Le 15 avril dernier, René Marratier, maire de la Faute-sur-mer, a été mis en examen pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui suite au décès de 29 personnes de sa commune lors du passage de la tempête Xynthia en février 2010. Planet.fr vous propose de réagir à cette actualité.

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, lors du passage de la violente tempête Xynthia, 29 personnes décédaient noyées dans la commune de la Faute-sur-mer, en Vendée. Le 15 avril, le maire de la commune depuis 1989, René Marratier, 58 ans, a été mis en examen pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui.

Une urbanisation trop forte en zone inondablePlusieurs faits lui sont reprochés. On l'accuse notamment d'avoir favorisé l'urbanisation de zones inondables de la Faute-sur-mer. Mais l'avocat du maire, Me Olivier Metzner défend son client d'avoir délibérément mis la vie des personnes de ces quartiers en danger : "Mon client habite lui-même dans la zone d'expropriation, il n'aurait jamais fait courir des risques pareils à lui et sa famille. D'ailleurs, toutes ses décisions ont été validées par le tribunal administratif". Des expertises ont démontré depuis qu'à la Faute-sur-mer, une maison sur cinq serait construite sur un terrain inondable.

Le maire de la Faute-sur-mer : un bouc-émissaire ?Renaud Pinoit, vice-président de l'association des victimes de l'inondation de la Faute-sur-mer, se dit satisfait, mais nuance son sentiment : "ça nous paraît logique qu'il soit inquiété, ou en tout cas interrogé par la justice. Mais il ne faut pas qu'il n'y ait qu'une tête (...) On est d'accord sur le fait que M. Marratier ne porte pas le chapeau tout seul".

De son côté, Corinne Lepage, avocate des victimes de Xynthia, estime que l'implication directe du maire de la Faute-sur-mer ne fait aucun doute : "Que l'importance de la catastrophe n'ait pas été prévisible, oui. Que M. Marratier se soit arrangé, en toute connaissance de cause, pour obtenir l'autorisation de remblayer une zone totalement inondée, qu'il ait ensuite délivré les autorisations de lotir, puis les permis de construite, franchement il faut arrêter et assumer ses responsabilités". Elle salue en tout cas ce "premier acte judiciaire fort".

L'implication de la préfectureMe Olivier Metzner, l'avocat du maire, regrette qu'on s'en prenne à un "fusible" : "on prend le niveau le plus bas, celui d'un petit élu local qui n'a fait que respecter tout ce que lui a demandé l'autorité préfectorale (...) Et pour les évènements, il a scrupuleusement respecté les ordres donnés par le préfet". René Marratier est en effet également accusé de n'avoir pas bien géré l'alerte tempête lorsqu'elle a été déclenchée. Une accusation que réfute son avocat. Selon Me Olivier Metzner, la préfecture n'est pas étrangère à la catastrophe. Au micro d'Europe 1, le 15 avril, il rappelle que lorsque le préfet à déclaré l'alerte rouge, il a conseillé aux habitants "de rester chez eux", et ce sont ceux qui sont restés à leur domicile qui sont malheureusement morts.

René Marratier a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec l'obligation de répondre aux convocations du juge. Il est le premier à avoir été mis en examen dans cette affaire, mais d'autres pourraient suivre prochainement.

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Et vous, qu'en pensez-vous ? Le maire de la Faute-sur-mer doit-il être considéré comme responsable ? Dans ce cas, serait-il le seul ? Qu'en est-il de la responsabilité de la préfecture ? L'accusation d'homicide involontaire n'est-elle pas trop forte ? Planet.fr vous invite à réagir à cette actualité en cliquant sur ce lien.

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