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2016 s'annonce comme une nouvelle année record pour le tourisme en Grèce, préférée à la Turquie du fait du risque terroriste. Le pays pourrait égaler voire dépasser le record de 2015, avec 23,6 millions d'arrivées. Une manne dont certains pourraient cependant ne pas voir la couleur. Clivage est/ouest Car toutes les îles ne sont pas logées à la même enseigne. La crise migratoire a créé un clivage est/ouest. Ainsi, en ce début d'été, si les îles de l'ouest affichent complet, celles de l'est, où ont déferlé des vagues de réfugiés, guêtent la clientèle. C'est particulièrement vrai de Lesbos, Samos, Chios and Kos, proches des côtes turques. Mais ça l'est aussi d'Egine, une petite île proche d'Athènes. Pour y parvenir, il faut prendre un bateau dans le port du Pirée, dont les images du camp de réfugiés ont fait le tour du monde. L'accord entre l'Union européenne et la Turquie a certes endigué le flux migratoire, mais il est intervenu trop tard pour sauver la saison. Crise migratoire et conséquences Manolis Leousis tient un restaurant à Agia Marina, à Egine. 'Je pense que cette année va être problématique. Les étrangers nous disent clairement qu'ils ne veulent pas se retrouver à regarder des réfugiés errer ici ou là, de plage en plage et de port en port. Ils sont déjà extrêmement exposés à la crise des réfugiés dans leurs pays, les Autrichiens, les Allemands, les Suédois...' confie-t-il. En mer Egée orientale, les professionnels du secteur parlent d'une chute de 50% de la fréquentation sur un an. Déjà étranglés par la hausse de la TVA et de la taxe de séjour, les hôteliers redoutent le pire. C'est le cas de Thomas Haldaios. 'Il n'y avait pas âme qui vive dans mon hôtel hier. Alors j'ai fermé. Pas un seul client. Pas un seul... Comment vais-je y arriver ? Il ne reste que le mois d'août, avec 15 à 25 jours travaillés. Est-ce que mon hôtel pourra survivre ? Est-ce que l'entreprise pourra couvrir les dépenses de toute l'année ? C'est impossible ! Les calculs nous condamnent à mettre la clé sous la porte,' conclut-il. Brexit et conséquences A cela s'ajoutent les incertitudes liées au Brexit. La Grèce craint de perdre sa clientèle britannique, soit plus de 10% de ses touristes étrangers, deuxième nationalité représentée derrière les Allemands. 'Le Brexit va bouleverser les projets de voyage si on revient au vieux système des visas, si la livre ne se stabilise pas contre euro, ça changera beaucoup de choses pour beaucoup de gens. En ce moment, c'est le chaos absolu, personne ne peut vous donner une réponse claire,' admet une touriste britannique rencontrée à Egine. D'autant que les Britanniques sont connus pour être dépensiers : en 2015, ils ont contribué à hauteur de 14% aux revenus du tourisme. Un secteur qui embauche 401.000 personnes - c'est 11,3% des emplois en Grèce. Notre envoyée spéciale à Egine, Symela Touchtidou, explique que 'quand on cherche un emploi ou qu'on veut lancer son entreprise, le tourisme est un des rares secteurs à offrir un espoir de survie en Grèce. Ses performances cette année sont cruciales pour la reprise économique. Elles permettront aussi d'évaluer la résistance de l'entrepreneuriat grec aux défis qui s'accumulent.'
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Pour les banques grecques, c'est un soulagement. A compter du 29 juin, elles pourront de nouveau se refinancer à moindre coût auprès de la Banque centrale européenne, comme toutes les autres banques de la zone euro. Régime de faveur Un régime de faveur pourtant, puisque qu'elles apporteront en garantie des bons du Trésor grec classés en catégorie spéculative par les agences de notation, et donc normalement non recevables. Mais la BCE a décidé de rétablir la dérogation en vigueur de mai 2010 à février 2015 - le fameux 'waiver' - en reconnaissance des efforts d'Athènes en matière de réformes. ECB reinstates waiver for eligibility of Greek bonds used as collateral in Eurosystem monetary policy operations https://t.co/8FDSPbGPyH- ECB (@ecb) 22 juin 2016 Ce coup de pouce fait suite au versement d'un nouveau prêt de 7,5 milliards d'euros au pays cette semaine, dans le cadre du troisième plan d'aide négocié l'été dernier. Athènes espère plus Que va changer la décision de la BCE pour les entreprises et les ménages grecs ? 'A court terme, pas grand chose, nous dit notre correspondante à Athènes, Symela Touchtidou. '_Les banques utiliseront les économies dégagées pour alléger leurs dettes. Toutefois, si la BCE devait bientôt faire participer le pays à son programme de rachat de dettes publiques (assouplissement quantitatif), ce qu'espère Athènes, les Grecs verront les liquidités affluer sur le marché, à moindre coût.'
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Le tourisme souffle un vent d'optimisme sur la Grèce. Le secteur, qui représente 24% du PIB et emploie une personne sur cinq dans le pays, voit les réservations s'envoler. Au point que ses recettes pourraient croître de 20% cette année. Positive predictions for tourism linked to #Greece safety record as setegreece expects '1.5m more visitors in 2016 and 800m more receipts'- Marketing Greece (MarketingGr) 30 mai 2016 Avantage géopolitique Un succès qui ne s'explique pas uniquement par le bon rapport qualité-prix des offres. C'est ce qu'explique le chef économiste de la Fédération des entreprises grecques, Michael Massourakis : 'on n'aurait jamais imaginé recevoir plus de 14 ou 15 millions de touristes, soit la projection de 2004, année des jeux olympiques. Le fait que nous soyons à 26 millions de touristes par an n'est pas seulement lié à la capacité de la Grèce à rester compétitive. Il y a aussi, il faut le reconnaître, des raisons géopolitiques.' La Grèce bénéficie du fait que les touristes délaissent l'Egypte, la Tunisie et la Turquie, pénalisées par le risque terroriste. Mais un autre risque, fiscal celui-là, menace la Grèce. Risque fiscal Ainsi, mercredi, la TVA a doublé à 13% sur les hôtels et est passée de 13 à 24% sur l'alimentation et les boissons. Et ce n'est qu'un début. 'Nous avons amélioré de façon substantielle nos comptes publics entre 2010 et 2014. Mais de 2014 à 2016, nous avons fait, disons, du sur place. Et il nous faut poursuivre les ajustements. C'est pourquoi je dis que nous entrons dans une période encore plus dure d'austérité, le terme est encore plus approprié que pour les trois dernières années,' prévient Michael Massourakis. Hausse dès l'an prochain des taxes sur l'alcool, le tabac, le café, la téléphonie mobile, internet ; nouvelle taxe de séjour en 2018 - Les professionnels du tourisme accusent déjà Athènes d'être en train de scier sa branche de salut. Greek #Hotel Industry revolts over #VAT property and occupancy #tax hikes #Greece #Tourism https://t.co/Ae9jmlK8f5- Trending in Tourism (@TourismMarketer) 27 mai 2016
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Par sa visite, Vladimir Poutine rend la politesse à Alexis Tsipras, venu le saluer à deux reprises - en avril et en juin - l'an dernier à Moscou. Depuis, les deux hommes ont paraphé 50 accords bilatéraux. Mais elle est loin l'époque où la Russie était le premier partenaire commercial de la Grèce. Elle n'est plus que numéro 3. Le volume de leurs échanges a fondu de 34% entre 2014 et 2015 à 2,3 milliards de dollars. Du fait des sanctions européennes imposées à Moscou pour son rôle dans le conflit ukrainien d'une part, et du fait de l'embargo russe imposé en représailles sur les produits frais européens - notamment sur les olives et la Feta grecques. La chute des cours du brut a aussi joué sur les chiffres, puisque les hydrocarbures représentent 85% des exportations russes vers la Grèce. Certes, Moscou a suspendu son projet de gazoduc Turkish Stream via la Grèce, mais les investissements directs russes dans le pays atteignaient tout de même 653 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2015. La Grèce est enfin la troisième destination préférée des touristes russes, même si la dépréciation du rouble a fait chuter leur nombre de moitié en un an.
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La Grèce est une nouvelle fois à l'ordre du jour de la réunion à Bruxelles des ministres des Finances de la zone euro. Athènes a adopté les réformes réclamées par ses créanciers et attend donc une nouvelle tranche d'aide. La question est de savoir quel sera le montant de cette enveloppe. Les autres enjeux de la rencontre concernent la participation du FMI, le Fond monétaire international, à ce plan d'aide et un éventuel allègement de la dette grecque. Mais à son arrivée le président de l'Eurogroupe a immédiatement fixé les limites, " il n'y aura pas de décote de la dette grecque ". Jeroen Dijsselbloem estime aussi que l'intervention du FMI au plan est essentielle. En échange de sa participation l'institution internationale demande cependant la mise en oeuvre d'un allègement substantiel de la dette grecque. Mais cette solution est rejetée par certains États membres et en particulier l'Allemagne.
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L'austérité est une fois de plus au menu du parlement grec. Les députés doivent se prononcer dimanche sur une série de mesures complémentaires exigées par les créanciers internationaux d'Athènes en contrepartie du versement d'une nouvelle tranche d'aide. Hausses d'impôts Le texte présenté ce mercredi par le gouvernement d'Alexis Tsipras prévoit une hausse de la TVA de 23 à 24%, une augmentation des taxes sur les carburants, le tabac et l'alcool, mais aussi, en vrac sur les paris, l'internet et le câble. En revanche, l'élaboration du mécanisme de contingence est toujours en cours. Il s'agit des mesures d'austérité supplémentaires qui seront appliquées si la Grèce ne parvient pas à dégager un excédent budgétaire primaire de 3,5% du PIB en 2018. Contre la montre Athènes doit présenter ce mécanisme aux ministres des finances de la zone euro mardi 24 mai à Bruxelles. Comme convenu avec l'Eurogroupe le 9 mai dernier, il est la condition à la renégociation de la dette grecque. Pour le gouvernement grec, qui espère un été calme, c'est le dernier test. Boucler l'évaluation et le versement de la prochaine tranche d'aide est le minimum requis pour remettre l'économie grecque sur le chemin de la croissance. Toutefois, beaucoup notent la contradiction : les nouvelles mesures, en particulier la hausse massive des taxes, vont priver le pays de l'oxygène indispensable à sa croissance.
