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Le ''changement'', c'est le mot qui revenait le plus souvent ce matin à la une des quotidiens espagnols. Un changement aux dépens des conservateurs, au pouvoir en Espagne, sanctionnés pour leur politique d'austérité. Comme un symbole, la gauche des ''indignés'' devrait ravir les deux villes phares : Madrid et Barcelone. 'Les citoyens se sont exprimés et ils vont continuer à le faire, dit cette électrice. Je suis très fière du fait que Madrid et Barcelone soient le symbole d'une nouvelle ère.'' 'Le Parti populaire doit reconnaître ses erreurs, ajoute cet homme. Il doit ouvrir le dialogue et trouver d'autres solutions.'' Le Parti populaire (PP) a certes récolté le plus de voix dans ce scrutin, mais il perd 2,5 millions d'électeurs. Conséquence, il pourrait être chassé de six des treize régions qu'il contrôlait. Les conservateurs devront absolument redresser le cap avant les législatives à la fin de l'année.
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Deux nouvelles forces politiques font une entrée spectaculaire sur la scène politique espagnole, à l'occasion des élections locales et régionales de ce dimanche : d'une part, Ciudadanos, formation libérale centriste, et surtout Podemos, parti de la gauche radicale, issu du mouvement des Indignés. Manuela Carmena, la candidate de Podemos à Madrid, est en passe de remporter la mairie de la capitale. 'Les électeurs ont clairement exprimé une volonté de changement', a déclaré cette ancienne magistrate. Le changement est d'autant plus remarqué que la ville était dirigée depuis près de 25 ans par les conservateurs du Parti populaire (PP). Même chose à Madrid, les indignés (en vert) ont gagné dans zones modestes (dont celle gagnée par socialistes en 2011) pic.twitter.com/NvbDWicbKy- Elise Gazengel (@EliseGaz) May 25, 2015 'Les partisans de Podemos font la fête ici, explique le correspondant d'euronews. Manuela Carmena a réussi à mettre un terme à la domination du Parti populaire sur la capitale. A présent vont s'engager les négociations pour former une coalition. Mais ce qui est sûr, c'est qu'une nouvelle ère s'ouvre ici dans la capitale espagnole'. Ces scrutins locaux et régionaux auront été marqués par un recul des socialistes mais surtout des conservateurs. Le Parti populaire risque de perdre une partie des villes et des régions qu'il dirigeait. Esperanza Aguirre était la candidate du PP à Madrid. Elle a avancé quelques explications à la débâcle de son parti, évoquant notamment les difficultés économiques du pays liées à la crise financière, le problème du chômage, mais aussi les affaires de corruption... Tout aussi symbolique, à Barcelone : le score de Podemos qui fait mieux que les indépendantistes, et qui pourrait donc remporter la mairie de la capitale catalane. En rouge, quartiers #Barcelone qui ont voté pr les indignés hier soir. Ce sont ls + modestes et touchés par la crise pic.twitter.com/RxqqzbigWy- Elise Gazengel (@EliseGaz) May 25, 2015 Pour les observateurs, ces scrutins d'hier pourraient marquer la fin du bipartisme en Espagne. Confirmation (ou non) lors de la prochaine élection, les législatives, prévues à la fin de l'année. Pour aller plus loin : > Article Les indignés font lier le bipartisme > Article Ada Colau, une 'indignée' qui pourrait diriger Barcelone
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De nombreux observateurs espagnols prédisent une chute des partis traditionnels et un percée de la génération des 'indignés' aux élections régionales de dimanche 24 mai. Podemos, d'abord, le parti à la gauche de la gauche, avec son leader Pablo Iglesias, attire les déçus du Parti socialiste espagnol et pourrait être en position de gouverner deux régions du nord à l'issue du scrutin. À Barcelone aussi, le maire centriste sortant, Xavier Trias, pourrait céder sa place à Ada Colau, la candidate d'une coalition de plusieurs partis d'extrême gauche. De l'autre côté de l'échiquier politique, au centre droit, le jeune parti Ciudadamos, qui propose un 'changement raisonnable' et des réformes libérales, pourrait également brouiller les cartes en attirant des électeurs traditionnels du Parti Populaire. Pour notre correspondant, Francisco Fuentes, 'la journée de réflexion, la veille des élections régionales (13 régions sauf la Catalogne, l'Andalousie, le Pays basque et la Galice) et municipales, est particulièrement importante, car il y aurait encore entre 30 et un 45% d'indécis, et ce sont eux qui pourraient déterminer le début de la fin du pouvoir du Parti populaire dans de nombreuses municipalités et régions d'Espagne.'
