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L'ex-Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan est officiellement devenu ce jeudi le nouveau président de la Turquie, le premier à avoir été élu au suffrage universel. Il succède à ce poste à son compagnon de route Abdullah Gül. Il poursuit un règne de 11 ans à la tête du pays que ses adversaires jugent déjà 'autocratique'.
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Le nouveau chef de l'État a prêté serment ce jeudi puis a décerné à son prédécesseur Abdullah Gül une médaille d'honneur pour services distingués. Il a annoncé que l'accession de la Turquie à l'Union européenne, le processus de paix avec les Kurdes et les réformes démocratiques seraient des priorités. Les fonctions du président turc sont, pour l'heure, protocolaires, mais Erdogan a bien l'intention de changer la donne. Elu le 10 août dès le premier tour de l'élection présidentielle alors qu'il était Premier ministre depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan entame un mandat de cinq ans. Il est le 12e président de la République de Turquie. Le principal parti d'opposition, le CHP lui reproche d'avoir violé la constitution en restant Premier ministre après son élection. Des élus du CHP ont d'ailleurs quitté bruyamment l'hémicycle avant la prestation de serment. L'un d'eux a même lancé en direction du président du Parlement le règlement intérieur de l'institution. L'opposition dénonce une dérive autocratique du régime. Avec AFP et Reuters
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Melis Ozoglu, euronews : 'Nous retrouvons notre correspondant Bora Bayraktar qui se trouve à Ankara pour cette journée historique. Recep Tayyip Erdogan, qui est le premier président de l'histoire de la Turquie élu au suffrage universel direct, a donc officiellement pris ses fonctions après avoir prêté serment au parlement. Quelles sont vos impressions ?' Bora Bayraktar, correspondant d'euronews en Turquie : ''Nous nous trouvons devant le palais Cankaya, la présidence a été confiée à Recep Tayyip Erdogan, qui comme vous l'avez rappelé, a été pour la première fois, directement élu par les citoyens douzième président de la République de Turquie. À la cérémonie de prestation de serment, il a été félicité non seulement par le président du parlement, mais il y a également eu une cérémonie militaire puisqu'il est désormais le commandant-en-chef des forces armées turques. Il y a eu un léger problème lors de la cérémonie : les membres des partis d'opposition étaient initialement présents, mais ils ont quitté la cérémonie à cause d'un différend procédural. La cérémonie s'est néanmoins poursuivie et Erdogan est officiellement devenu président.' euronews : 'Le président Erdogan va confier au chef du parti AKP Ahmet Davutoglu la tâche de former le nouveau gouvernement. Deux portefeuilles attirent l'attention : l'Économie et les Affaires étrangères. Est-ce que des noms circulent pour occuper ces postes ?' B. Bayraktar : 'Melis, tout d'abord, en ce qui concerne le ministère de l'Économie, il y a un consensus pour dire qu'il n'y aura pas de changement et qu'Ali Babacan restera ministre de l'Économie. On s'attend également à ce que le ministre des Finances Mehmet imsek conserve son poste. Mais bien sûr, le dernier mot reviendra à Ahmet Davutoglu, qui est passé de chef de la diplomatie à Premier ministre. Rien n'est sûr pour le ministère des Affaires étrangères. Certaines rumeurs évoquent l'actuel ministre en charge des relations avec l'Union européenne, Mevlut Cavusoglu, mais rien n'est sûr.' euronews : 'Enfin, quel avenir attend le désormais ex-président Abdullah Gül ?' B. Bayraktar : 'L'ancien président Abdullah Gül est une figure clé de l'AKP. Il en est l'un des co-fondateurs. Il a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères et ensuite, il a été président. Il n'a pas l'intention de quitter la politique. Lors de son dernier discours, il a déclaré, je cite : 'je ne rentre pas à la maison m'occuper de ma petite-fille.' Mais dans ce nouvel AKP, il n'y a pas vraiment de poste disponible pour Abdullah Gül parce qu'il n'est pas député. Il devrait probablement servir de conseiller au sein de l'AKP jusqu'aux prochaines élections législatives.'
