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Le chômage est au plus bas depuis septembre 2009 en Espagne, à la faveur de la saison estivale. Selon le ministère du Travail, le pays comptait 3,77 millions de demandeurs d'emplois en juin, près de 125.000 de moins qu'en mai. Le ministère ne calcule pas de taux de chômage. Selon l'Institut national de la statistique (INE), qui livre ses statistiques quatre fois par an, il s'élevait à 21% au premier trimestre. L'INE comptabilise un nombre de demandeurs d'emplois plus important, à 4,79 millions. Il prend en compte toutes les personnes à la recherche d'un travail et pas seulement les travailleurs inscrits à l'agence pour l'emploi. Les deux tiers des emplois créés en juin l'ont été dans le secteur des services - des emplois saisonniers pour la plupart, liés au tourisme, qui représente 11% du produit intérieur brut de la quatrième économie de la zone euro. C'est d'ailleurs la Catalogne et l'Andalousie qui ont le plus recruté. Mais le nombre de chômeurs a également baissé dans le bâtiment et l'industrie. La précarité de l'emploi reste préoccupante en Espagne : seuls 10% des contrats signés en juin sont à durée indéterminée.
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La Commission européenne reporte sa décision sur d'éventuelles sanctions contre l'Espagne et le Portugal. Madrid et Lisbonne n'ont pas respecté en 2015 leurs engagements en matière de réductions des déficits publics. Mais l'institution veut faire un geste avant de rendre sa décision au mois de juillet. Le Commissaire européen chargé des Affaires économiques et financières précise que les deux pays " ont subi la crise de plein fouet, dont les taux de chômage restent extrêmement élevés et qui ont fait l'un et l'autre des efforts significatifs en matière de reformes ". Pierre Moscovici utilise le même argumentaire pour expliquer la flexibilité accordée à l'Italie. Mais en retour Rome doit s'engager à ce que son déficit public ne dépasse pas 1,8% du PIB en 2017.
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83 599 chômeurs de moins en avril en Espagne. Le nombre de demandeurs d'emploi recensés par le Ministère du travail et de la sécurité sociale est tombé à un peu plus de 4 millions, au plus bas depuis août 2010. Une embellie à mettre au compte des emplois saisonniers, principalement dans le secteur des services. On notera cependant qu'elle est inférieure à l'an dernier, signe pour les plus pessimistes d'un ralentissement de la baisse du chômage. En mars, le chômage touchait 20,4% de la population active en Espagne, le taux le plus élevé d'Europe sur la période.
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A 60 ans, Mariano Rajoy est candidat à sa propre succession et le moins que l'on puisse dire, c'est que le chef du gouvernement espagnol n'aura pas eu un mandat de tout repos. Le 'persévérant' comme on le surnomme, n'a pas gagné en popularité, mais il a tout cas conservé sa ténacité qui l'a porté au pouvoir en 2011. En plein coeur de la tempête économique, cette image avait à l'époque rassuré les Espagnols et si Mariano Rajoy détient le record du chef de gouvernement le plus impopulaire de l'histoire moderne du pays, elle semble encore les rassurer. Pourtant, avec le deuxième taux de chômage le plus élevé de l'Union européenne (22,8 % derrière la Grèce), le Premier ministre a continué de jouer les bons élèves auprès de la chancelière allemande, en défendant les réformes et la poursuite des politiques d'austérité. La lutte contre l'austérité et la corruption, deux des chevaux de bataille d'un mouvement mondialement connu né en Espagne peu de temps avant l'élection de Rajoy. Lorsque les indignés marchent sur le Parlement en septembre 2012, c'est sa démission qu'ils réclament. Les affaires de corruption au sein du Parti populaire, dans lesquelles son nom est mentionné, ne calmeront pas la colère. Rajoy, lui, campe sur son credo. 'Ecoutez, je suis un homme politique honnête, au moins aussi honnête que vous. Jamais mon nom n'a été cité dans un jugement, et personne ne m'a jamais accusé de m'approprier quelque chose', a-t-il déclaré lors d'un débat télévisé face au leader socialiste Pedro Sanchez. Quatre jours avant le scrutin, Mariano Rajoy a fait à son insu la une des journaux télévisés. En pleine campagne électorale, il a reçu un coup-de-poing en pleine figure, à Pontevedra, dans sa Galice natale, dans la ville ou il a débuté sa carrière politique.
