Réseaux sociaux : que devient-votre profil numérique quand vous mourrez ?

L’information fait froid dans le dos. D’ici quelques années, il y aura plus de morts que de vivants sur Facebook. Comprenez : plus de profils d’utilisateurs décédés que de profils d’utilisateurs vivants. D’où cette question, que faut-il prévoir en amont pour éviter que vos données n’impactent le deuil de vos héritiers ? 

Réseaux sociaux, services dématérialisés… C’est un fait, les Français sont de plus en plus connectés. Et si gérer la confidentialité de ses données peut parfois sembler compliqué lorsque l’on est en vie, elle l’est forcément d’autant plus une fois notre dernière heure arrivée. De fait, nos informations sont stockées par des entreprises privées de service à l’instar de Facebook ou de Linkedin et sont régies par les fameuses "conditions générales d'utilisation". Aussi, pour éviter que votre profil numérique quel qu’il soit ne continue à exister contre votre volonté suite à votre décès, mieux vaut anticiper et faire part à vos descendants de vos dernières volontés numériques.

La bonne nouvelle tient au fait qu’une loi permet depuis 2015 de donner des directives à un légataire pour tout ce qui concerne la conservation ou non de vos données après votre décès. Il vous revient de désigner une personne qui sera chargée d’exécuter lesdites directives. Elle pourra alors demander aux sites sur lesquels apparaissent vos profils et autres données de les mettre en œuvre.

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Que faire en l’absence de directives ?

Si tel est le cas, sachez que vos héritiers auront (du mal certes), mais malgré tout la possibilité d’exercer certains droits. A commencer par le fait qu’ils disposeront d’un droit d’accès. Surtout s’il s’avère nécessaire pour régler la succession. Ils auront, par ailleurs, un droit d’opposition afin de procéder à la clôture de vos comptes utilisateurs et de s’opposer, le cas échéant, au traitement de vos données. Seule difficulté pour vos descendants ? Connaître l’ensemble de services numériques activés de votre vivant. A défaut de disposer d’une facture attestant de votre adhésion, certains mails permettront de repérer l’usage des sites et réseaux sociaux en question. Sachez toutefois que pour faciliter ces démarches, des services d’aide et des solutions sont proposés par les sites et réseaux concernés. A noter également que si vous avez, de votre vivant, enregistré des données considérées comme sensibles, il se révèle impératif de prévoir, là encore, la transmission de celles-ci. Ce, qu’il s’agisse de vos identifiants, de codes d’accès, ou de vos transferts de données, etc.

Optez pour un coffre-fort numérique notarial 

Sachez enfin que les études notariales se veulent, elles aussi, connectées. Elles proposent, depuis bientôt 10 ans maintenant, ce que l’on appelle un coffre-fort numérique. Comprenez : une sorte de dépôt électronique notarial sur lequel vous pouvez convenir de la transmission ou non de tout ou partie de vos données à un tiers désigné.

La question du deuil

De fait, si votre dernière heure arrive, vos proches se demanderont sûrement s’ils doivent ou non conserver vos différents profils numériques. Quand certains feront le choix de les transformer en profils souvenir afin que les proches puissent, comme pour un mémorial, laisser des messages ; d’autres le vivent plutôt comme un cauchemar. Sans compter que nombre de réseaux sociaux continuent de rappeler les anniversaires de personnes décédées.

Une situation particulièrement dérangeante confirmée par la psychologue Vanessa Lalo sur France Inter. "Le fait d'alimenter le mur Facebook d'une personne décédée donne un effet d'inquiétante étrangeté où, d'un coup, on a l'impression que la personne décédée est encore vivante et qu'on la maintient en vie artificiellement"…"Sur mes propres fils d'actualité, je vois des personnes décédées qui me font des demandes de vies sur Candy Crush. La première fois que ça m'est arrivé, vraiment ça a créé une émotion très paradoxale."

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Publié par Julie Cohen-Heurton le Thursday 09 November 2017, 17h45