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Une motion symbolique, mais qui a le mérite de mettre les choses au point, même vingt-quatre ans après. La Suisse a décidé de retirer la demande d'adhésion à la Communauté Economique Européenne qu'elle avait déposée en 1992. Le parlement suisse a adopté cette motion par 27 voix contre 13. Les porteurs de la motion ont considéré qu'il était temps de faire table rase et éliminer une problématique de toutes façons obsolète, les opposants au contraire ont considéré qu'il s'agissait d'un pied de nez qui pourrait assombrir un peu plus les relations entre la Suisse et l'Union Européenne, surtout à quelques jours du référendum britannique.
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L'Union européenne peut visiblement encore faire rêver. C'est le cas en Albanie, un pays des Balkans encore très associé à des maux, tels que la corruption ou la criminalité. Mais le socialiste Edi Rama, qui le dirige depuis près de trois ans, s'efforce de le réformer. Objectif : rentrer dans le club européen. Alors où en est l'Albanie ? Nous avons rencontré Edi Rama. Audrey Tilve, Euronews Commençons par l'objectif européen puisque c'est votre mantra. L'Albanie a le statut de candidat depuis 2014. Vous poussez pour que les négociations d'adhésion débutent le plus vite possible, dès cette année. Qu'a-t-elle encore de si attrayant cette Union européenne quand on voit l'état dans lequel elle se trouve ? Edi Rama, Premier ministre albanais 'Je pense que chez nous et en général dans les Balkans, on n'a pas oublié ce qu'on oublie souvent en Europe, que l'Union européenne, c'est surtout un projet de paix et de prospérité construit ensemble. Il faut juste se souvenir que j'ai visité Belgrade après 68 ans et que mon homologue serbe est venu à Tirana pour la première fois dans l'histoire de deux pays voisins qui ont mené des guerres l'un contre l'autre. Et pourquoi ? Parce qu'on est tous unis dans cet effort pour rejoindre l'Europe. Et oui, si l'Europe a des problèmes, ce sont des problèmes qu'il faut traiter non pas comme le résultat d'un projet qui ne marche pas mais comme le résultat d'un manque de courage et de leadership pour accomplir ce projet.' Euronews Et dans une Union européenne déjà très affaiblie, quel serait l'intérêt d'accueillir une Albanie qui a encore beaucoup de problèmes ? Edi Rama, Premier ministre albanais 'Exactement pour les raisons dont Marine Le Pen et ses proches en Europe font la propagande contre le soit-disant élargissement, exactement pour ça, pour une Europe plus sûre, il faut accomplir le projet et ne pas laisser au milieu de l'Europe, dans le coeur de l'Europe, une zone grise où des acteurs d'en dehors de l'Europe - la Russie ou le fondamentaliste islamique - trouvent leurs fiefs pour mettre en danger la sécurité européenne.' Euronews En tout cas, avant de commencer à négocier votre adhésion, Bruxelles vous demande une grande 'réforme': http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/20160407IPR21791/Albanie...'efforts-n%C3%A9cessaires-en-mati%C3%A8re-de-r%C3%A9formes du système judiciaire. Une réforme qui tarde à venir notamment en raison des rapports extrêmement conflictuels entre votre gouvernement et l'opposition, qui ralentissent les travaux au Parlement. Comment allez-vous sortir de cette impasse ? Edi Rama, Premier ministre albanais 'La réforme ne tarde pas à venir. On s'est embarqué dans cette réforme il y a un an et quelques mois et on est en train de la finaliser. C'est une réforme constitutionnelle, c'est une réforme fondamentale et radicale pour changer complètement le système judiciaire. Et bien sûr, c'est très, très difficile. Il y a des débats, il pourrait y en avoir beaucoup plus, et il ne faut jamais oublier deux choses, premièrement, nous, on est dans le calendrier...' Euronews Quel est le délai, quand est-ce que vous voulez faire adopter cette réforme ? Edi Rama, Premier ministre albanais 'Nous, on veut ouvrir les négociations d'adhésion à la fin de l'année, voilà, et il faut que quand le Conseil européen soit réuni, la réforme soit passée, et elle sera passée. Et de l'autre côté, il faut arrêter avec cette histoire de l'Albanie corrompue et criminelle parce que c'est...' Euronews Les magistrats ne sont pas corrompus en Albanie ? Vous prenez à témoin les Albanais qui nous regardent ? Edi Rama, Premier ministre