Déjà exploité aux Etats-Unis depuis 2008, le gaz de schiste commence depuis quelques mois à intéresser la France. Pourtant, de récentes études américaines exposent les risques importants de l'exploitation de ce gaz. D'où vient-il et pourquoi faut-il s'en méfier ? Planet.fr fait le point.

1. Le gaz de schiste, qu'est-ce que c'est ?

Le gaz de schiste est un gaz naturel, situé sous terre, comme le gaz que nous utilisons au quotidien. Il peut servir à se déplacer et à se chauffer. Mais contrairement au gaz dont nous nous servons, le gaz de schiste ne se trouve pas concentré dans des poches souterraines, mais enfoui profondément dans la pierre de schiste.

Cette réserve de gaz naturel, présente sous toute la surface de la terre, a toujours fait rêver pour lutter contre la suprématie de la Russie et des pays du Golfe. Cependant, jusqu'à peu, on avait toujours considéré que son exploitation allait coûter beaucoup trop cher. Aujourd'hui, avec la diminution des réserves d'hydrocarbures et la flambée des prix du gaz et du pétrole, cette solution devient envisageable.

Comment extrait-on le gaz de schiste ?L'exploitation du gaz de schiste a un coût ! En effet, il n'est pas aussi simple à extraire que le gaz naturel classique. Pour ce dernier, un simple forage vertical suffit à vider la poche souterraine du précieux gaz. Pour le gaz de schiste, c'est plus compliqué : réparti en de nombreuses petites poches dans la pierre, son extraction nécessite une percée verticale à plus de 2 000 mètres de profondeur, puis la propulsion horizontale de millions de litres d'eau, de sable et de produits chimiques. C'est ce qu'on appelle la "fracturation hydraulique", technique mise au point par Halliburton, un grand groupe d'armement du Texas (voir l'explication dans l'infographie ci-dessous).

Le gaz de schiste joue aujourd'hui un rôle très important dans l'approvisionnement énergétique des Etats-Unis. On s'attend même à ce que ce gaz représente la moitié de la production de gaz naturel du pays d'ici à 2020.

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Depuis le printemps 2010, sur accord de l'ancien ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, le groupe Total et le groupe américain Schuepbach (venu apporter sa technique au groupe français) ont l'autorisation d'exploiter 9 672 km² du sous-sol du sud de la France, dans le Larzac, la Drôme, les Cévennes et l'Ardèche.

 

© infographie AFP

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