Tristane Banon, qui accuse Dominique Strauss-Kahn de tentative de viol, raconte sa version des faits, dans un livre publié aujourd'hui jeudi, "Le bal des hypocrites" (Au Diable Vauvert). Un ouvrage où ne figure jamais le nom de DSK, mais où elle parle tantôt de "l'homme-babouin" ou du "cochon".

Dans ce récit à clefs, la romancière ne mentionne aucun nom, à l'exception du prénom de son avocat, David Koubbi, et de son chien Flaubert, mais parle du "cochon", de l'"homme-babouin", selon une source proche de l'éditeur. Toutefois, les descriptions sont suffisamment explicites pour que les personnalités de la vie réelle puissent aisément être identifiées, selon cette source.

Cette pratique vise souvent à esquiver d'éventuelles poursuites pour diffamation.

Des extraits de ce livre de 126 pages, tiré à 40.000 exemplaires, ont été livrés mercredi au compte-gouttes, d'abord par BFMTV, puis par Parismatch.com.

Dans cette autofiction, Tristane Banon, 32 ans, raconte comment, en voyant les images de l'arrestation de DSK à la télévision, sa propre histoire revient à la surface. Elle fait démarrer son récit le 14 mai, juste avant que n'éclate l'affaire du Sofitel de Manhattan, et l'achève peu avant son dépôt de plainte début juillet, selon Parismatch.com, qui publie une photo de DSK et Tristane Banon côte à côte, datée de septembre 2000.

"On me propose beaucoup d'argent pour aller sur un plateau de télévision américain annoncer que je porte plainte. Je dis à David (David Koubbi, son avocat, ndlr) de tous les envoyer se faire voir", écrit la romancière selon BFMTV.

Elle revient sur l'émission de Thierry Ardisson en février 2007 lorsqu'elle avait raconté avoir été agressée en 2003 et que le nom de DSK avait été masqué par un "bip".

"Pas une affaire d'argent"

Après l'émission, écrit-elle, selon Parismatch.com, "il ne fallait pas faire de vagues, surtout ne rien laisser fuiter vers le peuple. Seule l’élite pouvait connaître (...). +Il n’y a pas mort d’homme+, dira plus tard un de ceux qui font la France intelligente", mais des "vies détruites".

Elle qualifie sa vie sentimentale de "chaos" depuis huit ans, avec "les trop nombreux, les trop connus, les trop vieux, les trop jeunes", affirmant qu'"avant lui" elle avait une réputation de "vie casée avant l'heure". "Puis il y a eu l’accident, le trois-tonnes qui percute mes certitudes, l’homme qui devient méchant".

Face à des détracteurs l'accusant d'écrire par intérêt financier, son éditrice a assuré que Tristane Banon n'a rien touché pour son livre. "Je lui ai proposé de signer sans à-valoir", a précisé Marion Mazauric, fondatrice des éditions Au Diable Vauvert, à l'Express.fr.

"Elle n'a plus aucun revenu depuis six mois. On n'est pas dans une affaire d'argent, mais de survie", poursuit-elle, précisant ne pas avoir "eu à subir de pressions".

Sollicitée par l'AFP, la défense de DSK n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.

Le parquet de Paris doit désormais se prononcer sur les suites à donner à l'enquête préliminaire ouverte après la plainte pour tentative de viol déposée début juillet. Il doit décider si les faits sont prescrits, classer sans suite ou bien confier une information judiciaire à un juge d'instruction. Il n'a aucun délai pour prendre sa décision.

Le 29 septembre, une confrontation avait réuni DSK et Tristane Banon, qui ont maintenu leur version des faits, la romancière assurant que l'ex-patron du FMI a tenté de la violer, DSK, qui a porté plainte pour dénonciation calomnieuse, parlant de "scène imaginaire".

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Tristane Banon a déjà publié des nouvelles, des romans largement inspirés de sa vie ainsi qu'un essai journalistique, "Erreurs avouées au masculin" pour lequel elle avait pris rendez-vous avec DSK en 2003.

Planet.fr avec l'AFP

 

© Image capture d'écran Parismatch.com

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