albanais 'Il faut arrêter avec cette histoire de l'Albanie corrompue et criminelle et des Balkans corrompus et criminels parce que c'est un stéréotype qui a été créé pendant de nombreuses années pour criminaliser ces pays très facilement.' Euronews D'après le parquet anti-mafia italien et des rapports d'experts, un tiers à peu près de l'économie albanaise serait régi par la criminalité avec des trafics en tout genre trafic de drogue, trafic d'armes, des femmes, d'organes. Edi Rama, Premier ministre albanais 'Ca c'est dégueulasse, ça c'est dégueulasse. Il n'y a jamais eu un rapport nulle part qui dit qu'un tiers de l'économie albanaise, c'est du trafic d'êtres humains, de drogues etc.' Euronews Quelles sont vos estimations, quels sont vos chiffres ? Vous niez le fait qu'il y ait du trafic de drogue, d''armes':http://www.politico.eu/article/the-european-nation-with-a-deadlier-gun-c... une traite des femmes en Albanie ? Edi Rama, Premier ministre albanais 'Je nie profondément et je vous dis que c'est complètement faux de parler de trafic d'armes de l'Albanie.' Euronews Donc il n'y a aucun problème en Albanie avec la criminalité ? Tout va bien ? Edi Rama, Premier ministre albanais 'Pourquoi on doit aller d'une extrême à l'autre ? Je ne comprends pas. Soit il n'y a aucun problème soit il y a la criminalité totale en Albanie. Pourquoi ? Il n'y a pas quelque chose de plus rationnel ? Ou c'est journalistiquement intéressant de raconter ces histoires. Vous avez décrit l'Albanie comme si c'était la source des maux de l'Europe mais ce n'est pas vrai.' Euronews Ca n'est pas ce que j'ai dit. Edi Rama, Premier ministre albanais 'C'est un pays qui change chaque jour, avec des problèmes, avec un passé vraiment très, très difficile, le plus difficile de tous les pays communistes parce qu'on a été durant 50 ans isolé non seulement de l'Europe occidentale mais aussi de l'Europe de l'Est, et voilà. On a fait en 25 ans un vrai miracle si on considère d'où on est parti.' Euronews Alors changeons de sujet pour parler de l'économie du pays que vous essayez de développer, de booster. Les investissements étrangers sont en hausse. Néanmoins, le pays produit encore peu, il importe beaucoup. Sur quels secteurs est-ce que vous misez pour l'avenir ? Edi Rama, Premier ministre albanais 'Alors, l'Albanie est très riche en ressources naturelles, le pétrole, le gaz, les minerais. L'Albanie a un potentiel extraordinaire pour le tourisme, l'Albanie peut développer une agriculture assez compétitive pour ses propres besoins, on a fait beaucoup aussi sur l'énergie, et bien sûr on a une main d'oeuvre encore très peu chère et ça nous a aidé à développer davantage le secteur de la manufacture. C'est sur ces sources de croissance qu'on cherche à construire notre nouveau modèle économique et ça marche.' Euronews On va finir sur une note un peu plus personnelle. Avant d'entrer en politique, vous étiez artiste peintre. Avec le recul, vous ne regrettez pas d'avoir quitté le monde des arts ? Edi Rama, Premier ministre albanais 'Je ne regrette jamais rien moi. J'avais d'autres plans mais voilà, je suis ici, je suis devant vous, et j'ai pris la grande responsabilité de diriger le gouvernement de mon pays et c'est le plus grand privilège et le plus grand honneur que quelqu'un puisse avoir. Mais dans le même temps, je n'ai pas suspendu mon travail d'artiste. Je fais l'artiste pendant que je fais le Premier ministre. Je peins pendant des réunions, je peins pendant les coups de fil et ça m'aide beaucoup à me concentrer dans les coups de fil et dans les réunions, et vous voyez, comme je ne peins pas pendant les interviews, ça ne marche pas toujours parfaitement.' ---------------- Biographie : Edi Rama Edi Rama est né à Tirana, la capitale albanaise, le 4 juillet 1964 Il devient Premier ministre en septembre 2013 Il a été maire de Tirana entre 2000 et 2011 Edi Rama a été ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports entre 1998 et 2000 Avant de faire de la politique, il était peintre