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Nous sommes en pleine campagne électorale espagnole. Le Premier ministre Mariano Rajoy estime que son parti de centre-droit, le Parti populaire, devrait être réélu après avoir réussi à faire revenir la croissance dans le pays. Le chômage est à son plus bas niveau depuis quatre ans, dépassant la barre des 21 %. Et les douloureuses coupes budgétaires exigées par l'UE ainsi que de récents scandales ont nui à la popularité du gouvernement. Qui jouera les faiseurs de roi alors que l'extrême gauche Podemos est affaiblie et que la popularité des centristes de Ciudadanos est en hausse ? L'affaiblissement de Rajoy -et de certains autres leaders européens- va-t-il compliquer la tâche de l'Union en ces temps de crises ? Connectés à cette édition : Lucía Abellán, correspondante à Bruxelles du quotidien El Pais ; Karel Lannoo du Centre d'études des politiques européennes ou CEPS ; ainsi qu'Enrique Serbeto, correspondant à Bruxelles du quotidien espagnol ABC Chris Burns, euronews : Lucía, qui sera le faiseur de roi à l'issue de cette élection ? Qu'en pensez-vous ? Est-ce que ce sera Ciudadanos, Podemos ou les socialistes ? Lucía Abellán, El Pais : Eh bien cette élection est très indécise puisque près de 41 % des électeurs disent ne pas avoir encore décidé pour qui voter, mais je pense que Ciudadanos est le mieux placé pour être le faiseur de roi puisqu'ils peuvent se mettre en coalition avec le PP ou avec les socialistes. Chris Burns, euronews : Karel qu'en pensez-vous ? Êtes-vous d'accord ? Karel Lannoo, Center for European policy studies : Je pense la même chose même si c'est extrêmement difficile de se prononcer. Nous savons, de par les récentes élections britanniques, à quel point il est difficile de s'appuyer sur les sondages, donc personne ne peut affirmer qu'il y aura un résultat surprise. Chris Burns, euronews : Enrique pensez-vous que le Parti populaire puisse obtenir la majorité ? Enrique Serbeto, ABC : Je ne pense pas. Je pense que Ciudadanos sera la clef de la prochaine coalition, mais surtout, je me demande comment un parti politique né en Catalogne va pouvoir vraiment changer la politique de l'Espagne ! Chris Burns, euronews : OK ; donc quel impact cela aura-t-il sur les politiques espagnoles et européennes si un tel changement générationnel s'opère tout du moins avec Ciudadanos ? Quel sera l'impact au niveau espagnol et au niveau européen ? Lucía Abellán, El Pais : Au niveau européen, on pourrait essayer de jouer un rôle plus important que ces quatre dernières années dans la politique européenne, mais il faut aussi rappeler que Bruxelles va demander de nouvelles coupes, de nouveaux ajustements budgétaires pour les années à venir, donc la politique européenne est très importante en Espagne. Chris Burns, euronews : Est-ce que cela réaffirmerait ou saperait la cure d'austérité menée par l'Union ? Karel Lannoo, Center for European policy studies : Cela dépendra de qui sera dans la coalition, mais ce qui est clair, c'est qu'en ce qui concerne le gouvernement, l'Espagne est clairement le meilleur élève de la classe en ce qui concerne le programme européen d'austérité. Ils ont eu une croissance de 3 % cette année, la meilleure performance si l'on ne prend pas l'Irlande en considération. C'est le meilleur des pays du sud de l'Europe. Donc il y a une certaine attente, que le pays continue sur cette voie, mais bien sûr, cela pourrait totalement changer s'il y a une coalition des socialistes avec Ciudadanos ou une coalition de Ciudadanos avec le parti populaire, dans ces cas, ils vont vouloir adoucir le programme d'austérité ce qui ne devrait pas faire plaisir à Bruxelles. Chris Burns, euronews : Je pense qu'il faut aussi prendre en compte le taux de chômage qui est très élevé en Espagne. Comment le combattre tout en poursuivant la politique d'austérité ? Enrique ? Enrique Serbeto, ABC : Eh bien, je pense que ce n'est pas le meilleur moment pour parler des nouvelles exigences de la Commission parce que nous sommes en pleine campagne électorale, mais je pense que si Ciudadanos est la clef d'une nouvelle coalition, et je pense qu'ils le seront, ils pourront introduire une nouvelle approche vis-à-vis du marché du travail et peut être qu'ils pourront changer quelque chose dans la manière dont le problème est actuellement traité. Chris Burns, euronews : Sur la question des réfugiés : certaines personnes, au sein du gouvernement, disent que la manière dont ils prennent en charge les réfugiés et la manière dont ils traitent avec les pays d'origine pourraient servir de modèle au reste de l'Europe. Qu'en pensez-vous Lucia ? Lucía Abellán, El Pais : C'est une partie de la solution. Je veux dire qu'une partie de la solution bien sûr est d'essayer de passer des accords avec les pays d'origine et les pays de transits pour éviter que les gens viennent ici. Mais d'autre part, il y a la réalité, à savoir que des centaines de milliers de migrants et de réfugiés sont déjà là, et nous avons besoin de nouvelles solutions. Chris Burns, euronews : Donc les politiques menées pourraient changer. Qu'en pensez-vous Karel ? Karel Lannoo, Center for European policy studies : Ce que l'on oublie souvent, c'est que l'Espagne était un modèle d'intégration et de migration au début des années 2000 avec des milliers de Roumains et de latinos qui sont venus en Espagne et qui d'une certaine manière se sont parfaitement intégrés et cela a été oublié. Maintenant dans la crise actuelle des réfugiés, l'Espagne pourrait enseigner certaines choses au reste de l'Europe. De plus, la manière dont ils ont géré les réfugiés africains était et devrait être un modèle pour le reste de l'Europe. Chris Burns, euronews : Bien, changeons de sujet : parlons du terrorisme et de la manière de le combattre, on voit qu'avec monsieur Rajoy on doit attendre le résultat des élections pour voir comment il va aider la France et la construction d'une coalition contre le terrorisme. Lucia, que va-t-il se passer selon vous après les élections ? Quelle direction va prendre le gouvernement ? Lucía Abellán, El Pais : Je pense que l'Espagne est prête en ce qui concerne le terrorisme parce que le pays a souffert pendant de nombreuses années, donc les forces de sécurité sont bien entraînées. Et je pense que la clef pour combattre ce que l'on appelle le terrorisme islamiste est de partager les informations avec les autres pays. Chris Burns, euronews : D'accord, mais pensez-vous que les électeurs auront le cran de rejoindre une coalition qui pourrait amener des soldats à se faire tuer ? Enrique Serbeto, ABC : Je pense que c'est un sujet très électoraliste. Tout le monde se rappelle ce qui est arrivé avec la guerre en Irak et la manière dont les partis de gauche étaient opposés au rôle de l'Espagne dans la coalition américaine. Donc je pense que Mariano Rajoy ne fera rien qui pourrait raviver ce souvenir pénible. Chris Burns, euronews : Parlons rapidement des pourparlers sur le climat et de la position de l'Espagne. Quel genre de rôle le pays peut-il jouer ici ? LEs Espagnols utilisent beaucoup les énergies