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Qui aurait cru en 2002, lorsque son parti islamo-conservateur, l'AKP, remporta les législatives que Recep Tayyip Erdogan aurait eu un tel parcours politique? Certainement pas ses détracteurs. Le nouveau président turc a beau avoir été qualifié de 'dictateur' pendant le mouvement de contestation de juin 2013, de 'voleur' depuis sa mise en cause l'hiver dernier dans un scandale politico-financier sans précédent, il a beau avoir provoqué des protestations après les décisions de bloquer l'accès aux réseaux sociaux Twitter et YouTube, ou avoir montré avec agressivité qu'il n'aimait pas être contesté, il reste populaire et charismatique, au grand dam de l'opposition. 'Dans ce climat très polarisé, le culte d'Erdogan constitue une menace pour la démocratie et la paix sociale en Turquie', avertit le journaliste turc Kadri Gürsel. Le poste de Premier ministre a été confié à un fidèle, Ahmet Davutoglu, qui quitte son poste de ministre des Affaires étrangères et qui a annoncé que sa 'priorité' serait la réforme de la Constitution visant à renforcer les prérogatives du président. Pour mieux comprendre les messages du nouveau président Recep Tayyip Erdogan, son concept de ''nouvelle Turquie'' et son tandem avec le nouveau Premier ministre, Ahmet Davutoglu, notre correspondant en Turquie, Bora Bayraktar, a interviewé Talip Küçükcan, directeur de l'Institut de recherche du Moyen-Orient et professeur de sociologie et de religion à l'université Marmara, à Istanbul. Bora Bayraktar, euronews : Le nouveau président a prêté serment. Comment, selon vous, va-t-il diriger la Turquie ? Talip Küçükcan : Pour la première fois en Turquie, un président a été élu au suffrage universel. Pour cette raison, on peut dire que c'est le début d'une nouvelle ère. Erdogan souligne que la Turquie est dans une phase de transition depuis douze ans et il dit aussi que ce changement va continuer. Il y a un concept qu'il utilise fréquemment, c'est le concept de ''nouvelle Turquie''. On peut supposer qu'il sera actif aussi en politique étrangère. Dans son document de vision présidentielle, il y a un point qu'il soulève : celui de la justice mondiale. Durant son mandat de Premier ministre, il s'est investi sur le dossier Gaza ou sur la pauvreté en Somalie. Il va tenter d'influencer la communauté internationale, les Nations Unies, il va tenter d'atteindre son but de justice mondiale et d'égalité. Il y a certaines différences entre l'''ancienne'' et la ''nouvelle'' Turquie. Ce n'est pas seulement de la rhétorique. Dans l'ancienne Turquie, la participation politique était limitée, les droits et les libertés étaient restreints. L'ancienne Turquie était aussi politiquement instable. Des années 1990 aux années 2000, il y avait des élections tous les ans et demi. Les médias étaient monopolisés, le capital était monopolisé. La nouvelle Turquie signifie davantage de pluralité. Une Turquie où les réformes sont réalisées une par une du fait du processus d'intégration à l'Union européenne, une Turquie où l'impact de l'armée est mineur, et où la participation politique est en hausse. euronews : Ahmet Davutoglu dirige désormais le parti AKP et le pays. Quel genre de Premier ministre sera-t-il ? Talip Küçükcan : Ahmet Davutoglu est un intellectuel important. On peut considérer son mandat de Premier ministre comme la continuité des douze années de règne de l'AKP et non comme une nouvelle ère. Il va apporter plus de dynamisme, il va apporter des cadres plus jeunes au parti. Du fait de la limitation à trois mandats, de nombreux députés expérimentés ne seront plus dans le Parlement après les prochaines élections générales. Ahmet Davutoglu est conscient de cette réalité. La force intelligente de la Turquie va de pair avec la la consolidation du pays, la diminution de la polarisation et le renforcement de la démocratie. Et tout cela est lié aux relations de la Turquie avec l'Union européenne.
