Le 23 août, Dominique Strauss-Kahn a été libéré après un véritable feuilleton médiatico-judicia Planet.fr revient sur cette affaire aux multiples rebondissements. Que s'est-il vraiment passé ? Quel sont les antécédents de DSK ? Quelles conséquences attendre ?

Rappel des faits

Samedi 14 mai, sur les coups de 12h heure locale (18h en France), une employée du Sofitel de Time Square à New-York pénètre dans la suite 2806 pour y faire le ménage. Alors qu’elle pensait la chambre vide, la jeune femme de 32 ans se serait retrouvée face à l’occupant de la suite, Dominique Strauss-Kahn, sortant nu de la salle de bains.

 

Double tentative d'agressionLa femme de ménage se serait alors excusée et aurait essayé de quitter la pièce. D’après la police, l’ancien président du Fonds Monétaire International (FMI) l’aurait attrapée par le bras et enfermée dans la chambre. Ce dernier aurait alors tenté de l’agresser sexuellement par deux fois, d’abord sur le lit puis dans la salle de bain, avant que la victime présumée ne parvienne à s’échapper.

 

La jeune femme - employée modèle de l’hôtel depuis 3 ans - aurait aussitôt prévenu sa direction qui aurait immédiatement alerté les autorités. A son arrivée, vers 13h30, la police aurait constaté le départ de Dominique Strauss-Kahn que plusieurs témoins auraient vu passer par la réception entre 12h28 et 12h38 avant de quitter les lieux afin vraissemblablement de déjeuner avec sa fille, étudiante à New-York.

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Une tentative de fuite ?Plus tard dans l’après-midi, DSK aurait appelé la réception de l'hôtel au sujet d’un téléphone portable qu’il pense avoir oublié dans la suite. Selon les injonctions de la police alors présente, son interlocuteur aurait alors prétendu avoir retrouvé le téléphone et demandé à DSK à quel endroit il se trouvait pour envoyer quelqu’un lui remettre. C’est ainsi que la police américaine aurait appréhendé DSK à l'aéroport JFK de New York, à bord d’un vol Air France, quelques minutes à peine avant le décollage prévu à 16h30 heure locale.

 

Dominique Strauss-Kahn a ensuite été entendu près de 30 heures dans un commissariat de Harlemoù d’après ses avocats il a immédiatement nié les accusations portées à son encontre.Lundi, il a comparu devant un juge du tribunal de Manhattan, Melissa Jackson. Le procureur a demandé l'inculpation du mari d'Anne Sinclair pour sept chefs d'accusation. Les peines étant cumulables aux Etats-Unis, DSK risque jusqu'à 74 ans de détention.

 

Alors que son avocat Benjamin Brafman a proposé de laisser son client en liberté provisoire contre 1 million de dollars, la juge du tribunal de Manhattan a finalement décidé de refuser cette demande et de mettre Dominique Strauss-Kahn en détention préventive jusqu'au 20 mai.

 

Selon l'accusation, DSK pourrait être accusé de faits similaires, à au moins une reprise, sans donner plus de précisions sur l'affaire.

 

Mardi 17 mai, les avocats de Dominique Strauss-Kahn évoquent l'hypothèse d'un "rapport consenti" entre leur client et la jeune femme. Ce qu'elle dément dès le mercredi 18 mai.

 

Libéré sous cautionJeudi 19 mai, Dominique Strauss-Kahn donne sa démission au FMI. L'ancien patron du Fond Monétaire International précise dans sa lettre : "Je pense d’abord en ce moment à ma femme – que j’aime plus que tout – à mes enfants, à ma famille, à mes amis."

Il ajoute également qu'il "réfute avec la plus extrême fermeté tout ce qui [lui] est reproché". 

 

Les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont soumis dans la journée de jeudi 19 mai une nouvelle demande de remise en liberté. Dans l'après-midi, une journée en avance sur le calendrier prévu, DSK est passé devant le Grand Jury, qui, au vu des éléments présentés par l'accusation, a décidé d'inculper formellement l'ancien patron du FMI.

Cependant, la justice américaine a décidé de remettre Dominique Strauss-Kahn en liberté en échange d'une caution de 1 million de dollar, de 5 millions de dollars à titre d'assurance, d'un bracelet électronique, et d'une surveillance permanente armée, payée à ses frais. En attendant la mise en place de ce dispositif, DSK devait passer la nuit de jeudi à vendredi dans sa cellule, en attendant d'être libéré dans la journée.

 

De son côté, le procureur a signalé au juge son désaccord quant à la décision de libération. La plaignante s'est déclarée "inquiète" suite à cette annonce.

DSK s'est à nouveau présenté devant le juge le 6 juin, audience durant laquelle les 7 chefs d'inculpation lui ont été officiellement notifiés. DSK a déclaré plaider non coupable pour tous les chefs d'accusation.

 

Une plaignante médiatisée

 

Le 25 juillet, Nafissatou Diallo, la plaignante, décide de s'adresser aux médias à visage découvert. Elle accorde une interview au magazine Newsweek avant d'en donner une autre, télévisée, à la chaîne ABC où elle raconte sa version des faits.

La femme de chambre du Sofitel est devenu un personnage public, et la bataille médiatique est engagée.

Autre rebondissement le lundi 5 août dernier, Nafissatou Diallo porte plainte au civil : un aveu de défaite au pénal ou une volonté de se faire de l'argent ?

 

Un ultime rebondisement avant l'abandon des charges ? 

Dernier rebondissement en date, le dimanche 21 août, l'avocat de Nafissatou Diallo, a révélé à la presse que le procureur a convoqué sa cliente lundi 22 août, un jour avant l'audience de Dominique Strauss-Kahn, qui, rappelons-le, a déjà été reportée deux fois. 

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Selon Kenneth Thompson, cette convocation serait destinée à abandonner toutes ou une partie des charges retenues contre DSK. "S'ils ne s'apprêtaient pas à abandonner les poursuites, ils n'auraient pas besoin de la rencontrer. (...) Ils iraient juste au tribunal le lendemain et diraient 'nous allons poursuivre l'affaire'" a-t-il déclaré au New York Times

 

 

 
 

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