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Le gouvernement Tsipras affichait son optimisme au lendemain de la réunion de l'Eurogroupe quant au versement d'une nouvelle tranche d'aide de 5 milliards d'euros d'ici fin mai. Ce lundi à Bruxelles, Athènes s'est engagé auprès de ses créanciers internationaux sur un mécanisme dit de contingence : si la Grèce rate ses objectifs en 2018, des mesures d'austérité seront automatiquement appliquées. Un moindre risque, selon Alexis Tsipras. 'Nous avons rempli nos obligations, vis-à-vis de nos créanciers comme des Grecs, puisque nous appliquons l'accord avec autant de flexibilité que possible dans le but de protéger la société,' a commenté le Premier ministre. La Grèce a impérativement besoin de l'aide internationale pour honorer ses échéances de l'été. Athènes détaillera ce mécanisme lors de la réunion de l'Eurogroupe du 24 mai. Ce mardi au parlement de Strasbourg, le Commissaire européen aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a vanté l'arrangement trouvé. 'Il y avait un deuxième bloc dans nos discussions d'hier et des semaines précédentes qui était la nécessité de trouver un accord sur un mécanisme de contingence. Ce mécanisme remplit les critères fixés par l'Eurogroupe à Amsterdam il y a deux semaines, à savoir qu'il sera objectif, qu'il sera légiféré en amont, qu'il sera crédible et automatique,' a-t-il précisé. Mais pour l'opposition grecque, l'objectif à atteindre - un excédent budgétaire primaire, soit avant paiement des intérêts de la dette, de 3,5% du PIB - est bien trop ambitieux. 'Ce mécanisme entrera forcément en vigueur,' estime l'ancien secrétaire général des recettes publiques, Harry Theoharis. 'Nous allons forcément rater nos objectifs. Il aurait dû être introduit dès le début.' Et de prévenir : 'Les fonctionnaires et les retraités seront directement affectés par les baisses de salaires et des retraites.'
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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras affirme sur notre antenne que son pays est sur le point de sortir de la crise, et que c'est la fin des mesures d'austérité qui feraient reculer son pays. Les pourparlers entre la Grèce et les bailleurs de fonds internationaux sont actuellement en cours à Athènes, pour trouver un accord sur une nouvelle tranche de prêts d'un montant de 86 milliards d'euros sur 3 ans. Selon la Commission européenne et Eurostat, qui produit les statistiques officielles de l'Union européenne : en 2015 le pays a dégagé un excédent budgétaire primaire supérieur aux objectifs fixés par ses créanciers, L'excédent était de 0,7% du produit intérieur brut (PIB) l'an dernier, alors que l'objectif était de 0,25%. Pour le gouvernement grec, il est donc inutile d'intensifier les mesures d'austérité, comme le préconisent encore les créanciers d'Athènes et le Fonds monétaire international (FMI). Ils exigent toujours que le pays dégage un excédent primaire de 3,5% du PIB en 2018 et au-delà. Le FMI juge cet objectif irréaliste avant plusieurs décennies. Un accord est donc encore très difficile, à une journée de la réunion de l'Eurogroupe. Interview exclusive : Alexis Tsipras, premier ministre grec Stamatis Giannisis, euronews : Monsieur le Premier ministre, les données publiées par Eurostat sur les performances de l'économie grecque sont meilleures que prévues, mais il vous reste un long chemin à parcourir. Comment évaluez-vous ces résultats ? Alexis Tsipras, premier ministre grec : La performance de la politique budgétaire de la Grèce a dépassé toutes les attentes en 2015 et n'oubliez pas combien cette année a été difficile. Il y a eu deux scrutins législatifs, un référendum, la fermeture des banques et aussi une crise migratoire sans précédent dont le poids a pesé presque exclusivement sur les épaules de la Grèce. En dépit de tout cela, que nous dit Eurostat ? Que nous avons dégagé un excédent primaire de 0,7% au lieu d'un déficit primaire de 0,25%. Cela veut dire que nous avons surpassé l'objectif du programme d'environ 1%. N'oublions pas qu'au même moment, le FMI nous prédisait un déficit d'1% ou de 0,6%. Nous avons dépassé les prévisions du FMI de 2,3 milliards d'euros. Et ce, sur une année difficile. Ce n'est pas le fruit du hasard, mais celui d'un travail guidé par notre vision, notre patience et notre persistance. Nous avons maîtrisé nos dépenses, nous avons donné un bol d'oxygène à l'économie en exploitant le Cadre de référence stratégique national de l'Union européenne, qui a injecté plus de cinq milliards d'euros dans l'économie grecque. Et la Grèce a pour la première fois été le premier pays de l'Union en termes d'absorption des fonds structurels. Nous avons également eu un excellent bilan dans le secteur du tourisme, nous avons dépassé nos objectifs de rentrées fiscales de 2 milliards et nous avons réduit le chômage d'1,5%. Cet ajustement fiscal non agressif centré sur la protection des plus faibles et des bas et moyens revenus, de même que sur la protection de nos systèmes de santé et d'éducation, est en train de porter ses fruits. Et l'économie grecque est à présent au seuil de la reprise. Les prophéties des ' Cassandre ' des temps modernes qui nous accusaient de détruire l'économie par nos négociations ont été glorieusement démenties. L'heure est à présent aux bonnes décisions. Stamatis Giannisis, euronews : Avez-vous le sentiment que ce développement va permettre de lancer les discussions sur un allègement de la dette ? Alexis Tsipras, premier ministre grec : J'ai le sentiment, en ce moment précis où se dégage le tableau d'une économie grecque en passe de sortir de la crise, que nous devons tous prendre les bonnes décisions. Cela veut dire que la Grèce est dans la dernière ligne droite et a besoin d'un coup de pouce en avant, pas en arrière. Il est dès lors nécessaire que ceux qui ont commis des erreurs grossières en faisant de mauvais choix et de mauvaises prévisions, ne soient pas autorisés à répéter les mêmes erreurs, une fois plus. La Grèce a un excédent primaire de 0,7%, c'est 1% de plus que l'objectif visé, et elle n'a pas besoin de mesures d'austérité supplémentaires. Ce dont la Grèce a besoin, c'est d'un allègement de sa dette pour faire redécoller son économie, regagner la confiance des investisseurs et renouer avec la croissance, enfin. A ce stade critique, nous ne devons en aucune façon permettre à certains de replonger le pays dans les ténèbres de la récession. Nous devons aller de l'avant et surmonter la crise, pour de bon. Stamatis Giannisis, euronews : Pensez-vous que votre courte majorité parlementaire - trois députés - suffira à faire passer toutes les mesures d'austérité qu'il vous faut faire valider par la chambre ? Alexis Tsipras, premier ministre grec : Pour la première fois en Grèce, un gouvernement a reçu un mandat pour appliquer un accord difficile, juste après la conclusion de cet accord et pas avant. Pour la première fois, les Grecs savaient ce qui était sur la table et c'est pourquoi il n'y a aucun problème quant à l'application de cet accord. C'est pourquoi nous insistons sur le contenu de l'accord et nous ne demandons rien de plus, ni rien de moins. L'accord sera honoré. Le pays sortira de la crise et notre majorité parlementaire sera suffisante tant que nous ne laisserons pas certains ajouter des fardeaux supplémentaires à ceux déjà prévus par l'accord. Et ils n'ont certainement aucune excuse pour insister sur ce point parce que les résultats, les chiffres et la réalité elle-même, les contredisent.
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La récession appelée à s'accentuer en Grèce cette année selon la Fondation grecque pour la recherche économique et industrielle. Ses experts s'attendent à ce que l'économie du pays se contracte d'1% cette année, près de deux fois plus que redouté par le Fonds monétaire international. Un rebond pourrait survenir au deuxième semestre, si la nouvelle tranche d'aide internationale est débloquée et si la reprise de l'investissement se confirme. Le groupe de recherche estime toutefois que plus d'austérité aurait un impact négatif sur la consommation et l'emploi.