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Ils ne décolèrent pas. Des milliers de manifestants massés devant le Parlement en Moldavie ont cherché à pénétrer dans l'enceinte de l'institution dans le but d'annuler la formation du nouveau gouvernement. Les protestations ont commencé en avril dernier, dans cette ancienne république soviétique peuplée de 3,5 millions d'habitants et nichée entre l'Urkaine et la Roumanie. La nouvelle qui a ébranlé cette foule de manifestants : la 'disparition' des banques de quelque 915 millions d'euros, soit 15 % du PIB. Le pays s'est enfoncé dans la crise politique avec la destitution du précédent gouvernement par le Parlement, le 29 octobre dernier. Aujourd'hui cette foule, qui scande 'à bas les bandits', 'à bas le pouvoir', réclame des élections anticipées et la démission du nouveau Premier ministre fraîchement élu : Pavel Filip. 'Former un gouvernement, qui doit être responsables de nos vies et de nos destins en si peu de temps, alors qu'ils peuvent voir tant de personnes protestant autour de l'enceinte du Parlement, c'est une blague. Ils nous humilient', estime une manifestante. Partie prenante de la contestation, la plateforme civile Dignité et justice (DA) un mouvement de journalistes, d'universitaires et d'autres membres de la société civile, qui réclame également la démission du président Nicolae Timofti, accusé de servir les intérêts des oligarques. Avec AFP
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C'est une des conséquences de la crise migratoire en Europe, l'Union européenne et la Turquie ont donné un nouvel élan à la perspective d'adhésion d'Ankara au bloc européen. Les deux partenaires ont ouvert un nouveau chapitre des négociations après plusieurs années au point mort. Pour le ministre turc des Affaires étrangères cette décision est un signal fort. Selon Mevlüt Çavusoglu " nous comprenons mieux aujourd'hui à quel point les relations entre l'Union et la Turquie sont essentielles et positives ". L'Union veut s'appuyer sur la Turquie pour faire face à l'arrivée des demandeurs d'asile. Les 28 ont ainsi multiplié les gestes en faveur des autorités turques. Ils se sont engagés à débloquer une enveloppe de trois milliards d'euros pour venir en aide aux réfugiés présents en Turquie. Les Européens comptent aussi revoir le régime actuel des visas pour les ressortissants turcs. Finalement l'Union a aussi promis de relancer les négociations d'adhésion, entamées en 2005. Mais le chemin s'annonce encore long pour Ankara. Seulement 15 chapitres, sur les 35 que compte le traité d'adhésion, ont été ouverts.
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Arzu Kayaoglu euronews : Nous retrouvons depuis Paris, Didier Billion directeur adjoint de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), spécialiste des questions européennes et de la Turquie. Abordons avec lui la situation dans ce pays à l'approche des élections législatives anticipées. Depuis quelques années, on avait un peu oublié la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Les négociations étaient presque figées. Mais soudainement, sur fond de crise migratoire, Angela Merkel a remis le dossier sur la table. S'agit-il selon vous d'un opportunisme politique ou cela figurait-il déjà dans l'agenda européen ? Didier Billion: C'est évidemment totalement lié à la situation politique et au défi migratoire qui s'oppose à l'Union européenne. Nous constatons que l'UE a quelques difficultés à avoir une position commune pour gérer ce flux migratoire qui parvient du Moyen-Orient. Et mieux vaut tard que jamais, l'UE comprend enfin que la Turquie est un pays indispensable pour le bon équilibre, non seulement de la gestion des flux migratoires, mais aussi pour une série d'autres questions politiques. Et comme par hasard Madame Merkel a pris la peine de faire un voyage en mission officielle à Ankara et à Istanbul, ou elle a pu rencontrer le président de la République. Je pense que c'est positif que les Européens prennent enfin conscience de l'importance de la Turquie et prennent conscience que sans la Turquie il y aura impossibilite d'opérer une bonne gestion des flux migratoires et de gérer se défi qui s'oppose aux Etats membres de l'UE. Ceci étant posé, on peut quand même regretter le timing parce que la Turquie est dans une période électorale. Le président de la République mène un combat politique, il est dans son rôle ma foi, mais je ne suis pas certain qu'il était totalement opportun que Madame Merkel se rende ces derniers jours en Turquie, elle aurait peut-être pu attendre que les élections du 1e novembre se soient déroulées. euronews: Les droits de l'homme, la démocratie, la liberté d'expression ... sur ces questions, la Turquie est