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La récession se confirme au Brésil. Le produit intérieur brut de la première économie d'Amérique latine a reculé de 0,3% de janvier à mars par rapport au trimestre précédent. Il s'agit du cinquième trimestre consécutif de croissance négative. La consommation continue de s'effriter alors que les entreprises licencient et gèlent leurs investissements dans l'attente de plus de visibilité. La crise économique est en effet aggravée par une crise politique. Suspendue, la présidente Dilma Rousseff fait l'objet d'une enquête pour maquillage des comptes publics et corruption.
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Tout juste en place et déjà dans l'urgence. 'Nous avons peu de temps', avait d'ailleurs prévenu jeudi le nouveau président brésilien Michel Temer, lors de sa prise de fonction. Son gouvernement a ainsi dès vendredi annoncé de premières mesures, consistant en une réduction des dépenses publiques et le maintien des programmes sociaux pour les plus démunis. L'urgence est économique. Le pays connaît sa pire récession depuis les années 1930. L'inflation est élevée et le chômage, massif. Elle est aussi politique. L'image du Brésil a été fortement abîmée ces dernières années à l'étranger, alors que le pays traverse toujours une crise sanitaire avec la propagation du virus Zika et qu'il s'apprête à accueillir dans trois mois la plus grande des compétitions internationales : des jeux olympiques d'été. De plus, le nom du nouveau président est cité dans un scandale de corruption tentaculaire. C'est aussi le cas du tiers de son gouvernement. Un gouvernement uniquement composé d'hommes. Pour couronner le tout, il est très impopulaire. Entretien avec Andrei Netto Maria Barradas, journaliste de notre service portugais, a posé plusieurs questions à Andrei Netto, correspondant du journal brésilien Estadão à Paris, notamment sur l'avenir de Michel Temer à la tête du Brésil. Michel Temer, a-t-il les coudées franches et la légitimité pour gouverner ? Andrei Netto : 'Au parlement oui, Michel Temer rassemble les conditions pour gouverner parce qu'il a une base de soutiens assez large, avec le Parti du mouvement démocratique brésilien, le PMDB et le parti de la social-démocratie brésilienne, le PSDB, de centre droit, et aussi quelques petits partis qui soutiennent également son gouvernement. D'autre part, il y a ce problème de légitimité, et c'est la question qui se pose aujourd'hui au Brésil. En ce moment même, une partie importante de la société brésilienne, se questionne pour savoir si Michel Temer a la légitimité d'exercer le pouvoir.' La presse internationale évoque ce paradoxe : Temer est soupçonné et appelé à comparaître dans plusieurs procès pour corruption et ferait lui-même l'objet d'une procédure de destitution. Que pouvez-vous nous dire à ce propos ? Andrei Netto : 'Il y a de fait une procédure de destitution qui est en cours à la chambre des députés contre Michel Temer, et il est vrai aussi qu'il y a certaines 'situations' en rapport avec le vice-président dans l'enquête concernant l'opération Lava Jato, qui est une espèce de version brésilienne de l'opération Mains Propres. Michel Temer, pour le moment, n'est pas parmi les personnalités les plus touchées au sein du parti centriste qu'il représente, le PMDB. Il y a des noms plus impliqués dans ces scandales de corruption comme celui de l'ancien président de la chambre des députés Edouardo Cunha, ou celui du président du sénat Renan Calheiros et aussi six des ministres qui viennent d'intégrer le nouveau gouvernement formé par Michel Temer.' Il doit impérativement fournir des résultats convaincants dans les six prochains mois, il doit notamment commencer à assainir les comptes publics et contrer la pire récession que connaît le pays depuis des décennies. Les conditions sont-elles réunies pour le faire ? Andrei Netto : 'Je dirai que, paradoxalement, ce n'est pas l'un des plus grands problèmes de Michel Temer. Car depuis deux ans, l'économie brésilienne est à l'arrêt, le taux de croissance était négatif l'an dernier, moins 4 %, sous la direction de Dilma Rousseff, donc une reprise est quasiment inévitable. Mais en plus, Michel Temer a choisi un ministre des Finances, Henrique Mereilles, qui est un homme extrêmement expérimenté. Il a travaillé, avec succès, à la Banque centrale du Brésil pendant le mandat de Luiz Inacio Lula da Silva. C'est un homme capable de rééquilibrer les comptes publics.' Comment pensez-vous que les Brésiliens vont réagir dans l'éventualité où Michel Temer n'obtient pas très rapidement des résultats visibles ? Andrei Netto : 'Si Michel Temer réussit à équilibrer les comptes publics, relancer la croissance, réduire le chômage, c'est possible que de ces mesures émerge une sorte d'état de grâce, ou un soutien populaire qui légitime Michel Temer. Dans le cas contraire, je ne doute pas que Michel Temer ne soit confronté à une grande et croissante opposition de la rue les mois prochains. Donc, les six prochains mois vont être cruciaux dans cette crise politique qui ne s'achève pas maintenant, mais continue au Brésil.' Quelles conséquences a, selon vous, cette crise politique sur les engagements internationaux du Brésil, notamment pour les JO qui arrivent ? Andrei Netto : 'Je ne sais pas, peut-être qu'il y aura un petit impact ou bien un impact considérable sur les Jeux olympiques parce que l'image extérieure du Brésil est endommagée. Mais ce qui me préoccupe le plus ce ne sont pas les JO, mais la position du Brésil dans les grandes institutions internationales. Souvenons-nous par exemple que des présidents comme Barack Obama aux Etats-Unis, ou François Hollande en France, n'ont pas félicité Michel Temer, ils n'ont pas contacté le vice-président, aujourd'hui président en exercice, et cela montre une certaine réticence, une prudence, un attentisme de la communauté internationale qui se demande bien quel sera le développement de la crise politique au Brésil.'