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Isabelle Kumar, euronews Il y a beaucoup de mouvements qui dénigrent l'Union européenne, de groupements politiques de droite mais aussi de gauche. En quoi DIEM25 est-il différent ? La démocratie au coeur de DIEM25 Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Ce n'est pas un mouvement qui dénigre l'Europe, c'est un mouvement qui a pour but de sauver l'Union européenne d'elle-même ! Elle se désintègre partout où nous regardons, le long des frontières; nous avons de nouvelles frontières, de nouvelles barrières, de nouvelles demandes pour des obstacles électrifiés à la liberté de mouvement, il y a de nouvelles divisions qui surgissent dans l'esprit des gens, des gouvernements qui se replient sur eux-mêmes et qui sont hostiles à l'idée de solidarité dans l'Union européenne. Nous avons une zone euro qui se désintègre très rapidement. euronews Ce qui m'amène à cette question : nous avons demandé aux internautes de nous envoyer des questions pour cet entretien et Jefferson Mattewa demande: 'Comment envisagez-vous l'avenir de l'Union européenne ? Que se passera-t-il dans 10 ans si rien ne change ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances L'Union européenne n'existera pas, ce sera une sorte de version burlesque de l'Union soviétique. Heureusement, l'Union européenne est encore le royaume de la liberté individuelle, il n'y a pas de KGB ou de goulag. Mais il y a des similitudes et ce n'est pas rassurant. Rappelez-vous, l'Union soviétique était une entité économiquement non viable qui a été maintenue grâce à une volonté politique et l'autoritarisme. Plus vous maintenez ensemble une grande entité, une entité multi-nationale qui ne peut pas survivre, et que vous le faites de force, plus vous vous rapprochez d'une implosion, et les coûts de cette implosion sont extrêmement élevés. C'est notre grande crainte. euronews C'est un peu extrême non ? Ne craignez-vous pas de perdre des soutiens en ayant un tel point de vue ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Parfois, vous avez besoin d'exagérer pour défendre un point de vue. Evidemment, il y a une exagération ici, mais ce n'est pas du tout extrême. Toutes les décisions importantes ont été transférées au niveau de Bruxelles et de Francfort, la Commision européenne, la Banque centrale européenne, le Mécanisme européen de stabilité, c'est une zone totalement exempte de démocratie. euronews Peut-il y avoir débat sur ce point ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances C'est bien pour cela que nous avons cette discussion. Mais je suis certain que si vous aviez été avec moi à l'époque où j'avais ces réunions, vous auriez été d'accord avec moi. Il y a un mépris de la démocratie, un mépris. Transparence sur les négociations de sauvetage financier euronews Vous avez dit que vous auriez aimé que ces réunions à huis clos soient filmées. Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Absolument. euronews Et si elles l'avaient été, si ces réunions tendues durant l'été avait été filmées, pensez-vous que l'histoire aurait pris un tout autre chemin ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Oui. euronews Pourquoi? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Permettez-moi de le dire ainsi. J'ai entendu des ministres et des hauts fonctionnaires dire certaines choses qui n'auraient jamais été exprimées si les gens qui leur ont permis d'accéder là où ils sont, qui paient leurs salaires, qui votent pour eux, étaient en train de les regarder et de les écouter. euronews Donnez-moi un exemple, un exemple concret. Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances D'accord. Le 25 juin 2015 - je représentais alors la Grèce en tant que ministre des Finances- on m'a présenté un ultimatum de la troïka concernant la politique budgétaire que nous devrions accepter, les réformes, le modèle de financement etc. J'ai commencé à discuter avec le chef de la BCE, avec le ministre allemand des Finances, avec la patronne du FMI, et bien tous les trois ont avoué, et j'utilise ce mot sciemment, ils ont avoué que ce programme n'avait aucune chance. Je peux vous assurer qu'on ne m'aurait pas posé d'ultimatum, si nos électeurs, si l'opinion publique partout dans le monde, si vous, en tant que journaliste, vous aviez suivi cette réunion en direct. euronews Ils disent qu'ils étaient prêts à un compromis, que vous avez essayé de les retenir de force avec le référendum, qu'un compromis était très proche. Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances N'est-ce pas la meilleure raison qui rend pertinent notre appel à diffuser en direct ces réunions ? Pourquoi nos électeurs ne pourraient-ils pas suivre en temps réel ce que nous disons ? euronews Avez-vous enregistré ces réunions ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Je suis très fier de l'avoir fait, et n'importe qui peut me défier s'il le souhaite. La première réunion a duré 10 heures, et je peux vous assurer que je suis sorti de celle-ci dans le brouillard, étourdi, extrêmement épuisé et stressé. Ce sont des moments très stressants. Je devais rendre compte des discussions à mon Premier ministre, à mon cabinet, à mon parlement et au public européen. J'ai donc demandé à ma secrétaire une transcription des débats et elle m'a répondu qu'il n'y en avait pas ! Ni transcriptions, ni compte-rendus : il n'y a aucune trace de ce qui avait été dit. J'ai répondu quoi ??? Quand j'ai compris que c'était vrai, j'étais abasourdi. C'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à enregistrer en utilisant mon téléphone, pour mes dossiers personnels. euronews Allez-vous divulger ces enregistrements ? Yánis Varoufákis Non, je ne l'ai jamais fait. Les seules informations que vous avez de ces réunions proviennent de sms et de diverses fuites dans le Financial Times, de gens qui étaient présents. Ce n'est pas une façon de faire fonctionner une démocratie. Ce n'est pas une manière de diriger un organe décisionnel, dont les décisions détermineront l'avenir de millions, de centaines de millions d'Européens . euronews Revenons à votre mouvement DIEM25 car, fondamentalement, vous voulez être un mouvement pluripartite dans lequel vous aurez le soutien de la gauche et la droite. Étant donné que vous êtes associé à la gauche radicale, comment allez vous faire ? Yánis Varoufákis Revenons en 1930. Un an auparavant, Wall Street s'effondrait. Vous savez ce qui s'est passé ensuite en Europe. La monnaie commune de l'époque a commencé à se fragmenter. C'était l'étalon-or, c'est l'euro aujourd'hui. Et très peu de temps après, les Européens ont commencé à se dresser les uns contre les autres avec des résultats catastrophiques. Je pense - nous sommes sans doute tous d'accord - que le devoir des démocrates à l'époque était de s'unir, de mettre de côté leurs différences - qu'ils soient pro-marché, pro-imposition, contre, de gauche, de droite, les choses habituelles - et d'arrêter de glisser vers l'abîme qui est venu plus tard, menant à la Seconde guerre mondiale. Je pense que nous sommes dans la même situation. euronews Pensez-vous que vous êtes la bonne personne pour diriger ce parti ? Yánis Varoufákis Peut-être pas. Pourquoi quelqu'un d'autre ne le fait-il pas ? J'adorerais suivre une autre personne. euronews Je voudrais vous poser une autre question issue de nos réseaux sociaux, elle vient de quelqu'un se faisant appeler Minotavros. Le Minotaure a posé la question mais nous avons constaté dans certains des commentaires sur les réseaux sociaux qu'il y a des réactions négatives contre vous en Grèce. Et la question du Minotaure est: 'Comment Varoufakis pourra-t-il réparer l'Europe quand il a brisé la Grèce ? ' Yánis Varoufákis Il y a une affirmation intéressante et tout à fait fausse dans la question. Si j'avais brisé la Grèce alors bien sûr je serais en prison, je serais loin d'être d'être au coeur d'un mouvement démocratique en Europe. Mais je n'ai pas brisé la Grèce, je n'ai pas ce pouvoir. La raison pour laquelle ... Au fait, vous avez dit qu'il y a des réactions violentes contre moi en Grèce. Peut-être devriez-vous regarder les sondages d'opinion . Syriza et les médias euronews Comment vous situez-vous dans les sondages ? Yánis Varoufákis Pas trop mal, pas trop mal. Même quand j'étais ministre, il y avait ce choc étonnant, cette déconnexion si vous préférez, entre les gens dans la rue, le taux de satisfaction que j'avais- le gouvernement et moi - et ce que disaient les médias. Si vous aviez été en Grèce lors du référendum, vous auriez pu voir que toutes les chaînes, tous les journaux, tout le monde nous dépeignait moi et Syriza comme Méphistophélès, comme des gens qui détruisent la Grèce. Ils mettaient en garde les Grecs en leur disant que s'ils osaient voter "non" au référendum, l'apocalypse allait arriver. Et qu'ont fait les Grecs ? Ils ont voté à 62% (NDLR :contre le plan de sauvetage et les mesures d'austérité en juillet 2015). Se confronter à l'establisment européen euronews 'C'est vrai. Revenons à la troika et aux négociations. Vous étiez contre certains des hommes politiques les plus expérimentés, des économistes que l'Europe connaît. Vous êtes- vous jamais senti dépassé lors de ces négociations ? *Yánis Varoufákis * Je me serais senti dépassé si leurs états de service étaient à la hauteur. Jamais auparavant le FMI n'était allé dans un pays pendant cinq ans, en collaboration avec la Banque centrale européenne et tous ces merveilleux experts entre guillemets. Et le résultat a été 30% de perte du revenu national, l'augmentation du chômage de huit à 28%, l'effondrement complet du système bancaire, de l'argent emprunté aux contribuables européens, 50 milliards qui ont été donnés aux banques : le résultat étant que les banques étaient encore en faillite. Ce fut une catastrophe totale. Ces personnes, quand je les ai confrontées, et je l'ai fait avec un immense respect, mais néanmoins je ne pouvais pas être respectueux du programme qu'elles avaient préconisé. Isabelle Kumar, euronews Est-ce vrai que vous avez failli vous battre avec le président de l'Eurogroupe ? Yánis Varoufákis C'est totalement faux. euronews Totalement faux ? Yánis Varoufákis Evidemment c'est totalement faux. Nous avons eu des désaccords. Il y a eu un moment où nous avons tous les deux légèrement haussé le ton, ça n'a duré que quelques secondes. Je souhaite vraiment qu'il y ait des caméras partout lors de ces réunions, ainsi, vous n'aurez plus à dépendre de ce que je dis, de ce que les disent les autres, et des fuites. La Maison Blanche est entièrement connectée. Au musée Lyndon Johnson, le musée présidentiel à Austin au Texas, à la bibliothèque présidentielle de George W. Bush vous pouvez entendre toutes les conversations qui ont eu lieu. C'est fantastique. Pourquoi ? Parce que cela signifie que nous, représentants du peuple, nous pourrions toujours agir sous le contrôle de leur regard. Et c'est crucial ! Nous n'avons pas cela en Europe, nous devrions l'avoir !! A propos de sa démission euronews Il y a beaucoup d'interrogations et l'une d'elles est évidemment, êtes-vous parti de votre propre chef ? Avez-vous été poussé dehors par la troïka, par le Premier ministre Alexis Tsipras ? Que s'est-il passé ? Yánis Varoufákis 'Eh bien, il y a plusieurs niveaux de réponse correcte. La réponse rapide c'est que j'ai démissionné. On m'a invité à rester au sein du gouvernement - mais je ne pouvais pas le faire alors que j'étais totalement en désaccord avec la conversion du" non " en "oui" le jour où c'est arrivé. La troïka était clairement très désireuse de me marginaliser et de me voir poussé hors du gouvernement, et ce, pour une raison très simple qui n'était pas personnelle. Maintenant, c'est peut être quelque chose que notre public ne sait pas, que ces accords de sauvetage de la zone euro ont été signés par le ministre des Finances, et non pas par le Premier ministre, ni le président, ni par Dieu et ses anges, mais bien par le ministre des Finances. Ils