renouvelables, donc pensez-vous que le pays peut jouer un rôle important pour pousser à la réduction des émissions de CO2 ? Lucia ? Lucía Abellán, El Pais : Ils ne l'ont pas fait par le passé. Ils ont commencé, et bien sûr, le pays utilise suffisamment d'énergies renouvelables pour en faire le point de départ d'une politique espagnole concernant l'énergie, mais ils ne l'ont pas fait. Avec un peu d'espoir, ce sera maintenant le cas puisque la Commission insiste vraiment sur la question. Chris Burns, euronews : Pourquoi ne pas l'avoir encore fait ? Lucía Abellán, El Pais : Parce qu'ils pensaient que les énergies renouvelables étaient trop subventionnées et que ce n'était pas suffisamment profitable donc ils ont songé à changer le modèle. Chris Burns, euronews : Pensez-vous qu'il y aura du changement sur la question de l'énergie s'il y a une coalition avec Ciudadanos ? Enrique Serbeto, ABC : Le changement est déjà en cours. Nous avons une sorte de bulle du renouvelable en Espagne donc le mouvement est lancé, mais je pense que les grandes compagnies électriques sont déboussolées et je pense que le prochain gouvernement devra trouver une nouvelle approche pour ce problème. Chris Burns, euronews : Sur la question de la Catalogne, s'il y a une coalition avec Ciudadanos, quel en sera l'impact sur le mouvement d'indépendance ? Karel Lannoo, Center for European policy studies : En tant que Flamand et vu la façon dont nous avons surmonté nos problèmes nationalistes... Enfin ce qui s'est passé en Espagne selon moi c'est que Rajoy s'est montré bien trop borné en ne voulant pas parler, tout du moins ouvertement, avec Artur Mas, avec les Catalans, en refusant toute conversation ou toute forme de compromis. Je pense que si Ciudadanos entre au gouvernement ou s'il est le faiseur de roi, cela pourrait changer entièrement les choses. Chris Burns, euronews : Est-ce que cela pourrait atténuer le ton entre les deux camps et aider à trouver une solution ? Lucía Abellán, El Pais : Oui, peut être, peut être même en créant une véritable structure fédérale ce qui ne serait pas très différent de ce que nous avons déjà en Espagne. Je pense que cela serait un signe de bonne volonté pour un dialogue avec les Catalans. De toute façon je ne suis pas sûre que Ciudadanos impulsera l'effort dans cette supposée coalition gouvernementale pour une approche par le dialogue puisqu'ils ont déjà adopté depuis longtemps une position ferme contre une indépendance de la Catalogne. Chris Burns, euronews : Dernier mot, Enrique, est-ce que cela pourrait fournir une bonne solution qui aurait un impact au niveau européen, par exemple sur la question d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union, peut être en décourageant les Britanniques de le faire ? Enrique Serbeto, ABC : Ciudadanos est un parti né en Catalogne et il va changer le paysage politique espagnol, c'est un symbole selon moi. Et d'après les sondages le premier parti politique en Catalogne pour ces élections sera Podemos, qui est un parti né à Madrid, donc je pense que d'une certaine manière le lien existe toujours. Alors essayons de trouver une solution à travers le dialogue.
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Séville, la capitale de l'Andalousie, la région la plus peuplée d'Espagne, avec 8,4 millions d'habitants. Gouvernée par les socialistes depuis le retour de la démocratie, elle vient de leur donner une nouvelle victoire. La région ne représente que 5 % du PIB espagnol et avec 34,2% de chômeurs, elle bat le record espagnol et européen au niveau régional. Un défi énorme pour le gouvernement régional, car ce fléau s'acharne surtout sur les jeunes : 59 % des moins de 25 ans n'ont pas d'emploi à l'image de Cristina Ortega, diplômée en ressources humaines : 'actuellement, je suis sans travail depuis deux mois. Depuis que je suis revenue d'Italie en 2009, je jongle avec les emplois. Surtout depuis 2010, je n'ai eu que des contrats temporaires : 3, 4, 5 mois, 7, ce fut le plus long'. Gráfico que muestra el % de votos y el % de escaños obtenidos.Mañana artículo completo. #AndaluzasARV #andalucia2015 pic.twitter.com/LkCEmBuKrT- csinequanon (@csinequanon) marzo 23, 2015 Cristina Ortega a élargi son champ de compétences grâce à une bourse Erasmus en Italie, mais de retour a Séville, c'est le désespoir. 'Je n'ai rien trouvé en Ressources Humaines, dont je suis diplômée. Les seules choses qu'on me proposait, c'étaient des stages non rémunérés. Mais je dois payer mes factures, alors travailler sans être payée, ce n'est pas envisageable'. Contrainte de vivre en colocation, Cristina Ortega paye 425 euros de loyer. Un défi énorme pour le gouvernement régional, car ce fléau s'acharne surtout sur les jeunes : 'je me sens pauvre, pauvre avec un travail quand j'en ai un. J'espère avoir un emploi normal et aller travailler tous les jours, gagner un salaire pour vivre dignement et pouvoir créer une famille, car ça, je ne peux pas y penser, c'est économiquement impossible'. Elisabeth García est responsable en Andalousie de la section Femme et Jeunesse de la Confédération syndicale des Commissions Ouvrières. Elle explique pourquoi la crise a frappé plus fort ici que dans le reste de l'Espagne. Elle demande une nouvelle politique économique pour combattre le chômage structurel : 'il y a d'abord le fait d'avoir une économie basée sur des secteurs comme les services et celui de la construction, puisqu' il s'agit de secteurs fortement liés à la conjoncture et d'autre part, le fait de ne pas avoir investi dans d'autres secteurs, alors que l'Andalousie pourrait avoir un potentiel économique avec les énergies renouvelables, l'industrie, l'agriculture...En définitive, des éléments qui pour cette terre sont permanents, structurels et donc gage d'avenir'. 'L'expérience de Cristina est partagée par beaucoup de jeunes andalous qui sont au chômage. Un vrai drame social dans une région qui bénéficie pourtant d'atouts pour développer une économie productive capable de donner du bien-être à tous ces habitants', explique notre envoyé spécial à Séville, Paco Fuentes. Est-ce le début de la fin pour Mariano Rajoy ? Pour analyser les conséquences des résultats des élections régionales en Andalousie, nous avons accompagné Javier Pérez Royo. Professeur de droit constitutionnel à l'Université de Séville et éditorialiste à la radio Canal Sur, c'est un observateur privilégié de cette région, mais aussi de la scène politique et sociale en Espagne. La victoire du Parti socialiste, la débâcle du Parti populaire et l'entrée de Podemos et de Ciudadanos au Parlement andalou sont selon lui un avertissement clair au Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, pour les prochaines élections à venir en Espagne. Javier Perez Royo : 'tout à coup, on découvre que le Parti Populaire (PP) est en chute libre, le roi est nu, le roi est nu, les citoyens disent que le roi est nu. Et une fois que les citoyens constatent que le roi est nu alors ce roi doit partir. Si ça se trouve, Rajoy va être obligé de partir en mai, il va peut-être devoir prendre la route et quitter son poste parce