Ségolène Royal brigue la présidence de l'Assemblée nationale. Un poste prestigieux également convoité par d'autres personnalités de son camp… Tour d'horizon d'une bataille annoncée.

Elle n'est pas entrée au gouvernement de son ex-compagnon mais pourrait en revanche accéder au "Perchoir" suite aux élections législatives des 10 et 17 juin. Ségolène Royal ne s'en cache plus : elle sera bien candidate à la présidence de l'Assemblée nationale. Ce qui marquerait (enfin) son grand retour sur la scène politique nationale.

"Ce n'est pas une nomination. Il faut d'abord que je sois élue et il faut ensuite que les députés votent ", a-t-elle cependant rappelé  récemment sur BFMTV. Un vote à bulletins secrets par les parlementaires (pour désigner le quatrième personnage  de l'Etat – dans l'ordre protocolaire) et qui peut donc parfois réserver des surprises…

Le PS devra donc remporter la majorité des sièges à l'Assemblée pour désigner, par un vote interne, celui ou celle qui pourra accéder au "perchoir" parmi leurs députés.

Parmi les soutiens de Royal, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a déjà déclaré dans une interview à l'Express  : "Pour la première fois, une femme à la présidence de l'Assemblée nationale, ce serait un beau symbole".

 

Premier duel

L'ancienne ministre doit donc d'abord redevenir députée (elle quitta son mandat dans les Deux-Sèvres en 2007) pour être ensuite élue au sommet de l'Hémicycle. Elle brigue pour cela un mandat à La Rochelle (Charente-Maritime), face au premier secrétaire PS du département, Olivier Falorni. Ce dernier a été exclu du parti par le bureau national en février pour ne pas avoir voulu se retirer face à elle, considérant la candidature de Royal comme un "parachutage".

Ce à quoi répond Ségolène par médias interposés : "Je vais faire une campagne de grande proximité dans la continuité de mon action régionale. Vous me verrez sur le terrain comme vous m'avez vue présidente de région…très près des citoyens". L'ex-ministre de l'enseignement affirmant ne pas vouloir être "un député qui s'occupe de tout et qui décide de tout" mais  plutôt faire en sorte "d'aider à l'avancement des projets".

 

Bataille rangée

Ainsi s'engage son premier duel à remporter… face à un socialiste. Et qui ne sera donc qu'un début. Puisqu'une fois retournée à l'Assemblée,  Ségolène devra affronter les autres prétendants au perchoir au sein du groupe PS. Parmi lesquelles, certainement, Jack Lang et Jean Glavany, respectivement députés de la 6ème circonscription du Pas-de-Calais et de la 3e circonscription des Hautes-Pyrénées.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale a déjà taclé Ségolène Royal après que celle-ci a critiqué les déclarations de Vincent Peillon pour le retour de la semaine de cinq jours à l'école : "Je comprends mal que Ségolène Royal s'étonne de la confirmation (…) d'un engagement pris au cours de la campagne présidentielle" a lancé Jack Lang à l'encontre de sa future concurrente.

 

Jack Lang reste isolé

Candidat aux législatives dans les Vosges et postulant au perchoir depuis février, Lang reste cependant assez isolé dans son parti. Car le député pâtit d'avoir été le seul socialiste à voter la réforme constitutionnelle de juillet 2008, adoptée à une seule voix de majorité. Chose que les autres cadres du PS ne lui ont pas pardonnée. Et qui risque de ne pas lui apporter un vote massif de ses pairs.

À l'époque, Jean-Marc Ayrault, qui présidait le groupe à l'Assemblée nationale, indiquait qu'il s'était "mis lui-même en dehors du groupe".

Et Lang de répliquer, sans se démonter, sur un blog local : "J'ai envie d'être l'un des acteurs du renouveau du Parlement. C'est une ambition qui rejoint une volonté d'innovation". 

Jean Glavany en contre-offensive

Le deuxième concurrent potentiel, Jean Glavany, paraît plus avantagé. Le député des Hautes-Pyrénées bénéficie d'une solide expérience du parlement  et dispose de nombreux soutiens.  

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Ancien secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand, Jean Glavany a surtout gagné du terrain après "l’éviction" de Marylise Lebranchu, nommée au gouvernement (ministre de la réforme de l'Etat), qui apparaissait comme la première rivale de Ségolène dans cette bataille. Selon Le Monde, "au sein du groupe socialiste, un front anti-Ségo a commencé à se constituer pour empêcher sa désignation." Un front qui milite, depuis, pour Jean Glavany et voudrait l'envoyer au perchoir.

Quoi qu'il en soit et pour qui que ce soit, le vote à bulletins secrets ne fera que rendre la bataille pour le perchoir plus sournoise… et ne met personne à l'abri de surprises.

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