savaient donc que je ne signerais pas, j'étais un obstacle sur le chemin de la poursuite de la crise et du paraître. L'extension de la crise dans l'avenir en prétendant que nous l'avions résolu avec un autre prêt insoutenable. Et si c'était à refaire ? euronews Une autre question à présent, d'Elias Toumasatos, qui dit : 'Si vous aviez une seconde chance en tant que ministre des Finances, que feriez-vous différemment ? Yánis Varoufákis J'aimerais poser une question avant de répondre à celle-ci. Aurais-je du recul ? Saurais-je ce qui est arrivé? Parce que bien sûr, avec le recul, vous faites les choses totalement différemment. *euronews * 'Avec le recul. Disons que vous avez vu comment les choses se sont passées. Qu'auriez-vous fait différemment?' Yánis Varoufákis C'est une question très difficile. Mon premier dilemme serait de savoir si je me présente aux élections et si je me présente pour devenir ministre. Le second dilemme, si je réponds oui au premier - serait de savoir comment je gére les gens de mon ministère et du gouvernement qui ne sont pas en accord avec la stratégie que nous avions conçue. Enfin, une erreur que je reconnais - et sans doute je ne l'aurais pas fait, même sans recul - serait ma signature sur le document de demande d'extension de l'accord grec jusqu'à la fin juin. Et la raison pour laquelle je dis cela, c'est parce qu'à ce stade, j'ai la preuve évidente que la troïka n'a pas voulu honorer l'esprit de l'accord de la réunion du 20 février de l'Eurogroupe, ce qui était très important. L'économie grecque va-t-elle se redresser ? euronews Aujourd'hui, Alexis Tsipras dit que la Grèce est à un tournant, que l'économie va se développer. Yánis Varoufákis J'entends cela depuis 5 ans, 6 ans maintenant, de la bouche des nombreux Premiers ministres qui ont succombé à un programme qui a échoué. Cela n'arrivera pas, il n'y a pas de preuve de cela. Je serais le premier à me réjouir s'il y avait une preuve de cela. euronews Alors pourquoi dit-il cela ? Yánis Varoufákis Pourquoi M. Samaras a dit la même chose il y a deux ans? euronews Pour rester au pouvoir ? Syriza aujourd'hui est à la traîne dans les sondages derrière le parti de la Nouvelle Démocratie. Yánis Varoufákis C'est une combinaison d'élements. C'est un désir, nous exprimons tous des désirs, nous nous plaisons à imaginer que quelque chose va arriver parce que nous voulons que cela se produise, et il y a l'attrait du pouvoir, la tentative d'inspirer les gens par la pensée positive. Mais cela ne fonctionnera pas. Vous devez aussi changer les fondamentaux. Divisions à gauche euronews Tsipras et Syriza ont-ils abandonné leurs principes ? Yánis Varoufákis La gauche a une histoire très longue et éprouvante, faite de trahison, de boycott, de dénonciation, et même de s'envoyer les uns les autres au Goulag, vous vous en souvenez probablement. Et je suis la dernière personne qui se retrournerait contre un camarade comme Alexis et qui le dénigrerait. Nous avons des différences très fortes. Ce sont des moments difficiles mais je reste fermement sur mes positions. Et je ne dénoncerais pas ou je ne traiterais pas de tous les noms mes camarades et mes amis, même si nous sommes en désaccord et plus amis. euronews Regrettez-vous de ne plus faire partie aujourd'hui du gouvernement ? Yánis Varoufákis Non pas du tout. Parce que de toute façon, vous le voyez, tout l'intérêt d'être au gouvernement, c'est d'apporter des changements positifs, d'améliorer les choses. Si la seule condition pour rester dans un bureau ministériel c'est d'adopter des politiques qui, vous le savez, échoueront, quel est l'intéret ? Sauf si vous aimez vraiment ce travail ce qui n'est pas mon cas. ' euronews Qu'avez-vous appris sur vous-même au cours de ces mois au pouvoir ? Yánis Varoufákis Ce que j'ai appris sur moi-même ? J'ai appris que je peux être beaucoup plus calme que je ne l'avais imaginé sous un déluge de mensonges déconcertants. Cela m'a permis de confirmer que je n'apprécie pas le pouvoir. Au final, la politique est très amusante tant que l'on reste convaincu. euronews Un de mes amis m'a dit que vous étiez un grand professeur, mais un mauvais politicien, que répondez-vous à cela ? *Yánis Varoufákis Certains de mes étudiants pourraient dire le contraire. J e ne sais pas, je ne suis pas mon propre juge. Le star system est une nuisance euronews Il y a eu des discussions, car vous avez capté l'attention des médias, que vous l'appréciez ou non. Je suppose que c'est à cause de vos t-shirts moulants, parce que vous faites de la moto, vous portez des vestes en cuir. Cela vous est-il monté à la tête ? Yánis Varoufákis 'Non, pas le moins du monde. Si quelque chose était un obstacle, une distraction et une gêne, une nuisance pour moi, je tentais de faire un travail très difficile. Le moment, le jour où je me suis déplacé dans le ministère, j'ai eu une réunion au département du Trésor et on m'a dit que dans 11 ou 12 jours, l'Etat grec allait faire faillite, que nous avions à choisir soit entre payer le FMI soit payer les retraites. Lorsque vous vous trouvez dans cette situation, tout ce que vous devez faire, c'est vous mettre au travail. Alors, le star système et tout ce que vous décrivez est une nuisance importante. euronews Mais alors pourquoi apparaître dans des magazines dans votre appartement ? Yánis Varoufákis C'était une grosse erreur. Je peux vous raconter la façon dont cela s'est passé. Cela va simplement montrer à quel point je suis naïf en ce qui concerne les médias, car je n'avais jamais eu en main un exemplaire de Paris Match. Quand on m'a demandé cet interview - on m'a dit que ce serait une bonne histoire alors j'ai dit: 'Ok', je vais d'abord faire l'ITW et ensuite je regarderai l'article; s'il me convient, alors je donnerai mon feu vert. L'article était très bien. Mais je n'avais pas imaginé qu'il y aurait toutes ces photos. J'ai couru à la maison, tout avait été préparé. Je devais sortir pour rejoindre le Premier ministre 15 minutes plus tard. J'ai tout fait très vite, je n'ai pas réfléchi, c'était une grossière erreur. Il n'y a aucun doute là-dessus : c'est une des choses que je regrette. Des honoraires controversés euronews Une dernière question à propos d'un point polémique, à propos du montant facturé pour vos discours, le fait que vous facturez des honoraires astronomiques pour intervenir lors d'événements. Comment réussissez-vous à combiner cela avec vos principes de gauche ? Yánis Varoufákis Je constate avec intérêt que vous lisez les articles qui me critiquent et non pas ma réponse sur mon blog qui a été largement diffusée. Savez-vous quelle était ma réponse ? Il s'agit de faire ce que je proclame et que nous devrions tous faire: la transparence totale. Sur mon blog, j'ai listé 24 ou 25 entretiens que j'ai donnés depuis ma démission. Je montre que j'ai été payé pour trois d'entre eux. J'ai donné les chiffres, le montant pour chacun, transparence totale. Alors, pourquoi je facture mes interventions ? Préféreriez-vous que les dépenses pour mettre en place un système politique ou un mouvement politique soient issues de dons occultes provenant de sociétés ? Est-ce cela la transparence ? J'aimerais que tous les politiciens révélent leurs sources de revenus, comme je l'ai fait. Son rêve d'Europe euronews Nous avons débuté cet entretien en regardant comment l'Europe pourrait être dans 10 ans si rien ne change. S'il était possible d'avoir l'Europe que vous souhaitez voir dans 10 ans, donnez-moi un aperçu de ce que cela pourrait être. Yánis Varoufákis Que diriez-vous d'une Europe fédérale, où vous avez une Constitution que nous avons rédigé ensemble à la suite de la convocation d'une assemblée constituante - avec des représentants de cette assemblée élus au niveau pan-européen ? Ainsi les Français pourraient voter pour les Grecs ou les Allemands, ou les Finlandais pour les représenter dans cette assemblée, et vice versa. Ce serait une Europe dans laquelle nous aurions un gouvernement fédéral sur la base d'un vote par personne. La question est de savoir comment y arriver ? C'est toute la difficulté. Comment arrêter la chute libre dans laquelle nous nous trouvons ? Comment stabiliser l'économie, la politique, la géopolitique et les divisions, ou au moins arrêter le développement de nouvelles divisions - et se placer dans une posture où une prospérité partagée et un système politique partagé peuvent devenir à nouveau des rêves communs.
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Les 153 députés de la majorité, sur les 300 que compte l'Assemblée, ont voté pour ce paquet législatif très controversé. Un texte qui prévoit notamment de céder au privé les prêts non-performants, des prêts dont le retard de paiement est de 90 jours et qui plombent les banques grecques. PME et particuliers ayant hypothéqué leur résidence principale ne seront pas concernés avant deux mois. 'Ce texte offre une solution pour les prêts non-performants, en conséquent, cela permet de débloquer des liquidités et donne un fouet à l'économie, affirme le ministre des Finances George Chouliarakis. Dans le même temps, il protège les ménages et les entreprises les plus vulnérables.' Un texte violemment critiqué par l'opposition. 'Et maintenant que demandez-vous ? Que nous devenions vos complices ? Que nous votions ce que vous rejetiez ? Peut-être voulez-vous que l'on pardonne votre façon de penser, celle qui a mené le pays au point où il en est ? ', s'insurge la présidente du PASOK (Parti socialiste grec) Fofi Gennimatam. Le texte comprend également un amendement sur la rémunération des fonctionnaires et dénoncé par leur syndicat Adedy, qui déplore que les salaires soient gelés. Une centaine de fonctionnaires a défilé hier devant le Parlement pour dénoncer 'la politique de rigueur'.
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En Grèce, quatorze aéroports régionaux vont passer sous le contrôle de l'opérateur allemand Fraport. L'accord d'1,2 milliard d'euros portant sur la location et l'exploitation des infrastructures a été signé aujourd'hui. C'est la première grande privatisation depuis l'arrivée au pouvoir de Syriza, et c'est l'une des conditions exigées par les créanciers en échange du plan d'aide adopté en août. Fraport, en partenariat avec un producteur d'énergie grec, va payer pendant quarante ans environ 23 millions d'euros chaque année pour louer les aéroports, notamment ceux des hauts lieux touristiques de Corfou et de Santorin.
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Les Etats-Unis sont aux côtés de la Grèce. C'est le message adressé ce vendredi par John Kerry, en visite à Athènes, où il a notamment évoqué avec son homologue grec la question des migrants. Le chef de la diplomatie américaine a estimé que l'arrivée massive de réfugiés sur les côtes grecques était la responsabilité de tous, tout en rappelant que la solution à cette crise était de mettre fin au conflit en Syrie. 'Nous devons non seulement résoudre la crise des réfugiés, mais aussi faire tout notre possible pour encourager la prospérité, la stabilité et la sécurité dans cette région', a notamment déclaré le secrétaire d'État américain, qui plaide pour une transition politique en Syrie, en parallèle de la lutte contre le groupe État islamique.' John Kerry s'est également entretenu avec Alexis Tsipras. Il a salué les réformes économiques du Premier ministre grec et lui a assuré du soutien des Etats-Unis face à la crise économique. Enfin, le chef de la diplomatie américaine a annoncé à Athènes une nouvelle aide de 24 millions de dollars pour soutenir le HCR dans la crise des réfugiés. De notre correspondant, Stamatis Giannisis : 'La visite de John Kerry intervient alors que la Grèce cherche des solutions à la crise des migrants, tout en étant toujours aux prises avec la crise économique. Dans les deux cas, la présence à Athènes du secrétaire d'Etat américain pourrait aider le Premier ministre grec dans ses négociations avec ses partenaires européens, du moins de manière symbolique.'