que le désaveu et sa perte de légitimité sont brutaux. Cela peut se répandre de manière tentaculaire dans toute l'Espagne, car il s'agit en mai, d'élections concernant 8.000 mairies et que tout ce pouvoir du Parti populaire peut alors s'écrouler'. Il a beaucoup été question ces derniers jours de la fin du bipartisme en Espagne, mais selon Javier Pérez Royo, le système a déjà changé à la suite des dernières élections européennes où Podemos a obtenu 5 sièges. Javier Perez Royo : 'ce changement majeur a eu lieu en mai dernier, le moment où s'est produit le phénomène et on voit dans une certaine mesure une consolidation de cette mutation qui a eu lieu en mai dernier. Et maintenant, nous allons voir le chemin que prend cette mutation, ce changement, dans toutes les élections qui auront lieu cette année en Espagne'. Les élections en Andalousie ont montré la capacité de régénération du Parti socialiste. La présidente, Susana Díaz, a conservé le pouvoir : Javier Perez Royo : 'en d'autres termes, le Parti socialiste réagit, produit des anticorps pour lutter contre Podemos et survivre. Le Parti populaire non, son système immunitaire n' existe pas, il ne fonctionne pas'. Les scrutins vont s'enchaîner : élections municipales et régionales en mai, élections aussi en Catalogne fin septembre... et après les législatives : 'Comment le Parti populaire peut-il résister en mai ? Ses candidats seront-ils capables de se lever pour les campagnes électorales à venir et d'avoir un discours ? Ses gens vont-ils se battre ou sont-ils en train d'arriver déjà vaincu ? Ou vont-ils baisser les bras et se dire voilà ce qu'il reste du résultat des élections en Andalousie ?', estime Javier Perez Royo. Pour Mariano Rajoy, le plus dur commence. Il va devoir gérer un triple front : sur sa gauche avec Podemos, au centre-droit avec Ciudadanos et en interne avec de plus en plus de tiraillements au sein du Parti Populaire. GRÁFICO INTERACTIVO | En qué provincias se ha votado más a cada partido http://t.co/jtSxNo7QxO #EleccionesAndaluzas pic.twitter.com/oUu6MiZf0K- eldiario.es (@eldiarioes) March 23, 2015
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L'institut national de la statistique espagnole a confirmé la croissance de l'économie au deuxième trimestre à +0,6% c'est le rythme de croissance trimestriel le plus élevé qu'ai connu l'Espagne depuis le début de la crise, en tous cas, la croissance économique espagnole a été plus élevée que celle de la zone euro. Les raisons de ce quatrième trimestre consécutif de hausse du PIB, c'est essentiellement la reprise de la demande inérieure en raison de la baisse des prix : -0,5% au mois d'aout. Les experts estiment que cette baisse des prix peut soutenir la reprise en Espagne
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Le chômage en Espagne a baissé en juin de 2,7% en un mois, soit 123.000 personnes en moins, annonce le ministère de l'Emploi. Il s'agit de la plus forte baisse mensuelle du chômage en données corrigées des variations saisonnières depuis 2001, souligne un communiqué du ministère. Le nombre de personnes ayant un emploi est en hausse mais le niveau de juin 2007 : 19 millions 500.000 personnes est encore loin d'être atteint. Enfin, 4.450.000 personnes sont inscrites su les listes du pôle emploi espagnol. En tous cas pour la secrétaire d'Etat à l'emploi, la hausse du mois de juin ne résulte pas d'un phénomène saisonnier. 'La baisse du chômage et l'amélioration des embauches, ne sont plus uniquement des phénomères saisonniers, a souligné Engracia Hidalgo, mais ce sont des tendances durables qui se raffermissent chaque mois et qui concordent avec les données des cotisations à la sécurité sociale'. C'est donc la frilosité des entrepreneurs espagnols à embaucher qui explique que sur les 1 million 500.000 contrats de travail signés en juin, 1.400.000 sont des contrats temporaires, avec une proportion en hausse.
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Serge Rombi, euronews : 'L'Espagne renoue avec la croissance depuis le début de l'année : + 0,4 % au premier et au deuxième trimestre. L'une des explications, c'est l'innovation dont font preuve les entrepreneurs pour accéder aux marchés internationaux.Voici un exemple pour mieux comprendre, avec un cluster spécialisé dans la machine agricole.' Un chiffre d'affaires en hausse de 30 à 40 % par an, une vingtaine de salariés contre seulement trois il y a sept ans, la PME espagnole NIUBO machines agricoles est en pleine expansion. Avec l'aide du cluster machine agricole de Lerida auquel elle appartient, cette entreprise a considérablement innové et développé son offre. Près de la moitié des ventes sont désormais réalisées à l'international. 'Quand j'ai repris cette entreprise, il y a sept ans, c'était un atelier régional. Aujourd'hui, c'est une entreprise présente dans plus de 15 pays, en Amérique Latine, en Afrique, et dans la plus grande partie des pays européens', explique Jordi Serrate, le PDG de NIUBO Maquinaria Agrícola. Pour développer ses ventes à l'export, Jordi Serrate a aussi participé à plusieurs groupes de travail et missions commerciales, au Portugal au Maroc ou encore en Colombie. Il a de plus amélioré sa compétitivité, en modifiant ses méthodes de travail. 'Avec l'aide du cluster, nous avons mis en place de nouveaux processus de fabrication sur toute notre ligne de produits, de nouveaux matériaux pour la fabrication des machines et nous avons débuté nos activités à l'export', ajoute Jordi Serrate. Serge Rombi, euronews : 'Ce cluster de Lérida est l'un des premiers en Europe à avoir reçu le label ', or' de l'excellence des clusters. Découvrons son fonctionnement'. Des entreprises bien sûr, mais aussi des consultants, des universités ou des ingénieurs, ce cluster compte une cinquantaine de membres. Le taux moyen d'internationalisation de ses entreprises est de 55 %. Certaines d'entre elles ont même réussi à pénétrer des marchés réputés difficiles comme la Chine ou le Brésil. 'Nous sommes présents sur les grands salons internationaux, nous mettons en place des groupes pour l'export avec nos représentants sur les différents marchés internationaux, et puis nous accompagnons les entreprises en mettant en place des missions commerciales à l'international', détaille Enric Pedrós, le cluster manager de FEMAC. Les entreprises qui innovent le plus sont celles qui exportent le plus. Voilà le crédo de ce cluster pour qui la recherche, l'innovation, et les nouvelles technologies sont absolument fondamentales. 'L'avenir de l'agriculture, c'est de trouver les solutions pour connecter le fonctionnement d'une exploitation agricole aux différents systèmes de gestion intelligents. Voilà pourquoi, nous travaillons dores et déjà avec le cluster Aerospace Valley en France, ou encore le cluster photonique de Catalogne', conclut Enric Pedrós. Pour Jordi Serrate, le PDG de NIUBO Maquinaria Agrícola, la clef du succès, 'c'est d'avoir une équipe très dynamique et très professionnelle. Mais aussi appartenir à un cluster avec d'autres fabricants de machines agricoles pour échanger nos idées et nos projets.'