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Séville, la capitale de l'Andalousie, la région la plus peuplée d'Espagne, avec 8,4 millions d'habitants. Gouvernée par les socialistes depuis le retour de la démocratie, elle vient de leur donner une nouvelle victoire. La région ne représente que 5 % du PIB espagnol et avec 34,2% de chômeurs, elle bat le record espagnol et européen au niveau régional. Un défi énorme pour le gouvernement régional, car ce fléau s'acharne surtout sur les jeunes : 59 % des moins de 25 ans n'ont pas d'emploi à l'image de Cristina Ortega, diplômée en ressources humaines : 'actuellement, je suis sans travail depuis deux mois. Depuis que je suis revenue d'Italie en 2009, je jongle avec les emplois. Surtout depuis 2010, je n'ai eu que des contrats temporaires : 3, 4, 5 mois, 7, ce fut le plus long'. Gráfico que muestra el % de votos y el % de escaños obtenidos.Mañana artículo completo. #AndaluzasARV #andalucia2015 pic.twitter.com/LkCEmBuKrT- csinequanon (@csinequanon) marzo 23, 2015 Cristina Ortega a élargi son champ de compétences grâce à une bourse Erasmus en Italie, mais de retour a Séville, c'est le désespoir. 'Je n'ai rien trouvé en Ressources Humaines, dont je suis diplômée. Les seules choses qu'on me proposait, c'étaient des stages non rémunérés. Mais je dois payer mes factures, alors travailler sans être payée, ce n'est pas envisageable'. Contrainte de vivre en colocation, Cristina Ortega paye 425 euros de loyer. Un défi énorme pour le gouvernement régional, car ce fléau s'acharne surtout sur les jeunes : 'je me sens pauvre, pauvre avec un travail quand j'en ai un. J'espère avoir un emploi normal et aller travailler tous les jours, gagner un salaire pour vivre dignement et pouvoir créer une famille, car ça, je ne peux pas y penser, c'est économiquement impossible'. Elisabeth García est responsable en Andalousie de la section Femme et Jeunesse de la Confédération syndicale des Commissions Ouvrières. Elle explique pourquoi la crise a frappé plus fort ici que dans le reste de l'Espagne. Elle demande une nouvelle politique économique pour combattre le chômage structurel : 'il y a d'abord le fait d'avoir une économie basée sur des secteurs comme les services et celui de la construction, puisqu' il s'agit de secteurs fortement liés à la conjoncture et d'autre part, le fait de ne pas avoir investi dans d'autres secteurs, alors que l'Andalousie pourrait avoir un potentiel économique avec les énergies renouvelables, l'industrie, l'agriculture...En définitive, des éléments qui pour cette terre sont permanents, structurels et donc gage d'avenir'. 'L'expérience de Cristina est partagée par beaucoup de jeunes andalous qui sont au chômage. Un vrai drame social dans une région qui bénéficie pourtant d'atouts pour développer une économie productive capable de donner du bien-être à tous ces habitants', explique notre envoyé spécial à Séville, Paco Fuentes. Est-ce le début de la fin pour Mariano Rajoy ? Pour analyser les conséquences des résultats des élections régionales en Andalousie, nous avons accompagné Javier Pérez Royo. Professeur de droit constitutionnel à l'Université de Séville et éditorialiste à la radio Canal Sur, c'est un observateur privilégié de cette région, mais aussi de la scène politique et sociale en Espagne. La victoire du Parti socialiste, la débâcle du Parti populaire et l'entrée de Podemos et de Ciudadanos au Parlement andalou sont selon lui un avertissement clair au Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, pour les prochaines élections à venir en Espagne. Javier Perez Royo : 'tout à coup, on découvre que le Parti Populaire (PP) est en chute libre, le roi est nu, le roi est nu, les citoyens disent que le roi est nu. Et une fois que les citoyens constatent que le roi est nu alors ce roi doit partir. Si ça se trouve, Rajoy va être obligé de partir en mai, il va peut-être devoir prendre la route et quitter son poste parce que le désaveu et sa perte de légitimité sont brutaux. Cela peut se répandre de manière tentaculaire dans toute l'Espagne, car il s'agit en mai, d'élections concernant 8.000 mairies et que tout ce pouvoir du Parti populaire peut alors s'écrouler'. Il a beaucoup été question ces derniers jours de la fin du bipartisme en Espagne, mais selon Javier Pérez Royo, le système a déjà changé à la suite des dernières élections européennes où Podemos a obtenu 5 sièges. Javier Perez Royo : 'ce changement majeur a eu lieu en mai dernier, le moment où s'est produit le phénomène et on voit dans une certaine mesure une consolidation de cette mutation qui a eu lieu en mai dernier. Et maintenant, nous allons voir le chemin que prend cette mutation, ce changement, dans toutes les élections qui auront lieu cette année en Espagne'. Les élections en Andalousie ont montré la capacité de régénération du Parti socialiste. La présidente, Susana Díaz, a conservé le pouvoir : Javier Perez Royo : 'en d'autres termes, le Parti socialiste réagit, produit des anticorps pour lutter contre Podemos et survivre. Le Parti populaire non, son système immunitaire n' existe pas, il ne fonctionne pas'. Les scrutins vont s'enchaîner : élections municipales et régionales en mai, élections aussi en Catalogne fin septembre... et après les législatives : 'Comment le Parti populaire peut-il résister en mai ? Ses candidats seront-ils capables de se lever pour les campagnes électorales à venir et d'avoir un discours ? Ses gens vont-ils se battre ou sont-ils en train d'arriver déjà vaincu ? Ou vont-ils baisser les bras et se dire voilà ce qu'il reste du résultat des élections en Andalousie ?', estime Javier Perez Royo. Pour Mariano Rajoy, le plus dur commence. Il va devoir gérer un triple front : sur sa gauche avec Podemos, au centre-droit avec Ciudadanos et en interne avec de plus en plus de tiraillements au sein du Parti Populaire. GRÁFICO INTERACTIVO | En qué provincias se ha votado más a cada partido http://t.co/jtSxNo7QxO #EleccionesAndaluzas pic.twitter.com/oUu6MiZf0K- eldiario.es (@eldiarioes) March 23, 2015
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