souvent critiquée. Pourtant, il semble que l'Europe reste inactive en la matière. Sur ces thèmes l'Europe se désintéresse-t-elle de la Turquie ? Didier Billion: Ce que vous dites est très important. On peut discuter de la liberté de la presse, on peut discuter des droits démocratiques, on peut discuter des atteintes aux libertés. Il faut le faire. Il faut avoir un raisonnement politique. Certains considèrent par exemple qu'il faut rompre toute relation avec la Turquie parce que justement il y a des atteintes aux droits de l'homme. Je pense que c'est une position totalement erronée. C'est justement parce qu'il y a des atteintes aux droits de l'homme et aux droits démocratiques qu'il faut poursuivre et relancer un dialogue digne de ce nom et des négociations dignes de ce nom. Mais on ne peut pas avoir une position morale à l'égard de la Turquie. Il faut avoir un raisonnement politique. C'est-à-dire relancer les partenariats, relancer la négociation et dans le cours de ces négociations aborder toutes les questions. euronews: De son côté, la Turquie s'éloigne t-elle de l'Europe pour se rapprocher de l'Organisation de coopération de Shanghai et sa coopération avec la Russie? Didier Billion: Non, je pense que c'est une illusion. Monsieur Erdogan il y a quelques mois avait effectivement déclaré que si l'UE ne voulait plus de la Turquie alors il déposerait une demande d'adhesion à l'Organisation de coopération de Shanghai, sauf que les membres de l'Organisation de coopération de Shanghai ne sont pas du tout chaud à une candidature de la Turquie. Et puis en relation internationale, je considère qu'il n'y a pas un jeu à somme nulle. C'est à dire que la Turquie peut totalement continuer à avoir de véritables relations dignes de ce nom avec l'UE, mais aussi déployer sa politique vers d'autres horizons en direction du Moyen-Orient, du Caucause, en direction de la Russie, etc. Donc il n'y a pas antinomie entre les deux aspects. Un grand pays comme la Turquie qui a véritablement un rôle à l'international doit pouvoir discuter, lancer des initiatives, passer des accords de coopération avec des pays de différentes régions du monde, c'est là toute l'importance de la Turquie. Donc je crois qu'il ne faut pas opposer les coopérations que peut initier la Turquie en direction des Etats très differents les uns des autres avec le maintien de la perspective de son adhesion à l'UE. euronew: Le résultat des élections anticipées qui vont avoir lieu le 1e novembre peut-il changer les relations entre l'Europe et la Turquie ? Didier Billion: Avant il faudrait connaitre les résultats. Les sondages d'opinion nous donnent quelques indications, mais enfin, je préfère pour ma part attendre le 1e novembre pour avoir une vision plus claire des choses. En tout cas, il semble que les rapports de force électoraux étant issus des élections législatives du 7 juin dernier ne seront pas véritablement modifiés, donc en réalité, on a perdu plusieurs semaines voire plusieurs mois pour aboutir quasiment au même résultat, si on juge ces résultats fiables. En tout cas, quelle que soit la configuration politique le 2 novembre, quels que soient les rapports de force électoraux, quelle que soit l'éventuelle nécessité de recourir à la mise en oeuvre d'un gouvernement de coalition, je pense qu'il est impérativement nécessaire que de véritables négociations puissent reprendre avec l'UE. Madame Merkel a déclaré lorsqu'elle était en Turquie qu'elle était favorable pour sa part à l'ouverture de plusieurs châpitres qui était gelés depuis plusieurs années, tant mieux, il faut absolument prendre à la lettre ce qu'a déclaré Madame Merkel et ouvrir de nouveaux châpitres de négociation avec la Turquie. Il faut relancer ce processus. Et je pense que la relance d'un réel processus aidera la Turquie à surmonter les difficultés auxquelles elle fait face actuellement. euronews: Selon vous, comment les Européens perçoivent-ils la situation actuelle en Turquie ? En terme de liberté de la presse et de droits de l'homme notamment ? Leur perception est elle en adéquation avec la réalité ? Didier Billion: Mais vous savez les Européens ce n'est pas une position unique. Il y a parmi les Européens des hommes, des femmes, des responsables politiques qui sont par principe contre la perspective de l'adhésion de la Turquie à l'UE parce qu'il considère que cet État n'est pas un État