Marine Le Pen a déclaré à la presse qu’elle pourrait soutenir des candidats UMP ou PS lors du second tour des élections législatives. Une déclaration choc que nous avons tenté d’analyser avec Claire Checcaglini, auteur du livre Bienvenue au Front, aux Editions Jacob Duvernet. 

 

Mardi 22 mai, Marine Le Pen a déclaré à la presse que le FN pourrait soutenir "très exceptionnellement" des candidats UMP ou PS lors des prochaines élections législatives qui auront lieu les 10 et 17 juin prochains, si son "Rassemblement Bleu Marine" ne passe pas au second tour. 

Une grande première pour le Front National qui a toujours vivement critiqué l’un et l’autre des partis. Sa présidente s’est expliquée en évoquant les qualités humaines : "Il y a un certain nombre de candidats sincères, corrects, qui ont eu à l'égard du peuple français un comportement correct, qui se sont refusés à voter des choses qui allaient à l'encontre de l'intérêt de la France et des Français" a-t-elle déclaré. 

De son côté, Florian Philippot, le porte-parole du rassemblement Bleu Marine pour les législatives, justifie ce choix à l’antenne d’Europe 1 : "Si nous ne sommes pas au second tour et qu'il y a un affreux, comme quelqu'un qui a été condamné, et bien effectivement, nous pourrions apporter notre soutien au candidat d'en face". 

Florian Philippot  précise cependant qu'il ne s'agira pas  "d'un soutien d'adhésion" mais d’un soutien "pour faire battre quelqu'un dont on pense qu'il est nuisible à la démocratie". 

"Une main tendue à l’UMP"

Pour Claire Checcaglini, auteur du livre Bienvenue au Front, cette déclaration permet surtout à Marine Le Pen de "faire du buzz". 

"C’est une main tendue à l’UMP plus que pour les socialistes". 

Selon la journaliste qui a infiltré le FN pendant huit mois, Marine Le Pen espère ainsi "faire rallier la frange de la droite populaire" car "elle manque de cadres" et certains profils de l’UMP pourraient lui convenir, notamment les élus qui lui auraient accordé leurs parrainages lors de la présidentielle.  

Pour le PS, le soutien du FN serait plutôt un cadeau empoisonné. Une procédure d’exclusion du parti avait été lancée en avril contre Jacques Saint-Martin, maire  socialiste d’un petit village de Haute-Garonne qui avait accordé son parrainage à Marine Le Pen, nous appelle l’auteure. 

"Le FN reste le FN" 

Marine Le Pen  "joue le jeu de la dédiabolisation ouvertement mais le FN reste le FN" affirme Claire Checcaglini qui a fréquenté les dirigeants et militants du parti pendant plusieurs mois. 

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Elle cite Steeve Briois, le secrétaire général du FN, qui a déclaré faire attention aux "brebis galeuses qui lèvent le bras",  et rappelle l’histoire de  Stéphane Poncet  qui a été épinglé pour avoir publié des caricatures racistes. Ce dernier était candidat FN aux législatives dans la 6e circonscription du Rhône. Marine Le Pen avait elle-même déclaré qu’il serait destitué sur le plateau du Grand Journal suite à cette affaire. Or, Stéphane Poncet est toujours candidat à ce jour. "Elle l’a investi" affirme la journaliste. "Elle ne peut pas ne pas être au courant puisqu’elle fait partie du bureau d’investiture" explique-t-elle.  

Encore une opération séduction du FN, qui, rattrapé par ses fantômes, connait quelques couacs. 


 

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