Pour la première fois, des journalistes ont enquêté sur un patron du contre-espionnage encore en activité. Selon eux, Bernard Squarcini agirait pour le compte de Nicolas Sarkozy et serait instrumentalisé par l'Elysée. Résumé.

" L'espion du président. Au cœur de la police politique de Sarkozy " paru ce jeudi, est le fruit d'une enquête d'un an au cœur de la DCRI (La Direction centrale du renseignement intérieur), qui, avec 4000 employés, est le plus puissant service de renseignements français jamais créé.

Ce "FBI à la française" issu de la fusion des RG et de la DST effectuée par Nicolas Sarkozy en 2008, avait été créé pour en finir avec les barbouzes, coups tordus et autres cabinets noirs…

Or, selon les journalistes  (Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé), c'est tout le contraire !  Depuis ses débuts la DCRI a été dévoyée au profit d'un clan. Une dérive rendue possible par l'extrême proximité de son patron, Bernard Squarcini, avec l'Élysée. Mais aussi par la cloche du secret-défense qui permet de tenir à distance magistrats ou journalistes trop curieux… 

Richard Attias et DSK espionnés

Interrogés par le site Atlantico sur les éléments tangibles dont les auteurs disposent pour confirmer, ceux-là répondent :

" Nous avons plus d’une soixantaine de témoignages d’agents de la DCRI. Ne s'agit-il pas là déjà d'éléments tangibles ?

Par ailleurs, nous racontons des histoires concrètes. Par exemple, que Richard Attias, le mari de l’ancienne compagne de Nicolas Sarkozy, a été pisté pour savoir s’il était un espion jordanien. On révèle également qu’avant que n’éclate l’affaire du Sofitel, les agents de la DCRI disposaient sur une clé USB des écoutes qui impliquaient Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Carlton." 

Mise en examen

En octobre 2011, Bernard Squarcini a été mis en examen pour "atteinte au secret des correspondances" dans l'affaire des fadettes du journal Le Monde, et le site d'information Mediapart savait avoir été victime d’un espionnage policier sur ordre de l’Elysée.

Aujourd’hui, le livre d’enquête, L’Espion du Président (Robert Laffont), apporte de nouvelles révélations sur l’ampleur de cette surveillance attentatoire aux libertés fondamentales.  

Démentis de Guéant et Squarcini 

"Je ne suis l’espion de personne", a réagi Bernard Squarcini, mercredi auprès de l’AFP, en annonçant aussi qu'il allait porter plainte contre les auteurs du livre.

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Claude Guéant a commenté à son tour les informations du livre ce jeudi matin : "Je démens que la DCRI soit un instrument politique au service du pouvoir", a indiqué le ministre de l’Intérieur sur France Inter. Selon lui, il est par ailleurs "absolument faux" de dire que la DCRI "écoute des personnalités politiques".

 

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