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En passe de devenir président de la République, Recep Tayyip Erdogan faisait le 22 juillet dernier ses adieux au parti qu'il a fondé et dirigé durant plus d'une décennie : le Parti pour la justice et le développement, mieux connu sous le nom d'AKP. 'Depuis exactement treize ans, je vous parle depuis cette tribune. Personne n'est éternel. L'important, c'est de laisser un bon souvenir derrière soi.' Erdogan n'a pas seulement l'intention de laisser un bon souvenir derrière lui, il veut aussi garder une main sur l'AKP. Fondé sur les cendres du parti de la prospérité de Necmettin Erbakan, l'AKP voit le jour le 14 août 2001 sous l'impulsion d'une jeune génération politique plus moderniste conduite par Erdogan. L'AKP se définit lui-même comme un parti populaire démocrate conservateur, respectueux des libertés et des droits fondamentaux. Un an après sa création, le parti remporte les élections législatives et deux tiers des sièges au Parlement. En 2003, Erdogan devient Premier ministre et conserve la tête du parti. Le monde découvre alors avec un mélange de curiosité et d'angoisse cette formation issue de l'islam politique qui prend les commandes d'un pays laïque. Mais l'AKP réfute cette étiquette. Aucune référence à l'Islam n'est faite dans son programme. Arrivé au pouvoir avec un discours social, il s'est, petit à petit, orienté vers des pratiques libérales, voire ultralibérales. En 2008, le parti subit un revers. Au nom des libertés fondamentales et démocratiques, il tente de faire lever l'interdiction du voile dans les universités. La Cour constitutionnelle annule cet amendement et la même année le parti frôle l'interdiction pour activités contraires à la laïcité. Cinq ans plus tard, les premières femmes voilées font leur apparition dans l'hémicycle. Pour la première fois dans l'histoire de la République laïque turque, les musulmanes sont autorisées à porter le voile au Parlement ainsi que dans les emplois publics. Des changements dénoncés par les partisans de la laïcité, comme ces étudiants qui manifestaient l'an dernier contre un projet de suppression des dortoirs mixtes dans les universités d'État. D'autres mesures, comme le renforcement du contrôle de l'État sur Internet, font grincer des dents, et pas seulement à l'extérieur du parti... Ces dernières années, les relations se sont tendues entre le Premier ministre et le président Abdullah Gül, co-fondateur de l'AKP, qui dénonce, à demi-mots, la dérive autoritaire d'Erdogan. Libéré de ses fonctions, Abdullah Gül va revenir à l'AKP et on pourrait bien assister à une lutte de pouvoir entre ces deux hommes.
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Il a réussi son pari : devenir le premier président turc élu au suffrage universel direct. Depuis 11 ans, Recepp Tayyip Erdogan domine la scène politique de la Turquie. Premier ministre autoritaire et tout-puissant, il a transformé la société turque et les piliers de la république laïque fondée en 1923. En un peu plus d'une décennie de croissance, il a fait de la Turquie une puissance économique régionale de premier plan. Toujours populaire malgré les critiques et les scandales, il est parvenu à mobiliser au delà de ses troupes. Une victoire qu'il revendique par ses ouvertures : c'est sous son mandat que s'engage le processus de paix avec la rebellion kurde. Paradoxalement, le triomphe du Premier ministre sortant intervient au terme d'une année politique très difficile pour son camp. En juin 2013, des millions de Turcs descendent dans la rue et dénoncent sa dérive autoritaire et islamiste. La sévère répression de cette révolte met sérieusement à mal l'image du régime. L'hiver dernier, c'est un scandale de corruption sans précédent qui éclabousse le pouvoir. Le leader de l'AKP dénonce un 'complot' de son ex-allié islamiste Fethullah Gülen, avant de purger la police et de museler les réseaux sociaux et la justice. Aujourd'hui, ses adversaires craignent un règne sans partage sur le pays et une dérive autoritaire à la faveur d'un changement de la Constitution. Que va-t-il se passer maintenant pour l'AKP et l'opposition turque ? Réponses avec l'écrivain et directeur de l'institut de sondages turc Konda, Bekir Agirdir. Nezahat Sevim, euronews Avec ce résultat, l'AKP salue son propre dirigeant et fondateur qui accède au palais présidentiel de Çankaya. Comment cela va-t-il affecter l'AKP et ses militants ? Qui ou quelle genre de personnalité peut être le prochain leader du parti de la majorité et le prochain Premier ministre ? Bekir Agirdir, directeur de l'institut de sondages Konda Il y a trois questions et trois réponses paradoxales pour l'AKP. Il faut un Premier ministre et un chef de parti qui soient en accord avec M. Erdogan. La seconde condition est que cette personne soit capable de conserver les 45-50% d'intention de vote que possède actuellement l'AKP. De cette façon, le parti sera en position de force pour exiger un changement constitutionnel après juin 2015, une changement réclamé par M. Erdogan. Mais la première et la deuxième exigence sont en contradiction entre elles. Et puis il y a une troisième exigence qui est aussi un paradoxe pour l'AKP : les nombreux problèmes de