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Bienvenue dans 'Real Economy'. Nous sommes en Espagne et au Portugal pour regarder comment les réformes structurelles sont mises en oeuvre et si la patience et la cohérence sont les qualités requises pour en voir les résultats concrètement. Nous nous sommes rendus au Portugal pour voir pourquoi les réformes de structure ne sont pas si simples à appliquer. Nous demanderons à l'économiste Gayle Allard quels sont les obstacles dans la mise en oeuvre de ces changements. Et comme beaucoup d'entre nous s'interrogent sur l'opportunité d'une telle politique très douloureuse socialement, nous nous attarderons à la question de la réforme du marché du travail en Espagne. Mais combien d'entre nous comprennent vraiment ce que sont les réformes structurelles ? Pas tant que cela. C'est l'occasion d'une séance de rattrapage. Il était une fois un pays où les citoyens ne trouvaient plus de travail, où l'inflation augmentait et où les dépenses publiques explosaient. Pour régler le problème, ce pays devait améliorer le fonctionnement de ses marchés des produits et du travail. Cela impliquait des coupes douloureuses dans les dépenses mais aussi une augmentation des impôts et des privatisations en série. Les normes régissant le marché du travail devenaient plus flexibles, les marchés étaient déréglementés et on mettait fin à certaines subventions publiques. Ces réformes douloureuses conduisaient les citoyens à s'interroger : pouvaient-ils oui ou non espérer en un avenir meilleur ? En fait, cela prit du temps. Mais en rendant les marchés plus fluides, on encourageait la compétition et l'investissement dans les entreprises ce qui conduisait à davantage d'emplois et de croissance. Les réformes réparent les déséquilibres dans une économie mais chaque pays doit comprendre pour lui-même quelles sont les meilleures réformes structurelles pour son économie. Nous savons que ces réformes structurelles ont aidé l'Irlande à sortir de son plan de sauvetage. L'Espagne a terminé ses réformes dans le secteur financier. La Grèce et Chypre montrent de légers signes de reprise. Giovanni Magi analyse l'impact et le retour de bâton au Portugal qui s'est concentré jusqu'à présent sur des réformes fiscales et dans les finances publiques. Le Portugal a lancé des réformes mais selon la Commission européenne, il y a encore une nette marge de progression. Après la réforme du marché du travail, celle de l'administration publique a suscité des conflits. Les Portugais ont déjà accès aux bureaux où tous les services aux citoyens sont concentrés. Mais la réforme qui devait aller encore plus loin, avec une réduction substantielle du nombre d'employés a été récemment rejetée par le Cour constitutionnelle. Le gouvernement doit donc trouver des économies ailleurs, de l'ordre de 700 millions d'euros. Le Portugal est sorti en mai dernier du programme de sauvetage de 78 milliards d'euros en trois ans. Mais ce programme a aggravé la situation de la dette publique. Et si le retour sur les marchés financiers a été encourageant, avec un intérêt raisonnablement bas pour les obligations d'Etat, l'économie s'est encore contractée au premier trimestre 2014. Les réformes sont jugées essentielles pour renouer avec la croissance. D'après les entrepreneurs, la réforme fiscale et la réforme de l'Etat apparaissent indispensables. Antonio Saraiva, président du patronat portugais regrette que 'la bureaucratie pèse tellement aujourd'hui sur le business qu'elle nous suffoque et elle empêche le développement normal de l'activité. Au terme de quelques formalités, je peux créer ma boîte en une heure mais ensuite il faut trois ou quatre ans pour obtenir toutes les autorisations. Il y a une force d'inertie bureaucratique qui n'est pas acceptable.' Des doutes sont apparus pour savoir si on pouvait maintenir ce niveau de dette publique dans la durée. Ils se sont exprimés dans un manifeste signé par soixante intellectuels, économistes et responsables politiques. Joao Cravinho, député et ancien ministre des finances explique : 'Le manifeste dit que le Portugal, pour renouer avec la croissance - ce qui est indispensable - doit alléger les charges annuelles de sa dette. Nous nous situons dans le contexte européen. Nous devons trouver une solution qui conduise à la réduction des intérêts, ce qui est important, et au report des échéances de paiements, en tout cas pour les pays qui peuvent répondre à leurs obligations financières.' Une compétition accrue sur les marchés des produits et des services, voilà l'autre objectif du Portugal, comme d'ailleurs pour d'autres pays européens. En se serrant la ceinture, les Européens ont permis à leurs gouvernements de réduire les déficits dans l'Union européenne et l'Eurozone cette année. Mais la dette publique reste très élevée, au-delà ou autour de 100 % du PIB dans beaucoup de pays dont l'Espagne, l'Italie et le Portugal. La cohérence dans la politique et les réformes deviennent décisives pour obtenir des résultats concrets. J'ai appelé Gayle Allard, professeur d'économie à l'IE Business School et je lui ai demandé si les réformes structurelles étaient la seule planche de salut ou si le contrecoup public et légal ne risquait pas de gripper la reprise. ''Réformes structurelles' est une expression assez large et souvent mal employée, explique Gayle Allard. Nous parlons d'ajustements structurels et je vois les gouvernements insister surtout sur la dimension fiscale de ces ajustements. Le bon côté des choses avec les réformes structurelles, c'est que, souvent, ça ne coûte pas cher. Cela ne coûte rien de changer une norme. Cela ne coûte rien de faciliter le business. Mais attention, il y a beaucoup de résistances au niveau national. Des pays comme le Portugal, l'Espagne ou la Grèce ont souffert de voir ces réformes imposées. Ca peut conduire à un retour de manivelle plus important que ce que nous connaissons habituellement.' 