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'Dix promesses de Michel Temer à retenir' titrait ce vendredi un journal brésilien au premier jour de la prise de fonction du gouvernement par intérim. Un gouvernement encore plus mêlé aux affaires de corruption Avec neuf de ses membres sur 24 mis en cause dans l'affaire de corruption autour du groupe public Petrobras, le nouveau cabinet n'incarne pas vraiment le changement. Les Brésiliens ne semblent d'ailleurs pas s'y tromper. 'Ce qui s'est passé, la manière dont cela s'est passé...peut-être que ça va apporter un changement économique pour le pays, mais politiquement, je pense que pas grand chose ne va changer', estime un habitant de Brasilia. Un cabinet peu représentatif de la société Le nouveau gouvernement s'est mis au travail dès vendredi matin. Pas une femme ne fait partie du nouveau cabinet, exclusivement composé d'hommes blancs, âgés, issus de l'élite. Le nouveau ministre des Finances, Henrique Meirelles, a été président de la Banque centrale sous la présidence de Lula. Il était parvenu alors parvenu à contenir l'inflation. 'Le Congrès reflète la société brésilienne. Et selon moi, la société brésilienne est mûre pour des mesures d'ajustement importantes. Ce qui n'est pas possible, comme tout le monde peut le constater, c'est le statu quo', affirme Henrique Meirelles, qui était aussi chargé jusqu'à l'an dernier de coordonner tous les investissements réalisés pour les Jeux olympiques d'été de Rio, qui se tiennent du 5 au 21 août prochains. Dilma Rousseff, écartée du pouvoir, dans l'attente de son procès Avant de quitter la présidence, Dilma Rousseff a appelé les Brésiliens à se mobiliser contre le coup d'Etat dont elle se dit victime. Avec une popularité d'à peine 10 %, il lui reste quand même des partisans qui sont venus jeudi lui manifester leur soutien, après le vote du Sénat à une très large majorité pour l'écarter du pouvoir.
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Faire clignoter ses lampes et faire du bruit avec ses casseroles... C'est ainsi que les Brésiliens ont choisi de manifester leur colère. La scène s'est déroulée jeudi à Sao Paulo. Mais cette contestation touche de nombreuses villes du pays. La colère vise le gouvernement et surtout la présidente Dilma Rousseff dont la popularité ne cesse de plonger. Les difficultés économiques s'ajoutent aux accusations de corruption, notamment le scandale du géant pétrolier Petrobras. Jeudi soir, à la télévision, la dirigeante de gauche a bien tenté de redonner de la confiance aux Brésiliens. Discours et clip bien ficelé. Le message en substance : 'J'ai bien entendu votre colère manifestée avec les casseroles, mais n'oubliez pas que j'ai déjà fait beaucoup pour que vous ayez de quoi remplir vos marmites, ces dernières années'... Mais voilà, cela ne suffit apparemment pas pour renverser la vapeur. Un sondage réalisé par Datafolha paru jeudi indique Dilma Rousseff est la présidente la plus impopulaire depuis 30 ans. Elle recueille 71% d'opinions défavorables (voir détails ici - document pdf en langue brésilienne) 'Ce qu'on voit dans cette enquête, explique Ricardo Ismael, analyste politique, c'est que la popularité de Dilma Rousseff est en chute y compris chez ceux qui avaient voté pour elle. Et c'est bien là la problème ! Prenez les habitants du Nordeste qui l'avaient massivement soutenue lors de la dernière présidentielle. Aujourd'hui, ils sont 67% à réclamer sa destitution'. L'opposition a appelé à des manifestations dans tout le pays le 16 août prochain, pour réclamer le départ du pouvoir de Dilma Rousseff.
