Le site Wikileaks vient juste de publier des informations sur des cas présumés de corruption dans divers gouvernements, et des documents internes aux ambassades américaines. Les chefs d'Etat de nombreux pays ne sont pas épargnés, dont Nicolas Sarkozy. Explications et décryptage sur cette nouvelle bombe qui menace en permanence les autorités de la planète.

1. Les dernières révélations

Une liste secrète de sites sensibles en France

 

Le journal Le Parisien du 6 décembre dernier reprend une liste secrète de sites jugés sensibles en France, révélée par Wikileaks. S'ils sont jugés sensibles, c'est parce que les Etats-Unis pensent qu'il pourrait s'agir de cibles privilégiées d'éventuelles attaques terroristes.

 

En France, les Américains pensent donc devoir protéger les groupes pharmaceutiques Sanofi-Aventis, EMD Pharms et GlaxoSmithKline. Il en va de même pour Alstom, spécialiste de l'énergie et du transport, et pour quatre points d'arrivée de câbles de télécommunication sous-marins : Plérin et Lannion dans les Côtes d'Armor, Cayenne en Guyane et Lamentin en Martinique.

 

Le site Wikileaks a aussi révélé le nom de centaines de sites à travers le monde. Des révélations jugées irresponsables par l'ancien secrétaire d'Etat britannique à la Défense Malcolm Rifkind, qu'il craint susceptibles d'"intéresser les terroristes" a -t-il déclaré dans le Times.

 

Les vraies conditions de la libération de Clothilde Reiss

 

Clothilde Reiss a été retenue en otage en Iran de juillet 2009 à mai 2010. Officiellement, la jeune femme a été libérée sans contrepartie, à force de diplomatie et grâce au soutien du Président syrien Bachar Al-Assad. Seulement, des télégrammes d'ambassadeurs américain remettent en cause cette version de l'histoire.

 

Selon Le Monde, un télégramme du 12 août 2009 rapporte qu'un conseiller de Nicolas Sarkozy expliquait à une diplomate américaine comment il fallait s'y prendre pour libérer les otages. Selon lui, pour contraindre l'Iran, très sensible à son image dans le monde, il faut sans cesse "faire du bruit" dans les médias, en utilisant les termes de "droits de l'homme fondamentaux", d'"innocence", de "libération immédiate" pour les mettre dans l'embarras...

 

Par ailleurs, la libération sans conditions est remise en cause. Dès le 12 août, le conseiller de Nicolas Sarkozy évoquait la somme de 230 000 euros pour libérer Clothilde Reiss.

 

Enfin, lors de la libération de la jeune Française, Nicolas Sarkozy a tenu à remercier le Président syrien pour sa coopération. Or, selon les télégrammes des ambassadeurs américains, même les plus proches conseillers du Président français ne savent pas vraiment ce que Bachar Al-Assad a fait, en dehors de promettre de faire passer le message aux Iraniens.

 

Nicolas Sarkozy, le lapin et le chien

 

Cela pourrait être le titre d'une fable de La Fontaine, mais il s'agit en réalité d'une histoire relatée dans l'un des 250 000 télégrammes des ambassadeurs américains révélés par Wikileaks.

 

Le Guardian, repris par Le Monde, raconte cette histoire datant de 2006, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur. L'ambassadeur américain était reçu au ministère lorsque Nicolas Sarkozy demanda à son plus jeune fils Louis de les rejoindre. Le télégramme raconte que "Sarkozy était manifestement content et fier d'être accompagné de son jeune fils, et semblait ravi de pouvoir lui présenter l'ambassadeur des Etats-Unis. Louis est apparu à l'entrée avec un petit chien à ses pieds et un gros lapin dans les bras (Il pourrait s'agir du lapin du président, prénommé Pinpin) . Pour serrer la main de l'ambassadeur, Louis a posé à terre le lapin, que le chien a commencé à courser depuis l'antichambre jusque dans le bureau de Sarkozy, ce qui conduisit au spectacle mémorable de Sarkozy courant, penché, pour attraper le chien, lequel courait après le lapin, pendant que Louis riait aux éclats dans le bureau". 

 

Le divorce de Nicolas Sarkozy et son remariage

 

Les ambassadeurs américains se sont inquiétés en 2007 de voir Nicolas Sarkozy devenu "irritable" après son divorce de Cécilia. Le Monde et The Guardian rapportent que les ambassadeurs se sont posés des questions "sur sa capacité à garder son équilibre et sa concentration", mais pariaient "sur ses capacités à rebondir".

 

Des Français en Irak

 

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Dans des télégrammes de 2009, les ambassadeurs américains jugent Nicolas Sarkozy comme "le président français le plus pro-américain depuis la Seconde Guerre mondiale". Tellement pro-américain qu'en 2006, il aurait envisagé d'envoyer des troupes françaises en Irak.

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