Après plusieurs explosions survenues dans des centrales nucléaires, le spectre d'une catastrophe nucléaire plane au-dessus des Japonais. Que se passe-t-il vraiment actuellement ? Y a-t-il de vrais risques de contamination radioactive ? Et comment s'en sortirait la France dans une telle situation ? Planet.fr vous donne quelques éléments de réponse.

1. Explosions dans les centrales nucléaires du Japon : le point

Pour suivre en direct la situation au Japon, voir nos articles Japon : suivez la chronologie des évènements en direct, Japon, l'inquiétude grandit devant le risque nucléaire et Séisme au Japon: la crise nucléaire s'aggrave, le niveau de radioactivité augmente.

 

Le Japon est un pays relativement habitué aux séismes. C'est pourquoi, depuis de nombreuses années, les infrastructures japonaises, dont les centrales nucléaires, sont conçues pour résister à ce caprice de la nature.

 

Alors pourquoi connaissent-elles des problèmes d'explosion ? Le séisme de vendredi, de magnitude 8,9 sur l'échelle de Richter, n'est pas à mettre en cause. Le tsunami qui a suivi explique les difficultés actuelles que subissent certaines centrales nucléaires japonaises.

 

Des problèmes avec le système de refroidissement Le Japon compte 17 centrales nucléaires sur son territoire. Quatre d'entre elles se situent sur la côte nord-est du pays, et ce sont justement ces centrales qui ont subi le séisme et le tsunami. (voir la carte).

Ces centrales ont résisté au séisme. Les réacteurs se sont arrêtés automatiquement dès les premières secousses. C'est le tsunami qui leur a été gravement préjudiciable.

 

Explosions à répétitionSamedi 12 mars, au lendemain du tremblement de terre et du tsunami, la première centrale à montrer une faiblesse est celle de Fukushima Daiichi (ou Fukushima 1). Le tsunami de la veille, trop puissant, a endommagé le système de refroidissement des réacteurs. La réaction nucléaire a donc continué à se faire à une température trop élevée (environ 1 000°C). De l'hydrogène s'est créé, se répandant dans les caissons de confinement. Par mesure de sécurité, une partie du gaz a été libérée. C'est la libération de ce gaz qui a provoqué l'explosion du bâtiment abritant le réacteur. Il s'agit de la protection la plus extérieure du combustible, après la cuve et l'enceinte de confinement.

 

Le lendemain, dimanche 13 mars, un second réacteur de Fukushima Daiichi et les réacteurs de la centrale de Fukushima Daini (ou Fukushima 2), située à une dizaine de kilomètres, connaissent le même problème. Dans l'après-midi, le premier état d'alerte (le plus bas) est annoncé autour de la centrale de Onagawa, plus au nord, suite à la détection d'un taux de radioactivité supérieur aux seuils autorisés. Cette centrale nucléaire avait connu un incendie après le tremblement de terre. En fin de journée, on apprend que le système de refroidissement des réacteurs de la centrale nucléaire de Tokai est également en panne, mais le système de secours aurait pris le relais, selon Tepco (l'opérateur électrique Tokyo Electric Power, en charge de la zone).

 

Lundi 14 mars, vers midi heure locale (environ 3 heures du matin en France), deux nouvelles explosions ont lieu à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. La raison : toujours le même problème du système de refroidissement.

 

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Une situation préoccupanteA l'heure actuelle, les zones entourant les centrales nucléaires de Fukushima Daiichi et Fukushima Daini ont été évacuées.Lundi 14 mars, au matin, Eric Besson, ministre de l'Energie, estime au micro de France Inter que la "situation est préoccupante", et n'écarte pas la possibilité d'une catastrophe nucléaire, en expliquant que "la catastrophe, ce serait la fusion du réacteur et surtout la rupture de l'enveloppe qui enserre le réacteur".

Après la dernière explosion ce mardi matin, Nicolas Sarkozy s'est prononcé, évoquant des "évènements absolument dramatiques".

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