européen, c'est un État musulman, etc. Ceci étant posé, je suis pour ma part très préoccupé par les dynamiques politiques à l'oeuvre actuellement en Turquie. Je suis très critique à l'égard de la politique menée par le président de la République. Monsieur Erdogan avait fait progresser le pays en atteignant de bons résultats économiques au cours des dernières années. Il avait affirmé la Turquie sur le champ international avec beaucoup d'initiatives positives de médiation, etc. Malheureusement, il y a un grand gâchis, c'est-à- dire qu'aujourd'hui, Monsieur Erdogan est dans une logique d'affrontement, de polarisation, des positions politiques de stratégie de la tension et évidemment la Turquie, aujourd'hui, passe une mauvaise période. Il est de la responsabilité de tous les démocrates turcs et européens d'essayer d'aider la Turquie à se sortir de ces difficultés et à relever ces défis et je pense en tout cas que les Européens ou une partie des Européens doivent avoir des exigences à l'égard de la Turquie pour ce qui concerne les droits démocratiques, les libertés, la liberté de la presse, etc. Et doivent se situer dans une perspective de partenariat, de partenariat réel... Les choses ne sont jamais en noir et blanc. Il faut être exigent avec ses amis, exigeant avec ses partenaires, ne pas les accuser, ne pas faire leçon de morale, mais être ferme sur les principes constitutifs de l'UE.
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Quelles difficultés rencontre l'Europe dans sa lutte anti-corruption ? Dans certains pays, c'est une cause perdue d'après Transparency International. Comment l'Union européenne peut-elle imposer la transparence chez elle et aux candidats à l'adhésion ? A-t-elle laissé des pays adhérer trop tôt ? Devrait-elle être plus exigeante ? Une politique anti-corruption plus dure risque-t-elle de renforcer s nationalistes et les populistes opposés à l'adhésion ? Autant de questions abordées dans cette édition de The Network par Chris Burns et ses invités : Elena Panfilova, vice-présidente de Transparency International, Ana Gomes, eurodéputée socialiste portugaise, membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et Dusko Lopandic, ambassadeur serbe auprès de l'Union européenne.
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La Croatie n'a que dix mois d'expérience au sein de l'Union. Elle subit sa cinquième année de récession, une hausse du chômage et une baisse de l'inflation en raison d'une faible demande intérieure. Ses secteurs public et privé manquent de stabilité. L'adhésion ne semble donc pas avoir de conséquence positive immédiate en matière d'économie, mais les autorités croates la voient comme un processus à long terme qui leur permettra de tourner définitivement la page des guerres des années 90 et de bénéficier d'un développement économique commun. Avec l'entrée dans l'Union, les entreprises croates se retrouvent bousculées et s'adapter au nouvel environnement économique est un sérieux défi. Elles sont très 'désavantagées par l'importance des sociétés du secteur public', par 'une énorme bureaucratie' et par un 'manque de soutien ciblé matière d'innovation et de recherche et développement,' nous explique Hongjoo Hahm, expert de la Croatie à la Banque mondiale. Mais les choses ne restent pas figées pour autant : des efforts ont été faits pour améliorer la situation économique du pays. Les syndicats notamment affirment en avoir assumé une bonne part. 'Au cours des cinq dernières années de crise, les organisations professionnelles ont accepté beaucoup de flexibilité', fait remarquer Boris Feis, de l'UATUC, avant d'ajouter : 'entre 2005 et 2013, la productivité de l'économie croate en général a augmenté de 30 %'. De plus, les autorités croates s'efforcent aujourd'hui d'attirer un maximum d'investissements directs étrangers, dans le secteur du tourisme déjà bien développé, mais pas seulement. 