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Les vacances dans six îles grecques, dont Mykonos, sont devenues aujourd'hui plus chères. Conformément aux engagements pris dans le cadre du troisième plan d'aide financière, la Grèce a supprimé les taux réduits de TVA dont ses îles bénéficient. Pour l'instant, seules Naxos, Mykonos, Santorin, Rhodes, Paros et Skhiatos sont concernées. D'autres îles suivront la même évolution en 2016 et 2017. Pour la majorité des biens, la TVA passe de 16 % à 23 %. Mais pour d'autres biens et services, comme l'hôtellerie, elle passe de 5 % à 13 %. Certains envisagent de faire peser cette hausse à la fois sur les clients et sur les propriétaires. 'Nous travaillons trois mois l'été, donc le reste du temps, quand il y a juste des locaux ici, cela aura certainement un impact sur notre chiffre d'affaires, sur la consommation. Mais nos dépenses sont les mêmes. Cela va avoir un impact négatif sur tous les commerces. Nous devons joindre les deux bouts pour les huit mois d'hiver', explique un commerçant. La hausse de la TVA concerne aussi les produits agricoles. Elle a été imposée par les créanciers d'Athènes, et le gouvernement, qui y est opposé, n'a pas exclu à l'avenir de revenir sur le dispositif, si ces rentrées fiscales le permettent.
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Le leader de Syriza est à nouveau à la tête du gouvernement grec, après la victoire de son parti aux législatives dimanche dernier. Le responsable de la gauche radicale veut s'atteler à la mise en oeuvre du troisième plan de sauvetage validé en juillet. Il veut appliquer 'rapidement' l'accord signé en juillet dernier avec les créanciers, pour qu'ils puissent finaliser une première évaluation du programme. L'objectif, engager une discussion sur la réduction de la dette, pour en obtenir la restructuration, seule solution viable à long terme selon Athènes. Mais, privé de majorité absolue, le Premier ministre devra composer avec les membres de la coalition qu'il dirige. Parmi lesquels, les souverainistes d'ANEL. Passé cette première étape, Alexis Tsipras veut ensuite garantir 'la recapitalisation des banques', pour tenter de remettre son pays sur le chemin de la croissance.
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Efi Koutsokosta, euronews : 'Il y a quelques mois, les Grecs vous ont élu parce que vous leur aviez promis de mettre un terme à l'austérité et aux plans de sauvetage. Au final, vous n'avez pas tenu vos engagements. Pourquoi devraient-ils encore vous faire confiance ?' Alexis Tsipras : 'Il y a sept mois, nous avons promis aux Grecs que nous mènerions un dur combat, que nous allions lutter, saigner pour qu'ils cessent de saigner et que nous défendrions en même temps leur droit de réclamer un changement en Europe parce que nous savons que nous appartenons à la famille européenne et qu'on ne peut pas changer les choses uniquement dans un pays. L'Europe doit changer de direction. Nous avons tenu cette promesse et les Grecs le savent.' Efi Koutsokosta : 'Et aujourd'hui ?' Alexis Tsipras : 'Aujourd'hui, nous avons un accord à mettre en place. Vous l'avez décrit comme un plan synonyme d'efforts. On savait depuis le début que tout compromis nous mènerait à un accord. Notre objectif, c'était de trouver un accord et non d'aboutir à un Grexit ou à un démantèlement de la zone euro. Aujourd'hui, pour la première fois, la restructuration de notre dette est une question qui est encore ouverte pour la Grèce. On ne discute pas de savoir si on doit alléger notre dette - on le fera après un premier état des lieux - , on discute encore de l'ampleur et de la portée de cette tâche. La Grèce ne peut être présente sur les marchés et avoir la perspective d'être attractive avec une dette qui a progressé de 120 à 180% pendant les quatre ans où une politique d'austérité sans issue a été menée.' 'La partie financière de l'accord est une grande réussite' Efi Koutsokosta : 'Mais en 2012, l'Eurogroupe n'avait-il pas indiqué que la dette serait en discussion ?' Alexis Tsipras : 'C'est exactement cela ; cela a été mentionné, mais sans engagement concret et il a été dit que quand la Grèce dégagerait des excédents primaires, des décisions seraient prises. Il y en a pas eu. Et ce n'est pas seulement dû au fait que le gouvernement précédent de M. Samaras n'a pas mis ce sujet sur la table, mais il disait aussi à tout le monde que la dette était supportable. Aujourd'hui, nous avons des alliés très puissants. Même le FMI s'exprime sur une restructuration de la dette.' Efi Koutsokosta : 'Concernant la dette, quel sera votre objectif si vous êtes à la tête du prochain gouvernement ? L'allègement fait-il toujours partie de vos propriétés ?' Alexis Tsipras : 'Tout d'abord, je crois que la partie financière de l'accord est une grande réussite à mettre au compte de notre gouvernement. Je vous rappelle que les pays du nord dont l'Allemagne ne voulaient pas discuter d'accorder une aide financière à la Grèce. Et aujourd'hui, ce n'est pas qu'une question d'aide financière, mais tous les besoins du pays sont totalement couverts jusqu'en 2019 et il s'agit de facto d'une mini-restructuration de la dette parce que pour les obligations que nous devons rembourser à la BCE et au FMI avec un taux d'intérêt de 4,5 et 3,8%, le taux est aujourd'hui d'1,5% par le biais du Mécanisme européen de stabilité financière (MESF). Donc c'est une mini-restructuration en raison de la réduction du coût des emprunts. Les fonds de nos banques seront aussi garantis dans le cadre du processus de recapitalisation d'ici la fin de l'année. Donc cela se passera avant que les programmes de sauvetage ne démarrent en 2016. Ce qui veut dire que tous les dépôts de la population grecque sont garantis.' Efi Koutsokosta : 'Vous avez dans les mains un programme qui prévoit des réformes. La Grèce et ses gouvernements successifs sont critiqués pour ne pas les avoir appliquées. Que signifie le mot 'réforme' pour vous ? Parlez-vous le même langage que vos partenaires européens ? Les privatisations et la libéralisation des professions protégées représentent-elles des réformes selon vous ? Ce sont des mesures qu'attendent les créanciers.' 'Le leadership européen est dominé par une politique néolibérale dogmatique et rude' Alexis Tsipras : 'Ecoutez, je crois que le problème qui est au coeur du leadership européen aujourd'hui, c'est qu'il est dominé par une politique néolibérale dogmatique et rude. Il est vrai que la Grèce a besoin de réformes. Mais si on parle de l'ouverture des professions protégées, je ne commencerais pas par les coiffeurs, mais par les propriétaires de médias. Si on parle du besoin de réformes, il ne s'agira pas de la liquidation des biens publics, mais de la réforme de l'Etat pour qu'il devienne plus efficace et qu'il rende service aux citoyens. Par exemple, si nous avions eu le temps et que nous n'avions pas 'hérité' du Fonds de développement des biens de la République hellénique (Taiped) - qui est une mauvaise chose -, on aurait pu épargner des biens publics comme les 14 aéroports...' Efi Koutsokosta : 'Vous allez les privatiser ?' Alexis Tsipras : '... qui amènent des retombées de 350 millions d'euros par an. En l'espace de trente ans, elles pourraient être encore plus importantes. Mais vous me parliez des privatisations.' Efi Koutsokosta : 'En particulier des aéroports parce que c'est un sujet controversé.' Alexis Tsipras respectera tous les points de l'accord, y compris la privatisation des aéroports Alexis Tsipras : 'Je ne veux éviter aucune de vos questions. Vous comprenez bien que la privatisation des aéroports était une demande. Je ne veux pas commenter pourquoi. Je suppose que tout le monde peut le comprendre. Parce qu'il y avait des intérêts particuliers en jeu. Pour autant, nous sommes des gens honnêtes et nous honorons nos engagements. Quand nous nous sommes engagés à respecter un accord, nous le mettons en pratique. Nous demandons la même chose aux autres parties : parce que l'accord peut avoir des points négatifs comme celui que j'ai déjà mentionné, mais cela veut dire aussi qu'on reviendra à la concertation collective et que nos partenaires devront respecter cela. Les licenciements collectifs vont s'arrêter et nos partenaires devront respecter cela. Le secteur de l'énergie restera sous le contrôle de l'Etat et nos partenaires devront respecter cela. Nous allons mettre fin aux mises aux enchères de résidences principales pour ceux qui ne peuvent pas payer leurs crédits et nos partenaires devront respecter cela. Nous demanderons à nos partenaires d'honorer l'accord que nous avons passé et en contre-partie, nous serons obligés de faire la même chose sur les points que nous désapprouvons. C'est tout le sens d'un accord équitable.' Efi Koutsokosta : 'Très récemment, dans son discours devant le Parlement européen, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a dit que pendant les négociations, il vous avait proposé de mettre en place des taxes sur l'activité des armateurs et que vous avez plaidé contre.' Alexis Tsipras : (Rires) 'Je rigole parce que mon ami Jean-Claude était dans une situation très difficile. Il faut rappeler que le FMI et lui ont rejetté notre proposition d'augmenter les impôts sur les bénéfices des grandes entreprises. En réalité, quand nous avons fait cette proposition - je suis au courant de ce qui se passait en coulisses -, des entrepreneurs grecs appelaient la Commission et le FMI pour faire pression parce qu'ils voulaient éviter de payer davantage d'impôts. Et en effet, à l'époque, le FMI - Mme Lagarde - nous a dit que cette mesure allait à l'encontre de la croissance et n'aidait pas. Mais en revanche, tout le monde sait bien que baisser les salaires et les pensions, c'est bon pour la croissance ! Percevoir des impôts sur les bénéfices des grandes entreprises, c'est mauvais pour la croissance ! Je crois que Jean-Claude qui voulait éviter les critiques sur ce sujet a agi en homme politique d'expérience en mettant sur la table une question qu'il savait trop difficile à résoudre. 