la Turquie en matière de politique étrangère. Un changement de direction est nécessaire dans ce domaine. Alors quand vous prenez en compte ces trois exigences, les noms qui reviennent sont Ali Babacan, Binali Yildirim ou Ahmet Davutoglu . Bien sûr, il peut y avoir un candidat surprise. Nezahat Sevim Vous avez affirmé dans le passé qu'avec un résultat de 40% pour hsanoglu, l'opposition n'aurait pas pu se remettre en question, alors qu'avec 35%, le CHP ( Parti républicain du peuple-NDLR) et le MHP (Parti d'action nationaliste, NDLR) auraient dû opérer un changement. Avec 38% des suffrages, hsanoglu's se situe au milieu : comment cela peut-il affecter l'opposition ? Et le vote pour Demirtas's, quel impact peut-il avoir sur la politique kurde ? Bekir Agirdir Ce résultat clé de 38% avantage les deux leaders de l'opposition. En tenant compte des discours prononcés par les deux dirigeants, comme celui du MHP, il est probable qu'ils continuent dans la même direction sans ressentir le besoin de changer. Mais il existe des divisions en interne au sein de ces deux partis. Les déclarations du candidat kurde Demirtas's sur la démocratie, les droits de l'homme, que lui-même a défini comme un appel à 'un nouveau style de vie', à une 'démocratie radical', ont aussi obtenu un soutien de la part des Turcs qui ressentent le besoin de l'écouter. Je suppose que le soutien du parti kurde HDP aux élections de juin 2015 va être plus important qu'aujourd'hui. Tous ceux en Turquie qui se sentent traités de manière injuste, réclament la démocratie et la liberté. Ils pourraient rejoindre le HDP. Nezahat Sevim Parlons des discussions concernant le système présidentiel. Etant donné les intentions d'Erdogan sur le nouveau rôle du président en Turquie, à quel genre de changement radicale ou systématique peut-on s'attendre ? Bekir Agirdir L'AKP après Erdogan pourrait ne pas être en mesure de faire des changements constitutionnels radicaux comme passer au système présidentiel. Un compromis serait nécessaire avec les autres partis. On peut s'attendre à quelques changements après juin 2015. Mais je ne sais pas exactement si ce sera nécessairement un passage au système présidentiel ou un changement plus global, ou encore des changements profonds au niveau des droits et des libertés. On ne peut pas le savoir aujourd'hui car les différents acteurs politiques doivent trouver un compromis.
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Recep Tayyip Erdogan a réussi son pari : être le premier président de la république turque élu au suffrage universel direct et ce dès le premier tour du scrutin. La journée était historique en Turquie puisque, jusqu'ici, le président turc était choisi par le parlement, comme ce fut le cas pour le président sortant, Abdullah Gül. 'Les querelles appartiennent au passé, la Turquie débute une nouvelle ère, celle de la réconciliation sociale', a déclaré Recep Tayyip Erdogan devant ses partisans ce dimanche soir au balcon du siège de l'AKP (le parti de la Justice et du Développement) à Ankara. Le Premier ministre sortant - qui ne pouvait pas briguer de nouveau mandat à la tête du gouvernement lors des législatives de 2015 - a ainsi appelé à l'unité de la nation turque au-delà des clivages ethniques, culturels ou religieux, lui qui avait pourtant largement critiqué ses adversaires durant la campagne électorale. 'Je demande à ceux qui me traitent de dictateur, qui m'accusent de dérive autoritaire, de faire leur examen de conscience et de se regarder d'abord dans le miroir', a-t-il dit. 'Nous nous souvenons des souffrances que nous avons endurées lorsque nous étions dans l'opposition'. Recep Tayyip Erdogan a voulu répondre à ses détracteurs qui dénoncent la dérive islamiste et autoritaire du Premier ministre sortant suite au blocage des réseaux sociaux, à la censure imposée aux médias, aux scandales de corruption et aux limogeages de masse exercés au sein de la police, sans parler de la répression du mouvement Gezi à l'été 2013. Malgré tout, Recep Tayyip Erdogan reste l'homme fort de la Turquie. Le leader de l'AKP obtiendrait près de 52% des voix selon des résultats quasi définitifs (après le dépouillement de près de 99% des bulletins), contre plus de 38% pour son principal rival Ekmeleddin Ihsanoglu, candidat commun du parti républicain du peuple (CHP), et du parti du mouvement nationaliste (MHP), les deux principaux partis d'opposition. Selahatin Demirtas, le représentant de la minorité kurde, obtient lui près de 10% des suffrages. Recep Tayyip Erdogan ne veut pas être 'un président neutre'. Pas question, pour lui, d'inaugurer les chrysanthèmes comme le prévoit la Constitution. Il veut, au contraire, être un président actif. La fonction présidentielle est donc amenée à évoluer. Le Premier ministre sortant n'a pas caché sa volonté d'instaurer un régime présidentiel dans son pays et a déclaré clairement dimanche soir que son élection au suffrage universel lui permettrait d'avoir cette légitimité en tant que 'président du peuple'. S'il va au bout de son mandat de cinq ans de président, Recep Tayyip Erdogan (Premier ministre depuis 2003) dépassera en longévité au pouvoir Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la république turque.