'Comment se fait-il que l'on parle si souvent de réformes structurelles dans ces pays mais pas de la réforme du marché des produits ?' demande notre journaliste. 'C'est surprenant en effet, répond Gayle Allard. Il y a tous ces leviers comme rendre plus facile l'investissement, l'ouverture ou la fermeture d'un business, ou enregistrer un produit ou déposer un droit de propriété... Tout cela, c'est gratuit. J'ai du mal à comprendre pourquoi un pays comme l'Espagne a été si lent à adopter ce genre de réformes, alors que la partie fiscale de ces changements est, elle, si douloureuse. 'Que feriez-vous aujourd'hui si vous étiez dans la position de faire redémarrer la croissance ?' interroge Maithreyi Seetharaman, d'Euronews. 'A travers la destruction d'emplois, la baisse des revenus, les entreprises essaient de survivre comme elles peuvent. Elles ont compris comment réduire les salaires, ce qui ne s'était jamais produit jusque là. Ou comment mieux manager les équipes, inciter chacun à devenir plus efficace, à dénicher de nouveaux marchés. Je crois que le moment est venu où les gens réalisent le besoin d'être plus compétitifs. Les gouvernements doivent saisir au vol cette opportunité et bien vendre cet objectif à leurs opinions publiques. Cela va nous aider à être compétitifs sans avoir besoin de dépenser plus. Cela va nous aider à améliorer notre système de retraites et à mieux prendre soin de nos aînés à l'avenir... les gens comprendront !' Voici un instantané de l'Espagne. Le pays est sorti de la récession l'année dernière. Le chômage reste très élevé mais il s'est stabilisé. Si les grandes données macro-économiques sont plutôt encourageantes, sur le terrain, la situation reste trés difficile : le pays ne parvient pas à faire face à la pauvreté et à l'exclusion sociale. Notre journaliste, Monica Pinna, s'est intéressée à une histoire symptomatique de la crise sociale en Espagne. Les usines de Fuenlabrada étaient considérées autrefois comme la force motrice de Madrid. Aujourd'hui, elles incarnent la crise. Beaucoup d'entreprises ont mis la clé sous la porte mais Paco, opiniâtre, continue d'envoyer son CV un peu partout. Il travaillait comme charpentier depuis 40 ans mais il s'est retrouvé au chômage en 2010. 'Avant, je venais là presque tous les jours, témoigne-t-il. Maintenant, je viens deux fois par mois parce que compte tenu de ma situation, je ne peux pas me le permettre.Depuis 2010, je n'ai eu que des petits boulots d'une ou deux semaines, parfois un mois.' L'Espagne a souvent été créditée de réformes structurelles d'envergure et a même été érigée en exemple pour des pays périphériques de l'Eurozone se débattant dans la crise de la dette. Pourtant, sa réforme du travail a été extrêmement controversée. Depuis qu'elle a été adoptée il y a deux ans, le nombre de personnes sans emploi a continué d'augmenter, dépassant les six millions en 2013. A présent, il diminue. Le nombre de chômeurs était de près de 5, 4 millions en janvier 2012, un mois avant la réforme du travail. Il est monté à 6, 1 millions en avril 2013 pour retomber aujourd'hui à 5, 7 millions. Pour mieux comprendre les effets de cette réforme du travail, nous avons parlé à Juan E. Iranzo, président de l'association des économistes de Madrid. 'Nous bénéficions des réformes : moins d'emplois ont été détruits qu'avant. La compétitivité s'améliore. Précédemment, certaines lois vous empêchaient de réduire les salaires. A présent, nous exportons et depuis avril, il y a des créations nettes d'emplois. Cela veut dire qu'à court terme, les réformes structurelles bénéficient à toute la société ' estime Juan E. Iranzo. Mais il est difficile de vendre une telle réforme à des gens comme Paco. Son fils est au chômage... tout comme sa femme Isabel qui a perdu son travail de femme de ménage il y a un an et demi. Les réformes ont permis davantage de flexibilité, ce qui signifie qu'il est plus facile de licencier les salariés. 'Depuis la réforme du travail, ils licencient davantage qu'avant, et ils licencient d'abord les vieux. Je n'ai même pas eu une seule offre de travail depuis que je suis au chômage.' Isabel vient d'apprendre qu'elle est retenue pour une formation au 'Pôle emploi espagnol'. 67 % des plus de 45 ans restent au chômage pendant plus d'un an. 'Nous sommes toujours en compagnie de Gayle Allard, de l'IE Business School, dit notre journaliste. Gayle, reparlons de l'Espagne un instant. Quel est le chaînon manquant dans la réforme du marché du travail ? 'Aucune réforme du marché du travail ne peut générer des emplois si l'économie est en train de couler, rappelle Gayle Allard. L'idéal, pour une réforme aussi délicate que celle du marché du travail, ce serait de la mettre en oeuvre en période de croissance. Alors, vous pourriez voir les effets en un an et vous bénéficieriez d'un soutien. Cette réforme a été dévastatrice car elle a simplement permis aux entreprises de licencier plus facilement des personnes qu'elles auraient licenciées de toute façon.' 'Les réformes exigent de tailler dans les dépenses, intervient Maithreyi Seetharaman. Et pourtant, pour favoriser la croissance, il y a besoin de marges de manoeuvre budgétaires. 'Avec le chômage élevé en Europe du sud, le besoin d'une meilleure formation des salariés est une autre réforme structurelle nécessaire pour aider les jeunes à trouver du travail, rappelle le professeur d'économie. L'Europe devrait saisir cette occasion pour réaliser un embryon de transfert fiscal, je pense. Beaucoup de pays commencent à générer des excédents budgétaires. Les gens sont donc prêts au changement, il savent que c'est nécessaire, des réformes sont indispensables et peuvent être adoptées pour stimuler l'économie, et qui seraient acceptables pour la plupart des gens. Je pense qu'on peut avoir un sursaut de croissance en Europe et emprunter une sentier différent qui soit celui d'une plus forte compétitivité.' conclue-t-elle.
