Belges et Français partagent un triste record : celui de la consommation de tranquillisants. Plus de 10 % d'entre eux en prendraient chaque jour. Il existe pourtant d'autres solutions... Le point sur la dépendance aux benzodiazépines avec le centrebBelge d'information pharmaco-thérapeutique.

Drogués aux tranquillisants

Avec son look "peace and love", Carlotta, 46 ans, semble sortir tout droit du festival de Woodstock. Cool ? Pas si sûr, car sa paix intérieure, c'est à coup de tranquillisants et de somnifères qu'elle l'impose pour lutter contre une angoisse existentielle qui la tient depuis son enfance.Directrice artistique, son métier lui apporte heureusement quelques satisfactions. Mais l'alcoolisme de son père et la dépression de sa mère ont longtemps pesé sur sa vie de jeune femme. "J'ai essayé à plusieurs reprises d'arrêter toute seule ces médicaments mais à chaque fois c'est l'enfer : j'ai mal au ventre, je tremble, je ne dors plus, je suis une vraie boule de nerf", explique Carlotta. Elle se sent comme prise au piège.

Pourtant, elle sait bien que les trous de mémoires et les difficultés de concentration qui surviennent de plus en plus souvent ont à voir avec ces comprimés qui lui mettent des paradis (artificiels) plein la tête. Alors, comment s'en sortir ?

Prévenir la dépendance

"Il faut prévenir l'initialisation de la consommation de ces substances psychotropes, chez les jeunes en particulier, pour éviter le passage de l'usage occasionnel à l'usage nocif et à la dépendance" explique le Pr Philippe Parquet, psychiatre à Lille, et auteur d'un rapport sur les drogues et la toxicomanie.

Une dépendance vite acquise avec les benzodiazépines, molécules le plus fréquemment retrouvées parmi les tranquillisants et les somnifères : "Après quelques semaines de prise régulière, une dépendance psychique et physique se manifeste", indique un rapport du Centre belge d'information pharmaco-thérapeutique (CBIP)* sur l'usage rationnel des benzodiazépines.

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Quelles sont au juste les indications de ces molécules ? Dans l'insomnie et l'anxiété, elles ont l'avantage d'être rapidement efficaces, ce qui peut être utile face à un état de crise. Mais leur prescription doit être discontinue (2 à 3 prises par semaine) pour l'insomnie, et de courte durée (quelques semaines maximum) afin de prévenir le phénomène de dépendance.