'Mon ami' Jean-Claude Juncker On n'a pas rejetté l'idée d'une taxation qui concernerait les armateurs. Au contraire, nous lui avons expliqué que vu le contexte constitutionnel - et on ne peut pas changer la constitution du jour au lendemain -, il est extrêmement difficile d'imposer des taxes s'appliquant aux armateurs parce qu'ils ne sont pas basés en Grèce. Ils ont des sociétés installées à l'étranger et on ne peut pas leur mettre la main dessus. Donc si on veut être efficace en mettant en place des taxes sur les richesses qui échappent à notre pays, on doit changer tout le contexte institutionnel européen concernant les entreprises offshore. Et si c'est ce que nous voulons, alors ne parlons pas de la Grèce, mais du Luxembourg de M. Juncker !' Efi Koutsokosta : 'En parlant de M. Juncker, vous venez de dire qu'il est votre ami.' Alexis Tsipras : 'Oui, parce que je pense qu'il est honnête et qu'il a de bons sentiments à l'égard des Grecs.' Efi Koutsokosta : 'Qu'en est-il pour vous ? Il a eu des paroles dures vous concernant pendant les négociations.' Alexis Tsipras : 'Non, je pense que nous avons eu une relation honnête. Je l'ai critiqué moi aussi. On n'a pas le même positionnement. Il est un homme politique de droite, je suis un homme politique de gauche. Pour autant, nous avons une relation honnête.' Pour le leader de Syriza, Yánis Varoufákis avait donné le maximum Efi Koutsokosta : 'Pour revenir à l'époque de ces rudes négociations, la personnalité qui les a incarnées pendant de longs mois avant le référendum, c'était le ministre grec des Finances Yánis Varoufákis et il n'a pas voté en faveur de l'accord que vous avez ramené en Grèce par la suite. Aviez-vous fait un mauvais choix en le nommant ?' Alexis Tsipras : 'Tous les Premiers ministres ont la possibilité de choisir le ministre qui obtient les meilleurs résultats. Et c'est comme au foot quand pendant un match, un entraîneur voit qu'un joueur a donné le maximum, il le remplace ; c'est ce que j'ai fait. Au début des négociations, Yánis Varoufákis a imposé une bonne dynamique. Mais après avoir été pris pour cible par la plupart de nos partenaires européens - ils ne lui parlaient plus, il ne pouvait plus communiquer avec eux -, j'ai dû le remplacer.' Efi Koutsokosta : 'Donc vous l'avez sacrifié à cause de ça ?' Alexis Tsipras : 'Cela n'a pas été un sacrifice, mais une proposition de solution. Et nous sommes tombés d'accord là-dessus. Rien n'est figé dans le temps. Et quand je me suis rendu compte que Yánis Varoufákis ne pouvait pas ramener d'accord, qu'il ne pouvait plus communiquer avec ceux qui étaient autour de la table, je lui ai dit : 'Yánis, tu ne peux pas ramener d'accord'. Il m'a répondu : 'Oui, tu as raison. Je ne suis pas la bonne personne pour ramener un accord.' Je crois que nous nous sommes séparés en amis.' Efi Koutsokosta : 'Revenons sur ces 17 heures pendant lesquelles vous êtes restés dans cette même pièce avec les autres dirigeants européens en vue d'obtenir un accord très attendu. La presse internationale a écrit que vos partenaires vous avaient torturé, d'autres ont dit qu'ils vous avaient crucifié ? Est-ce bien ça ? Est-ce que c'est ce que vous avez ressenti ?' 'Si vous voulez que je mette un panneau 'A vendre' sur l'Acropole, dites-le moi' Alexis Tsipras : 'S'il s'agit d'une crucifixion, alors c'est une bonne chose parce qu'après vient la résurrection. Mais à présent, il est temps de parler du besoin des Grecs de ressusciter car notre pays a souffert depuis cinq ans. Ecoutez, c'était une réunion très dure. Je leur ai dit clairement que je n'allais pas quitter la réunion sans qu'ils retirent une proposition terrible qui incluait la création d'un fonds à l'extérieur du pays, à savoir au Luxembourg, dont l'objectif aurait été de brader immédiatement pour 50 milliards d'euros de biens publics - ce qui représente le quart de notre PIB - à un prix très faible parce que pendant la crise, les prix sont extrêmement bas. Je leur ai dit : 'Si vous voulez que je mette un panneau 'à vendre' sur l'Acropole, dites-le moi.' J'ai dit : 'Je ne quitte pas la réunion, mais je ne signe pas l'accord.' Ils m'ont mis de plus en plus la pression, mais le matin suivant, ils ont réalisé qu'ils devaient revenir en arrière. Et c'est ce qu'ils ont fait. Il y en a qui m'en ont voulu parce que le référendum a mis en lumière le manque de démocratie en Europe et ils me disaient : 'qu'est-ce que je devrais dire à mes électeurs s'ils me demandent pourquoi je n'organise pas de référendum moi aussi ?' et je leur ai répondu que c'était leur problème ! Parce que la démocratie, c'est la valeur suprême en Europe.' Efi Koutsokosta : 'Et que se serait-il passé au moment où vous avez fait un référendum en Grèce, si les autres gouvernements avaient fait la même chose dans leurs pays en demandant à leurs électeurs s'il fallait ou non prêter encore de l'argent à la Grèce ? Selon vous, quel aurait été le résultat ? Qu'aimeriez-vous dire aux Européens au sujet de l'aide financière qu'ils accordent à la Grèce ?' Alexis Tsipras : 'Si vous pensez que la démocratie est le socle sur lequel l'Europe doit être construite, alors je dirais : 'Pourquoi pas ?' Que l'on laisse organiser des référendums un peu partout. Mais pas seulement au sujet d'un seul pays, mais au sujet de la direction de l'Europe. Lors de ces référendums, on devrait demander aux électeurs s'ils pensent que l'austérité est la seule voie possible ou s'il nous faut des politiques alternatives. 'Les Européens ont changé de vision sur les Grecs' La Grèce était dans l'oeil du cyclone. Il ne faut pas blâmer le peuple grec pour cela. Et au cours de ces négociations, nous avons réussi à changer la manière dont l'opinion publique européenne voit la population grecque. Avant, les Européens disaient souvent que les Grecs étaient paresseux et qu'ils voulaient vivre au-dessus de leurs moyens. Ils ont changé de vision et aujourd'hui, ils se disent surtout que la population grecque a été injustement torturée et a payé le prix de mauvais choix politiques et des erreurs de ses précédents gouvernements. Maintenant, il faut que nous allions de l'avant en rompant avec le passé.' Efi Koutsokosta : 'Est-ce que vous avez regretté d'avoir organisé un référendum à ce moment-là ?' Alexis Tsipras : 'Non, pas du tout. Si les électeurs grecs n'avaient pas participé à ce processus de négociations, nous aurions dû accepter des mesures très dures sans obtenir aucun financement. Nous aurions été dans une nouvelle impasse d'ici trois à cinq mois. Le référendum, c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, nous sommes en vie et capables de lutter et nous représentons un exemple pour les autres populations d'Europe. Si Syriza gagne - et c'est sûr que nous allons gagner - et si nous gagnons avec une forte majorité, le message que nous adresserons à l'Europe, ce ne sera pas que le gouvernement de Syriza a échoué, mais qu'il est debout et qu'il veut que l'Europe prenne une nouvelle direction. Et ce message sera très fort.' Efi Koutsokosta : 'La crise des réfugiés est une autre crise qui touche la Grèce. Toute l'Europe est concernée et Angela Merkel a estimé qu'elle est encore pire que la crise grecque. M. Tsipras, votre gouvernement a été critiqué pour ne pas avoir fait ce qu'il aurait dû, à savoir de demander à l'Union européenne de prendre les mesures nécessaires. Acceptez-vous cette critique ?' Alexis Tsipras : 'C'est un argument utilisé par nos opposants grecs dont la position sur la crise des réfugiés est inacceptable. Je ne parlerai pas de ce que nous avons fait en tant que gouvernement, mais je dirais que le précédent gouvernement n'avait rien fait. Crise des réfugiés : Alexis Tsipras condamne l'attitude de l'opposition grecque Ils nous accusent d'ouvrir les frontières et d'inviter les réfugiés à venir en Grèce. C'est comme s'ils vivaient sous cloche, comme s'ils ne savaient pas que jusqu'à maintenant, 800.000 réfugiés sont arrivés en Europe, comme s'ils ne comprenaient pas qu'il s'agit d'une crise mondiale qui a coïncidé avec le changement politique en Grèce. Mais ce n'est pas nous qui avons invité les réfugiés à venir en Grèce et ce n'est pas non plus Angela Merkel qui les a invité en Allemagne où il y aura environ 800.000 réfugiés d'ici la fin de l'année. Donc sur ce sujet, il y a une hypocrisie immense et très profonde du côté conservateur et populiste du paysage politique grec dont fait partie Nouvelle Démocratie. Et malheureusement, j'inclus aussi des partis qui appartiennent au groupe socialiste au Parlement européen et je dis 'malheureusement' parce que les sociaux-démocrates européens ne pensent pas comme nous, en particulier le parti centriste To Potami qui a la position la plus populiste sur le sujet - pour des raisons électoralistes - et qui du coup, est d'accord avec Aube dorée sur cette question des migrants.' Efi Koutsokosta : 'A propos des élections, dans les sondages, jusqu'à présent, Syriza arrive en tête, mais n'obtient pas de majorité absolue. Avec qui allez-vous faire alliance, en particulier si les Grecs indépendants - votre ancien partenaire de droite nationaliste - ne siègent pas dans le prochain Parlement ?' Alexis Tsipras : 'Lors des élections de janvier 2015, une grande majorité de Grecs voulaient voter pour nous, mais n'ont pas osé parce qu'ils ont eu peur de ce que disaient nos opposants à savoir que nous avions un programme secret et que nous voulions faire sortir le pays de la zone euro. Donc il nous a manqué deux sièges pour avoir la majorité absolue. Aujourd'hui, personne dans le pays ne peut nous accuser d'avoir un programme secret parce que nous avons prouvé que dans les situations critiques, nous avons assumé le coût et la responsabilité de maintenir le pays en Europe et d'éviter une catastrophe économique encore plus grave. Aujourd'hui, ces points-là ne sont plus en débat et nous avons véritablement de bonnes chances de remporter les deux sièges que nous souhaitons obtenir. Syriza sera sûrement le premier parti politique dans notre pays et je crois que la majorité absolue est un objectif totalement atteignable. Même si nous l'obtenons, nous chercherons des partenaires pour gouverner. Si nous ne l'obtenons pas, nous aurons notre programme, notre plan et il y aura toujours des partis ou des députés qui ne voudront pas prendre le risque de nouvelles élections. Donc je suis presque sûr qu'après le 20 septembre, dans les jours qui suivront, nous aurons un gouvernement qui poursuivra l'immense effort que nous avons enclenché le 25 janvier.' 'La récession sera terminée au cours du premier semestre 2016' Efi Koutsokosta : 'Quel est votre objectif prioritaire pour les quatre prochaines années dans l'éventualité où vous formiez un nouveau gouvernement ? Que ferez-vous ? Où voulez-vous emmener le pays et quelle est votre vision pour les dix prochaines années ? A quoi ressemblera la Grèce à terme ?' Alexis Tsipras : 'Dans quatre ans, le pays sera différent. Je crois que cet état transitoire de récession sera terminé au cours du premier semestre 2016. Nous en aurons fini avec les conséquences du contrôle des capitaux, la croissance sera de retour à la condition que nous obtenions une issue positive lors des négociations sur la dette. D'après moi, il est tout-à-fait réalisable que - si ce n'est pas pour fin 2016, alors pour début 2017 - notre pays soit de retour sur les marchés et que nous n'ayons plus besoin de prêts, de supervision et de subir cette situation difficile que nous avons vécue ces dernières années. Et bien sûr, il nous revient à nous de tourner la page du passé, d'éliminer et de détruire les sources de corruption qui nous paralysent.' Efi Koutsokosta : 'Qu'est-ce qui vous empêche de dormir la nuit quand vous êtes chez vous, seul avec vos pensées ? Qu'est-ce qui vous inquiète le plus ?' Alexis Tsipras : 'Maintenant, vous voulez que je me confie. C'est vrai que nous avons traversé des moments de grande angoisse. De nombreuses fois, j'éprouvais une telle inquiétude de savoir si le lendemain matin, le pays serait encore capable d'être debout, si les banques et notre économie seraient encore capables d'être debout. Et j'ai pris des décisions difficiles - qui avaient un coût -, mais toujours avec la conscience tranquille. Et de ce point de vue, je suis content parce que si j'avais du mal à trouver le sommeil, ça n'avait rien à voir avec ma conscience, mais avec la difficulté objective de savoir si les salaires allaient être payés, si les banques allaient être renforcées et si la stabilité économique et sociale allait être rétablie. Et je crois que les Grecs peuvent s'en rendre compte. Les Grecs avec calme et dignité ont réussi à supporter les difficultés. Et ils peuvent voir dans les yeux des hommes politiques, ceux qui leur mentent et ceux qui leur disent la vérité.'