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Bienvenue dans 'Real Economy'. Nous sommes en Espagne et au Portugal pour regarder comment les réformes structurelles sont mises en oeuvre et si la patience et la cohérence sont les qualités requises pour en voir les résultats concrètement. Nous nous sommes rendus au Portugal pour voir pourquoi les réformes de structure ne sont pas si simples à appliquer. Nous demanderons à l'économiste Gayle Allard quels sont les obstacles dans la mise en oeuvre de ces changements. Et comme beaucoup d'entre nous s'interrogent sur l'opportunité d'une telle politique très douloureuse socialement, nous nous attarderons à la question de la réforme du marché du travail en Espagne. Mais combien d'entre nous comprennent vraiment ce que sont les réformes structurelles ? Pas tant que cela. C'est l'occasion d'une séance de rattrapage. Il était une fois un pays où les citoyens ne trouvaient plus de travail, où l'inflation augmentait et où les dépenses publiques explosaient. Pour régler le problème, ce pays devait améliorer le fonctionnement de ses marchés des produits et du travail. Cela impliquait des coupes douloureuses dans les dépenses mais aussi une augmentation des impôts et des privatisations en série. Les normes régissant le marché du travail devenaient plus flexibles, les marchés étaient déréglementés et on mettait fin à certaines subventions publiques. Ces réformes douloureuses conduisaient les citoyens à s'interroger : pouvaient-ils oui ou non espérer en un avenir meilleur ? En fait, cela prit du temps. Mais en rendant les marchés plus fluides, on encourageait la compétition et l'investissement dans les entreprises ce qui conduisait à davantage d'emplois et de croissance. Les réformes réparent les déséquilibres dans une économie mais chaque pays doit comprendre pour lui-même quelles sont les meilleures réformes structurelles pour son économie. Nous savons que ces réformes structurelles ont aidé l'Irlande à sortir de son plan de sauvetage. L'Espagne a terminé ses réformes dans le secteur financier. La Grèce et Chypre montrent de légers signes de reprise. Giovanni Magi analyse l'impact et le retour de bâton au Portugal qui s'est concentré jusqu'à présent sur des réformes fiscales et dans les finances publiques. Le Portugal a lancé des réformes mais selon la Commission européenne, il y a encore une nette marge de progression. Après la réforme du marché du travail, celle de l'administration publique a suscité des conflits. Les Portugais ont déjà accès aux bureaux où tous les services aux citoyens sont concentrés. Mais la réforme qui devait aller encore plus loin, avec une réduction substantielle du nombre d'employés a été récemment rejetée par le Cour constitutionnelle. Le gouvernement doit donc trouver des économies ailleurs, de l'ordre de 700 millions d'euros. Le Portugal est sorti en mai dernier du programme de sauvetage de 78 milliards d'euros en trois ans. Mais ce programme a aggravé la situation de la dette publique. Et si le retour sur les marchés financiers a été encourageant, avec un intérêt raisonnablement bas pour les obligations d'Etat, l'économie s'est encore contractée au premier trimestre 2014. Les réformes sont jugées essentielles pour renouer avec la croissance. D'après les entrepreneurs, la réforme fiscale et la réforme de l'Etat apparaissent indispensables. Antonio Saraiva, président du patronat portugais regrette que 'la bureaucratie pèse tellement aujourd'hui sur le business qu'elle nous suffoque et elle empêche le développement normal de l'activité. Au terme de quelques formalités, je peux créer ma boîte en une heure mais ensuite il faut trois ou quatre ans pour obtenir toutes les autorisations. Il y a une force d'inertie bureaucratique qui n'est pas acceptable.' Des doutes sont apparus pour savoir si on pouvait maintenir ce niveau de dette publique dans la durée. Ils se sont exprimés dans un manifeste signé par soixante intellectuels, économistes et responsables politiques. Joao Cravinho, député et ancien ministre des finances explique : 'Le manifeste dit que le Portugal, pour renouer avec la croissance - ce qui est indispensable - doit alléger les charges annuelles de sa dette. Nous nous situons dans le contexte européen. Nous devons trouver une solution qui conduise à la réduction des intérêts, ce qui est important, et au report des échéances de paiements, en tout cas pour les pays qui peuvent répondre à leurs obligations financières.' Une compétition accrue sur les marchés des produits et des services, voilà l'autre objectif du Portugal, comme d'ailleurs pour d'autres pays européens. En se serrant la ceinture, les Européens ont permis à leurs gouvernements de réduire les déficits dans l'Union européenne et l'Eurozone cette année. Mais la dette publique reste très élevée, au-delà ou autour de 100 % du PIB dans beaucoup de pays dont l'Espagne, l'Italie et le Portugal. La cohérence dans la politique et les réformes deviennent décisives pour obtenir des résultats concrets. J'ai appelé Gayle Allard, professeur d'économie à l'IE Business School et je lui ai demandé si les réformes structurelles étaient la seule planche de salut ou si le contrecoup public et légal ne risquait pas de gripper la reprise. ''Réformes structurelles' est une expression assez large et souvent mal employée, explique Gayle Allard. Nous parlons d'ajustements structurels et je vois les gouvernements insister surtout sur la dimension fiscale de ces ajustements. Le bon côté des choses avec les réformes structurelles, c'est que, souvent, ça ne coûte pas cher. Cela ne coûte rien de changer une norme. Cela ne coûte rien de faciliter le business. Mais attention, il y a beaucoup de résistances au niveau national. Des pays comme le Portugal, l'Espagne ou la Grèce ont souffert de voir ces réformes imposées. Ca peut conduire à un retour de manivelle plus important que ce que nous connaissons habituellement.' 