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Il a défrayé la chronique, la semaine dernière, en appelant les femmes à ne pas rire fort en public. Le vice-premier ministre turc, Bülent Arinç, s'est exprimé hier au micro d'euronews après la victoire de son camarade islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan. 'C'est la première fois qu'un président est élu directement par le peuple. C'est une première dans l'Histoire politique turque, dans l'Histoire de la démocratie turque. En devenant le 12e président de la Turquie, et malgré le fait que nous ne soyons pas dans un système présidentiel, il sera un modèle de président fort (...) En ce qui concerne les négociations avec l'Union européenne en vue d'une adhésion, elles sont actuellement bloquées. Certains États membres ont essayé d'empêcher la Turquie d'entrer dans l'Union, mais d'autres candidats à l'adhésion avant nous ont connu les mêmes difficultés et sont à présent membres. Nous sommes déterminés à atteindre notre but de devenir membre à part entière.
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Face au puissant Erdogan, Ekmeleddin Ihsanoglu n'a pu qu'opposer une image de grand-père rassurant mais sans relief. Le principal rival a dénoncé ce dimanche la 'campagne injuste et disproportionnée' de Erdogan mais sans parvenir à susciter le sursaut des 'masses silencieuses' que l'éminent historien espérait. 'Nous avons apparemment 39%, 40% des voix, a déclaré depuis Istanbul Ekmeleddin Ihsanoglu. C'est un pourcentage très important parce que quand nous avons commencé à faire campagne il y a un mois, beaucoup de gens disaient : 'Ihsanoglu est inconnu et il ne connaît rien à la politique'. C'est à eux que je dédie ce résultat. J'espère que ces résultats seront bons pour la démocratie, je félicite monsieur le Premier ministre et lui souhaite du succès dans ses nouvelles fonctions.'
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Il s'agit de la première élection présidentielle au suffrage universel direct de l'histoire du pays. 53 millions d'électeurs sont appelés aux urnes. Le Premier ministre actuel Recep Tayyip Erdogan fait figure de grandissime favori. Sauf surprise, il devrait l'emporter dès le premier tour. Même contesté, il a d'ailleurs remporté haut la main les élections locales de mars dernier et reste de loin l'homme politique le plus populaire du pays. Les deux autres candidats sont Ekmeleddin Ihsanoglu, un professeur d'histoire de 70 ans et l'avocat de 41 ans Selahatin Demirtas, issu de la minorité kurde.
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Recep Tayyip Erdogan a pris son temps pour voter. Le Premier ministre, homme fort de la Turquie depuis 2003, a attendu la mi-journée pour déposer son bulletin à Istanbul, à l'occasion de cette élection présidentielle inédite, la première au suffrage universel direct. Son principal opposant, Ekmeleddin Ihsanoglu avait voté le premier à Istanbul également. C'est le candidat qui défend les valeurs de la Turquie laïque chères à Ataturk, le fondateur de la république. Le troisième et dernier candidat,Selahattin Demirtas, a voté dans une école dans la province de Diyarbakir, dans le sud de la Turquie. Le jeune avocat qui joue la carte de la modernité est le candidat des Kurdes, mais c'est une Turquie multiculturelle qu'il veut défendre. Recep Tayyip Erdogan est favori, après une décennie de forte croissance économique et de stabilité politique. Mais il est haï par une partie de la population, qui critique ses méthodes présentées comme dictatoriales.
