Mardi dernier, quelques heures seulement après avoir rendu les clés de l’Elysée, Nicolas Sarkozy a été aperçu en train de faire tranquillement son jogging au Bois de Boulogne. Décryptage en quatre points essentiels.

1 – Le contextePeu avant seize heures, alors que François Hollande s’apprêtait à entamer son discours protocolaire à l’Hôtel de Ville, l’écran de toutes les chaînes d’informations s’est divisé en deux. D’un côté, les yeux embués d’émotions du maire de Paris, Bertrand Delanoë. De l’autre, des arbres, du soleil, des oiseaux (rappelons que le Président élu s’est lui, pris la pluie et indirectement la foudre) pour accueillir Nicolas Sarkozy en tenue de compet’: runnings, petit short et sweat rayé Ralph Lauren.  

2 – Le symboleIl est tout à fait normal que Nicolas Sarkozy ait eu besoin de prendre l’air après avoir rendu son trousseau et remis les codes nucléaires à son adversaire. Se défouler après avoir perdu la bataille, c’est un grand classique. Mais franchement, aller faire son jogging pendant un moment historique ne frôlerait-il pas l’inconvenance ? Le président sortant n’aurait il pas pu se contenter d’aller soulever discrètement un peu de fonte au lieu d’afficher cette fausse décontraction ? Il ne manquait qu’un petit sifflotement en mode Pont de la Rivière Kwai pour être au top niveau du cynisme.  

3- L’histoireAu lieu de s’engouffrer dans une grosse berline, Nicolas Sarkozy aurait surement adoré quitter l’Elysée en petites foulées. Malheureusement, Valéry Giscard d’Estaing a eu l’idée avant lui. En 1981, il avait choisi de quitter le palais présidentiel à pieds, sous les huées du peuple de gauche. Face à cet échec cuisant, le président sortant a du innover pour se faire remarquer. Troquer son costume sombre contre un short blanc (son habituel est noir, mais il paraît que le blanc c’est plus chic, plus riviera), tout en montrant son endurance dans l’adversité. Efficace mais pas très classe. 

 

Publicité
4-  Et moi, et moi, et moiLa décision d’aller faire un jogging en pleine investiture n’est évidemment pas anodine : Nicolas Sarkozy ne peut pas se résoudre à l’idée de redevenir un citoyen comme les autres et a besoin de se faire remarquer. Primo, ça ne va pas plaire du tout à Carlita qui risque de disparaître avec Giulia sous le bras. Deuxio, s’il ne reprend pas sa carrière d’avocat à défaut de continuer la politique, il risque bien de finir par jouer au backgammon avec Geórgios Papandréou. Le must de cette petite virée au Bois reste tout de même son injonction aux journalistes, leur demandant d’arrêter de le suivre, sur un ton à la fois autoritaire et compassionnel. Parano le Nico ? 

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour : 

Publicité