'Comment se fait-il que l'on parle si souvent de réformes structurelles dans ces pays mais pas de la réforme du marché des produits ?' demande notre journaliste. 'C'est surprenant en effet, répond Gayle Allard. Il y a tous ces leviers comme rendre plus facile l'investissement, l'ouverture ou la fermeture d'un business, ou enregistrer un produit ou déposer un droit de propriété... Tout cela, c'est gratuit. J'ai du mal à comprendre pourquoi un pays comme l'Espagne a été si lent à adopter ce genre de réformes, alors que la partie fiscale de ces changements est, elle, si douloureuse. 'Que feriez-vous aujourd'hui si vous étiez dans la position de faire redémarrer la croissance ?' interroge Maithreyi Seetharaman, d'Euronews. 'A travers la destruction d'emplois, la baisse des revenus, les entreprises essaient de survivre comme elles peuvent. Elles ont compris comment réduire les salaires, ce qui ne s'était jamais produit jusque là. Ou comment mieux manager les équipes, inciter chacun à devenir plus efficace, à dénicher de nouveaux marchés. Je crois que le moment est venu où les gens réalisent le besoin d'être plus compétitifs. Les gouvernements doivent saisir au vol cette opportunité et bien vendre cet objectif à leurs opinions publiques. Cela va nous aider à être compétitifs sans avoir besoin de dépenser plus. Cela va nous aider à améliorer notre système de retraites et à mieux prendre soin de nos aînés à l'avenir... les gens comprendront !' Voici un instantané de l'Espagne. Le pays est sorti de la récession l'année dernière. Le chômage reste très élevé mais il s'est stabilisé. Si les grandes données macro-économiques sont plutôt encourageantes, sur le terrain, la situation reste trés difficile : le pays ne parvient pas à faire face à la pauvreté et à l'exclusion sociale. Notre journaliste, Monica Pinna, s'est intéressée à une histoire symptomatique de la crise sociale en Espagne. Les usines de Fuenlabrada étaient considérées autrefois comme la force motrice de Madrid. Aujourd'hui, elles incarnent la crise. Beaucoup d'entreprises ont mis la clé sous la porte mais Paco, opiniâtre, continue d'envoyer son CV un peu partout. Il travaillait comme charpentier depuis 40 ans mais il s'est retrouvé au chômage en 2010. 'Avant, je venais là presque tous les jours, témoigne-t-il. Maintenant, je viens deux fois par mois parce que compte tenu de ma situation, je ne peux pas me le permettre.Depuis 2010, je n'ai eu que des petits boulots d'une ou deux semaines, parfois un mois.' L'Espagne a souvent été créditée de réformes structurelles d'envergure et a même été érigée en exemple pour des pays périphériques de l'Eurozone se débattant dans la crise de la dette. Pourtant, sa réforme du travail a été extrêmement controversée. Depuis qu'elle a été adoptée il y a deux ans, le nombre de personnes sans emploi a continué d'augmenter, dépassant les six millions en 2013. A présent, il diminue. Le nombre de chômeurs était de près de 5, 4 millions en janvier 2012, un mois avant la réforme du travail. Il est monté à 6, 1 millions en avril 2013 pour retomber aujourd'hui à 5, 7 millions. Pour mieux comprendre les effets de cette réforme du travail, nous avons parlé à Juan E. Iranzo, président de l'association des économistes de Madrid. 'Nous bénéficions des réformes : moins d'emplois ont été détruits qu'avant. La compétitivité s'améliore. Précédemment, certaines lois vous empêchaient de réduire les salaires. A présent, nous exportons et depuis avril, il y a des créations nettes d'emplois. Cela veut dire qu'à court terme, les réformes structurelles bénéficient à toute la société ' estime Juan E. Iranzo. Mais il est difficile de vendre une telle réforme à des gens comme Paco. Son fils est au chômage... tout comme sa femme Isabel qui a perdu son travail de femme de ménage il y a un an et demi. Les réformes ont permis davantage de flexibilité, ce qui signifie qu'il est plus facile de licencier les salariés. 'Depuis la réforme du travail, ils licencient davantage qu'avant, et ils licencient d'abord les vieux. Je n'ai même pas eu une seule offre de travail depuis que je suis au chômage.' Isabel vient d'apprendre qu'elle est retenue pour une formation au 'Pôle emploi espagnol'. 67 % des plus de 45 ans restent au chômage pendant plus d'un an. 'Nous sommes toujours en compagnie de Gayle Allard, de l'IE Business School, dit notre journaliste. Gayle, reparlons de l'Espagne un instant. Quel est le chaînon manquant dans la réforme du marché du travail ? 'Aucune réforme du marché du travail ne peut générer des emplois si l'économie est en train de couler, rappelle Gayle Allard. L'idéal, pour une réforme aussi délicate que celle du marché du travail, ce serait de la mettre en oeuvre en période de croissance. Alors, vous pourriez voir les effets en un an et vous bénéficieriez d'un soutien. Cette réforme a été dévastatrice car elle a simplement permis aux entreprises de licencier plus facilement des personnes qu'elles auraient licenciées de toute façon.' 'Les réformes exigent de tailler dans les dépenses, intervient Maithreyi Seetharaman. Et pourtant, pour favoriser la croissance, il y a besoin de marges de manoeuvre budgétaires. 'Avec le chômage élevé en Europe du sud, le besoin d'une meilleure formation des salariés est une autre réforme structurelle nécessaire pour aider les jeunes à trouver du travail, rappelle le professeur d'économie. L'Europe devrait saisir cette occasion pour réaliser un embryon de transfert fiscal, je pense. Beaucoup de pays commencent à générer des excédents budgétaires. Les gens sont donc prêts au changement, il savent que c'est nécessaire, des réformes sont indispensables et peuvent être adoptées pour stimuler l'économie, et qui seraient acceptables pour la plupart des gens. Je pense qu'on peut avoir un sursaut de croissance en Europe et emprunter une sentier différent qui soit celui d'une plus forte compétitivité.' conclue-t-elle.
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