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'Qui sera le premier président de la Turquie élu au suffrage universel direct ? Les électeurs ont commencé à se rendre aux urnes tôt ce matin pour répondre à cette question. Il semble que la politique turque va changer de visage avec cette élection qui fournira davantage de questions que de réponses' selon le correspondant d'Euronews Bora Bayraktar. Jusqu'à présent, c'est le Parlement qui désignait le président de la République. Le chef de l'Etat sortant est Abdullah Gül, élu en 2007, ancien Premier ministre et ancien ministre des affaires étrangères. Les 53 millions d'électeurs sont appelés à faire leur choix entre trois candidats. Sur quels critères ? C'est ce que Bora Bayraktar a demandé à Mensur Akgün, professeur de sciences politiques à Istanbul. 'Je pense qu'ils vont voter selon le charisme des candidats, a-t-il répondu. Et aussi en fonction de leur foi et de leurs croyances. Les votes se décident en fonction de la personnalité et pas selon le parti ou le programme. Il est difficile de dire que les gens votent en considérant l'avenir de la Turquie. Il semble que cette élection soit devenue la plus féroce bataille personnelle de l'histoire politique turque. J'espère qu'après cette élection, il y aura un retour au calme.' Si aucun des candidats n'obtient la majorité absolue au premier tour, un second tour sera organisé pour départager les deux finalistes. Mais les analystes s'accordent à penser qu'un seul tour devrait suffire. 1.29 42
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Pour la première fois, les Turcs élisent au suffrage universel direct leur président. La campagne aura été marquée par l'emprise du régime islamo-conservateur dans les principaux médias. L'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe a d'ailleurs dénoncé l'absence de 'séparation claire entre les activités gouvernementales et électorales' dans le camp du pouvoir. Une critique adressée au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ultra-favori de ce scrutin. Cela fait déjà onze ans qu'il dirige le pays. Face au rouleau-compresseur Erdogan, certain de l'emporter dès le premier tour, il y a Ekmeleddin Ihsanoglu, un professeur d'histoire de 70 ans, ancien secrétaire général de l'Organisation pour la coopération islamique. Il met en garde contre l''accumulation de tous les pouvoirs dans une seule main' en cas de victoire d'Erdogan. Enfin, l'outsider de ce scrutin est Selahattin Demirtas, un avocat de 41 ans, issu de la minorité kurde. Ancien président de l'association turque des Droits de l'Homme, il a été condamné en 2010 à dix mois de prison pour ses liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan. Il promet de défendre toutes les ethnies du pays.
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A quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote en Turquie, le grand favori de la présidentielle reste Recep Tayyip Erdogan. Premier ministre depuis 2003, l'islamo-conservateur espère l'emporter dès le premier tour malgré les critiques dont son gouvernement a fait les frais, ou les affaires de corruption. Son principal opposant, Ekmeleddin Ihsanoglu, un professeur d'histoire réputé de 70 ans, veut au contraire d'Erdogan défendre la laïcité, principe cher à Atatürk, le fondateur de la République turque. Le troisième candidat de ce scrutin c'est le candidat des Kurdes, Selahattin Demirtas. Cet avocat de 41 ans, qui joue la carte de la modernité, met l'accent sur l'aspect multiculturel de la Turquie, défend les droits des femmes ou, plus inédit, des homosexuels. 'Je suis un Kurde de Diyarbakir, dit Salih Corak. J'espère que l'élection présidentielle va apporter la paix dans notre ville et notre pays. J'espère que le nouveau président stoppera le bain de sang', dit-il en référence aux rebelles du PKK. Pour la première fois 53 millions de Turcs vont voter au suffrage universel direct. 'Je crois, dit Zeynep Ozgun, que le président qui va être élu ne devra pas faire de différence sur la race, la religion, la langue ou l'ethnie des gens. Il devra considérer tous les partis politiques de la même façon'.