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Pour son deuxième mandat à la tête du Brésil, Dilma Rousseff s'engage à relancer l'économie et à combattre la corruption. Elle l'a dit ce jeudi, jour de son investiture. La prestation de serment avait lieu devant le parlement, à Brasilia, en présence de plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement étrangers. Dilma Rousseff, réélue en octobre dernier, s'est ensuite exprimée depuis le palais présidentiel, devant des milliers de militants du parti des Travailleurs, sa formation d'origine. 'Je redis, ici devant vous, ma volonté d'engager un nouveau processus historique de changements sociaux au Brésil. Oui, il nous faudra faire des ajustements économiques, mais cela ne se fera pas au détriment des acquis sociaux, cela n'ira pas à l'encontre de nos engagements sociaux', a-t-elle assuré. L'économie brésilienne tourne actuellement au ralenti. Pour favoriser un climat d'investissement, Dilma Rousseff va devoir s'attaquer à la corruption. Le cas le plus emblématique est celui de la compagnie Petrobras. Ce géant pétrolier est au coeur d'un vaste scandale de corruption qui éclabousse de nombreuses personnalités politiques.
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L'heure de vérité approche pour Dilma Rousseff au Brésil. Elle saura bientôt si les électeurs brésiliens lui renouvellent leur confiance pour diriger le pays. Tout sourire, elle a été la première des deux candidats de ce second tour de la présidentielle à glisser son bulletin de vote dans l'urne, dans une école de Porto Alegre, dans le sud du pays. Aécio Neves, lui, a voté à Belo Horizonte. Candidat du Parti social démocrate, orienté au centre-droit, il espère mettre un terme à douze ans de gouvernement du Parti travailliste. Alors que Dilma Rousseff est soutenue par les couches populaires, Aécio Neves compte sur le vote du milieu des affaires et d'une partie d'une classe moyenne qui se sent ignorée par la présidente sortante. Dans ce pays où le vote est obligatoire, ce sont pas loin de 143 millions d'électeurs qui se prononcent. 'J'espère que tout va s'améliorer dans le pays, pour nos enfants, nos écoles, et la planète, dit l'une d'entre eux. J'espère que tout ira bien pour tout le monde. Tous les Brésiliens aspirent à vivre dans un pays plus développé.' La corruption a été un thème très présent pendant la campagne, notamment dans les derniers jours avec des accusations directes portées contre Dilma Roussef. Mais l'économie va probablement peser davantage dans le choix des Brésiliens, au moment où leur pays traverse une période difficile avec l'entrée en récession au premier semestre de cette année.
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C'est officiel, le Brésil est entré en récession au premier semestre. Ce scénario profite à l'outsider écologiste Marina Silva. Les derniers sondages la donnent même vainqueure du second tour contre Dilma Rousseff. La septième économie mondiale, et la première du continent, vient en effet d'enregistrer deux trimestres consécutifs de recul. Au premier trimestre, le Brésil a souffert de l'abaissement de sa note souveraine par Standard and Poor's, mais aussi de la crise en Argentine qui ont fait chuter ses exportations. D'avril à juin, la production industrielle a reculé d'1,5 %, notamment à cause de la grande quantité de jours fériés décrétés pendant la Coupe du monde de football. Après le boom des années 2000, l'économie brésilienne a beaucoup ralenti ces dernières années, notamment parce que la consommation des ménages a cessé d'augmenter.
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Pour avoir une vue imprenable sur les plages de Rio de Janeiro : rien de tel qu'un séjour à la favela de Vidigal. Des touristes n'hésitent plus à s'y rendre depuis ce qu'on appelle la pacification en 2011. Une pacification menée par les forces de l'ordre. Les touristes ont tout de même des craintes au début, raconte Fernanda qui a transformé sa maison familiale en maison d'hôtes. 'Les touristes ici ont toujours un peu peur quand ils arrivent dans la favela. (...) La vie est différente ici. Mais après une nuit, ils se sentent chez eux.' Les touristes seraient de plus en plus nombreux à séjourner dans les favelas, à la faveur du Mondial, comme Steven Radford, un Britannique : 'je suis venu pour la Coupe du monde, mais aussi pour expérimenter la vie dans les favelas'. Mais un afflux de touristes ne fait pas que des heureux ici. Le responsable de la communauté locale souligne que 'la vie est devenue plus chère' et que les taxes ont augmenté. Si nous n'agissons pas maintenant, je pense que dans vingt ou trente ans, il n'y aura que des maisons de luxe ici'. Le prix de l'immobilier a explosé. Une maison coûtait quelque 11 000 euros il y a cinq ans, selon la chaîne danoise DR qui a fait un reportage sur Vidigal. Aujourd'hui, le prix de certaines maisons s'élèverait à près de 135 000 euros.
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Un consortium d’entreprises obtient le droit d’exploitation du gisement Libra, un champ pétrolifère offshore situé au large des côtes brésiliennes. L’Etat obtient 40% du pétrole, Total et...
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Des habitants des favelas déshérités de Rio de Janeiro entrent dans la danse de la contestation Environ 2.000 habitants de Vidigal et de la Rocinha ont défilé hier soir jusqu’au quartier où réside le gouverneur de Rio. Une manifestation pacifique pour réclamer, entre autres, plus d‘éducation. D’...
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