'Sur les six à neuf derniers mois depuis l'entrée de la Croatie dans l'Union, plusieurs entreprises européennes ont décidé de créer de nouvelles activités dans le pays', souligne de son côté, Damir Novinic, directeur général d'Aik-Invest. Autre perspective réjouissante pour la Croatie : en devenant Etat-membre, le pays a multiplié par sept ses possibilités d'accès aux fonds européens même s'ils ne seront disponibles que prochainement. Cette manne représente un potentiel d'un milliard et demi d'euros - soit deux points de PIB supplémentaires - par an jusqu'en 2020. Pour avoir un éclairage plus large, nous avons rencontré Boris Vujcic. Gouverneur de la Banque nationale croate, il a participé aux négociations d'adhésion de son pays sur les questions de fiscalité et de finances. Face aux évolutions demandées par l'Union, Boris Vujcic reconnaît qu''il y a eu des malentendus et des différences de points de vue avec Bruxelles, mais nous avons dû faire encore plus d'efforts pour expliquer à nos concitoyens que des changements étaient nécessaires, pourquoi ils devaient être faits dans un certain délai et au final, pourquoi les choses ne sont pas si mauvaises pour le pays contrairement à ce que l'on pouvait croire au départ', poursuit-il avant de conclure : 'nous n'avions pas d'autre alternative valable que d'adhérer : quand on est un petit pays aux frontières d'une Union européenne aussi vaste, l'adhésion a du sens et je pense que d'autres pays candidats sont sensiblement dans la même logique'. Parmi ces candidats, il y a la Serbie par exemple. Belgrade a officiellement entamé les négociations d'adhésion au début de l'année. Les réformes structurelles qui lui sont demandées concernent la gouvernance économique ou encore la réconciliation avec ses voisins. D'ailleurs, l'ouverture des négociations a été rendue possible par les accords signés à Bruxelles en avril 2013. Ainsi, Belgrade ne reconnaît toujours pas l'indépendance du Kosovo, mais les relations avec Pristina sont normalisées. D'un point de vue pratique, les négociations sont divisées en 35 chapitres pour les 35 règles de droit communautaire. Aujourd'hui, pour environ la moitié des chapitres, la première phase d'examen analytique est achevée ou en cours. Elle sera suivie de l'étape décisive de vérification que les réformes demandées sont effectivement mises en oeuvre. Bruxelles et Belgrade devront encore trouver un terrain d'entente sur les chapitres considérés comme les plus sensibles : le pouvoir judiciaire et les droits fondamentaux, la liberté et la sécurité publique ou encore le contrôle financier. La crise économique qui frappe l'Europe a de plus poussé les instances européennes à se montrer encore plus rigoureuses concernant le respect des critères d'entrée dans l'Union. Pour autant, d'après Branko Ruzic, ancien ministre serbe en charge de l'adhésion, 'pour la Serbie et pour tous les autres pays de la région, c'est une bonne chose parce qu'on doit être très pragmatique et voir où est notre intérêt', indique-t-il, 'des critères plus stricts nous préparent encore mieux à tous les défis qui nous attendent'.
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25 millions d'euros pour l'éducation et l'apprentissage en Moldavie. C'est qui figure dans cet accord signé par le Premier ministre moldave en visite à Bruxelles. Mais il est surtout venu chercher le soutien à une adhésion future. Objectif 2019. Un accord d'Association sera signé fin juin. L'occasion pour lui de faire un appel du pied à la région séparatiste de l'Est de la Moldavie. ' Une Moldavie plus européenne nous rendrait beaucoup plus attractifs pour ceux qui vivent de l'autre côté du Dniestr, autrement dit dans la région de Transnistrie, et les convaincrait qu'une Moldavie européenne est la réponse aux besoins et aux aspirations non seulement des citoyens qui vivent sur la rive droite mais aussi de ceux qui vivent sur la rive gauche. ' Soutenue par la Russie qui y a déployé 1500 hommes, la Transnistrie a proclamé son indépendance en 1990 mais elle n'est pas reconnue par la communauté internationale. Une situation qui n'est pas sans rappeler la crise ukrainienne. L'Ukraine avait tout comme la Moldavie prévu de signer un accord d'association avec l'Union européenne avant de se rétracter sous la pression russe.
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Il y a dix ans, les Hongrois fêtaient l'adhésion de leur pays à l'Union européenne. Et s'ils n'ont pas trouvé la terre promise dont ils rêvaient, rejoindre la famille européenne leur a...
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Joanna de Varsovie : 'Le premier mai 2004, dix pays du centre, de l'est et du sud-est de l'Europe entraient dans l'Union. Dix ans plus tard, comment jugez-vous les resultats de cet elargissement...
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