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A huit jours des législatives anticipées en Grèce, Syriza reprend une courte avance sur les conservateurs de Nouvelle Démocratie. Un sondage paru ce vendredi pour Skai TV crédite Syriza d'une avance d'un point sur Nouvelle démocratie, à 28.5% des suffrages exprimés. La formation néonazie Aube Dorée conserve quant à elle la troisième place. L'ex-Premier ministre Alexis Tsipras a précipité ces élections en démissionnant le 20 août, sur fond de désaccords au sein de son parti Syriza à propos d'un troisième plan d'aide à la Grèce. Lors du vote au Parlement, seuls 118 députés de la Syriza et du parti Les Grecs indépendants, la formation de droite souverainiste associée à la Syriza dans la coalition gouvernementale formée fin janvier, ont voté en faveur du plan, alors qu'un gouvernement minoritaire doit en principe s'assurer du'au moins 120 voix. Pour ce troisième scrutin depuis le début de l'année, certains électeurs grecs font preuve de compréhension : 'Trois élections en huit mois, c'est beaucoup trop. Mais comment faire autrement vu que Siryza et le parti les Grecs indépendants, qui avaient formé une coalition, ont perdu la majorité?', interroge Theodosis Valartas, un enseignant de 69 ans. 'Je ne sais pas si je vais voter, hésite Maria, une Athénienne de 60 ans. Même si j'habite près du bureau de vote, je ne sais pas, j'y réfléchis, peut-être, peut-être pas... Parce que si je vote, est-ce que ça va faire une différence?' Selon la plupart des sondages les électeurs grecs souhaitent voir les deux premiers partis, la gauche radicale et les conservateurs gouverner ensemble à l'issue de ces législatives ; une option à laquelle adhère Nouvelle Démocratie, mais que rejette Syriza. _ Avec AFP_
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Le principal indice de la Bourse d'Athènes a sévèrement chuté lors de la réouverture de ce lundi, après 5 mois de fermeture, et alors que les investisseurs ont eu l'occasion de réagir à la dernière crise frappant le pays. Sans surprise, ce sont les banques qui ont le plus souffert, avec des pertes de près de 30%, soit la limite de volatilité quotidienne. La bourse d'Athènes et les banques étaient fermées depuis le 29 juin. Depuis, la Grèce est passée du spectre de Grexit aux négociations pour un troisième plan d'aide. Nous reviendrons avec notre correspondante Business à Athènes Symela Touchtidou sur ce premier jour de réouverture du marché des changes. Dans notre rubrique IT, nous verrons pourquoi BMW, Audi et Daimler ont décidé de mettre la main sur le service de cartographie de Nokia, HERE. Certes, le système de conduite autonome ne fonctionne pas sans la géolocalisation. Mais, les trois premiers constructeurs automobiles ont aussi défié Google et les autres géants du high-tech.
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L'indice ATHEX s'est effondré ce matin de plus de 22 % lors de ses premiers échanges. La plus forte baisse de son histoire selon l'agence Reuters. Les valeurs bancaires étant les plus impactées avec une chute d'environ 30 %. La dernière séance de la place financière remontait au 26 juin. Depuis, le gouvernement de la gauche radicale d'Alexis Tsipras avait décrété un contrôle des capitaux et la fermeture des banques et de la bourse. Les banques ont finalement rouvert le 20 juillet dernier, mais elles restent sous pression avec le retrait de plus de 40 milliards d'euros par les Grecs depuis décembre dernier. La Grèce et ses créanciers ont conclu le 13 juillet un accord aux forceps afin de négocier un troisième plan d'aide au pays. Les discussions sont difficiles et Athènes espère finaliser un nouveau prêt de trois ans d'un montant de plus de 82 milliards d'euros.
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Sans surprise, le Parlement grec a voté cette nuit une seconde série de mesures exigées par les créanciers. Une semaine après l'adoption du premier volet, les députés se prononçaient notamment sur une réforme de la justice. Et une fois de plus, plusieurs membres de Syriza, le parti du Premier ministre Alexis Tsipras, s'y sont opposé. 'En ce qui me concerne, je n'ai pas l'intention de quitter volontairement ce fort, insiste Alexis Tsipras. Nous ne serons pas lâches, nous ne serons pas de ceux qui jettent les armes, ni les apologistes d'une bataille perdue. Les batailles perdues sont celles pour lesquelles on ne s'est jamais battu.' Ces réformes ont une fois été adoptée grâce aux voix de l'opposition, dont celles des conservateurs de Nouvelle Démocratie, actuellement dirigée par Evangelos Meimarakis : 'nous ne sommes pas favorables à ces mesures, nous ne soutenons pas le gouvernement de Syriza, mais nous soutenons notre patrie. Nous votons donc pour assurer la place de notre pays dans l'euro. Nous votons 'oui' pour restaurer la confiance qui a été perdue à cause de vos agissements.' 'Après un débat houleux qui a duré jusqu'aux premières heures de la matinée, la coalition gouvernementale d'Alexis Tsipras a gagné une bataille, mais pas la guerre. L'aile dure du parti au pouvoir, Syriza, s'est une nouvelle fois prononcé contre l'accord conclu avec les créanciers', conclu Stamatis Giannisis, membre de notre bureau à Athènes.
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Le Parlement grec s'apprête à voter ce soir le second volet de l'accord très conversé conclu il y a dix jours avec la zone euro. Lors du premier vote, plus d'un cinquième des élus de Syriza, le parti du Premier ministre Alexis Tsipras, a rejeté le texte. Un texte adopté grâce aux voix de l'opposition socialiste et conservatrice. La coalition au pouvoir en est ressortie très affaiblie, comme en témoigne le ministre de l'Environnement qui s'oppose à l'accord. 'On nous demande d'appliquer les termes d'un accord très difficile, un accord que nous avons été forcés d'accepter et qui aura des conséquences néfastes sur la majeure partie de la population', s'insurge Panos Skourletis. Après avoir augmenté la TVA et les cotisations sociales, Athènes doit à présent simplifier les procédures judiciaires pour faire des économies. Des mesures impopulaires comme le souligne Jan Rodolph, analyste à IHS Global Insight : 'ce sont des réformes structurelles, il y aura donc de la résistance à l'extérieur du Parlement, estime cet analyste. L'État lui-même traîne des pieds, avec la bureaucratie, parce qu'il n'a pas envie de le faire, pas plus que le gouvernement. C'est tout le problème, on force quelqu'un à faire ce qu'il ne veut pas, cela risque de mal se terminer'. Le syndicat des fonctionnaires a annoncé une manifestation devant le Parlement, ce soir lors du débat du texte à l'Assemblée en procédure d'urgence. Avec AFP, EFE, et Reuters
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Les banques grecques ont rouvert leurs portes ce matin après trois semaines de fermeture. Sans surprise, des files d'attente se sont formées devant les guichets, mais ils étaient nombreux à repartir frustrés. Le contrôle des capitaux est en effet maintenu, même s'il est légèrement assoupli : les retraits en liquide sont limités à 420 euros par semaine contre 60 euros par jour afin d'éviter aux Grecs de faire la queue quotidiennement. Une petite bouffée d'oxygène, notamment pour les commerçants, qui peuvent par ailleurs à nouveau déposer leurs chèques à la banque et régler leurs factures. ''Les retraits, les chèques bancaires, c'est tout ce dont une entreprise a besoin pour fonctionner normalement. J'espère que, petit à petit, on va revenir à une situation normale'', dit cet homme. ''Si je suis frustré ? C'est une situation indescriptible. Ceux qui ont géré la réouverture des banques n'ont pas de cerveaux. Cela fait deux, trois heures que je suis ici'', explique ce Grec. 'Je suis sortie de la file. Des gens me sont passés devant ; on ne peut pas s'asseoir et mes jambes me font mal. Je suis là depuis une heure et demie'', ajoute un homme âgé. La réouverture des banques allait de paire ce lundi avec l'augmentation de la TVA, qui passe de 13 % à 23 %, notamment pour les denrées non périssables, la restauration ou les taxis. Pour les Grecs, cela signifie plus d'argent à retirer aux guichets. De notre correspondante à Athènes, Symela Touchtidou : 'Les banques grecques ont rouvert afin principalement de faciliter le fonctionnement des entreprises. Mais selon les analystes, le contrôle des capitaux pourrait durer encore plusieurs mois.''
