Les révélations de Marianne (le 7/01) sur les activités financières de la Première dame ont été sitôt contredites par l'intéressée. Deux jours après, le magazine revient sur ce que Carla Bruni-Sarkozy n'a pas démenti… Passe d'armes.

Samedi 7 janvier, l'hebdomadaire Marianne a publié 6 pages d'enquête sur la Fondation Carla Bruni-Sarkozy. Le journaliste Frédéric Martel y prétend que Carla Bruni, dans le cadre "d'actions philanthropiques", aurait déversé de lourdes sommes à son entourage…

" Carla Bruni-Sarkozy, révèle Marianne, est au centre d’un scandale international de grande ampleur : 3,5 millions de dollars ont été versés par le Fonds mondial de lutte contre le sida, en marge de la légalité, et sans appel d’offre, à la demande de la première Dame, à plusieurs sociétés d’un de ses amis. "

Droit de réponse

La réponse de la Première dame ne s'est pas faite attendre. Le jour même, Carla-Bruni-Sarkozy dément les accusations sur son site :

" Contrairement aux affirmations avancées par le journaliste, la Fondation a bel et bien une comptabilité propre, consolidée in fine à la Fondation de France, comme près de 700 fondations en France dont la probité et la légitimité ne sont pas remises en question. (…) 

L’insinuation selon laquelle des fonds auraient été levés auprès de partenaires publics est entièrement infondée. (…) Aucun argent public n’a jamais été reçu par la Fondation."

Ce que Carla Bruni n'a pas démenti

Le lendemain, Marianne persiste et signe, en 10 points, sur son site :

  1. En mai 2010, Carla Bruni-Sarkozy a lancé une campagne de sensibilisation contre la contamination mère/enfant. Le slogan était Born HIV Free. Frédéric Martel révèle que c'est en fait une marque déposée en bonne et due forme par Julien Civange, un ami de Carla Bruni. Celui-ci  aurait monté une société spécialement pour l'occasion, grâce à laquelle il aurait donc empoché les 6 millions de dollars nécessaires pour lancer la campagne…  

2. Le même Julien Civange a conçu le site internet de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, mis en ligne en octobre 2009. Cette prestation lui aurait été payée par la Fondation et par le Fonds Mondial contre le Sida.

 3. D'après Frédéric Martel, un audit du Fonds Mondial contre le Sida réalisé en novembre 2011 a conclu que " des sommes conséquentes ont été également versées en France par le Fonds Mondial en faveur des actions philantropiques de Carla Bruni-Sarkozy et de plusieurs agences appartenant à l'un de ses proches." Martel ajoute que l'attribution de ces subventions a été réalisée " sans appel d'offres ". Le montant avancé sur l'ensemble de ces contrats équivaudrait à  2,7 millions d'euros. Ces commandes sont financées par de l'argent public puisque le Fonds Mondial contre le Sida vit de subventions des Etats Unis (environ 1 milliard de dollars par an) et de la France (360 millions d'euros).

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4.  Le bénéficiaire principal de ces commandes publiques, d'après Frédéric Martel, est Julien Civange. Le directeur général du Fonds, Michel Kazatchkine, a justifié le choix de Julien Civange, un proche de Carla Bruni : " Carla Bruni m'a personnellement dit qu'elle avait totalement confiance en Julien Civange auquel elle avait délégué le dossier du sida ". Précisons, à ce stade, ce qu'on appelle communément un conflit d'intérêt : « un conflit d'intérêts apparaît quand un individu ou une organisation est impliquée dans de multiples intérêts, l'un d'eux pouvant corrompre la motivation à agir sur les autres. "

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