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Les 10 et 24 août, les Turcs sont appelés aux urnes pour élire pour la première fois leur président au suffrage universel direct. Ces élections peuvent signifier un tournant historique pour le pays en entraînant des changements importants du système actuel. Le nouveau président devra faire face à de nombreux défis. En matière de politique intérieure, la situation économique est plutôt bonne. Le principal problème à résoudre reste la question kurde. En matière de politique étrangère, la Turquie connaît une situation redoutable à ses frontières avec les crises syrienne et irakienne. Elle accueille désormais plus d'un million de réfugiés syriens. 'La Turquie a des problèmes profonds depuis de nombreuses années, qui ne peuvent être laissés irrésolus. Par exemple, la question kurde, le problème des Alawites, des minorités', estime l'éditorialiste du journal Sabah, Mahmut Övur. Après avoir largement remporté les élections municipales, le 30 mars dernier, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'apprête désormais à endosser le costume de président de la République. Face à lui, deux candidats : Ekmeleddin Ihsanoglu, son principal adversaire désigné par le CHP et le MHP, ainsi que le candidat kurde, Selahattin Demirtas. Mais face au grand favori, peu de suspense entoure l'issue du scrutin présidentiel. Si Erdogan est élu, une période de transition attend la Turquie, considère Mahmut Övur : 'un président élu par le peuple sonnera la transition vers un régime semi-présidentiel. A mon avis, le rôle du premier ministre sera modifié en conséquence, même s'il n'y a aucun amendement constitutionnel à cet effet.' L'opposition turque a du mal à faire face au pouvoir actuel. Au cours des 12 dernières années, les partis d'opposition ont perdu 8 élections consécutives. 'Le principal problème, constate Mahmut Övur, c'est que l'opposition ne réussit pas à être force de proposition. En fait, elle aurait dû produire des alternatives. Les deux principaux partis d'opposition ont fini par proposer un candidat commun, qu'ils appellent un 'candidat parapluie'. Ce candidat du rassemblement, c'est Ekmeleddin Ihsanoglu, ancien président de l'Organisation de la coopération islamique. D'après les sondages, il a très peu de chances de dépasser 40 % des voix. 'Ces élections présidentielles devraient de toutes façons marquer un tournant pour la Turquie. La vie politique de ce pays va être très animée, à la fois dans l'opposition, et du côté du gouvernement', conclut notre correspondant à Istanbul, Bora Bayraktar. Adil Gür est politologue à l'institut de sondage A & G Research à Istanbul. Melis Ozoglu l'a interrogé depuis Lyon. Melis Ozoglu, euronews : Deux candidats, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, et le candidat du parti pro-kurde HDP Selahattin Demirtas, sont des hommes politiques connus. Le troisième, Ekmeleddin Ihsanoglu, candidat d'union de dix partis d'opposition, les turcs ne le connaissent pas bien. Est-ce un désavantage pour lui? Adil Gür : Les dernières enquêtes montrent que 80 - 90 % de la population connaît Ihsanoglu. Mais le fait de connaître son nom ne signifie pas qu'il est connu politiquement. Pour cela, il faut que les gens connaissent les positions du candidat sur les politiques à mener et sur les problèmes majeurs de la Turquie. Par exemple : que pense t-il du problème kurde? Ou bien, quel est son avis sur la politique étrangère de la Turquie. C'est important que tout cela soit connu par la population. Et là, malheureusement, M. Ihsanoglu, même si l'on connaît son nom, reste désavantagé par rapport à Erdogan et Demirtas. euronews : Dans cette élection, on ne vote pas pour des partis, mais pour des candidats. Pensez-vous que les électeurs voteront pour le candidat de leur parti, ou y aura t-il beaucoup de voix perdues ? Adil Gür : On voit dans nos enquêtes qu'aux dernières élections municipales, 97 % des électeurs qui ont voté pour l'AKP votent pour Erdogan; 98 % de ceux qui ont voté pour le HDP pro-kurde votent aussi pour Demirtas. Et il y a un autre candidat, qui lui, a obtenu le soutien de plus de 10 partis politiques, Ihsanoglu. Mais il ne semble pas possible que les votes venant de tous ces partis se portent sur un seul nom. La volatilité des votes est bien plus probable ici que pour les deux autres. En résumé, la base électorale de l'AKP et celle du HDP soutiendront leurs candidats respectifs. Les pertes de votes s'effectueront plutôt dans le camp du candidat d'union. euronews : Si la barre des 50 % n'est pas atteinte dès le premier tour, le parti de Demirtas hors jeu, les électeurs de ce dernier devraient se reporter vers qui? Adil Gür : En Turquie, ceux qui votent pour Demirtas sont des électeurs d'origine kurde. Au cours des dernières élections depuis 8 -10 ans en Turquie, uniquement deux partis ont obtenu les votes des kurdes : l'AKP et le HDP. Par conséquent, une grande partie des électeurs du HDP va voter pour Erdogan. Mais je ne pense pas qu'il y aura un deuxième tour, l'élection sera pliée au premier tour.
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