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Des files d'attente se formaient ce matin devant les banques grecques, qui ont rouvert leurs portes après trois semaines de fermeture. Le contrôle des capitaux reste toutefois maintenu, même s'il est légèrement assoupli. Les Grecs pourront retirer 420 euros par semaine, par plus, soit toujours 60 euros par jours. Impossible toutefois pour le moment d'obtenir en une seule fois la totalité de la somme plafonnée, se désole ce retraité grec : 'Je n'ai pu retirer que 60 euros dit-il. Si je veux avoir 420 euros en une fois, il faut que j'attende vendredi. Ce n'est pas ce qu'ils nous ont dit à la télévision.'' Parallèlement à cette réouverture des banques, Athènes a commencé à rembourser ce lundi plus de six milliards d'euros à la Banque centrale européenne et au FMI. Un paiement rendu possible grâce au prêt accordé vendredi par ses créanciers.
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C'est une semaine cruciale qui commence pour la Grèce, pour son rétablissement économique, et aussi pour l'avenir politique d'Alexis Tsipras. Les banques rouvrent aujourd'hui, après trois semaines. Pour éviter les longues files d'attente, les retraits maximum seront de 420 euros par semaine, au lieu de 60 euros par jour. Et puis la TVA passe aussi ce lundi de 13% à 23% pour une série de biens et services, du sucre aux courses de taxis en passant par les restaurants ou les enterrements. Le Parlement grec avait voté mercredi une série de mesures de rigueur dont la hausse de la TVA, conformément aux engagements pris à Bruxelles. En échange, ses partenaires ont promis un nouveau plan d'aide, le troisième en cinq ans. 'Tout ce qui a été décidé pour la Grèce va être fait, dit Odysseas. Les nouvelles mesures n'amélioreront rien, il n'y aura rien de différent par rapport à ces cinq dernières années. Mais leur introduction était nécessaire je suppose.' 'Pour ceux qui dépendent de l'Etat ce sera pire, dit Ilias . Ce serait bien si un nouveau 'cerveau' arrivait au pouvoir.' Et ce serait bien aussi, pensent certains, si l'Eglise ou les armateurs, cessaient d'être des privilégiés fiscaux. L'Église est le plus grand propriétaire de la Grèce, mais est exemptée de beaucoup d'impôts.
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Alexis Tsipras vient d'obtenir le très large soutien du Parlement en faveur des réformes demandées par les créanciers de la Grèce, mais le prix politique du vote est élevé. À Athènes, les commentateurs font un bilan sévère. Avec la défection d'un quart des députés Syriza, le Premier ministre a perdu la majorité parlementaire et les quotidiens se font l'écho des rumeurs d'élections anticipées. Pour éviter ce scénario, Alexis Tsipras devra, une fois encore, faire la démonstration de ses talents politiques. 'Des élections anticipées n'auront pas lieu si les principaux partis politiques trouvent un terrain d'entente, soit pour continuer avec ce gouvernement, soit pour avec un gouvernement d'union nationale' estime l'analyste politique Maria Karaklioum. Au lendemain du vote au Parlement, le gouvernement Tsipras semble bien menacé. Un ministre a démissionné mercredi et trois autres n'ont pas soutenu le texte du Premier ministre. 'Le Premier ministre Tsipras a de sérieux problèmes de cohésion' remarque Voulga Kehagia, l'éditorialiste du quotidien Ta Nea. 'Des problèmes de cohésion au sein de son gouvernement et de son parti, mais sa priorité est l'économie. Il ne fera rien tant que le l'accord avec les créanciers n'est pas finalisé mais, par contre, je crois qu'après il ne pourra éviter un clash au sein de Syriza.' Dans cette tempête politique, Alexis Tsipras a bénéficié du soutien de l'opposition qui, contrairement aux frondeurs de son parti, a voté les mesures d'austérité. 'Malgré la défection d'un quart des députés de son parti, et même s'il a été aidé par l'opposition, Alexis Tsipras a gagné le plus crucial des votes au Parlement depuis qu'il est Premier ministre' explique Stamatis Giannnisis, le correspondant d'Euronews à Athènes. 'La question est maintenant de savoir si le Parlement continuera de le soutenir quand il devra voter point par point les mesures d'austérité.'
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Les ministres des finances de l'Union européenne ont donné jeudi leur aval à l'octroi d'un prêt-relais de 7 milliards d'euros à la Grèce via le mécanisme européen de stabilité financière. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne s'en félicite. 'L'accord auquel nous sommes parvenus avec la Grèce nous conduira aux résultats attendus, si le programme entier est mis en place', a déclaré Jean-Claude Juncker. L'Europgroupe a aussi accepté de commencer les négociations d'un troisième plan d'aide à la Grèce. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras est parvenu à faire adopter les premières réformes exigées par les créanciers sur fond d'échaufourées dans les rues d'Athènes.
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Après 17 heures de discussions - le sommet européen le plus long - la Grèce et ses partenaires européens se sont mis d'accord sur des mesures qu'on estime même plus sévères encore que celles rejetées par Athènes il y a quelques semaines. Arrivé au pouvoir grâce à un programme anti-austérité, le premier ministre grec Alexis Tsipras a accepté une réduction des dépenses publiques et des réformes que ses électeurs avaient rejeté lors du référendum une semaine plus tôt. Le compromis auquel sont arrivées les deux parties tôt lundi matin a été le résultat de ce que certains ont décrit comme un exercice de torture pour Tsipras. Nous avons voulons savoir si on peut utiliser le même mot pour l'économie de la Grèce. Dans cette édition de Business Line, nous débattons de cinq points clé de l'accord avec nos journalistes du bureau d'Athènes qui ont couvert la crise grecque sur le terrain depuis des mois. De plus, dans notre secteur Technologies de l'Information, nous verrons les conséquences du contrôle des capitaux sur le développement des start up grecques.
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Le Parlement grec a adopté cette nuit les réformes exigées par la zone euro en échange du déblocage d'un nouveau plan d'aide de plus de 80 milliards d'euros. Le chef du gouvernement, Alexis Tsipras, avait appelé plus tôt à la responsabilité des députés après avoir subit les virulentes attaques de certains membres de son propre parti de gauche, Syriza. 32 d'entre eux, dont l'ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis, et la présidente du Parlement Kostantopoulou, ont rejeté le plan. 6 autres se sont abstenus. Contre également, les députés issus du parti des Grecs indépendants, pourtant alliés de Syriza au sein de la coalition gouvernementale. En revanche, les partis de l'opposition, et c'est tout le paradoxe pour Alexis Tsipras, ont voté pour cette nouvelle série de mesures contestées par une partie de la population. Avec AFP et Reuters
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Après avoir éloigné le spectre d'une sortie de la Grèce de la zone euro, le Premier ministre Alexis Tsipras et son ministre des Finances Euclide Tsakalotos doivent désormais rallier les députés de leur camp aux mesures consenties avant le vote du Parlement ce mercredi. À peine rentré de Bruxelles, le jeune chef du gouvernement s'est retrouvé à une fronde ouverte au sein de son propre parti, la formation de gauche radicale. George Varemenos, député de Syriza : 'Je ne sais pas combien de députés ont l'intention de voter contre, ni qui ils sont, mais ils devront prendre leurs responsabilités s'ils prennent cette décision. Ce qui est important, c'est que le pays ait un gouvernement, il doit pouvoir se tenir droit sur ses jambes et remplir toutes ses obligations.' Alexis Tsipras va devoir s'appuyer sur les voix de l'opposition pour faire passer les mesures au Parlement. Pour le ministre allemand des Finances, il en va de la crédibilité de la zone euro. Wolfgang Schaüble, ministre allemand des Finances : L'eurozone, et il ne faut pas se leurrer là-dessus, a perdu de la crédibilité. Et ce n'est pas la question d'un seul pays. Et c'est pourquoi il est important de pouvoir s'attarder sur des cas particuliers, et que l'on commence à mettre en oeuvre ce qui a été décidé.' Lundi soir, Wolfgang Schaüble a proposé que la Grèce mette en place des IOU, sorte de monnaie temporaire, pour payer les salaires et les fonctionnaires, ce qui permettrait à Athènes de garder les euros afin de rembourser en partie la BCE. Une proposition très controversée, car vue comme un premier pas vers une sortie du pays, même temporaire, de la zone euro.
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17 heures de discussions pour arracher un accord à l'unanimité. Alexis Tsipras a accepté un plan de réformes et les dirigeants de l'eurozone sont prêts à initier des négociations pour un troisième plan de sauvetage de la Grèce. Le montant de l'aide financière à la Grèce avoisinerait les 86 milliards d'euros, venant du Mécanisme européen de stabilité, et à partir de mars 2016, aussi du FMI. Alexis Tsipras a aussi accepté la condition posée par l'Allemagne de créer un fonds pour privatiser les avoirs grecs. Angela Merkel a toutefois renoncé à ce qu'il soit basé au Luxembourg. Le fonds sera en Grèce et géré par les autorités grecques, sous supervision des Institutions européennes. Ce fonds vise à atteindre les 50 milliards d'euros avec la vente des avoirs de l'Etat grec. 25 milliards serviront à recapitaliser les banques grecques, l'autre moitié sera répartie à 50% pour repayer la dette, et pour investir dans l'économie grecque. La Commission Européenne va aussi travailler avec le gouvernement grec pour aider à relancer la croissance et créer des emplois, reprenant la proposition de Jean-Claude Juncker : 35 milliards d'euros, venant des fonds européens, seront investis en Grèce. Here's the list of reforms in the #Eurogroup draft that Greek government has to pass by Wednesday to get bailout pic.twitter.com/nEF8OmDBiA- Tara Palmeri (@tarapalmeri) 12 Juillet 2015 Mais avant d'initier les négociations sur le plan de sauvetage, le parlement grec doit approuver six mesures, dont quatre au plus tard mercredi, notamment des coupes automatiques dans les dépenses au cas de déviations sur les objectifs du déficit, la simplication des tranches de la TVA et son élargissement pour augmenter les prélèvements, et des mesures pour la réforme du système de retraites, pour le rendre viable. #Eurozone Summit about to start... seems we have a deal... #Europe deserves some good news, #Greece- NikosChristodoulides (@Christodulides) 13 Juillet 2015 Le document issu de l'euro sommet exige aussi de la Grèce un calendrier pour la libéralisation de l'économie suivant les recommandations de l'OCDE, plus de flexibilité du marché de travail, et la privatisation du réseau d'électricité.

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