François Fillon a annoncé mercredi 13 avril que le gouvernement souhaite annuler les permis d'exploitation des gaz de schiste en France. Cependant, il n'écarte pas la possibilité de continuer la recherche scientifique dans ce domaine. Les explications de Planet.fr.

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Après avoir provoqué un fou rire général des députés présents à l'Assemblée nationale en confondant gaz de "schiste" et gaz de "shit", François Fillon a annoncé l'intention du gouvernement de faire machine arrière sur l'exploitation du gaz de schiste en France.

"Pas question de sacrifier notre environnement"Ces autorisations données au printemps 2010, par le ministre de l'Ecologie de l'époque, Jean-Louis Borloo, pour plusieurs sites du sud de la France commençaient à inquiéter vivement la population et les écologistes. Lors de son intervention, le Premier ministre a déclaré qu'il avait commandé une étude scientifique sur les possibilités d'exploiter ce gaz sans atteinte à l'environnement : "il n'est pas question de sacrifier notre environnement, mais il n'est pas question, non plus, de fermer la porte à des progrès technologiques qui permettraient demain d'accéder à de nouvelles ressources énergétiques".

Malgré tout l'intérêt économique et énergétique que représente le gaz de schiste, François Fillon admet que "les autorisations qui ont été données l'ont été dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes. Il n'y a pas eu assez de concertation (...), pas assez d'information. J'en prends, en tant que chef du gouvernement, ma part de responsabilité", ajoutant qu'"il faut tout remettre à plat, et donc annuler les autorisations qui ont déjà été données".

Un signe positif du gouvernementAu micro de France Info ce jeudi 14 avril, Benoit Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement, apprécie cette mesure : "La mobilisation citoyenne a été entendue, au moins sur la prévention du risque". L'association, opposée aux méthodes de forage hydraulique pouvant mener à une pollution des nappes phréatiques, redoutait que le gaz de schiste soit "un hydrocarbure de plus à relarguer dans l'atmosphère".

Pour José Bové, interrogé par l'AFP, "Le gouvernement veut lancer un signal, je prends acte, c'est un signe positif". Le député européen d'Europe Ecologie-Les Verts, leader des opposants à l'exploitation des gaz de schiste a ajouté que "la mobilisation ne s'arrêtera qu'avec l'abrogation". Selon une étude de l'Université Cornell (dans l'Etat de New York, aux Etats-Unis), l'exploitation des gaz de schiste entraîne au moins autant d'émissions de gaz à effet de serre que l'exploitation du charbon, du pétrole ou du gaz conventionnel.

Les foreurs ne comprennent pas l'interdictionDe leur côté, les foreurs digèrent mal cette décision d'annuler des permis d'exploitation qui leur avaient déjà été accordés. L'incompréhension les anime, puisque selon eux, aucune nappe phréatique n'a jamais été contaminée. Cependant, aux Etats-Unis, où le gaz de schiste est exploité depuis plusieurs années sans précaution, certaines régions connaissent des effets écologiques catastrophiques.

Le 10 mai prochain, les députés se réuniront en urgence pour étudier la possibilité d'interdire l'exploitation des gaz de schiste en France, et donc annuler définitivement les permis d'ores et déjà accordés.

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Mise à jour : Depuis le 10 mai, les députés examinent en urgence la proposition de loi de Christian Jacob, député UMP de Seine-et-Marne, visant à supprimer les permis accordés aux organismes qui pratiquent la fracturation hydraulique. Les autres permis pourraient donc être conservés.

En parallèle, quelques dizaines de manifestants se sont réunis le 10 mai devant l'Assemblée nationale pour exprimer leur rejet de l'exploitation des gaz de schiste.

 

 

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